Le gouvernement rwandais a réagi à la décision rendue par la Cour permanente d’arbitrage (CPA) dans le différend l’opposant au Royaume-Uni au sujet de l’accord de partenariat en matière d’asile. La porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, dit prendre acte de la sentence tout en soulignant la complexité juridique du dossier et les divergences d’interprétation exprimées au sein du tribunal.
Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, Yolande Makolo a indiqué que le Rwanda “respecte la décision du tribunal et considère l’affaire comme close”. Toutefois, elle a insisté sur le fait que l’opinion dissidente jointe à la sentence démontre que les questions examinées étaient juridiquement complexes et susceptibles de plusieurs interprétations.
Selon elle, le désaccord exprimé par le professeur Mohamed Abdel Wahab confirme notamment qu’il existait une lecture alternative des échanges diplomatiques de novembre 2024, lesquels auraient, selon la majorité du tribunal, modifié les arrangements financiers entre les deux pays.
La porte-parole a réaffirmé la volonté du Rwanda de poursuivre une coopération constructive avec ses partenaires internationaux, dans le respect des normes du droit international et dans une logique de partenariats mutuellement bénéfiques.
Cette réaction intervient après la décision de la CPA, rendue le 15 mai 2026 et rendue publique le 1er juin, dans laquelle le tribunal arbitral a rejeté l’ensemble des demandes financières introduites par le Rwanda contre le Royaume-Uni.
Le Rwanda réclamait notamment le paiement de deux tranches de 50 millions de livres sterling prévues dans le cadre de l’accord bilatéral, ainsi qu’une indemnisation pour violation présumée de certaines dispositions contractuelles. Le tribunal a toutefois estimé que le Royaume-Uni n’était pas tenu de verser ces montants, rejetant également les allégations de violation de l’accord.
Un membre du tribunal, le professeur Mohamed Abdel Wahab, a néanmoins joint une opinion dissidente, estimant que les notes diplomatiques de novembre 2024 ne constituaient pas un amendement juridiquement contraignant à l’accord financier et que les paiements réclamés par le Rwanda restaient dus.
Le triomphe des RSSB Tigers en Basketball Africa League (BAL) 2026 continue de susciter une vague d’enthousiasme à travers le Rwanda. Au lendemain de cette victoire historique obtenue à Kigali, de nombreuses personnalités publiques et responsables d’institutions ont exprimé leur fierté et adressé leurs félicitations à l’équipe qui a offert au pays son tout premier titre continental dans cette compétition.
Pour leur toute première participation à la BAL, les RSSB Tigers ont créé l’exploit en décrochant le trophée suprême, inscrivant ainsi leur nom dans l’histoire du basketball africain et du sport rwandais.
Une victoire qui fait la fierté de tout un pays
Parmi les premières réactions, la ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a salué une performance exceptionnelle qui honore l’ensemble de la nation.
“Quelle victoire, enfants du Rwanda ! Quelle joie, quel parcours ! RSSB Tigers, vous avez honoré le Rwanda. Nous sommes fiers de vous”, a-t-elle déclaré.
La ministre a également souligné que cette consécration ne se limitait pas au seul trophée collectif. Le Rwanda repart également avec les distinctions individuelles les plus prestigieuses de la compétition, notamment le titre de Joueur le Plus Précieux (MVP) remporté par Craig Randall II ainsi que celui de Meilleur Entraîneur de l’Année attribué à Henry Mwinuka Newton.
Le Directeur général du Rwanda Social Security Board (RSSB), Régis Rugemanshuro, propriétaire du club, a lui aussi partagé sa satisfaction.
“Rwanda, nous l’avons fait ! Félicitations aux RSSB Tigers et à ces supporters extraordinaires”, a-t-il écrit, rendant hommage aussi bien aux joueurs qu’au public qui a porté l’équipe tout au long de la compétition.
Des félicitations venues de plusieurs institutions
Le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, a salué le sacre des RSSB Tigers, félicitant l’équipe pour cette performance qui marque une étape importante dans l’histoire du sport rwandais.
Même sentiment du côté de Clare Akamanzi, directrice générale de NBI Africa, qui a remercié le Rwanda pour l’accueil de cette édition de la BAL.
Selon elle, la saison 2026 a battu plusieurs records en matière d’affluence, d’audience, d’engagement du public et d’impact, témoignant de la croissance continue du basketball sur le continent africain.
