Category: Santé

  • Les Casques bleus rwandais en République centrafricaine offrent des soins médicaux gratuits aux déplacés internes à Bria

    Les Casques bleus rwandais (l’Hôpital Rwanda niveau 2+ et le RWABG VIII), déployés dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), ont fourni, le 25 mai 2026, des soins médicaux gratuits à plus de 410 personnes déplacées internes vivant dans le camp de déplacés de Gobolo 1 à Bria, en République centrafricaine.

    Cette campagne médicale a été organisée dans le cadre des activités préparatoires à la célébration de la Journée internationale des Nations unies prévue le 29 mai 2029.

    Les déplacés hébergés dans ce camp proviennent de différentes régions de la République centrafricaine, tandis que d’autres ont fui le Soudan en raison de l’insécurité et des conflits qui touchent les deux pays depuis plusieurs années.

    Les services médicaux offerts au cours de cette campagne comprenaient notamment la médecine interne, les soins dentaires, la gynécologie et l’obstétrique, ainsi que la dermatologie et d’autres traitements.

    S’exprimant lors de l’événement, Ponombo Felix, chef de la section de supervision et de qualité des soins de santé au Bureau sanitaire du district de la région de Haute-Kotto, a exprimé sa gratitude envers les Casques bleus rwandais pour leur soutien humanitaire.

    “Nous sommes très heureux que le contingent rwandais sous la MINUSCA soit venu ici pour soigner les déplacés du camp de Gobolo 1 contre diverses maladies. Cet événement démontre la forte coopération qui existe déjà entre la MINUSCA et la communauté locale de Bria. Il est véritablement admirable et précieux de bénéficier de services médicaux d’une telle qualité”, a-t-il déclaré.

    L’un des bénéficiaires, Adama Babiru, a également remercié les Casques bleus rwandais pour lui avoir fourni des soins et des médicaments gratuits.

    “Nous remercions les Casques bleus rwandais de nous soigner gratuitement. Nous demandons que ces activités médicales se poursuivent, car il est difficile pour les personnes vivant dans le camp d’avoir accès à des soins de santé adéquats”, a-t-il affirmé.

    Source: Le Ministère Rwandais de la Défense

  • Des médecins rwandais en formation en Éthiopie renforcent leurs compétences dans le cadre de la coopération bilatérale en santé

    Des professionnels de santé rwandais actuellement engagés dans des programmes de formation spécialisée en résidence en Éthiopie ont achevé un programme de terrain de deux jours organisé par le ministère éthiopien de la Santé.

    Cette activité comprenait des visites d’infrastructures sanitaires, de sites historiques ainsi que de projets de développement majeurs dans la ville d’Addis-Abeba.

    Cette immersion a permis aux participants de mieux comprendre le fonctionnement du système de santé éthiopien, les dynamiques de transformation urbaine en cours dans la capitale, ainsi que les initiatives communautaires de développement mises en œuvre dans le pays.

    Une coopération saluée au plus haut niveau

    À l’issue de ce programme, l’ambassadeur du Rwanda en Éthiopie, Charles Karamba, ainsi que la délégation des médecins rwandais ont été reçus lors d’une cérémonie officielle organisée en leur honneur par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed Ali.

    Dans une publication sur son compte X, le Premier ministre Abiy Ahmed a indiqué avoir partagé un moment de convivialité avec 128 médecins rwandais en formation spécialisée en Éthiopie, aux côtés de plus de 400 autres professionnels de santé venus de différents pays africains. Il a souligné que ces praticiens font partie d’une nouvelle génération de médecins africains engagés dans l’excellence et la transformation des systèmes de santé du continent.

    Un partenariat au service de la réforme sanitaire rwandaise

    Cette coopération s’inscrit dans les efforts du Rwanda visant à renforcer ses ressources humaines dans le secteur de la santé à travers des partenariats internationaux structurés. Elle contribue notamment à la mise en œuvre de la réforme dite “4×4” du ministère rwandais de la Santé, qui vise à augmenter significativement le nombre de professionnels de santé spécialisés afin d’améliorer la qualité et l’accessibilité des soins.

