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  • De l’Ombre des Forêts à la Lumière de la Nation: Le Renouveau des Ex-Combattants à Mutobo

    Par Anastase Rwabuneza

    Sous un soleil porteur d’espoir, le centre de démobilisation de Mutobo a vibré, ce mardi 31 mars, au rythme d’une transition historique. Ils étaient 214, hommes et femmes, à troquer définitivement les stigmates du conflit pour les promesses de la vie civile, marquant la clôture de la 76ème cohorte du programme de réintégration.

    L’ambiance à Mutobo, niché dans le district de Musanze, n’était pas seulement celle d’une cérémonie officielle protocolaire ; c’était celle d’une réconciliation tangible et d’une ferveur patriotique retrouvée.

    Entre les discours solennels et les sourires de soulagement, une mini-exposition colorée témoignait déjà de la viabilité de ce processus. Stand après stand, des coopératives agricoles et d’élevage, tenues par d’anciens combattants aujourd’hui entrepreneurs, exposaient fièrement leurs produits. Cette vitrine de résilience économique servait de miroir aux nouveaux lauréats, leur montrant que le fusil peut céder la place à la charrue pour bâtir un pays prospère.

    Un Parcours de Transformation Profonde

    Ce groupe hétérogène, composé de 178 anciens combattants et de 36 civils (dont 11 femmes) autrefois affiliés aux FDLR et à diverses factions dissidentes opérant dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), a suivi un programme intensif de trois mois. Après avoir choisi volontairement de déposer les armes et de franchir la frontière, ils ont intégré le “Programme d’orientation avant reintegration”. Ce n’est pas qu’une simple formation, c’est une véritable refonte de l’individu autour de piliers essentiels :

    • Déradicalisation et Réconciliation : Un travail titanesque pour déconstruire l’idéologie génocidaire et les narratifs de division inculqués dans les maquis, afin de se réapproprier l’identité nationale « Ndi Umunyarwanda ».
    • Soutien Psychosocial et Médical : Indispensable pour panser les traumatismes de la guerre et stabiliser la santé des rapatriés.
    • Compétences Civiques et Pratiques : Initiation à l’entrepreneuriat, à la gestion financière et aux outils informatiques, permettant une autonomie immédiate.

    Appels à la vigilance et au développement

    La Présidente de la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), Valerie Nyirahabineza, a souligné l’impact vital de cette métamorphose.

    “Ils sont arrivés habités par la peur et les mensonges racontés en exil ; nous leur avons donné les outils de la vérité et de l’autonomie“, a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que depuis 2001, plus de 12 600 anciens membres de groupes armés ont ainsi retrouvé le chemin de la dignité grâce à Mutobo.

    Le Gouverneur de la Province du Nord, Maurice Mugabowagahunde, en sa qualité d’invité d’honneur, a prononcé un discours empreint de fermeté et de bienveillance. Il a exhorté les lauréats à devenir les premiers gardiens de la sécurité nationale :

    “Que vos actions montrent que vous avez changé. Protégez la sécurité que le pays a acquise et travaillez avec acharnement pour sortir de la pauvreté. Intégrez les rangs de ceux qui développent le Rwanda.”

    Un retour vers l’avenir

    Le passage à Mutobo facilite également l’accès aux droits civiques fondamentaux : obtention de cartes d’identité et ouverture de comptes bancaires pour recevoir les allocations de réinsertion. Claudien Nsengiyumva, maire de Musanze, a salué la discipline exemplaire de cette cohorte, les encourageant à maintenir cette rigueur lors de leur retour dans leurs districts respectifs.

    Alors que ces 214 citoyens s’apprêtent à retrouver leurs familles, ils ne sont pas abandonnés à leur sort. La RDRC et les autorités locales assureront un suivi rigoureux pour garantir leur intégration sociale.

    Mme Valerie Nyirahabineza, Présidente de la Commission rwandaise de démobilisation et de reintegration (RDRC)

    Derrière eux, 400 autres combattants sont déjà en formation, prouvant que la porte de la nation reste ouverte à ceux qui choisissent la paix. À Mutobo, ce n’est pas seulement une formation qui s’achève, c’est une nouvelle page de l’histoire qui s’écrit, une vie retrouvée.