Le ministre d’État chargé des Sports, Rwego Ngarambe, a également célébré la résilience de l’équipe tout au long de la compétition.
“Nous sommes les champions de la BAL 2026”, s’est-il réjoui, félicitant l’ensemble des joueurs, du staff technique et des personnes ayant contribué à cette réussite.
Un exploit qui dépasse le cadre du sport
La Directrice générale adjointe du Rwanda Development Board (RDB), Juliana K. Muganza, a qualifié les RSSB Tigers de “nouvelle sensation” de la BAL.
Elle a salué l’esprit combatif affiché par l’équipe tout au long du tournoi ainsi que sa remarquable remontée lors de la finale.
Du côté du ministère de la Fonction publique et du Travail, le ministre Christine Nkulikiyinka a lui aussi célébré cette victoire en soulignant que le trophée revenait désormais au Rwanda.
Pour sa part, la Directrice générale du Rwanda Governance Board (RGB), Doris Picard Uwicyeza, a reconnu avoir vécu les dernières secondes de la rencontre avec une forte émotion, avant d’exprimer sa joie à l’issue du coup de sifflet final.
Le Minsitre de la Jeunesse et des Arts, Abdallah Utumatwishima a également remercié la communauté numérique rwandaise pour son soutien indéfectible, tout en adressant ses félicitations aux RSSB Tigers et au Rwanda Social Security Board.
Un succès qui entre dans l’histoire
Au-delà des célébrations, ce sacre revêt une portée symbolique considérable. En remportant la BAL dès leur première participation, les RSSB Tigers deviennent la première équipe rwandaise à conquérir le titre continental depuis la création de la compétition en 2021.
Cette victoire confirme non seulement la progression du basketball rwandais, mais aussi la capacité du pays à accueillir et à briller lors des plus grandes compétitions sportives africaines.
Pour de nombreux observateurs, ce triomphe restera comme l’un des plus grands exploits sportifs de l’histoire récente du Rwanda, un moment d’unité nationale célébré bien au-delà des terrains de basketball.
Des Casques bleus rwandais déployés en République centrafricaine dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) ont organisé, ce 28 mai 2026, une campagne médicale gratuite au profit des détenus de la prison de Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto.
L’initiative a été menée par l’Hôpital rwandais de niveau 2+ et le contingent RWABG VIII. Au total, 68 détenus ont bénéficié de consultations et de soins médicaux gratuits, dans le cadre des activités communautaires organisées par les soldats rwandais à l’approche de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies, célébrée le 29 mai.
Les soins prodigués couvraient plusieurs spécialités, notamment la médecine interne, les soins dentaires, l’ophtalmologie ainsi que la dermatologie. Des médicaments ont également été distribués gratuitement aux prisonniers.
Le lieutenant-colonel Dr Isaiah Nzayisenga, commandant adjoint de l’Hôpital rwandais de niveau 2+, a indiqué que cette action humanitaire visait à soutenir les détenus confrontés à un accès limité aux services de santé.
“La santé est essentielle à la vie humaine, en particulier pour les personnes vivant dans des conditions difficiles”, a-t-il souligné, rappelant l’engagement des Casques bleus rwandais à contribuer au bien-être des populations locales au-delà de leur mission sécuritaire.
Le directeur de la prison de Bria, Mahamai Adoum Salle, a salué le soutien continu apporté par le contingent rwandais aux détenus de l’établissement pénitentiaire.
“Ce n’est pas la première fois que les Casques bleus rwandais viennent offrir des soins et des médicaments aux prisonniers ici à Bria. Habituellement, lorsque les détenus sont envoyés dans des centres de santé externes, les médicaments doivent être achetés. Mais lors des campagnes organisées par le contingent rwandais, les détenus reçoivent gratuitement les traitements et les medicaments”, a-t-il déclaré.
Il a également exprimé sa reconnaissance envers la MINUSCA et les militaires rwandais pour cette assistance qu’il qualifie de précieuse, souhaitant la poursuite de cette coopération.
Le chef de la section de supervision et de qualité des soins au Bureau sanitaire du district de la Haute-Kotto, Ponombo Felix, a lui aussi salué cette initiative humanitaire, mettant en avant les difficultés auxquelles les détenus font face pour accéder à des soins adaptés.
