Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a présenté, ce jeudi 26 mars 2026 devant le Parlement, les actions du gouvernement sous le thème : “Une gouvernance centrée sur le citoyen : continuer à bâtir une société rwandaise saine, sécurisée et digne”.
Dans son intervention, il a mis en avant les progrès enregistrés dans le secteur de la santé, tout en revenant sur les réformes du système d’assurance maladie communautaire (Mutuelle de santé), assurant qu’elles visent avant tout à renforcer la qualité et la durabilité des services au bénéfice de tous les citoyens.
Une réforme du “Mutuelle de santé” pour un système plus durable
Le chef du gouvernement a tenu à rassurer : l’augmentation des cotisations du Mutuelle de santé n’a pas pour objectif d’alourdir le fardeau des ménages, mais de garantir la pérennité du système. Il a souligné que les personnes vulnérables continueront d’être accompagnées.
Aujourd’hui, près de 88 % des Rwandais sont couverts par cette assurance. Les contributions ont été réajustées selon les catégories socio-économiques, allant de 3 000 à 20 000 francs rwandais, tandis que les plus démunis bénéficient d’une prise en charge totale par l’État.
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Le Premier ministre a expliqué que cette révision s’explique notamment par l’élargissement des prestations couvertes, incluant désormais des soins coûteux tels que le traitement du cancer, la dialyse, les transplantations d’organes, ainsi que des interventions spécialisées en cardiologie et en chirurgie orthopédique.
Il a illustré cet effort par un exemple concret: un patient nécessitant des séances de dialyse trois fois par semaine devrait débourser plus de 9,4 millions de francs rwandais par an sans assurance, contre seulement 10 % de ce montant pour un assuré.
Des investissements croissants dans la santé
Au cours de la dernière décennie, les dépenses du fonds de la mutuelle ont plus que doublé, passant de 39 milliards de francs rwandais en 2015/2016 à près de 98 milliards en 2024/2025. Les réformes engagées devraient permettre de mobiliser près de 70 milliards de francs rwandais de contributions des membres d’ici 2026/2027, soit 48 % des besoins, le reste étant pris en charge par l’État.
Dans le même temps, le gouvernement a renforcé les capacités du système de santé national. Des services médicaux avancés, autrefois indisponibles dans le pays, sont désormais accessibles localement, notamment les greffes de reins, les transplantations de moelle osseuse ou encore les examens de pointe pour le diagnostic du cancer.
Ces avancées ont permis au Rwanda d’économiser environ 800 000 dollars depuis 2022, en réduisant le nombre de patients contraints de se faire soigner à l’étranger. Elles contribuent également à attirer des patients venus d’autres pays.
Faire face à la montée des maladies non transmissibles
Malgré ces progrès, le Premier ministre a alerté sur la hausse préoccupante des maladies non transmissibles. Les cas d’hypertension ont plus que doublé entre 2019 et 2025, tandis que le nombre de patients diabétiques a fortement augmenté.
Pour y répondre, le gouvernement a rapproché les services de dépistage et de traitement des citoyens, en les décentralisant vers les structures de santé de proximité et en renforçant les programmes communautaires.
Le cancer constitue également un défi majeur, avec une nette augmentation des cas ces dernières années. Les cancers du sein et du col de l’utérus sont les plus fréquents chez les femmes, tandis que les hommes sont davantage touchés par les cancers de la prostate et du système digestif.
Dans cette perspective, le Rwanda ambitionne d’éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2027, grâce à une stratégie reposant sur la vaccination de 90 % des adolescentes, le dépistage de 70 % des femmes âgées de 30 à 49 ans et la prise en charge d’au moins 90 % des cas diagnostiqués.
Une gouvernance centrée sur le bien-être du citoyen
Au-delà des chiffres, Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a insisté sur la philosophie qui guide l’action gouvernementale : placer le citoyen au cœur du développement.
Selon lui, l’amélioration de la santé des Rwandais constitue un levier essentiel pour renforcer leur productivité, leur bien-être et leur contribution à l’économie nationale.
Reconnaissant certaines incompréhensions liées aux nouvelles mesures, il a assuré que le gouvernement continuera à dialoguer avec la population et à apporter des solutions adaptées aux préoccupations exprimées.
