Category: Education

  • Célébration à Kigali des vingt ans de partenariat entre le Rwanda et Oklahoma Christian University.

    Le président Paul Kagame et la Première dame Jeannette Kagame ont pris part, samedi 23 mai 2026 au soir, à un dîner de gala organisé au Kigali Convention Centre pour marquer les vingt ans de partenariat entre le Rwanda et Oklahoma Christian University. L’événement a réuni les dirigeants de l’université américaine, plus de 350 anciens étudiants, partenaires et invités issus des secteurs public et privé.

    Le chef de l’État et la Première dame, tous deux alumni honoraires de l’université, ont salué une coopération académique devenue au fil des années un important levier de formation des jeunes leaders rwandais.

    Une coopération née en 2004

    Dans son discours, le président Kagame a rappelé que les premiers échanges avec l’université remontaient à 2004, lorsque l’ancien président de l’institution, le Dr Mike O’Neal, avait effectué une visite au Rwanda pour discuter de la vision du pays en matière d’éducation.

    Selon le chef de l’État, peu de personnes imaginaient alors que cette première rencontre donnerait naissance à l’un des partenariats universitaires internationaux les plus durables du Rwanda. Il a rendu hommage à Mike O’Neal et à son épouse Nancy O’Neal pour leur rôle déterminant dans la construction de cette relation académique.

    Le président Kagame a rappelé qu’en 2006, les dix premiers étudiants rwandais avaient intégré Oklahoma Christian University grâce au programme de bourses présidentielles. Vingt ans plus tard, plus de 700 anciens étudiants occupent aujourd’hui des postes stratégiques au sein du gouvernement, des entreprises privées et d’autres institutions nationales.

    Former une jeunesse capable de rivaliser à l’échelle mondiale

    Le chef de l’État a insisté sur l’importance de transformer le potentiel de la jeunesse africaine en compétences concrètes capables de soutenir le développement économique du continent.

    “Nous parlons souvent de l’immense talent de l’Afrique, mais cela ne suffit pas. Il faut accompagner cette richesse humaine par des actions concrètes et donner aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour rivaliser avec le reste du monde”, a déclaré Paul Kagame.

    Il a également souligné que la réussite des bénéficiaires du programme présidentiel avait encouragé d’autres universités internationales à offrir davantage de bourses aux étudiants rwandais, contribuant ainsi à l’expansion de l’enseignement supérieur international dans le pays.

    Pour le président Kagame, cette coopération a participé à faire du Rwanda une plateforme régionale de l’innovation et de l’enseignement supérieur. “L’un des héritages les plus importants de ce partenariat est que le Rwanda accueille aujourd’hui plusieurs institutions universitaires de classe Mondiale”, a-t-il affirmé.

    Une présence académique renforcée au Rwanda

    Les célébrations se sont déroulées quelques heures après une cérémonie de remise de diplômes organisée par la branche rwandaise de l’université, au cours de laquelle 40 étudiants ont été diplômés.

    Aujourd’hui, Oklahoma Christian University propose au Rwanda plusieurs programmes académiques identiques à ceux dispensés sur son campus principal aux États-Unis, notamment dans les domaines du management, de la technologie et de l’ingénierie.

    Le chancelier de l’université, John deSteiguer, a indiqué que le partenariat entre le Rwanda et l’institution américaine entrait désormais dans une nouvelle phase axée sur l’innovation, l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur et le développement de nouvelles formations académiques.

  • “Soyez des créateurs d’emplois et des innovateurs”: le Premier ministre interpelle les diplômés de Rwanda Polytechnic

    Une ambiance festive et chargée d’émotion régnait ce jeudi dans les enceintes de BK Arena, où plus de 3 500 étudiants de Rwanda Polytechnic ont reçu leurs diplômes lors de la 9e cérémonie de collation des grades de l’institution.

    L’événement, présidé par le Premier ministre Justin Nsengiyumva, a rassemblé de nombreuses personnalités issues des institutions publiques, du monde académique ainsi que les familles et proches des diplômés venus célébrer cette étape décisive de leur parcours.

    Les lauréats proviennent des huit campus répartis à travers le pays, notamment à Gishari, Huye, Karongi, Kigali, Tumba, Musanze et Ngoma, des établissements spécialisés dans la formation technique et professionnelle.

    Dans une atmosphère marquée par l’enthousiasme, les applaudissements et les moments de fierté, les diplômés ont officiellement tourné une page importante de leur vie académique pour entrer dans un monde professionnel en pleine mutation.

    “Le monde évolue à une vitesse extraordinaire” –  Justin Nsengiyumva

    S’adressant aux lauréats, le Premier ministre a insisté sur les profondes transformations que connaît actuellement l’économie mondiale sous l’effet des nouvelles technologies et de l’innovation.

