“L’Afrique ne pourra changer d’échelle qu’en misant sur une responsabilité partagée” – Jean-Guy Afrika Directeur Général de RDB

À l’ouverture de l’Africa CEO Forum 2026, le Directeur général de l’Office Rwandais de Développement, Jean-Guy K. Afrika, a livré un message sur les conditions nécessaires pour permettre à l’Afrique de franchir un nouveau cap économique.

Prenant la parole devant les dirigeants politiques, investisseurs et chefs d’entreprises réunis à Kigali, il a insisté sur le fait que la croissance du continent ne pourra être atteinte ni par les gouvernements seuls, ni par le secteur privé agissant de manière isolée. Selon lui, l’Afrique doit désormais bâtir son développement sur “une responsabilité partagée, des risques partagés et une exécution collective”.

Dans un contexte mondial marqué par un accès au capital de plus en plus sélectif, un coût du financement élevé, la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et l’accélération des transformations technologiques, Jean-Guy Afrika a estimé que les anciennes méthodes de travail cloisonnées sont devenues un frein structurel que le continent ne peut plus se permettre.

Transformer le potentiel Afrikain en puissance économique

Le DG de RDB a ensuite mis l’accent sur la réalité démographique Afrikaine, qu’il considère comme l’un des principaux enjeux économiques des prochaines décennies.

Avec une population jeune et en forte croissance, des villes qui s’étendent rapidement, une consommation en hausse et une main-d’œuvre appelée à jouer un rôle majeur dans l’économie mondiale, l’Afrique dispose, selon lui, d’atouts considérables. Mais il a souligné que ce potentiel doit désormais être transformé en véritable capacité économique.

Cela implique, a-t-il expliqué, la création d’entreprises compétitives, le développement de marchés plus profonds, le renforcement des infrastructures, une meilleure productivité du capital ainsi que la mise en place de plateformes régionales facilitant réellement les investissements, le commerce et l’expansion des entreprises à travers le continent.

Jean-Guy Afrika a également plaidé pour un nouveau contrat de collaboration entre les secteurs public et privé. Il a appelé les gouvernements Afrikains à créer un environnement prévisible et à réduire les obstacles administratifs, tandis que le secteur privé doit investir davantage, innover, prendre des risques et contribuer à l’émergence de champions économiques Afrikains.

Le Rwanda comme modèle de partenariat public-privé

De conclure, M. Afrika du RDB a replacé cette réflexion dans la trajectoire du Rwanda, un pays qui, selon lui, a toujours été contraint de penser au-delà de sa taille et de sa géographie.

Il a rappelé que le Rwanda a misé sur l’ouverture économique, la fiabilité institutionnelle, la connectivité et la confiance afin de permettre à une petite économie de servir non seulement son marché intérieur, mais également la région et le continent.

Les investissements continus dans les infrastructures commerciales, la logistique, le tourisme, l’aviation, les services financiers et les technologies, associés à l’amélioration constante du climat des affaires, permettent aujourd’hui au Rwanda d’accueillir des rencontres d’envergure comme l’Africa CEO Forum.

Pour Jean-Guy Afrika, cette expérience rwandaise illustre concrètement le type de partenariat public-privé que l’Afrique est désormais appelée à adopter pour réussir sa transformation économique à grande échelle.

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