Selon lui, la prison de Bria souffre notamment de l’absence d’une clinique interne et d’une capacité médicale limitée. Il a estimé que la mise à disposition de médicaments et de médecins spécialistes par le contingent rwandais constitue une aide hautement appréciable.
La Chambre des députés du Rwanda a annoncé l’organisation de descentes de terrain à travers tout le pays, dans le but d’évaluer les initiatives mises en œuvre pour accroître la productivité agricole, aussi bien pour les cultures vivrières que pour les cultures de rente, notamment le café et le thé.
Ces missions parlementaires se dérouleront du 28 mai au 4 juin 2026 dans tous les districts du pays. Elles s’étendront ensuite aux secteurs de la Ville de Kigali du 6 au 7 juin 2026.
Selon la Chambre des députés, ces visites visent à renforcer le suivi des politiques publiques dans le secteur agricole, considéré comme un pilier essentiel de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire.
Renforcer le contrôle parlementaire de proximité
La Présidente de la Chambre des députés, Gertrude Kazarwa, a souligné l’importance de la mission de contrôle exercée par les parlementaires et la nécessité de rester proches des citoyens.
Elle a indiqué que ces descentes permettront aux députés de “recueillir des informations de première main auprès des communautés locales et des parties prenantes, afin de s’assurer que les programmes visant à améliorer la productivité agricole produisent les résultats attendus et contribuent au bien-être des Rwandais”.
Durant ces visites, les députés rencontreront les autorités locales, les coopératives agricoles, les partenaires de développement ainsi que les habitants. Ils visiteront également différentes activités agricoles sur le terrain.
Les discussions porteront sur les principaux défis du secteur, notamment la faible utilisation des intrants agricoles, les effets du changement climatique, les insuffisances des infrastructures agricoles et les difficultés d’accès aux marchés pour les producteurs.
Les parlementaires participeront également aux travaux communautaires d’Umuganda prévus à la fin du mois de mai 2026.
Suivi des recommandations et écoute des citoyens
Ces missions permettront également aux députés de recueillir les préoccupations des citoyens et d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de précédentes visites.
À travers cette initiative, la Chambre des députés entend renforcer son rôle de contrôle et contribuer à l’amélioration durable de la productivité agricole et des conditions de vie des populations rurales.
À l’École de formation de la police de Gishari (PTS), dans le district de Rwamagana, le Rwanda a célébré mercredi l’entrée officielle de 436 nouveaux officiers au sein de la Police nationale rwandaise (RNP), dans une cérémonie solennelle marquée par un message fort du président Paul Kagame sur l’avenir du maintien de l’ordre à l’ère des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.
L’événement, organisé à Gishari, coïncidait avec les célébrations du 25e anniversaire de la Police nationale du Rwanda, placées sous le thème: “Un partenariat au service de la sécurité”.
Devant un parterre composé de familles des lauréats, de responsables sécuritaires, de diplomates et de délégations étrangères partenaires de la RNP, le chef de l’État a officiellement élevé les diplômés au grade d’Assistant Inspector of Police (AIP).
“Moi, Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, conformément à la Constitution et aux lois de la République du Rwanda, je vous confère le grade d’Assistant Inspector of Police au sein de la Police nationale du Rwanda”, a déclaré le président d’une voix solennelle, avant que les nouveaux officiers ne prêtent serment devant l’assistance.
Une police appelée à entrer pleinement dans l’ère technologique
Dans son discours, le président Kagame a insisté sur la mutation rapide des formes de criminalité, de plus en plus transfrontalières et appuyées sur les technologies numériques.
“Les crimes évoluent et dépassent désormais les frontières. Le travail de la police doit donc évoluer avec son époque”, a-t-il affirmé, soulignant que la prévention reste la meilleure manière d’anticiper les menaces.
Le chef de l’État a particulièrement insisté sur la nécessité pour les forces de sécurité de s’appuyer sur des outils modernes, des formations spécialisées et les technologies émergentes, y compris l’intelligence artificielle.
Le message fait écho aux propos du chef de la Police nationale, Felix Namuhoranye, qui a reconnu que la criminalité technologique impose désormais une nouvelle approche du maintien de l’ordre.
“Il n’est plus nécessaire pour un criminel d’être physiquement présent sur le lieu où l’infraction est commise”, a-t-il expliqué, évoquant l’usage croissant de la technologie et de l’IA par la Police rwandaise pour lutter contre la cybercriminalité et les infractions numériques.