    Selon lui, les secteurs d’activité, les modes de communication ainsi que le marché du travail évoluent à un rythme sans précédent, créant à la fois de nouvelles opportunités et de nombreux défis pour les jeunes générations entrant dans la vie active.

    “Le monde évolue à une vitesse extraordinaire. Des industries entières se transforment en temps réel. La nature du travail change, tout comme notre manière de communiquer, de créer et de rivaliser”, a déclaré Justin Nsengiyumva.

    Face à ces mutations, le chef du gouvernement a encouragé les jeunes diplômés à faire preuve d’adaptabilité, de créativité et d’un apprentissage continu afin de rester compétitifs dans un environnement en constante évolution.

    Il leur a également demandé de ne pas se limiter à la recherche d’un emploi, mais plutôt de devenir des acteurs du changement capables de créer eux-mêmes des opportunités économiques.

    “Soyez des innovateurs capables d’identifier les défis et de développer des solutions. Soyez des entrepreneurs et des créateurs d’emplois qui élargissent les opportunités non seulement pour vous-mêmes, mais aussi pour les autres”, a-t-il exhorté.

    La formation technique au cœur de la stratégie du Rwanda

    Le Premier ministre a rappelé que le Rwanda a très tôt choisi d’investir dans les compétences techniques, l’innovation et l’enseignement pratique afin de renforcer la compétitivité nationale et soutenir la transformation économique du pays.

    Il a souligné que le gouvernement reste pleinement engagé dans le développement de l’enseignement technique et professionnel, considéré comme un pilier essentiel du développement national.

    À mesure que les industries évoluent et que de nouvelles technologies émergent, Justin Nsengiyumva a exprimé le souhait de voir le système éducatif rwandais demeurer dynamique, tourné vers l’avenir et capable de répondre rapidement aux besoins du marché.

    Le gouvernement continue ainsi de miser sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (TVET) comme moteur de création d’emplois, d’industrialisation et de résilience économique.

    L’innovation et l’excellence récompensées

    La cérémonie a également été marquée par la remise de distinctions aux étudiants les plus performants de cette promotion.

    Le Rwanda Polytechnic a récompensé les meilleurs étudiants des programmes Advanced Diploma et Bachelor of Technology (BTech), notamment les meilleurs diplômés toutes catégories confondues ainsi que les meilleures étudiantes.

    Des équipes gagnantes du “RP Skills Challenge 2026: Hackathon” ont également été honorées pour leurs projets innovants et leurs capacités à proposer des solutions concrètes à des problèmes pratiques.

    À travers ces distinctions, l’institution a voulu mettre en avant non seulement l’excellence académique, mais aussi l’innovation et les compétences pratiques qu’elle considère comme essentielles pour contribuer efficacement au développement des communautés et du pays.

  • Candidature de Louise Mushikiwabo à l’OIF: Le Rwanda sollicite le soutien de l’Égypte

    En visite officielle dans la capitale égyptienne, le ministre Joseph Nsengimana, Envoyé spécial du Rwanda, a été reçu par le ministre égyptien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Abdelaziz Konsowa.

    Au cours de cette rencontre, l’émissaire rwandais a transmis un message du président Paul Kagame à son homologue égyptien Abdel Fattah el-Sissi. Ce message porte sur la sollicitation du soutien de l’Égypte à la candidature de Louise Mushikiwabo pour un nouveau et 3e mandat au poste de Secrétaire Générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Cette démarche s’inscrit dans une mobilisation diplomatique plus large engagée par le Rwanda en faveur de la reconduction de la Secrétaire générale, dont le 2e mandat arrive à échéance.

    Au-delà de la dimension politique, les échanges entre les deux parties ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales dans le domaine de l’enseignement supérieur.

    Les discussions ont notamment mis l’accent sur:

    • le développement de partenariats entre universités rwandaises et égyptiennes,
    • la promotion de la recherche appliquée,
    • ainsi que le renforcement de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP).

    Ces axes de coopération traduisent une volonté commune de consolider les échanges académiques et scientifiques entre les deux pays, dans une logique de développement des compétences et d’innovation.

  • Scolarité : le taux de redoublement recule de 6 %, selon le ministre Joseph Nsengimana

    Le Rwanda enregistre une baisse notable du taux de redoublement scolaire, en recul de 6 %, grâce à la mise en œuvre de programmes ciblés de rattrapage. Cette avancée a été mise en avant par le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, à l’ouverture de la conférence “Situation de l’éducation au Rwanda 2026”, organisée par le ministère de l’Éducation.