     

  • Football: Le Rwanda terrasse l’Estonie et remporte les FIFA Series 2026

    Dans une ambiance électrique au stade Amahoro, la sélection nationale du Rwanda a marqué l’histoire ce lundi 30 mars en s’imposant 2–0 face à l’Estonie. Cette victoire permet aux Amavubi de décrocher le titre du Groupe A des FIFA Series 2026, signant ainsi leur tout premier succès contre une nation européenne.

    Devant des dizaines de milliers de supporters en liesse, parmi lesquels figurait le Président Paul Kagame, le Rwanda a confirmé sa montée en puissance sur la scène internationale. Pour cette première édition des matchs amicaux internationaux organisée sur le sol rwandais, les joueurs de Stephen Constantine n’ont pas tremblé face à l’enjeu.

    Le verrou estonien a sauté à la 30e minute de jeu. Sur une action initiée par Jacques Leroy Mickels, son frère Joy Slayd Mickels a délivré un centre millimétré pour Abeddy Biramahire. L’attaquant rwandais n’a eu qu’à pousser le ballon au fond des filets pour ouvrir le score et libérer tout un stade.

    Au retour des vestiaires, les rwandais ont maintenu leur pressing. À la 51e minute, le capitaine Djihad Bizimana, après une combinaison astucieuse sur corner avec Jojea Kwizera, a servi Jacques Leroy Mickels. Ce dernier, d’un calme olympien, a inscrit le deuxième but, scellant définitivement le sort de la rencontre.

    Jacques Leroy Mickels : L’homme du tournoi

    Auteur de deux buts et d’une passe décisive sur l’ensemble de la compétition, Jacques Leroy Mickels a logiquement été sacré Meilleur Joueur du Tournoi. Sa vision de jeu et son efficacité devant le but ont été les moteurs de l’attaque rwandaise.

    Si l’Estonie a bénéficié d’une possession de balle supérieure, elle s’est heurtée à un bloc défensif rwandais impénétrable. Le gardien Olivier Kwizera a passé une soirée relativement tranquille, protégé par une ligne arrière impériale dirigée par Phanuel Kavita.

    Ce tournoi s’inscrit dans les objectifs stratégiques de la FIFA (2023-2027) visant à favoriser les échanges entre confédérations. À l’issue de cette phase : Rwanda (Vainqueur et médaillé d’or), Estonie (Deuxième place), Kenya (Troisième place, après sa victoire 3–0 contre la Grenade, quatrième du groupe)

  • Crise à l’Est de la RDC: Kinshasa face au défi de la parole donnée

    La rencontre diplomatique tenue les 17 et 18 mars 2026 à Washington, sous la médiation des États-Unis, pourrait marquer un tournant historique dans la résolution de la crise sécuritaire à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

    En s’accordant sur des “mesures concrètes” pour accélérer l’accord de paix, Kinshasa et Kigali ont ouvert une fenêtre d’opportunité rare. Cependant, pour la RDC, ce moment représente bien plus qu’une simple signature: c’est l’occasion de prouver une bonne foi qui, par le passé, a trop souvent fait défaut.

    Rompre avec la politique des “rendez-vous manqués”

    Le constat historique est sans appel. Depuis le début des processus de négociation, l’engagement de la RDC dans la mise en œuvre des accords bilatéraux et régionaux a régulièrement été jugé insuffisant.

    Cette passivité a alimenté une instabilité chronique, illustrée par des tragédies récurrentes : violations répétées du cessez-le-feu, attaques contre les populations civiles dans les hauts plateaux de Minembwe ou encore l’escalade technologique des frappes de drones dans la région de Rubaya.

    Ces épisodes de violence, survenus malgré les engagements de façade, ont érodé la confiance et retardé toute perspective de désescalade. Aujourd’hui, les engagements de Washington, incluant le respect de la souveraineté et le désengagement programmé des forces, exigent une rupture radicale avec ces pratiques dilatoires.

    La sécurité du Rwanda : Une ligne rouge existentielle

    Au cœur de l’équation sécuritaire se trouve la menace posée par les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Ce groupe, constitué de reliquats des anciennes forces armées responsables du génocide de 1994 contre les Tutsi, maintient un agenda explicite de déstabilisation du pouvoir à Kigali.