    Selon les autorités sanitaires rwandaises, ces programmes de formation à l’étranger jouent un rôle clé dans le développement d’une expertise médicale nationale renforcée et durable, tout en consolidant les liens de coopération entre Kigali et Addis-Abeba dans le domaine de la santé.

    Source: Ambassade du Rwanda en Ethiopie

  • Ebola: le Rwanda renforce les mesures de prévention aux frontières avec la RDC

    Le gouvernement rwandais a annoncé, ce vendredi 22 mai 2026, un renforcement des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola afin de protéger la santé publique face à l’épidémie actuellement signalée en République démocratique du Congo (RDC).

    Dans un communiqué publié par le ministère de la Santé, les autorités ont précisé qu’aucun cas d’Ebola n’a été détecté au Rwanda à ce jour. Le Rwanda affirme toutefois maintenir une surveillance étroite de la situation dans le pays voisin et renforcer les capacités nationales de préparation, de détection précoce et de riposte rapide.

    Contrôles renforcés aux frontières et à l’aéroport de Kigali

    Le ministère de la Santé indique avoir intensifié les contrôles sanitaires et la vigilance aux postes frontaliers terrestres situés le long de la frontière avec la RDC. Des mesures de contrôle renforcées sont également appliquées à l’Aéroport international de Kigali pour les voyageurs entrant sur le territoire rwandais.

    Parmi les nouvelles dispositions entrant en vigueur immédiatement, les autorités rwandaises annoncent que tous les ressortissants étrangers ayant voyagé ou transité par la RDC au cours des trente derniers jours avant leur arrivée prévue au Rwanda se verront refuser l’entrée sur le territoire.

    En revanche, les citoyens rwandais ainsi que les résidents étrangers disposant d’un titre de résidence valide au Rwanda seront autorisés à entrer dans le pays. Toutefois, les personnes ayant séjourné ou transité par la RDC durant cette même période de trente jours devront se soumettre à une quarantaine obligatoire conformément aux protocoles sanitaires en vigueur.

    Les activités se poursuivent normalement au Rwanda

    Le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Rwanda, a récemment informé les organisations internationales et le corps diplomatique accrédité à Kigali des mesures de prévention actuellement mises en place dans le pays.

    Les autorités sanitaires ont souligné que toutes les activités au Rwanda se poursuivent normalement, notamment les conférences, les événements, les activités touristiques, les affaires et les déplacements à l’intérieur du pays.

    “Le Rwanda demeure ouvert, sûr et prêt”, affirme le communiqué, qui encourage les visiteurs, les résidents et les participants aux événements à poursuivre leurs activités tout en respectant les mesures d’hygiène habituelles et les recommandations officielles de santé publique.

    Le ministère de la Santé assure qu’il continuera de travailler en étroite collaboration avec les institutions gouvernementales concernées ainsi qu’avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux afin de garantir la protection de la santé et de la sécurité de la population.

    Les autorités invitent enfin toute personne ayant besoin d’informations sanitaires ou souhaitant signaler des symptômes à contacter la ligne d’urgence du Centre Biomédical du Rwanda (RBC) au numéro gratuit114.

  • Le Rwanda renforce sa vigilance face à l’épidémie d’Ebola en RDC

    Le ministère de la Santé du Rwanda suit de près l’évolution de l’épidémie d’Ebola récemment détectée en République démocratique du Congo (RDC), déclarée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme une urgence de santé publique à portée internationale.

    Dans un message rendu public Dimanche le 17 mai 2026, les autorités sanitaires rwandaises rassurent la population: aucun cas d’Ebola n’a, à ce jour, été confirmé sur le territoire national. Le pays demeure exempt de la maladie, malgré la proximité géographique avec les zones affectées en RDC.

    Dans un souci de prévention, le Rwanda a intensifié les contrôles sanitaires et le dépistage aux principaux points d’entrée frontaliers avec la RDC. Ces dispositifs visent à surveiller les flux de voyageurs et à détecter rapidement tout cas suspect.