L’Inspecteur général a également annoncé qu’après l’ouvrage consacré au modèle rwandais de “community policing”, un nouveau livre devrait prochainement être publié sous le titre “Police and Technology in Rwanda”.
436 nouveaux officiers commissionnés AIP
Les officiers commissionnés ont suivi leur formation depuis le 15 juillet 2025 au sein de PTS Gishari. La promotion compte 436 diplômés, dont 109 femmes et 327 hommes, parmi lesquels neuf ressortissants des Seychelles.
Selon le commandant de l’école, Rafiki Mujiji, les recrues ont bénéficié d’une formation axée à la fois sur les compétences opérationnelles, l’éthique professionnelle et l’adaptation aux nouveaux défis sécuritaires.
Parmi les diplômés figurent également des titulaires de diplômes universitaires issus de l’École de Police de Musanze, ainsi que des futurs agents destinés au National Intelligence and Security Service (NISS) et au Rwanda Investigation Bureau (RIB).
Les nouveaux officiers seront affectés dans plusieurs unités spécialisées: sécurité routière, technologies de l’information, médecine policière, sécurité lacustre, lutte contre les incendies, cynotechnie, contrôle technique des véhicules, gestion des ressources humaines, administration financière ou encore infrastructures.
Parade militaire, démonstration motocycliste et hommage aux 25 ans de la RNP
La cérémonie a également été marquée par une parade militaire de dix compagnies, dont une unité entièrement féminine, exécutée sous la direction du CSP Jean Pierre Kanobayire et du SP Jean Bosco Rurangwa.
Les officiers nouvellement promus ont défilé au rythme de la fanfare de la Police nationale, avant une démonstration spectaculaire des motocyclistes de la police routière, dirigée par l’AIP Kyalimpa Peninah.
Les agents ont simulé des escortes officielles et des manœuvres de circulation en milieu dense, illustrant les techniques utilisées dans la gestion du trafic et la protection des hautes personnalités.
Le président Kagame a également récompensé les meilleurs éléments de la promotion, saluant leur discipline et leurs performances durant près d’une année de formation intensive.
“Le professionnalisme et l’humilité doivent rester vos valeurs”
Revenant sur les 25 années d’existence de la Police nationale du Rwanda, le président Kagame a rendu hommage aux générations de policiers qui ont contribué à la stabilité et à la sécurité du pays.
“Je remercie tous les policiers, ceux d’aujourd’hui comme ceux du passé, pour leur engagement et leur dévouement qui permettent aux Rwandais de vivre et de travailler dans la sécurité et la dignité”, a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également exhorté les nouveaux officiers à lutter contre la corruption, à préserver l’éthique professionnelle et à maintenir la confiance bâtie avec la population grâce au modèle rwandais de police de proximité.
“Le professionnalisme et l’humilité dans le service rendu au pays et aux citoyens demeurent essentiels”, a insisté le président, appelant la grande famille de la RNP à profiter de ce jubilé pour se remettre en question, renforcer ses valeurs et améliorer constamment ses méthodes de travail.
Le Rwanda s’est doté d’une nouvelle loi organique régissant les élections. Publié au Journal Officiel n°21 Bis du 25 mai 2026, le nouveau texte remplace la loi organique de 2019 et redéfinit plusieurs mécanismes liés aux scrutins présidentiels, législatifs et locaux.
Adoptée par la Chambre des députés puis par le Sénat, la loi vise à moderniser le système électoral rwandais, renforcer l’efficacité administrative des élections et harmoniser les textes avec la Constitution ainsi qu’avec les objectifs nationaux de gouvernance et de développement.
Le texte encadre l’ensemble des processus électoraux: inscription sur les listes électorales, campagnes électorales, organisation des bureaux de vote, proclamation des résultats, règlement des litiges et sanctions liées aux infractions électorales.
Des élections indirectes pour certains conseillers de district
L’une des principales innovations de la réforme concerne les élections au niveau des districts. Désormais, certains conseillers de district ne seront plus élus directement par la population, mais par un collège électoral composé de représentants issus des structures locales.
Concrètement, les citoyens continueront d’élire directement les dirigeants des villages, cellules et secteurs. Cependant, ce sont ensuite ces représentants ou leurs délégués qui participeront à l’élection des conseillers de district.
Cette réforme vise notamment à réduire la fréquence des grands scrutins, limiter les coûts organisationnels et éviter ce que les autorités qualifient de “fatigue électorale” liée aux consultations répétitives.