    Pour le Rwanda, la neutralisation de cette menace est une condition non négociable à une paix durable. La “bonne foi” de Kinshasa ne pourra être crédible que si elle s’attaque frontalement à ce problème.

    Cela implique de mettre fin à toute collaboration occulte entre les FARDC et les FDLR, de désarmer effectivement ces combattants et de procéder à leur rapatriement. La persistance de ce soutien logistique et stratégique reste, à ce jour, l’obstacle majeur à la normalisation des relations entre les deux voisins.

    Le modèle de Mutobo : Une main tendue pour la réintégration

    La preuve que cette transition est possible réside dans l’expérience rwandaise. Depuis trois décennies, le Rwanda a mis en place un mécanisme structuré de démobilisation et de reintegration des ex-combattants.

    Le centre de Mutobo, dans la province du Nord, en est l’emblème: il accueille les anciens combattants issus des forêts congolaises pour les accompagner vers une vie civile productive.

    Ce dispositif n’est pas uniquement destiné aux militaires ; il est prêt à recevoir les civils rwandais tenus en otage par le conflit. Leur retour au pays, dans la dignité, est essentiel. Une fois réintégrées, ces forces vives peuvent contribuer activement à la construction d’un pays uni.

    La balle est dans le camp de Kinshasa

    Alors que des sources indiquent que le Rwanda a déjà commencé à exécuter sa part des résolutions de Washington, notamment en matière de mesures défensives, la responsabilité de maintenir cette dynamique repose désormais sur les épaules de la RDC.

    La volonté politique ne se mesure plus aux discours prononcés dans les chancelleries occidentales, mais à la capacité de transformer des promesses diplomatiques en réalités sécuritaires sur le terrain.

    Tenir sa parole à Washington signifie, pour Kinshasa, engager des efforts renforcés et limités dans le temps pour lever la menace des FDLR. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que la région des Grands Lacs pourra sortir d’un cycle de violence trentenaire pour embrasser une paix enfin durable.

  • Scolarité : le taux de redoublement recule de 6 %, selon le ministre Joseph Nsengimana

    Le Rwanda enregistre une baisse notable du taux de redoublement scolaire, en recul de 6 %, grâce à la mise en œuvre de programmes ciblés de rattrapage. Cette avancée a été mise en avant par le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, à l’ouverture de la conférence “Situation de l’éducation au Rwanda 2026”, organisée par le ministère de l’Éducation.

    Réunissant décideurs publics et partenaires du secteur, cette rencontre vise à renforcer la qualité de l’apprentissage et la performance globale du système éducatif. Dans son allocution, le ministre a rappelé que l’éducation constitue “le moteur de la transformation nationale”, au cœur de la stratégie visant à bâtir une économie fondée sur la connaissance et l’innovation.

    “Nous nous réunissons à un moment décisif du développement du Rwanda. Il ne s’agit pas seulement d’évaluer les progrès réalisés, mais d’examiner avec lucidité l’état de notre système éducatif, sur la base de données fiables et avec un engagement commun pour améliorer les résultats de chaque apprenant”, a-t-il déclaré.

    Une amélioration de l’efficacité du système éducatif

    Le système éducatif rwandais accueille aujourd’hui plus de 4,8 millions d’élèves, soit près d’un tiers de la population. Si le taux brut de scolarisation atteint 92,5 %, le taux net, estimé à 61 %, met en évidence les défis liés à la progression des élèves et à l’adéquation entre leur âge et leur niveau scolaire.

    Dans ce contexte, la baisse du taux de redoublement apparaît comme un indicateur encourageant. Elle est attribuée notamment aux programmes de rattrapage scolaire, initiative qui permet aux élèves en difficulté de renforcer leurs acquis pendant les vacances.

    “Ces résultats montrent que des actions ciblées peuvent produire des effets concrets”, a souligné le ministre.

    Des investissements soutenus dans les infrastructures

    Pour accompagner l’augmentation continue du nombre d’élèves, liée à la politique d’éducation pour tous, le gouvernement a intensifié ses investissements dans les infrastructures. Plus de 27 500 salles de classe ont été construites entre 2017 et 2024 afin de réduire la surcharge dans les écoles.