    Les équipes médicales sont pleinement mobilisées et les mécanismes de surveillance épidémiologique ont été renforcés afin de permettre une détection précoce et une réponse rapide en cas de risque sanitaire.

    Le ministère de la Santé poursuit sa collaboration avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux afin de garantir une protection efficace de la population. Cette coopération s’inscrit dans une stratégie globale de prévention et de gestion des épidémies transfrontalières.

    Le gouvernement rwandais réaffirme ainsi sa priorité: protéger la santé publique tout en maintenant une surveillance étroite de l’évolution de la situation dans la région.

  • L’OMS déclare une urgence de santé publique internationale après une flambée d’Ebola en RDC et en Ouganda

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, samedi 17 mai 2026, que l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda constitue désormais une “urgence de santé publique de portée internationale”. Toutefois, l’organisation précise que la situation ne remplit pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.

    Cette décision a été prise par le Directeur général de l’OMS conformément au Règlement sanitaire international de 2005, après consultation des autorités congolaises et ougandaises. L’organisation onusienne a salué la coopération des deux pays ainsi que leur transparence dans l’évaluation des risques liés à la propagation transfrontalière de la maladie.

    Des centaines de cas suspects et plusieurs décès signalés

    Selon les données communiquées par l’OMS au 16 mai 2026, la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC, a enregistré huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects ainsi que 80 décès suspects répartis dans au moins trois zones de santé, notamment Bunia, Rwampara et Mongbwalu.

    En Ouganda, deux cas confirmés, dont un décès, ont été détectés à Kampala les 15 et 16 mai chez des personnes en provenance de la RDC. Les autorités sanitaires indiquent qu’aucun lien épidémiologique direct n’a encore été établi entre ces deux patients.

    L’OMS évoque également des regroupements inhabituels de décès communautaires présentant des symptômes compatibles avec la maladie à virus Bundibugyo dans plusieurs zones de santé de l’Ituri, ainsi que des cas suspects dans certaines parties du Nord-Kivu.

    Au moins quatre agents de santé sont morts dans un contexte clinique évoquant une fièvre hémorragique virale, ce qui suscite des inquiétudes quant à une transmission au sein des structures sanitaires.

    Un risque élevé de propagation régionale

    L’organisation estime que le nombre réel de personnes infectées pourrait être beaucoup plus élevé que les chiffres actuellement recensés. Le taux élevé de positivité parmi les premiers échantillons analysés, la détection de cas à Kampala et Kinshasa ainsi que l’augmentation des signalements de cas suspects renforcent les inquiétudes sur l’ampleur réelle de l’épidémie.

    L’OMS souligne que l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, les déplacements massifs de populations, la forte mobilité transfrontalière ainsi que la présence de nombreux centres de santé informels compliquent davantage la riposte sanitaire.

    Les pays voisins partageant des frontières terrestres avec la RDC sont considérés comme particulièrement exposés au risque de propagation de la maladie en raison des échanges commerciaux et des mouvements de population.

    Aucun vaccin spécifique homologué contre le virus Bundibugyo

    L’OMS rappelle que, contrairement à certaines autres souches du virus Ebola, il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre le virus Bundibugyo, ce qui renforce la gravité de la situation sanitaire actuelle.

    Face à cette situation, le Directeur général de l’OMS a annoncé la convocation prochaine d’un Comité d’urgence chargé de recommander des mesures temporaires aux États afin de renforcer la surveillance, la prévention et la coordination internationale de la riposte.

    La déclaration d’une urgence de santé publique de portée internationale vise notamment à mobiliser une réponse mondiale coordonnée et à accélérer l’appui technique et financier aux pays affectés.