Le nouveau système introduit ainsi une chaîne de représentation plus structurée: les citoyens élisent les autorités de proximité, lesquelles participent ensuite à la désignation des dirigeants au niveau supérieur.
Une nouvelle approche de la gouvernance locale
La réforme modifie également indirectement le mode de désignation des maires de district. Au Rwanda, les maires ne sont pas élus directement par les citoyens mais par les conseillers de district. Avec la mise en place d’élections indirectes pour ces conseillers, le processus de désignation des autorités locales devient donc entièrement basé sur des mécanismes de représentation successive.
Cette organisation permettra une meilleure stabilité institutionnelle et une gouvernance locale plus efficace.
Par ailleurs, la nouvelle loi allonge le délai minimal justifiant l’organisation d’élections partielles locales. Désormais, une élection de remplacement ne sera organisée que s’il reste au moins une année de mandat à accomplir, contre six mois auparavant.
Un encadrement renforcé de la discipline électorale
La nouvelle loi organique consacre un chapitre entier aux infractions et sanctions électorales. Plusieurs comportements sont désormais clairement définis et réprimés afin de protéger l’intégrité du scrutin.
Parmi les actes interdits figurent :
la fraude électorale,
le vote sans droit;
l’altération des résultats;
l’utilisation illégale de symboles nationaux ou politiques;
l’intimidation des électeurs;
les perturbations des opérations de vote;
ou encore l’entrée armée dans une salle de vote.
La loi prévoit également des mesures contre les candidats menant des campagnes contraires aux règles électorales.
Dans cette logique, la Commission nationale électorale dispose désormais d’un cadre plus détaillé pour superviser le comportement des candidats, des électeurs et des agents électoraux.
Une meilleure organisation du vote de la diaspora
Autre évolution importante: le texte renforce l’encadrement juridique des élections organisées pour les Rwandais vivant à l’étranger.
La loi précise notamment:
l’organisation des bureaux de vote dans les ambassades,
la transmission des listes électorales définitives ;
le nombre de bureaux de vote;
ainsi que les modalités de transmission des procès-verbaux et des résultats électoraux.
Cette clarification vise à améliorer la participation de la diaspora rwandaise tout en garantissant une meilleure coordination entre les missions diplomatiques et la Commission nationale électorale.
Des mécanismes de règlement des litiges mieux définis
La réforme accorde également une attention particulière à la gestion des contentieux électoraux. Plusieurs articles détaillent les organes compétents pour traiter les contestations liées aux candidatures, aux résultats ou au déroulement des scrutins.
Le texte prévoit différents niveaux de recours :
des recours gracieux ;
des recours hiérarchiques ;
ainsi que la possibilité de saisir les juridictions compétentes.
Cet encadrement vise à renforcer la transparence, réduire les conflits post-électoraux et améliorer la confiance dans les institutions électorales.
Le Général à la retraite Fred Ibingira, figure de la lutte de libération du Rwanda et de la guerre ayant conduit à l’arrêt du génocide perpétré contre les Tutsi, a livré un témoignage saisissant sur l’un des épisodes décisifs de l’offensive menée par le Front patriotique rwandais (FPR) en 1994.
S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’organisation Unity Club Intwararumuri consacrée à l’histoire du génocide contre les Tutsi, l’ancien officier est revenu sur plusieurs moments clés de la guerre, notamment les combats menés de l’Est vers le Sud du pays.
Le Général Ibingira a rappelé que la guerre de libération avait débuté le 1er octobre 1990 sous le commandement du Général-Major Fred Gisa Rwigema, avant que celui-ci ne soit tué dès le lendemain. Sa disparition avait profondément démoralisé les combattants de l’APR, qui avaient alors subi plusieurs revers successifs.
Selon lui, la situation change radicalement lorsque Paul Kagame, alors aux États-Unis, décide de rejoindre le front et de prendre la tête des opérations militaires.
“L’une des premières décisions d’Afande Kagame a été de changer totalement la stratégie militaire”, a expliqué le Général Ibingira.
Il a décrit une méthode de combat que Kagame appelait «kubamba umwanzi», consistant à étirer les lignes ennemies afin d’affaiblir progressivement les Forces armées rwandaises (FAR) sur plusieurs fronts simultanément.