    Réunissant décideurs publics et partenaires du secteur, cette rencontre vise à renforcer la qualité de l’apprentissage et la performance globale du système éducatif. Dans son allocution, le ministre a rappelé que l’éducation constitue “le moteur de la transformation nationale”, au cœur de la stratégie visant à bâtir une économie fondée sur la connaissance et l’innovation.

    “Nous nous réunissons à un moment décisif du développement du Rwanda. Il ne s’agit pas seulement d’évaluer les progrès réalisés, mais d’examiner avec lucidité l’état de notre système éducatif, sur la base de données fiables et avec un engagement commun pour améliorer les résultats de chaque apprenant”, a-t-il déclaré.

    Une amélioration de l’efficacité du système éducatif

    Le système éducatif rwandais accueille aujourd’hui plus de 4,8 millions d’élèves, soit près d’un tiers de la population. Si le taux brut de scolarisation atteint 92,5 %, le taux net, estimé à 61 %, met en évidence les défis liés à la progression des élèves et à l’adéquation entre leur âge et leur niveau scolaire.

    Dans ce contexte, la baisse du taux de redoublement apparaît comme un indicateur encourageant. Elle est attribuée notamment aux programmes de rattrapage scolaire, initiative qui permet aux élèves en difficulté de renforcer leurs acquis pendant les vacances.

    “Ces résultats montrent que des actions ciblées peuvent produire des effets concrets”, a souligné le ministre.

    Des investissements soutenus dans les infrastructures

    Pour accompagner l’augmentation continue du nombre d’élèves, liée à la politique d’éducation pour tous, le gouvernement a intensifié ses investissements dans les infrastructures. Plus de 27 500 salles de classe ont été construites entre 2017 et 2024 afin de réduire la surcharge dans les écoles.

    Les conditions d’apprentissage se sont également améliorées : 88 % des établissements sont désormais raccordés à l’électricité, 84 % ont accès à l’eau potable et le programme d’alimentation scolaire couvre 99 % des écoles.

    Par ailleurs, l’enseignement préscolaire progresse, avec un taux de scolarisation atteignant 50,3 %, tandis que le taux d’abandon scolaire a reculé à 4,9 %, traduisant une meilleure rétention des élèves dans le système.

    Des défis persistants

    Malgré ces avancées, des défis structurels demeurent. Plus de la moitié des élèves ont un âge supérieur à celui correspondant à leur niveau scolaire, ce qui impacte la qualité des apprentissages et les taux d’achèvement.

    Le ministre a également relevé que peu d’élèves terminent le cycle secondaire dans les délais prévus, soulignant la nécessité de poursuivre les réformes pour améliorer l’efficacité globale du système éducatif.

    Face à ces enjeux, le gouvernement entend renforcer les programmes d’appui aux élèves et poursuivre les investissements dans le secteur.

    “Lorsque nous agissons avec clarté et détermination, des résultats tangibles sont possibles”, a conclu le ministre Nsengimana, appelant à maintenir les efforts pour garantir une éducation de qualité à tous les apprenants.

  • Le Kinyarwanda dans le hub technologique rwandais: Une langue au cœur de l’innovation

    Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle 2026, l’Académie rwandaise de la langue et de la culture (RCHA), en collaboration avec ses partenaires, a procédé au lancement officiel du dictionnaire de l’informatique et des technologies en Kinyarwanda (Inkoranyamuga y’Ikoranabuhanga).

    Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Rwanda de renforcer sa position en tant que hub technologique africain, tout en valorisant sa langue nationale. À travers cet outil, l’objectif est de permettre aux Rwandais de mieux comprendre et s’approprier les concepts liés à la technologie dans leur langue maternelle.

    Avec plus de 1 700 termes sur plus de 270 pages, ce dictionnaire vient répondre à un besoin croissant de standardisation du vocabulaire technologique. Dans un contexte où le numérique prend une place centrale, il devient essentiel de disposer d’un langage clair et accessible.

    L’Inkoranyamuga permet ainsi de combler le fossé entre innovation et compréhension, en facilitant l’usage quotidien de termes techniques en kinyarwanda, que ce soit dans l’éducation, la recherche ou les usages professionnels.

    Un outil stratégique pour l’avenir numérique

    Au-delà de sa dimension linguistique, l’Inkoranyamuga représente un levier stratégique pour l’avenir du Rwanda. Fruit de trois années de recherche menées depuis 2023 avec des experts en technologie et en linguistique, il incarne une approche structurée et ambitieuse.

    Comme l’a souligné Amb. Robert Masozera lors du lancement : « Ce dictionnaire n’est pas un ouvrage ordinaire, mais le fruit de trois années de recherche, de 2023 à 2026. » Cette déclaration met en lumière la rigueur et l’importance accordées à ce projet.