  • Les RDF et la Police lancent une vaste campagne de chirurgie de la cataracte en Province du Nord

    Les Forces rwandaises de défense (RDF) et la Police nationale du Rwanda (RNP), en partenariat avec le ministère de la Santé (MoH) et Fred Hollows Foundation Rwanda, ont lancé une campagne provinciale de soins oculaires et de chirurgie de la cataracte à l’hôpital provincial de Kinihira, dans le district de Rulindo, en Province du Nord, dans le cadre du programme de proximité communautaire des institutions de défense et de sécurité.

    Cette campagne vise à lutter contre la cécité évitable chez les citoyens vulnérables, en particulier les personnes âgées de 50 ans et plus ayant un accès limité aux services spécialisés en ophtalmologie.

    La cérémonie de lancement a réuni le gouverneur de la Province du Nord, Maurice Mugabowagahunde, le secrétaire permanent au ministère de la Santé, Jean Marie Vianney Ndayizigiye, le chef adjoint des services de santé militaire, le général de brigade Dr John Nkurikiye, le commandant de la police de proximité, l’Assistant Commissioner of Police (ACP) Teddy Ruyenzi, la directrice nationale de Fred Hollows Foundation Rwanda, Mme Tiva Kananura, ainsi que des autorités locales, des bénéficiaires et des habitants de la région.

    La campagne a débuté le 9 mars 2026 avec une vaste opération nationale de dépistage organisée dans le cadre du programme citoyen RDF/RNP 2026. Plus de 90 000 personnes souffrant de graves troubles de la vue seront examinées à travers le pays, tandis qu’entre 6 000 et 6 500 bénéficiaires devraient recevoir gratuitement des opérations de la cataracte et des traitements spécialisés des yeux. La priorité est accordée aux citoyens qui ne peuvent pas accéder aux services ophtalmologiques et à ceux souffrant d’une perte sévère de la vision.

    Prenant la parole lors de l’événement, le gouverneur de la Province du Nord, Maurice Mugabowagahunde, a salué la contribution continue des institutions de défense et de sécurité à l’amélioration du bien-être de la population à travers des initiatives sanitaires communautaires.

    Il a exhorté les habitants à préserver les acquis de ces programmes, à maintenir leur adhésion à la mutuelle de santé communautaire et à collaborer avec les spécialistes médicaux afin d’assurer le succès de la campagne.

    Le secrétaire permanent au ministère de la Santé, Jean Marie Vianney Ndayizigiye, a indiqué que cette campagne reflète l’engagement du gouvernement rwandais à améliorer les services de santé et à promouvoir le bien-être des citoyens les plus vulnérables.

    De son côté, le general de brigade, Dr John Nkurikiye a souligné que la fourniture gratuite de soins médicaux aux citoyens vulnérables s’inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité humaine. Il a révélé que la cataracte représente 56 % des cas de cécité au Rwanda et a appelé les communautés ainsi que les autorités locales à travailler étroitement avec les spécialistes de santé pour identifier les patients nécessitant des soins.

    L’un des bénéficiaires, Cleophas Akarimutumye, originaire du secteur de Rukozo, a témoigné que ce programme de proximité lui avait permis de retrouver considérablement la vue après avoir souffert d’une cataracte sévère.

    Il a remercié les RDF et la RNP pour les soins médicaux gratuits reçus, affirmant que l’amélioration de sa santé lui avait permis de reprendre ses activités socio-économiques et d’améliorer ses conditions de vie.

    Source: RDF

     

     

  • La famille est au cœur de toutes nos luttes sanitaires: le Cardinal Kambanda appelle les leaders religieux à intensifier leur action pour la santé et le bien-être

    Réunis à l’hôtel Park Inn de Kiyovu, le mardi, 28 avril 2026, des leaders religieux, responsables gouvernementaux, agences onusiennes et partenaires au développement ont engagé un dialogue stratégique pour renforcer l’action interconfessionnelle en faveur de la santé et du bien-être familial au Rwanda.

    Cette rencontre nationale, organisée par le Rwanda Interfaith Council on Health (RICH) en collaboration avec Christian Connections for International Health, a mis en lumière les progrès réalisés, mais aussi les défis persistants en matière de santé maternelle, infantile et des adolescents.