    Les conditions d’apprentissage se sont également améliorées : 88 % des établissements sont désormais raccordés à l’électricité, 84 % ont accès à l’eau potable et le programme d’alimentation scolaire couvre 99 % des écoles.

    Par ailleurs, l’enseignement préscolaire progresse, avec un taux de scolarisation atteignant 50,3 %, tandis que le taux d’abandon scolaire a reculé à 4,9 %, traduisant une meilleure rétention des élèves dans le système.

    Des défis persistants

    Malgré ces avancées, des défis structurels demeurent. Plus de la moitié des élèves ont un âge supérieur à celui correspondant à leur niveau scolaire, ce qui impacte la qualité des apprentissages et les taux d’achèvement.

    Le ministre a également relevé que peu d’élèves terminent le cycle secondaire dans les délais prévus, soulignant la nécessité de poursuivre les réformes pour améliorer l’efficacité globale du système éducatif.

    Face à ces enjeux, le gouvernement entend renforcer les programmes d’appui aux élèves et poursuivre les investissements dans le secteur.

    “Lorsque nous agissons avec clarté et détermination, des résultats tangibles sont possibles”, a conclu le ministre Nsengimana, appelant à maintenir les efforts pour garantir une éducation de qualité à tous les apprenants.

  • “Juvénal Habyarimana à la tête des planificateurs du génocide perpétré contre les Tutsi” – Ministre Jean Damascène Bizimana

    À l’approche de la période de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi, le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean-Damascène Bizimana, met en garde contre la recrudescence des discours négationnistes et des tentatives de falsification de l’histoire.

    Dans une publication récente sur son compte X, il rappelle une série de faits marquants de mars 1994, démontrant, selon lui, la responsabilité directe du régime de Juvénal Habyarimana dans la préparation du génocide.

    D’après le ministre, la radicalisation du discours de haine s’intensifie à mesure que les dates de commémoration approchent. Il souligne que cette dynamique n’est pas nouvelle et s’inscrit dans une continuité historique, notamment depuis octobre 1990, période durant laquelle le projet génocidaire a été progressivement structuré par le pouvoir en place et les partis extrémistes dits du “Hutu Power”.

    Une propagande de haine structurée

    Le 1er mars 1994, la Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) diffuse un message appelant les milices Interahamwe et la population hutu à s’unir pour combattre “l’ennemi” et ses “complices”, des termes désignant explicitement les Tutsi et toute personne opposée à l’idéologie génocidaire. Ce discours s’inscrit dans une doctrine déjà formalisée dès 1992 au sein de l’armée rwandaise.

    Ces appels à la violence suscitent l’inquiétude de la communauté internationale. L’ambassadeur de Belgique à Kigali, Johan Swinnen, alerte alors son gouvernement par télégramme. Mais ces signaux d’alerte resteront sans effet concret pour empêcher la tragédie à venir.

    Pressions sur la MINUAR et militarisation

    Le même jour, le président Habyarimana reçoit le général Roméo Dallaire, chef de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), en présence du ministre de la Défense Augustin Bizimana.

    Ils exigent la restitution d’armes saisies à l’aéroport de Kanombe, introduites en violation de l’embargo des Nations unies. Ces armes étaient destinées, selon Bizimana, au programme d’”autodéfense civile”, un dispositif qui servira à armer les milices impliquées dans le génocide.

    Multiplication des violences et blocage politique

    Le 25 novembre 1992, le parti MDR en province de Kigali rural a alerté le président Habyarimana dans une lettre dénonçant clairement la responsabilité de hauts dirigeants du MRND dans un massacre. Parmi eux figuraient le Ministre de l’intérieur et du Développement communal, Faustin Munyazesa, le préfet, Come Bizimungu, ainsi que l’ancien secrétaire général du MRND et bourgmestre de Shyorongi, Bonaventure Habimana, et Alexandre Hitimana. Les Interahamwe de Shyorongi ont été soutenus par des miliciens dirigés par Aloys Ngirabatware, beau-frère du président Habyarimana. Cette attaque a coûté la vie à plusieurs Tutsi.