“Le régime génocidaire a été immobilisé et dispersé du Nord jusqu’à l’Ouest puis vers le Sud. Pour arrêter le génocide, il fallait couper les capacités de l’ennemi partout où il se trouvait ou d’où il pouvait recevoir du soutien”, a-t-il raconté.
Dans cette stratégie, plusieurs unités de l’APR avaient été déployées depuis l’Est du pays afin de couper les principales voies d’approvisionnement encore contrôlées par les FAR.
À cette période, a expliqué Ibingira, le gouvernement intérimaire ne disposait plus que d’un seul axe stratégique pour l’acheminement du ravitaillement: la route Rusumo–Kayonza–Kigali. Les autres corridors, notamment Gatuna, Kagitumba et Cyanika, étaient déjà sous contrôle de l’APR.
La mission de couper cette dernière voie d’accès fut confiée aux troupes commandées par Fred Ibingira.
L’ancien officier a expliqué que ses hommes interceptaient régulièrement les communications radio des FAR. Ils auraient ainsi entendu le chef d’état-major des FAR de l’époque, le Général Bizimungu, ordonner au Colonel Nkundiye, qui commandait les forces dans l’Est, de défendre cette route coûte que coûte.
Selon Ibingira, Bizimungu aurait déclaré que cet axe représentait “la dernière route de survie” du régime.
C’est à ce moment, raconte-t-il, que Paul Kagame l’aurait convoqué avec feu le commandant Bagire pour leur adresser un message resté gravé dans sa mémoire.
“Afande nous a dit : “Si Nkundiye vous résiste sur cette route, alors rejoignez les FAR.”
Le Général Ibingira a expliqué que les combats sur l’axe Kayonza–Rusumo ont duré quatre jours particulièrement intenses, avant que les troupes du RPA ne parviennent finalement à repousser les forces commandées par le Colonel Nkundiye et à prendre le contrôle définitif de cette route stratégique.
La conquête de cet axe a constitué une étape majeure dans l’effondrement militaire des FAR et dans l’avancée finale de l’APR vers la fin du génocide contre les Tutsi, officiellement stoppé en juillet 1994 après la prise de contrôle de l’ensemble du territoire national.
1990–1994: Les commandants de l’APR racontent la guerre de libération, les choix décisifs et la marche vers Kigali
À travers trois récits croisés, le Lt Gen (Rtd) Emmanuel Karenzi Karake, le Gen Maj (Rtd) Sam Kaka et le Col (Rtd) Louis Dodo Twahirwa reviennent sur la guerre de libération du Rwanda. Ils décrivent une trajectoire militaire marquée par une conviction de victoire, une grande mobilité des unités, une stratégie de guérilla progressive et une succession d’opérations ayant conduit à Kigali et à la fin du génocide contre les Tutsi.
Lors de la conférence organisée par Unity Club Intwararumuri, leurs témoignages convergent vers une même lecture: celle d’une guerre longue, asymétrique, mais structurée autour d’une conviction forte de victoire, d’une adaptation permanente des tactiques et d’une montée en puissance progressive vers Kigali.
Au-delà des combats, les vétérans insistent sur trois éléments clés: l’endurance, la discipline et la capacité d’adaptation, qui ont selon eux façonné le déroulement de la guerre et son issue en 1994.
Une guerre commencée dans la conviction mais les contraintes extrêmes
Le Lt Gen (Rtd) Emmanuel Karenzi Karake situe le début de la guerre en octobre 1990. Les combattants du Front patriotique rwandais (FPR) et de son bras armé, l’Armée patriotique rwandaise (APR), arrivent avec une expérience militaire acquise dans plusieurs conflits en Ouganda et ailleurs, mais avec des moyens très limités.
Karenzi Karake affirme que les Inkotanyi sont partis au combat avec la conviction de la victoire.
Il résume ainsi la contradiction fondamentale du début du conflit:
“Nous avions l’expérience, mais nous sommes entrés dans un pays où la population ne nous connaissait pas, sans médicaments, sans nourriture suffisante, et face à des armes lourdes, des avions et des blindés.”
Face à eux, les Forces armées rwandaises (FAR) disposent d’un avantage matériel important. L’APR manque de logistique, de soutien local immédiat et doit composer avec une guerre de mobilité.
Le général insiste néanmoins sur un élément central : la conviction de victoire était déjà présente.
“Nous savions que nous allions gagner, mais il y avait des choses dans lesquelles nous nous trompions.”