    L’initiative reflète également la capacité du kinyarwanda à évoluer dans un environnement en constante mutation. « Une grande partie des activités se déroule aujourd’hui en ligne, nous avons introduit de nouveaux termes et adapté d’autres au contexte régional, » a ajouté Amb. Masozera.

    Par ailleurs, le ministère en charge de l’ICT prévoit de digitaliser cet outil afin de le rendre accessible à un public plus large et de l’intégrer dans des solutions innovantes, notamment celles liées à l’intelligence artificielle.

    En combinant culture et ikoranabuhanga, le Rwanda démontre qu’il est possible de construire un modèle de développement où la langue nationale accompagne pleinement la transformation digitale. L’Inkoranyamuga apparaît ainsi comme bien plus qu’un dictionnaire : un symbole d’identité, d’innovation et d’avenir.

    Par Grace MUTESI

  • Nyange, le courage pour héritage: quand des élèves ont choisi l’unité au prix de leur vie

    Dans l’enceinte de l’École secondaire de Nyange, au cœur du district de Ngororero, s’est tenue une cérémonie empreinte de solennité et d’émotion, dédiée à la mémoire des élèves héroïques de Nyange, “Intwari z’Imena”.

    Autorités nationales et locales, représentants des institutions publiques, membres des forces de sécurité, familles des disparus, enseignants, élèves et citoyens se sont réunis pour honorer un acte de bravoure devenu symbole de l’identité rwandaise.

    Chaque année, le 18 mars, le Rwanda se souvient. Cette date marque la commémoration du courage exceptionnel de ces jeunes élèves qui, en 1997, ont opposé une réponse d’une rare dignité à la barbarie: “Nous sommes tous Rwandais “.

    Photos des victimes de l’assaut des infiltrés à Nyange affichées

    Dans la nuit du 18 au 19 mars 1997, des infiltrés ont attaqué l’école de Nyange. Leur ordre était clair: diviser les élèves selon des appartenances ethniques. Mais face à cette injonction mortifère, les élèves ont refusé. D’une seule voix, ils ont affirmé leur unité, rejetant toute division: “Nous sommes tous Rwandais”.

    Ce choix courageux leur a coûté la vie pour certains d’entre eux. Mais dans ce refus, ils ont semé une graine précieuse, celle du concept “Ndi Umunyarwanda”, aujourd’hui profondément enraciné dans l’histoire et les valeurs du pays.

    Une commémoration riche de sens

    La 29ᵉ édition de cette commémoration s’est déroulée au sein de l’espace mémoriel situé dans l’enceinte de l’établissement. Plusieurs activités ont rythmé la journée dont notamment une visite guidée retraçant l’historique de l’héroïsme des élèves de Nyange, le dépôt de gerbes de fleurs en hommage aux victims et des prestations culturelles et artistiques exaltant les valeurs héroïques rwandaises.

    La cérémonie a rassemblé notamment la Secrétaire d’État au ministère de l’Éducation, Irere Claudette, le président de la Commission nationale des héros, des médailles et des décorations (CHENO), François Ngarambe, le gouverneur de la Province de l’Ouest, ainsi que plusieurs responsables dont les maires des districts de Ngororero, Muhanga, Karongi et Rusizi. Étaient également présents des membres de l’initiative Komeza ubutwari, des familles des héros, ainsi que de nombreux élèves et habitants de Nyange.

    L’héroïsme comme pilier des valeurs nationales

    Dans son allocution, la Secrétaire d’État Irere Claudette a souligné la portée universelle de cet acte de bravoure. Elle a rappelé que l’héroïsme constitue une valeur fondamentale de la culture rwandaise, fondée sur l’amour de la patrie, le sens du sacrifice, la protection d’autrui, la primauté du bien commun et la quête permanente de l’unité.

    De son côté, le maire du district de Ngororero a insisté sur la force de cet exemple, qu’il a qualifié de modèle vivant de promotion de l’identité nationale et de cohésion sociale.

    Au-delà de la commémoration, l’héritage des élèves de Nyange continue d’inspirer. Leur courage transcende le temps et les frontières, s’inscrivant non seulement dans l’histoire du Rwanda, mais également comme une leçon universelle d’humanité.

    À Nyange, le souvenir n’est pas figé: il est transmis, vécu et célébré. Dans le regard des jeunes générations présentes, dans les chants et dans les silences recueillis, se lit la promesse que leur message, celui de l’unité et de la dignité, ne s’éteindra jamais.

    Le monument de l’héroïsme de Nyange
  • Karongi: à Mubuga TSS, une école technique moderne forme ensemble réfugiés et jeunes Rwandais

    Dans le district de Karongi, l’éducation technique prend une nouvelle dimension grâce à l’école École secondaire technique de Mubuga (TSS). Située dans le secteur de Mubuga, le long de la route du Kivu Belt menant vers le district de Nyamasheke, cette école moderne constitue aujourd’hui un pôle de formation professionnelle pour les jeunes de la région.