    Le ton a été donné par Antoine Cardinal Kambanda, dont le message a structuré les échanges de la journée : “Nous, au sein de RICH, croyons que la vie est un don précieux. Mais les défis que nous avons évoqués — mortalité maternelle et infantile, malnutrition, grossesses précoces — trouvent tous leur racine dans la famille.”

    L’objectif était de renforcer la collaboration, aligner les messages avec les priorités nationales et mobiliser une action collective pour accélérer les progrès vers les objectifs sanitaires, tant au niveau national que mondial.

    Les travaux ont alterné entre présentations techniques, discussions en panel et échanges en plénière. Parmi les temps forts, une présentation détaillée de la situation sanitaire au Rwanda a mis en évidence des avancées notables: selon l’Enquête Démographique et de Santé 2025, le taux de mortalité maternelle est passé de 203 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2020 à 149 en 2025. La mortalité des enfants de moins de cinq ans a également reculé, tandis que la couverture des soins prénatals a progressé.

    Des progrès réels, mais des défis persistants

    Malgré ces résultats encourageants, les participants ont souligné que des défis majeurs subsistent. Les causes évitables de mortalité maternelle — hémorragies, infections ou complications liées à l’hypertension — continuent de peser, notamment en raison d’un accès inégal à des soins de qualité.

    Le Professeur Claude Mambo Muvunyi, Directeur général du Centre biomédical du Rwanda – RBC.

    Chez les enfants, la malnutrition reste préoccupante, avec près d’un quart des moins de cinq ans touchés par le retard de croissance. Les adolescents, quant à eux, font face à des vulnérabilités croissantes: hausse des grossesses précoces (8 % des jeunes filles de 15 à 19 ans), violences basées sur le genre, infection au VIH, problèmes de santé mentale et usage de substances.

    Un participant a alerté sur l’impact des nouvelles tendances sociales:

    “Les phénomènes comme les slay queens, soirées privées (house parties), la consommation d’alcool bon marché, la drogue ou encore certaines influences des réseaux sociaux contribuent à la dégradation des comportements des jeunes, avec des conséquences telles que les grossesses précoces et la propagation du VIH.”

    Le rôle clé des leaders religieux

    Au cœur des discussions, le rôle des organisations confessionnelles a été reconnu comme déterminant pour influencer les comportements et promouvoir des valeurs positives.

    Le Cardinal Kambanda a insisté sur la responsabilité éducative des familles et des communautés:

    “Un bon foyer éduque bien. L’enfant qui grandit dans un environnement sain aura plus de chances de bâtir à son tour une famille équilibrée.”

    Il a également mis en garde contre les dérives liées à la technologie :

    “Aujourd’hui, un enfant peut être physiquement à la maison mais mentalement ailleurs, exposé à des contenus qui le détruisent. Nous devons, en tant que parents et leaders religieux, accompagner et encadrer.”

    Appelant à l’unité entre confessions, il a ajouté :

    “Le VIH ne choisit pas de religion. La paix non plus. Ce qui nous unit — nos valeurs — doit être notre force pour protéger la vie.”

    Le gouvernement appelle à un changement des mentalités

    Présente à cette rencontre, la ministre du genre et de la promotion de la famille, Console Uwimana, a salué les progrès du Rwanda en matière de santé, tout en rendant hommage à la contribution des organisations religieuses: “Les avancées enregistrées sont le fruit d’un leadership fort et d’une volonté politique affirmée, mais aussi de l’engagement des confessions religieuses.”

    Elle a exhorté ces dernières à utiliser leur influence pour transformer les mentalités :

    “Les leaders religieux bénéficient de la confiance des communautés. Ils doivent continuer à diffuser des messages qui changent les comportements, car tout changement durable commence dans l’esprit.”

    La ministre a également insisté sur l’importance du dialogue familial et de l’accompagnement des jeunes :

    “Il faut encourager les familles à communiquer davantage, aider les jeunes à accéder à des informations fiables et soutenir les ménages en difficulté afin de renforcer l’unité, l’amour et la paix.”