La mort du général Fred Gisa Rwigema, au début de l’offensive, constitue un choc majeur. Elle provoque une désorganisation temporaire et une perte de repères dans les rangs. Selon Karake, la reprise en main par Paul Kagame marque un tournant stratégique décisif, notamment par l’adoption d’une guérilla plus structurée et adaptée au terrain.
Premières offensives: Gatuna, Ruhengeri et la guerre de mobilité
Le Col (Rtd) Louis Dodo Twahirwa revient sur les premières opérations structurées de la guerre. Il évoque notamment l’attaque du poste de Gatuna à la frontière Rwanda–Ouganda, ainsi que les opérations menées à Ruhengeri et dans d’autres zones stratégiques.
Selon lui, le 6 octobre marque une phase plus organisée: “Le 6 octobre, nous avons lancé une attaque organisée qui a changé la dynamique.”
Le Col (Rtd) Twahirwa Dodo (au centre, en costume bleu foncé) affirme que Paul Kagame a libéré à la fois les Rwandais et les soldats
Il décrit une guerre menée par petites unités mobiles, dont la mission était d’user progressivement l’ennemi plutôt que de l’affronter frontalement. Il cite également l’engagement de forces dans des zones comme le parc de l’Akagera, ainsi que les opérations de la Bravo Mobile.
Cette stratégie vise à fragiliser les positions adverses sur plusieurs fronts simultanés, en préparant les grandes offensives vers la capitale.
Twahirwa souligne aussi le rôle du commandement dans le maintien du moral:
“Kagame n’a pas seulement libéré les civils, il a aussi libéré les soldats. À ce moment-là, nous étions dans une situation très difficile, mais il nous a redonné confiance et le moral pour continuer le combat.”
Discipline, progression et combats vers Kigali
Le Gen Maj (Rtd) Sam Kaka décrit la progression vers Kigali comme une opération complexe, exigeant discipline, coordination et maîtrise dans des conditions difficiles.
Il insiste sur la rigueur des unités, même dans les déplacements nocturnes: “Rassembler autant de soldats la nuit était difficile, mais nous faisions en sorte que personne ne se perde.”
Il évoque des combats clés, notamment à Kabuye et Kagugu, où les forces de l’APR affrontent des positions défensives avant de poursuivre leur avancée vers la capitale.
Kagugu est notamment marqué par la neutralisation de positions d’artillerie, tandis que Kabuye constitue une zone de forte résistance nécessitant réorganisation et adaptation tactique.
L’encerclement de Kigali et la guerre psychologique
À l’approche de Kigali, Sam Kaka décrit une situation militaire tendue autour du Centre national de commandement (CND), où environ 600 soldats de l’APR se retrouvent encerclés par des positions ennemies situées à Kanombe, Kami, Rebero et Camp Kigali.
Deux priorités structurent alors l’action militaire:
la protection et le sauvetage des civils,
la neutralisation de la radio RTLM, utilisée comme outil de propagande et d’incitation aux massacres.
Le Gen Maj (Rtd) Sam Kaka explique les stratégies utilisées par l’APR jusqu’à la prise de Kigali
La guerre devient également psychologique et stratégique, avec des opérations de contournement autour de Camp Kigali et de l’aéroport de Kigali.
6 avril 1994: réorganisation des opérations et arrêt du génocide
Le Lt Gen (Rtd) Karake rappelle un tournant historique: le 6 avril 1994, l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana déclenche une crise majeure et marque le début des massacres contre les Tutsi.
Dans ce contexte, l’APR reçoit pour mission d’intervenir afin de stopper le génocide. Les forces sont réparties sur plusieurs axes :
Kigali,
l’Est du pays,
le Sud vers Butare,
le Nord vers Gisenyi.
Cette phase transforme la nature du conflit, qui devient à la fois militaire et humanitaire.
Karake ajoute qu’après la victoire militaire, des forces adverses se reconstituent dans la région du Zaïre (actuelle RDC), nécessitant des opérations ultérieures pour neutraliser les menaces persistantes.
4 juillet 1994: L’effondrement des lignes et la chute de Kigali
Sam Kaka décrit le moment décisif:
“Cette nuit-là, à minuit, tout s’est effondré. L’ennemi a fui. Nous avons demandé à nos soldats de ne pas tirer pour éviter des pertes civiles.”