    Ce mercredi, une équipe de journalistes accompagnée d’agents du Ministère chargé de la Gestion des Urgences (MINEMA) s’est rendue sur place pour découvrir les infrastructures et échanger avec les responsables ainsi que les élèves de l’établissement.

    Une école moderne dédiée à la formation technique

    Mise en service le 9 septembre 2024, l’école Mubuga TSS s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer l’enseignement technique et professionnel au Rwanda. Ce type d’établissement forme les jeunes à des métiers pratiques correspondant aux besoins du marché du travail, contribuant ainsi au développement économique et à l’employabilité des diplômés.

    L’établissement propose actuellement des programmes d’nseignement et formation techniques et professionnels dans deux filières principales à savoir le développement de logiciels et la technologies électriques.

    Selon le directeur de l’école, Jean Baptiste Nsabimana, l’établissement se concentre pour l’instant exclusivement sur l’enseignement technique.

    “Pour le moment, nous dispensons uniquement des formations purement technique. Mais dans un avenir proche, d’autres filières seront ajoutées afin d’élargir les opportunités offertes aux élèves”, explique-t-il.

    Une école inclusive pour réfugiés et communautés d’accueil

    L’une des particularités de Mubuga TSS est son caractère inclusif. L’établissement accueille à la fois des élèves rwandais et des jeunes réfugiés vivant dans la région. Actuellement, l’école compte 190 élèves, dont 18 réfugiés et 172 élèves rwandais.

    Pour le directeur, cette mixité contribue à renforcer la cohésion sociale et l’intégration. “Le fait que les élèves rwandais étudient aux côtés des réfugiés favorise le vivre-ensemble. Même lorsque ces jeunes ne seront plus réfugiés, ils garderont des relations solides avec leurs camarades rwandais”, souligne-t-il.

    Cette approche s’inscrit dans les efforts du Rwanda visant à promouvoir l’inclusion socio-économique des réfugiés et des communautés d’accueil, notamment à travers l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle.

    Des équipements modernes pour l’apprentissage pratique

    L’école dispose d’infrastructures modernes permettant aux élèves d’acquérir une expérience pratique. Les étudiants travaillent notamment dans:

    • un laboratoire informatique équipé de plusieurs ordinateurs,
    • un atelier spécialisé en électricité, doté d’équipements techniques modernes.

    Mubuga TSS dispose également d’équipements spécialisés en hydraulique et pneumatique, un atout rare pour ce type d’établissement dans la région.

    Ces installations permettent aux élèves d’effectuer des travaux pratiques et de développer des compétences directement applicables dans les entreprises et les industries.

    Des enseignants qualifiés et une ouverture internationale

    L’établissement compte 19 enseignants qualifiés ainsi que neuf membres du personnel de soutien.

    Grâce à un partenariat entre le gouvernement du Rwanda et celui du Zimbabwe, des formations supplémentaires en anglais ont été organisées pour les enseignants et les élèves afin de renforcer leurs compétences linguistiques, essentielles dans les domaines technologiques.

    Un impact positif sur la communauté locale

    Au-delà de l’éducation, l’école joue également un rôle important dans la vie économique locale.

    La création de Mubuga TSS a généré plusieurs emplois, notamment pour les enseignants et le personnel administratif. Les habitants des environs bénéficient aussi d’opportunités économiques, notamment à travers la fourniture de services et de produits à l’école.

    Selon le directeur, les échanges avec la communauté lors des rassemblements publics don’t notamment le jour d’Umuganda, permettent également un partage de connaissances et d’expériences entre l’école et les habitants.

    Des élèves déjà tournés vers l’avenir

    Pour les étudiants, cette formation représente une opportunité de construire leur avenir professionnel.

    Denise Uwizeyimana, étudiante en développement de logiciels, explique que les compétences acquises lui permettront de lancer sa propre entreprise dans le domaine du numérique.

    “À la fin de mes études, je pourrai créer une entreprise spécialisée dans la conception de sites web et d’autres solutions numériques”, confie-t-elle.

    Un autre étudiant partage la même ambition:

    “J’ai toujours aimé la technologie. Étudier ici me permettra de créer des projets innovants ou de lancer une activité dans le domaine technologique, car nous acquérons des compétences pratiques qui facilitent l’entrée sur le marché du travail.”

    Dans l’atelier d’électricité, Prince Ishimwe Manzi, étudiant en technologies électriques, démontre comment les élèves apprennent à installer des systèmes d’énergie solaire.