    Vers une mobilisation renforcée

    Les échanges ont débouché sur une série de recommandations clés, notamment le renforcement des investissements dans les initiatives des organisations confessionnelles, la promotion d’approches centrées sur la famille, et l’intensification des partenariats multisectoriels.

    Il a également été recommandé de valoriser davantage le rôle des hommes dans la santé familiale, de développer des campagnes continues de sensibilisation — notamment contre le VIH chez les jeunes — et d’exploiter les réseaux religieux comme leviers de communication et de mobilisation sociale.

    Les participants ont souligné la nécessité de renforcer les capacités des leaders religieux afin qu’ils puissent mieux accompagner les communautés vers l’adoption de comportements sains.

    Comme l’a souligné une représentante du FNUAP, Ayna Seyitlieva: “Le Rwanda montre que le progrès est possible grâce à la collaboration. Les organisations confessionnelles sont des agents puissants de changement.”

    Au terme de cette journée, un constat s’impose: la santé publique ne se joue pas uniquement dans les structures médicales, mais aussi au sein des familles, des communautés et des lieux de culte, où se façonnent les comportements et les valeurs.

    L’abbé Oscar Kagimbura, Secrétaire général de Caritas Rwanda
  • Burera: Le paradoxe de Birwa, où l’on préfère l’eau du lac aux robinets d’eau potable

    Dans le secteur de Rugarama, le village de Birwa fait face à un paradoxe sanitaire frappant. Alors que l’eau potable a été acheminée jusqu’aux robinets des habitants, une grande partie de la population persiste à consommer l’eau brute du lac Burera, perçue comme “plus naturelle”, malgré une explosion des maladies hydriques signalée par les autorités sanitaires locales.

    Le paradoxe de Birwa: Refuser ce que les autres réclament

    Le district de Burera, l’un des cinq districts de la Province du Nord, est le théâtre d’une situation singulière dans le secteur de Rugarama. Dans le village de Birwa, de la cellule Rurembo, une localité nichée sur un îlot et ses environs, l’infrastructure est là, mais le changement de comportement traîne.

    Le contraste est saisissant: alors que dans d’autres régions, les citoyens plaident pour l’installation de robinets, les habitants de Birwa craignent l’eau traitée. Ils affirment que l’eau fournie par les infrastructures modernes contient des “produits chimiques” (purifiants) qui les effraient, préférant ainsi l’eau du lac qu’ils jugent plus “naturelle”.

    Le village de Birwa offre un spectacle naturel majestueux. Situé en plein cœur du lac Burera, le regard se tourne d’un côté vers l’étendue d’eau paisible et de l’autre vers l’imposant volcan Muhabura. Ici, la vie est rythmée par l’agriculture et une pêche artisanale.

    Pourtant, cette proximité avec le lac est un piège sanitaire. Sur les rives, l’eau est utilisée pour tout : lessive, baignade et vaisselle. C’est dans ce même environnement, où s’ébrouent animaux aquatiques et bétail, que les habitants puisent leur eau de boisson.

    Pour ceux qui n’ont pas encore accès aux robinets, la situation est pire : la pratique de bouillir l’eau pour éviter les maladies liées à l’insalubrité est quasiment inexistante.

    Témoignages: La résistance des mentalités

    Le refus de l’eau potable s’appuie sur des croyances profondément ancrées.

    Une mère de famille de 35 ans, qui a préféré garder l’anonymat, a confié : “Nous voyons les robinets, mais cette eau a un goût de médicament. Moi, je suis convaincue qu’elle donne des maux de tête. Nos parents ont bu l’eau du lac toute leur vie, pourquoi changer maintenant ?”

    Cette méfiance envers la science moderne se double d’une perception erronée de la pureté de l’eau du lac.

    Une habitante d’une quarantaine d’années s’exprime: “Certes, nous lavons nos vêtements ici, mais comme l’eau est en mouvement, la saleté s’en va et l’eau redevient propre. C’est une question d’habitude. Même si au centre de santé on nous donne des comprimés contre les vers, nous revenons toujours puiser ici.”