L’entrée dans Kigali ne se fait pas uniquement par la confrontation, mais aussi par l’effondrement progressif des positions adverses et des retraits successifs.
Après quatre années de combats, Kigali est prise le 4 juillet 1994. Pour les trois commandants, cette date marque la victoire militaire de l’APR et la fin des opérations majeures de la guerre de libération, même si des opérations de sécurisation se poursuivent dans certaines régions.
Sam Kaka et Twahirwa soulignent que cette victoire ne représente pas seulement un succès militaire, mais aussi l’aboutissement d’une stratégie progressive fondée sur la mobilité, la discipline et la coordination des unités.
Le Gouvernement du Rwanda a adopté un nouvel arrêté modifiant le régime des indemnités accordées aux agents de l’État, avec des ajustements significatifs concernant les allocations de logement, de transport et de responsabilité.
Signé le 22 mai 2026, l’Arrêté du Premier Ministre n°016/03 modifie certaines dispositions de l’Arrêté n°024/03 du 19 octobre 2022 relatif aux indemnités des agents de l’État et aux frais funéraires. Le texte a été approuvé par le Conseil des ministres lors de sa séance du 28 novembre 2025 et entre en vigueur dès sa publication au Journal officiel de la République du Rwanda, avec effet rétroactif au 1er janvier 2025.
Selon les nouvelles dispositions, l’indemnité de logement est fixée à 0,2 du salaire de base, tandis que l’indemnité de transport est déterminée par un coefficient de 0,156274 appliqué au salaire de base.
La réforme introduit une révision majeure de l’indemnité de responsabilité, désormais calculée en multipliant le salaire de base par 1,050156. Cette disposition remplace le système antérieur qui prévoyait une prime de 5 % pour certaines catégories de responsables.
Le nouvel arrêté confère également au ministre ayant la Fonction publique dans ses attributions la compétence d’ajuster ces indemnités en fonction de l’évolution des paramètres utilisés pour la détermination des salaires et avantages des agents de l’État.
Par ailleurs, l’article 5 de l’arrêté de 2022, relatif à l’indemnité de responsabilité, est abrogé.
L’exécution du présent arrêté est confiée au ministre de la Fonction publique et du Travail ainsi qu’au ministre des Finances et de la Planification économique.
Cas pratique
À titre illustratif, un spécialiste percevant un salaire brut de 786 131 francs rwandais bénéficie désormais d’une indemnité de logement de 157 226 Frw, d’une indemnité de transport de 122 858 Frw et d’une indemnité de responsabilité de 825 563 Frw, portant le total des indemnités à plus de 1,89 million de francs rwandais.
Soixante anciens combattants de l’Armée patriotique rwandaise (APR-Inkotanyi), blessés durant la lutte de libération, ont achevé, le 25 mai 2026 une visite de deux jours sur des sites historiques clés de la libération, visant à honorer leur sacrifice et à préserver l’histoire de la campagne de libération du Rwanda. La visite a été organisée par la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration.
Au cours de cette visite, les vétérans ont parcouru d’importantes zones opérationnelles ayant joué un rôle majeur dans la guerre de libération, notamment Kagitumba à la frontière Rwanda–Ouganda, où la lutte de libération a été lancée en octobre 1990, ainsi que Nyabwishongwezi, Gikoba, Mulindi et Kaniga.
La délégation était accompagnée par la présidente de la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), Valérie Nyirahabineza, ainsi que par le vice-président, le major-général (Rtd) Jacques Nziza.
S’exprimant à cette occasion, la présidente de la RDRC a remercié le président Paul Kagame, commandant en chef des Forces de défense du Rwanda (RDF), pour avoir dirigé la lutte de libération qui a mis fin aux divisions, aux persécutions et au génocide contre les Tutsi, et pour avoir reconstruit un Rwanda uni et sécurisé.
Elle a également salué les vétérans blessés pour leur patriotisme, leur résilience, leur sacrifice et leur esprit de combat, soulignant que leur contribution demeure un pilier de la paix et de la stabilité du Rwanda.
Les vétérans ont exprimé leur gratitude au gouvernement du Rwanda et à la direction des RDF pour le soutien et l’attention continus accordés à eux-mêmes et à leurs familles. Ils ont indiqué que cette visite a ravivé les souvenirs de la lutte de libération et réaffirmé que les valeurs pour lesquelles ils ont combattu continuent de guider le Rwanda vers la paix, l’unité et le progrès.