    “Nous apprenons à installer des panneaux solaires, à connecter des batteries pour stocker l’énergie et à utiliser un convertisseur pour transformer l’électricité afin d’alimenter différents équipements”, explique-t-il.

    Selon lui, les compétences acquises permettent déjà aux étudiants d’envisager l’installation de systèmes solaires dans différents bâtiments, y compris au sein de l’école.

    La construction et l’équipement de Mubuga TSS ont été réalisés grâce à une collaboration entre le gouvernement rwandais et ses partenaires dans le cadre du projet Jyambere, mis en œuvre par le MINEMA pour soutenir l’intégration socio-économique des réfugiés et des communautés hôtes.

  • Reportage au camp de Kiziba: au Rwanda, des milliers de réfugiés congolais reconstruisent leur vie entre école, santé et espoir

    À une quinzaine de kilomètres de la ville de Kibuye, dans le district de Karongi, la route serpente à travers les collines verdoyantes qui dominent le lac Kivu.

    C’est au bout de ce trajet d’environ vingt minutes que se trouve le camp de réfugiés de Kiziba, l’un des plus anciens du Rwanda.

    Créé en 1996, ce camp accueille aujourd’hui près de 14 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo.

    Le mardi 10 mars 2026 au matin, malgré une pluie persistante, une équipe de journalistes accompagnée de responsables du Ministère chargé de la gestion des urgences et des catastrophes (MINEMA) a pris la route vers ce camp.

    Le trajet aurait pu être rapide. Depuis peu, une route entièrement asphaltée relie la ville de Kibuye au camp, facilitant considérablement les déplacements.

    Mais ce matin-là, la route a été ponctuée de haltes improvisées dans plusieurs petits centres de négoce. Les habitants, visiblement heureux de cette nouvelle infrastructure, tenaient à partager leur expérience.

    Une route qui change la vie des habitants

    Sur le bas-côté de la route, un homme revenait du marché de Kibuye, poussant sa bicyclette chargée d’un sac de pommes de terre désormais vide. Il venait de vendre sa marchandise et reprenait le chemin de son domicile.

    Il explique que cette route asphaltée a transformé son quotidien.

    “Avant, pour transporter ces pommes de terre, j’aurais dû faire plusieurs voyages. Rien que pour les amener à Kibuye, il me fallait plus de cinq heures de route à vélo. Aujourd’hui, en une heure seulement, je suis arrivé en ville. Je suis parti à six heures du matin et à sept heures j’étais déjà au marché”, raconte-t-il.

    Une autre habitante, prénommée Sandrine, se réjouit également de cette amélioration.

    “Nous remercions le chef de l’État de nous avoir sortis de l’isolement. Avant, les motos demandaient entre 3 000 et 4 000 francs pour aller à Kibuye. Aujourd’hui, le prix est descendu à 1 000 francs”, confie-t-elle.

    Ce projet routier, d’un coût de plus de 17 milliards de francs rwandais, a été réalisé par le gouvernement rwandais via le projet “Jyambere” du MINEMA avec l’appui de la Banque mondiale, dans le cadre des programmes visant à améliorer l’accès aux services et aux marchés pour les communautés locales.

    Le maire de Karongi salue le désenclavement de la region

    Le maire du district de Karongi, Gerald Muzungu, rencontré à l’occasion de cette visite, salue la bonne cohabitation entre les habitants de la région et les réfugiés congolais installés au camp de Kiziba.

    Il se réjouit également de la construction de la route asphaltée reliant Kibuye à cette partie du district, une infrastructure qui, selon lui, a permis de sortir les habitants de l’isolement et de faciliter les déplacements et les échanges commerciaux.

    Gerald Muzungu exprime aussi l’espoir que, dans les prochaines planifications d’infrastructures, les travaux d’asphaltage puissent se poursuivre jusqu’à la localité de Gisovu, afin de renforcer davantage la connectivité de la région.

    Un camp vivant et organisé

    À l’entrée du camp de Kiziba, l’accueil est chaleureux. Les réfugiés congolais qui y vivent saluent les visiteurs avec simplicité et courtoisie. Beaucoup affirment que, même s’ils restent loin de leur pays d’origine, ils disposent ici de l’essentiel pour vivre dignement, grâce à la sécurité et au soutien des autorités rwandaises et des organisations humanitaires.

    Le camp ressemble à une petite ville. On y trouve un marché animé où l’on vend des produits de première nécessité. Les commerçants et les clients sont aussi bien des réfugiés que des habitants rwandais des villages environnants, preuve de l’intégration économique qui s’est progressivement installée.

    Des soins accessibles pour tous

    Au centre du camp se trouve le centre de santé de Kiziba, qui offre une large gamme de services médicaux. Vaccination, consultations, prévention des maladies ou encore traitements médicaux: les services couvrent les besoins essentiels de la population.