    Même ceux qui sont conscients d’être malades peinent à faire le lien de causalité. Un homme de 45 ans a récemment été diagnostiqué avec une amibiase :

    “L’agent de santé m’a dit que j’avais des amibes. Mais cette eau du lac que nous buvons nous a nourris. Si elle était vraiment mortelle, ne serions-nous pas déjà tous morts ? C’est difficile de croire que ce qui nous a fait grandir est devenu notre ennemi.”

    Au-delà des maladies, le lac tue autrement. Les habitants témoignent de cas de noyades lors de la corvée d’eau, où certains corps ne sont jamais retrouvés. Malgré ce danger physique et les alertes du centre de santé de Gitare, le changement reste lent.

    L’alerte des autorités: Une urgence de santé publique

    Au centre de santé de Gitare, l’inquiétude est palpable. Mme Séraphine Muhawenimana, titulaire par intérim de la structure sanitaire, tire la sonnette d’alarme. Elle confirme que les consultations pour des maladies liées à l’eau sale sont en constante augmentation.

    “Nous recevons un nombre massif de patients souffrant de vers intestinaux et d’autres infections hydriques. Le problème est clair : soit ils refusent l’eau potable, soit ceux qui n’y ont pas encore accès ne prennent même pas la peine de bouillir l’eau du lac”, explique-t-elle.

    Elle insiste sur le fait que la distribution de médicaments ne peut être qu’une solution temporaire si la source du problème — la consommation d’eau non traitée — n’est pas éradiquée.

    L’appel des autorités

    La maire du district de Burera, Mme Soline Mukamana, reconnaît l’ampleur de la tâche. Elle souligne que le défi majeur reste la transformation des mentalités dans la vallée de Rurembo.

    Mme Soline Mukamana, maire du district de Burera – © Photo officielle

    “Il est de notre devoir de retourner vers ces citoyens pour leur expliquer que ces “produits” dans l’eau sont là pour les protéger. Nous allons intensifier les campagnes de sensibilisation pour qu’ils utilisent enfin les infrastructures mises à leur disposition.”

    À Birwa, la bataille pour la santé ne se gagnera pas seulement avec des tuyaux et des robinets, mais par une déconstruction des mythes qui lient encore la population aux eaux dangereuses du lac.

  • Le ministère de la Santé impose le triage médical avant toute formalité administrative

    Par Anastase Rwabuneza

    Le ministère de la Santé durcit le ton face aux défaillances constatées dans la prise en charge des patients. Dans une directive officielle datée du 27 mars 2026, le ministère de la Santé ordonne à toutes les structures sanitaires, publiques comme privées, de respecter strictement le principe du triage clinique prioritaire, avant toute procédure administrative ou vérification d’assurance.

    Adressée à l’ensemble des responsables d’établissements de santé, des hôpitaux de référence aux centres de santé en passant par les structures privées, la note signée par le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, rappelle une instruction déjà émise en février 2020 mais dont l’application reste inégale sur le terrain.

    Priorité absolue à l’évaluation médicale

    Le ministère est formel: aucun patient ne doit être retardé, refusé ou redirigé en raison de formalités administratives en attente, notamment celles liées à la Mutuelle de santé ou à toute autre couverture d’assurance.

    “Tous les établissements doivent d’abord prendre en charge le patient sur le plan clinique avant toute procédure administrative”, insiste la directive. Cette mesure vise à garantir une réponse médicale immédiate, en particulier dans les situations d’urgence où chaque minute peut être décisive.

    La responsabilité de l’application de cette règle incombe directement aux dirigeants des structures de santé, appelés à renforcer les mécanismes de contrôle interne. Le ministère prévient que tout manquement, qu’il ait entraîné ou non des conséquences graves, exposera les établissements à des sanctions institutionnelles.