    Le 15 mars 1994, des civils sont assassinés à Kinihira par des éléments des forces gouvernementales (ex-FAR) et des milices Interahamwe.

    L’attaché militaire français, le colonel Bernard Cussac, alerte Paris sur le risque imminent de massacres ethniques, estimant que la MINUAR ne serait pas en mesure d’y mettre fin.

    Dans le même temps, le processus politique issu des Accords d’Arusha est paralysé. Le 21 mars, Habyarimana rejette la liste des membres du gouvernement de transition proposée par Faustin Twagiramungu, exigeant l’intégration du parti extrémiste CDR, pourtant exclu des accords pour son opposition ouverte à ces derniers.

    Des signaux publics inquiétants

    Le 20 mars 1994, lors d’une rencontre avec l’équipe de Rayon Sports, Habyarimana tient des propos ambigus et menaçants, affirmant n’avoir jamais perdu et être prêt à “briser les jambes” de ses adversaires. Pour le ministre Bizimana, ces déclarations constituent une métaphore claire de son refus d’appliquer les accords de paix et de son intention d’éliminer ses opposants.

    Ces propos font écho à un discours prononcé en novembre 1992 à Ruhengeri, où le président avait déjà incité les milices à “descendre sur le terrain”, prélude à des violences qui feront des victimes parmi les Tutsi et les opposants hutu.

    Organisation systématique du génocide

    À la fin du mois de mars 1994, la planification du génocide s’intensifie. Le 28 mars, Ferdinand Nahimana appelle à l’union des Hutu dans le cadre de l’“autodéfense civile” pour contrer une prétendue menace tutsie. Il incite explicitement à la mobilisation générale pour éliminer les Tutsi.

    Le lendemain, le chef d’état-major, Déogratias Nsabimana, organise une réunion stratégique à Kigali réunissant autorités civiles, militaires et responsables des milices. Des armes y sont distribuées, renforçant l’appareil opérationnel du génocide.

    Le 30 mars, le préfet de Kigali, Tharcisse Renzaho, transmet une liste détaillée de miliciens et de réservistes à mobiliser, avec leurs lieux de résidence. Parallèlement, l’organisation de défense des droits humains CLADHO dénonce les assassinats commis par la Garde présidentielle et les Interahamwe, appelant à leur désarmement, sans succès.

    Ces préparatifs s’ajoutent à d’autres éléments accablants, comme l’établissement dès février 1994 d’une liste de Tutsi à Kigali, révélée par l’ancien gouverneur de la Banque nationale, Jean Berchmans Birara.

    Une responsabilité historique affirmée

    Pour le ministre Bizimana, ces faits constituent des preuves irréfutables de l’implication directe de l’État dirigé par Habyarimana dans la planification et l’exécution du génocide contre les Tutsi. Il dénonce les discours révisionnistes qui prétendent que le génocide aurait débuté après la mort du président, rappelant que sa préparation s’inscrivait dans une longue stratégie de violence, de persécution et de discrimination, entamée dès son arrivée au pouvoir en 1973.

    “Ceux qui ignorent ou nient ces faits, s’exposent aux dangers de l’ignorance. Cela ne se reproduira plus.” conclut-il en substance.

  • Le ministère de la Santé impose le triage médical avant toute formalité administrative

    Par Anastase Rwabuneza

    Le ministère de la Santé durcit le ton face aux défaillances constatées dans la prise en charge des patients. Dans une directive officielle datée du 27 mars 2026, le ministère de la Santé ordonne à toutes les structures sanitaires, publiques comme privées, de respecter strictement le principe du triage clinique prioritaire, avant toute procédure administrative ou vérification d’assurance.

    Adressée à l’ensemble des responsables d’établissements de santé, des hôpitaux de référence aux centres de santé en passant par les structures privées, la note signée par le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, rappelle une instruction déjà émise en février 2020 mais dont l’application reste inégale sur le terrain.

    Priorité absolue à l’évaluation médicale

    Le ministère est formel: aucun patient ne doit être retardé, refusé ou redirigé en raison de formalités administratives en attente, notamment celles liées à la Mutuelle de santé ou à toute autre couverture d’assurance.