    Le docteur Bonaventure Manirumva, médecin au centre de santé, explique que les soins sont gratuits pour les réfugiés et accessibles également aux communautés rwandaises voisines.

    Lorsque les cas nécessitent une prise en charge spécialisée, les patients sont transférés vers l’hôpital de Kibuye. Deux ambulances assurent ces évacuations médicales.

    L’école comme promesse d’avenir

    Au cœur du camp, des écoles primaires et secondaires accueillent les enfants. Les classes sont mixtes: les élèves réfugiés y étudient aux côtés des enfants rwandais des villages environnants, favorisant la cohabitation et le partage.

    Mais la particularité du camp de Kiziba réside aussi dans la présence d’un campus universitaire de Kepler, installé depuis 2015. Ce programme d’enseignement supérieur, développé en partenariat avec des institutions internationales, offre aux réfugiés la possibilité d’obtenir un diplôme universitaire.

    Plus de 240 étudiants y ont déjà terminé leurs études. Dans l’enceinte du campus, un étudiant de 27 ans, né dans le camp, témoigne avec émotion. Marié aujourd’hui, il voit dans l’université une nouvelle chance.

    “Même si je suis réfugié, cette université m’a redonné espoir. J’étudie avec beaucoup d’efforts, car je crois en mon avenir. Je veux pouvoir aider ma famille et être utile à la société “, confie-t-il.

    Le Responsable du campus, Stella Bonard Ibango, explique que l’établissement accueille actuellement 149 étudiants, dont 26 ne sont pas réfugiés.

    Au-delà du diplôme, l’objectif est de redonner confiance aux jeunes et de leur ouvrir des perspectives professionnelles. Au Rwanda, les réfugiés ont en effet la possibilité de travailler, notamment dans le secteur privé ou au sein d’organisations de la société civile.

    Une jeunesse qui garde le sourire

    Malgré les défis de l’exil, la jeunesse du camp continue de vivre, d’apprendre et de rêver.

    Dans une salle polyvalente, des adolescents pratiquent le karaté. Après les cours ou les tâches quotidiennes, ils consacrent du temps au sport. Certains participent même à des compétitions, où ils remportent parfois médailles et trophées.

    Entre les salles de classe, les terrains de sport et les petits commerces, le camp de Kiziba offre l’image d’une communauté qui, malgré l’exil, continue de construire son avenir avec courage et dignité.

  • Dialogue national – Umushyikirano: Plus de 80 % des résolutions de 2024 mises en œuvre

    La mise en œuvre des 13 résolutions adoptées lors du 19ᵉ dialogue national en janvier 2024 a dépassé 80 %, a annoncé Godfrey Kabera, Ministre d’État chargé du Trésor national au sein du Ministère des Finances et de la Planification économique (MINECOFIN).

    Cette annonce intervient à quelques jours de la 20ᵉ édition du Dialogue national, prévu les 5 et 6 février 2026, marquant le retour de ce forum nationa.

    Progrès sectoriels

    Godfrey Kabera a annoncé à l’Agence Rwandaise de l’Audiovisuel (RBA) et à la Radio TV 10 des progrès significatifs dans plusieurs secteurs clés:

    • Agriculture : L’extension des terres cultivées progresse conformément aux plans nationaux, avec des projets d’irrigation près de la rivière Akanyaru et dans les districts de Kirehe et Kayonza. La capacité de stockage post-récolte a également été améliorée.
    • Gestion des ateliers locaux (udukiriro) : Des systèmes de gestion renforcés ont été déployés à l’échelle nationale, permettant à plus de 370 000 personnes de générer des revenus stables et de développer leurs compétences.
    • Infrastructure rurale : Plus de 4 200 km de routes secondaires ont été construits ou réhabilités. La maintenance a amélioré les conditions de circulation, avec désormais plus de 58 % de routes praticables.
    • Investissement de la diaspora : Les Rwandais vivant à l’étranger ont été mobilisés pour investir dans différents secteurs, générant plus de 35 millions de dollars.
    • Accès à l’eau potable : 80 % de la population a désormais accès à l’eau potable grâce à diverses initiatives.
    • Réformes financières : Le Fonds de développement des entreprises (BDF) a été fusionné avec la Banque Rwandaise de Développement (BRD) pour améliorer les services et proposer de nouveaux produits financiers, notamment pour les jeunes et les femmes.

    Santé et éducation

    Le secteur de la santé a connu des améliorations notables : l’extension des hôpitaux de Kirehe et Roi Faisal Hospital, le renforcement des centres de santé, l’installation de scanners dans huit hôpitaux, la mise en place d’ambulances et la formation continue de spécialistes. Le régime de la Mutuelle de Santé a également été élargi.