    Une réaction aux dérives dénoncées par le chef de l’État

    Cette décision intervient dans le sillage des critiques formulées par le président Paul Kagame lors d’une rencontre avec les responsables de l’administration centrale et locale, tenue le 23 mars 2026 à Gako, dans le district de Bugesera. Placée sous le thème “le citoyen au centre”, cette réunion a mis en lumière les insuffisances persistantes dans la qualité des services publics.

    Le chef de l’État avait notamment dénoncé un cas dramatique survenu dans le district de Karongi : une femme enceinte aurait été refusée dans une structure de santé au motif qu’elle devait d’abord régulariser sa situation d’assurance maladie. Faute de prise en charge immédiate, elle est décédée à son domicile.

    Un épisode que Paul Kagame a qualifié sans détour d’inacceptable, allant jusqu’à parler d’un acte “criminal” plutôt que d’une simple faute professionnelle.

    À travers cette directive, les autorités entendent remettre le patient au cœur du système de santé et prévenir toute répétition de tels drames.

    Le ministère appelle ainsi à une mobilisation immédiate de tous les acteurs du secteur pour garantir une application rigoureuse et durable de cette mesure, considérée comme essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans les services de santé.

  • Les agents de santé communautaire intègrent Muganga SACCO pour faciliter l’accès aux financements

    Plus de 58 000 agents de santé communautaire au Rwanda sont désormais autorisés à devenir membres de la coopérative “Muganga SACCO”, une décision saluée comme une avancée majeure pour leur inclusion financière.

    Cette annonce a été faite lors de l’Assemblée générale ordinaire de cette coopérative, tenue le 26 mars 2026. Elle s’inscrit dans la stratégie de la coopérative visant à élargir son adhésion à l’ensemble des acteurs du secteur de la santé.

    Les agents de santé communautaire, appelés localement abajyanama b’ubuzima, jouent un rôle essentiel dans le système de santé, notamment en assurant le suivi des femmes enceintes, la croissance des enfants et la prise en charge de maladies comme le paludisme, ainsi que d’autres indicateurs définis par le ministère de la Santé.

    Malgré leur importance, ces acteurs travaillent souvent sur une base volontaire et ne disposent pas de salaire mensuel fixe. Leur intégration à Muganga SACCO est donc perçue comme une opportunité majeure pour accéder plus facilement aux services financiers, en particulier aux crédits.

    “C’est une grande chance pour nous. Avant, il était difficile d’obtenir des prêts dans d’autres banques. Aujourd’hui, avec Muganga SACCO, nous avons enfin une institution qui comprend notre réalité”, a témoigné un agent de santé communautaire.

    Le secrétaire permanent au Ministère de la Santé du Rwanda, Jean Marie Vianney Ndayizigiye, a souligné que cette décision vise avant tout à renforcer les capacités financières de ces acteurs essentiels.

    Selon lui, leur accès à des financements adaptés leur permettra de développer leurs activités génératrices de revenus, souvent liées à l’agriculture, à l’élevage ou au petit commerce.

    Des mécanismes adaptés à leur réalité

    Les responsables de Muganga SACCO se veulent rassurants: l’absence de salaire fixe ne constituera pas un obstacle. Des mécanismes spécifiques seront mis en place pour tenir compte des revenus variés des agents de santé communautaire, notamment leurs activités économiques et les primes trimestrielles versées par le ministère de la Santé en fonction de leurs performances.

    Le président du conseil d’administration de la coopérative, Dr Philbert Muhire, a indiqué que les coopératives existantes des agents de santé représentent un potentiel économique important que Muganga SACCO entend valoriser.

    De son côté, la directrice générale, Claudine Uwambayingabire, a précisé que des produits financiers adaptés sont en cours de conception, en tenant compte du profil majoritairement rural de ces nouveaux membres.

    Créé il y a près de quatre ans, Muganga SACCO comptait déjà 14 779 membres à la fin de l’année 2025. L’ouverture aux agents de santé communautaire marque ainsi une nouvelle étape dans son développement, avec l’ambition d’inclure tous les professionnels du secteur de la santé.