    “Tous les établissements doivent d’abord prendre en charge le patient sur le plan clinique avant toute procédure administrative”, insiste la directive. Cette mesure vise à garantir une réponse médicale immédiate, en particulier dans les situations d’urgence où chaque minute peut être décisive.

    La responsabilité de l’application de cette règle incombe directement aux dirigeants des structures de santé, appelés à renforcer les mécanismes de contrôle interne. Le ministère prévient que tout manquement, qu’il ait entraîné ou non des conséquences graves, exposera les établissements à des sanctions institutionnelles.

    Une réaction aux dérives dénoncées par le chef de l’État

    Cette décision intervient dans le sillage des critiques formulées par le président Paul Kagame lors d’une rencontre avec les responsables de l’administration centrale et locale, tenue le 23 mars 2026 à Gako, dans le district de Bugesera. Placée sous le thème “le citoyen au centre”, cette réunion a mis en lumière les insuffisances persistantes dans la qualité des services publics.

    Le chef de l’État avait notamment dénoncé un cas dramatique survenu dans le district de Karongi : une femme enceinte aurait été refusée dans une structure de santé au motif qu’elle devait d’abord régulariser sa situation d’assurance maladie. Faute de prise en charge immédiate, elle est décédée à son domicile.

    Un épisode que Paul Kagame a qualifié sans détour d’inacceptable, allant jusqu’à parler d’un acte “criminal” plutôt que d’une simple faute professionnelle.

    À travers cette directive, les autorités entendent remettre le patient au cœur du système de santé et prévenir toute répétition de tels drames.

    Le ministère appelle ainsi à une mobilisation immédiate de tous les acteurs du secteur pour garantir une application rigoureuse et durable de cette mesure, considérée comme essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans les services de santé.

  • Sommet de l’OACPS à Malabo : le Rwanda appelle à une libre circulation et à des financements innovants

    Le Premier ministre rwandais, Dr Justin Nsengiyumva a représenté le président Paul Kagame au 11ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), tenu à Malabo, en Guinée équatoriale.

    Dès la cérémonie inaugurale, le chef du gouvernement rwandais a rejoint les dirigeants présents, dans un contexte mondial en mutation, appelant à une adaptation des mécanismes de financement pour répondre aux nouveaux défis. “À mesure que le contexte global évolue, notre approche du financement doit également s’adapter”, a-t-il déclaré, soulignant la nécessité pour l’OACPS de renforcer son rôle, non seulement comme cadre de coopération, mais aussi comme plateforme facilitant les investissements et accélérant la transformation économique.

    Libre circulation et intégration économique au cœur des échanges

    Le 29 mars 2026, Dr Nsengiyumva a pris part à un dialogue présidentiel aux côtés du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Les échanges ont porté sur la valorisation des opportunités économiques en vue de promouvoir un développement durable au sein des pays membres.

    À cette occasion, le Premier ministre rwandais a insisté sur l’importance de lever les obstacles à la libre circulation et au commerce entre les États membres. Selon lui, faciliter les déplacements et les échanges constituerait un puissant levier de croissance économique pour les populations concernées.

    “Nous devons nous interroger sur notre capacité à travailler ensemble, afin que nos secteurs privés puissent répondre efficacement aux attentes. Cela suppose une coopération renforcée, dans le respect mutuel, et la suppression de toutes les barrières au commerce”, a-t-il affirmé.

    Un appel à la responsabilité politique des États membres

    Refusant de faire porter la responsabilité des difficultés actuelles sur le passé colonial ou l’héritage de l’esclavage, Dr Nsengiyumva a appelé à une introspection collective et à un engagement politique fort. “Nous devons nous remettre en question. Il s’agit avant tout d’une question de volonté politique et de gouvernance. Nous devons permettre à nos citoyens de circuler librement, de transférer des capitaux sans entrave et de travailler là où ils peuvent être le plus productifs”, a-t-il insisté.

    En guise d’exemple, il a mis en avant la politique rwandaise d’ouverture, qui permet aux citoyens africains d’entrer librement sur le territoire sans visa. “Tout Africain peut venir à Kigali, au Rwanda, sans visa. Il lui suffit de son passeport, avec un séjour initial de trois mois, renouvelable”, a-t-il précisé, estimant que cette approche favorise l’investissement et l’exploitation des opportunités économiques.