    Dans l’éducation technique et professionnelle (TVET), 24 écoles ont été construites depuis la dernière édition de l’Umushyikirano, tandis que 135 établissements offrent désormais une formation professionnelle, garantissant au moins une école par secteur.

    Développement des compétences et du sport

    Le soutien aux jeunes rwandais ayant étudié à l’étranger se poursuit, avec le retour de 150 professionnels pour combler les lacunes en compétences. Plus de 5 000 jeunes ont été formés dans différents sports, et le pays a accueilli des compétitions internationales pour renforcer le professionnalisme et la visibilité.

    Gouvernance et citoyenneté

    Des progrès ont été réalisés dans la promotion de l’unité, de la résilience et de la bonne gouvernance, notamment auprès des jeunes. Plus d’un million de jeunes ont participé à des programmes d’unité et de réconciliation, plus de deux millions de citoyens ont pris part aux dialogues civiques “Ndi Umunyarwanda”, et 4 000 jeunes ont suivi des programmes sur les valeurs nationales, le leadership et la responsabilité citoyenne.

    Transformation numérique et autonomisation des jeunes

    La digitalisation des services publics a été renforcée, avec 258 services désormais disponibles via Irembo. Les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat et à l’emploi des jeunes, telles que Youth Connekt, ont permis de créer des opportunités économiques et de réduire le chômage.

    Lire aussi: Dialogue national – Umushyikirano: la 20e édition prévue les 5 et 6 février 2026

  • UGHE célèbre 10 ans d’excellence et remet les diplômes à la promotion 2026

    Le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, a présidé, dimanche 25 janvier 2026, la cérémonie de remise des diplômes de la promotion 2026 de l’Université de la Santé Globale et de l’Équité (UGHE), au campus de Butaro, dans le district de Burera.

    L’événement marquait également le 10ᵉ anniversaire de cette institution de référence dans la formation des professionnels de santé.

    Représentant le Président de la République, Son Excellence Paul Kagame, et accompagné de la Première Dame, Mme Jeannette Kagame, le Chef du gouvernement a félicité les diplômés pour leur discipline, leur persévérance et leur sens du service public.

    “Vous passez aujourd’hui de la préparation à la responsabilité”, a-t-il déclaré, soulignant que leur engagement annonce des changements majeurs pour les systèmes de santé au Rwanda, en Afrique et dans le monde.

    Au total, 78 étudiants ont reçu leurs diplômes, dont 30 médecins issus du programme MBBS–MGHD et 48 titulaires d’un Master en Santé Globale (MGHD). Les responsables de l’université ont rappelé que l’UGHE forme des professionnels compétents, engagés et profondément attachés à l’équité dans l’accès aux soins.

    Dans son discours, le Premier ministre a souligné que les diplômés entrent dans un monde où les systèmes de santé sont soumis à de fortes pressions, notamment en raison des maladies émergentes, des pénuries de personnel et des contraintes de financement.

    Il a insisté sur le fait que ces défis exigent non seulement des compétences cliniques, mais aussi une compréhension des politiques publiques, de la gestion, des données et de la mise en œuvre. “Vous êtes appelés à être non seulement des praticiens, mais aussi des leaders capables de renforcer les institutions, d’améliorer les services et de soutenir des décisions fondées sur des données probantes”, a-t-il affirmé.

    Il a également salué les partenaires du Rwanda, notamment Partners in Health, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Mastercard et la Fondation Cummings, pour leur soutien déterminant à la construction d’une institution qui renforce les capacités nationales et produit un impact durable.

    Dans son intervention, la Première Dame, Mme Jeannette Kagame, a rappelé que l’excellence en éducation sanitaire doit aller de pair avec la justice sociale et la compassion. “Le leadership en médecine et en santé publique doit être fondé non seulement sur le savoir et la rigueur académique, mais aussi sur la compassion, l’engagement et le service inclusive”, a-t-elle déclaré.

    Elle a également affirmé que les solutions aux défis de santé peuvent émerger du Rwanda, soulignant que la maladie et la mort évitable ne sont pas une fatalité.

    À cette occasion, Mme Jeannette Kagame a reçu le titre honorifique de Docteure Honoris Causa, en reconnaissance de son leadership exceptionnel et de son engagement en faveur du bien-être de la population, de l’éducation et de l’accès universel aux soins. “Recevoir cet honneur est un cadeau et un hommage qui me touche profondément “, a-t-elle confié.

    La cérémonie a aussi rendu hommage à la mémoire du Dr Paul Farmer, fondateur et figure emblématique de l’UGHE, dont la vision a jeté les bases d’une approche de la santé fondée sur l’équité et l’accès universel aux soins.

    Photo – RBA