    Le Premier ministre a exprimé le souhait de voir l’ensemble des pays membres de l’OACPS adopter des mesures similaires afin de renforcer l’intégration économique. “J’espère que lors de notre prochaine rencontre, cette dynamique sera généralisée à tous les pays membres”, a-t-il déclaré.

    Des financements innovants pour transformer l’OACPS

    Sur le plan financier, Dr Nsengiyumva a également plaidé pour des mécanismes durables de financement des activités de l’organisation. Il a articulé cette vision autour de trois axes principaux:

    • Le renforcement de la production au sein des États membres pour assurer une autonomie financière accrue,
    • Le développement de projets structurés et attractifs capables de mobiliser des investissements à long terme, notamment à l’échelle régionale, et
    • La promotion de partenariats innovants impliquant divers acteurs autour d’investissements conjoints et mutuellement bénéfiques.

    Fondée en 1975, l’OACPS regroupe 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Elle vise à promouvoir la coopération entre ses membres, à soutenir le développement durable et à renforcer les relations économiques, notamment avec l’Union européenne, son principal partenaire.

  • FIFA Series 2026 – Groupe B : Aruba sacré à Kigali, la Tanzanie s’offre la troisième place

    Le Stade Pelé de Kigali a vibré ce dimanche au rythme du football international à l’occasion de la clôture du tournoi amical FIFA Series 2026 (Groupe B). Entre spectacle offensif, confirmations et révélations, la compétition s’est achevée sur le sacre sans contestation d’Aruba, tandis que la Tanzanie s’est adjugé la troisième place avec autorité.

    La Tanzanie écrase Macau et s’empare du podium

    En match de classement pour la troisième place, la Tanzanie n’a laissé aucune chance à Macau. Dominateurs de bout en bout, les Taifa Stars se sont imposés sur un score sans appel de 6-0, affichant une supériorité technique et physique évidente.

    Dès la première période, le sort du match était scellé. Charles Mombwa ouvrait le score à la 16e minute, suivi de Bakary Mwamnyeto (26e) puis de Mudathir Yahya (45e), permettant aux Tanzaniens de rentrer aux vestiaires avec une avance confortable de trois buts.

    Au retour des vestiaires, la dynamique ne changeait pas. Peter Paul (56e), Miroshi Novatus (74e) et Tarryn Allarakhia (87e) alourdissaient le score, concluant une prestation offensive impressionnante et offrant à la Tanzanie une méritée troisième place.

    Aruba, une domination sans partage jusqu’au sacre

    La finale du Groupe B opposait Aruba au Liechtenstein. Déjà impressionnants lors de leur première sortie, les joueurs d’Aruba ont confirmé leur statut en s’imposant 4-1, au terme d’un match maîtrisé.

    Romano ouvrait le score dès la 16e minute, avant que Roberta ne double la mise à la 25e. Solides et organisés, les champions menaient 2-0 à la pause.

    Au retour des vestiaires, le Liechtenstein tentait de réagir et réduisait l’écart grâce à Zünd (52e). Mais Aruba reprenait rapidement le contrôle de la rencontre. Breinburg inscrivait le troisième but à la 69e minute, avant que Van Kilsdonk ne scelle définitivement la victoire dans le temps additionnel.

    Avec ce succès, Aruba est sacré champion du Groupe B du FIFA Series 2026, confirmant une campagne parfaitement maîtrisée. Symbole de cette domination, Romano Jaybrien a été désigné meilleur joueur du tournoi, couronnant une performance individuelle remarquable.

    Après cette clôture réussie à Kigali, l’attention se tourne désormais vers le Stade Amahoro, où doivent se disputer les finales du Groupe A, ce lundi.

    Le programme prévoit un match pour la troisième place entre le Kenya et Grenada, suivi de la grande finale opposant Équipe du Rwanda de football à l’Estonie. Les Amavubi auront à cœur de briller devant leur public et de décrocher le titre dans leur groupe.

  • Le Kinyarwanda dans le hub technologique rwandais: Une langue au cœur de l’innovation

    Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle 2026, l’Académie rwandaise de la langue et de la culture (RCHA), en collaboration avec ses partenaires, a procédé au lancement officiel du dictionnaire de l’informatique et des technologies en Kinyarwanda (Inkoranyamuga y’Ikoranabuhanga).

    Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Rwanda de renforcer sa position en tant que hub technologique africain, tout en valorisant sa langue nationale. À travers cet outil, l’objectif est de permettre aux Rwandais de mieux comprendre et s’approprier les concepts liés à la technologie dans leur langue maternelle.

    Avec plus de 1 700 termes sur plus de 270 pages, ce dictionnaire vient répondre à un besoin croissant de standardisation du vocabulaire technologique. Dans un contexte où le numérique prend une place centrale, il devient essentiel de disposer d’un langage clair et accessible.

    L’Inkoranyamuga permet ainsi de combler le fossé entre innovation et compréhension, en facilitant l’usage quotidien de termes techniques en kinyarwanda, que ce soit dans l’éducation, la recherche ou les usages professionnels.

    Un outil stratégique pour l’avenir numérique

    Au-delà de sa dimension linguistique, l’Inkoranyamuga représente un levier stratégique pour l’avenir du Rwanda. Fruit de trois années de recherche menées depuis 2023 avec des experts en technologie et en linguistique, il incarne une approche structurée et ambitieuse.

    Comme l’a souligné Amb. Robert Masozera lors du lancement : « Ce dictionnaire n’est pas un ouvrage ordinaire, mais le fruit de trois années de recherche, de 2023 à 2026. » Cette déclaration met en lumière la rigueur et l’importance accordées à ce projet.

    L’initiative reflète également la capacité du kinyarwanda à évoluer dans un environnement en constante mutation. « Une grande partie des activités se déroule aujourd’hui en ligne, nous avons introduit de nouveaux termes et adapté d’autres au contexte régional, » a ajouté Amb. Masozera.

    Par ailleurs, le ministère en charge de l’ICT prévoit de digitaliser cet outil afin de le rendre accessible à un public plus large et de l’intégrer dans des solutions innovantes, notamment celles liées à l’intelligence artificielle.

    En combinant culture et ikoranabuhanga, le Rwanda démontre qu’il est possible de construire un modèle de développement où la langue nationale accompagne pleinement la transformation digitale. L’Inkoranyamuga apparaît ainsi comme bien plus qu’un dictionnaire : un symbole d’identité, d’innovation et d’avenir.

    Par Grace MUTESI

  • Café et thé rwandais : l’ambassade du Rwanda accélère la promotion sur le marché régional depuis Dakar

    L’ambassade du Rwanda au Sénégal a organisé, le vendredi 27 mars à Dakar, un événement de réseautage dédié à la promotion du café et du thé rwandais, véritables emblèmes du savoir-faire agricole du pays.

    Cette initiative visait à faire découvrir au public les arômes raffinés et la qualité exceptionnelle de ces produits, tout en ouvrant des perspectives concrètes de partenariat pour renforcer leur présence et leur commercialisation sur le marché régional.

    L’événement a réuni des membres du corps diplomatique, des professionnels des médias locaux, des personnalités influentes ainsi que des chefs d’entreprise, qui ont eu l’occasion d’apprécier, lors d’une dégustation, la richesse et la singularité des cafés et thés du Rwanda.

    Une satisfaction largement partagée s’est dégagée des échanges, plusieurs participants ayant exprimé un vif intérêt pour l’acquisition et la distribution de ces produits, ainsi que leur intention d’explorer des opportunités de commande et de collaboration commerciale.

    Dans son allocution, l’Ambassadeur Festus Bizimana a mis en lumière le rôle stratégique du café et du thé dans le développement économique du Rwanda. Il a souligné que ces filières, reconnues pour leur excellence à l’international, contribuent non seulement à la croissance des exportations, mais également à l’autonomisation des femmes et à la transformation des communautés rurales.

    Il a également invité les participants à devenir des ambassadeurs de ces produits d’exception en intégrant le café et le thé rwandais dans leurs habitudes de consommation.

    Après une dégustation riche en découvertes savoureuses, le café et le thé rwandais ont séduit les palais, éveillant un vif intérêt et promettant de belles perspectives de partage et de partenariat.