Author: admin

  • Liberté de la presse au Rwanda : Un plaidoyer national pour transformer les recommandations de l’EPU en actions concrètes

    Par Fulgence Niyonagize

    À l’hôtel Lemigo, le débat n’était pas seulement technique ni institutionnel. Il portait sur une question centrale : comment transformer les recommandations internationales en changements concrets pour les citoyens. Autour de la table, journalistes, régulateurs, décideurs publics et partenaires au développement ont cherché à redéfinir le rôle des médias dans un contexte où l’information devient un enjeu stratégique pour la gouvernance et le développement.

    Un moment décisif dans le processus de l’EPU

    Le dialogue intervient à une étape charnière pour le Rwanda, quelques mois après son quatrième passage devant le mécanisme de l’Examen Périodique Universel (EPU). En janvier 2026, 100 États ont adressé 286 recommandations au pays, un chiffre en hausse constante depuis plus d’une décennie.

    Cette progression traduit une attention internationale croissante, mais aussi une attente plus forte en matière de résultats. Le Rwanda doit désormais faire un choix déterminant : quelles recommandations accepter, comment les adapter, et surtout comment les mettre en œuvre. « Cela reflète un engagement croissant au fil des cycles. Les chiffres témoignent d’un intérêt de plus en plus marqué pour la trajectoire du Rwanda en matière de droits humains », a déclaré William Ndengeyinka du ministère de la Justice.

    Derrière cette dynamique, une réalité s’impose : l’EPU n’est pas seulement un exercice diplomatique. Il influence directement les politiques publiques, les réformes juridiques et les équilibres institutionnels du pays.

    Les médias, au cœur des équilibres démocratiques

    Parmi les 286 recommandations, 34 concernent directement les médias et la liberté d’expression. Ce poids confirme une évolution majeure : la presse n’est plus perçue uniquement comme un secteur d’activité, mais comme un pilier du fonctionnement démocratique.

    Pour Me Jean Paul Ibambe, cette responsabilité dépasse largement le cadre des professionnels de l’information. « Les véritables bénéficiaires de ce processus ne sont pas à Genève, mais ici, au Rwanda. Les résultats doivent se traduire dans la vie des citoyens. »

    Dans cette perspective, les médias jouent un rôle multiple. Ils rendent les politiques publiques compréhensibles, facilitent le débat public et contribuent à la redevabilité des institutions. Ils deviennent aussi un espace où se construit la confiance entre l’État et les citoyens. « Les médias ne sont pas seulement un canal d’information, mais aussi une plateforme de dialogue, de redevabilité et de participation citoyenne.»  Mais cette ambition se heurte à des limites bien réelles. L’accès à l’information reste inégalement appliqué, certains journalistes font face à des pressions, notamment dans l’espace numérique, et les fragilités économiques du secteur affectent la qualité et l’indépendance du travail journalistique.

    La note conceptuelle du dialogue rappelle d’ailleurs que des cas de harcèlement et d’intimidation persistent, tandis que l’accès à l’information reste encore insuffisamment effectif.

    Un plaidoyer pour transformer les recommandations en développement

    Face à ces défis, les acteurs des médias ne se contentent plus de dresser un constat. Ils cherchent à orienter les décisions à venir. Le document de plaidoyer présenté lors du dialogue propose une approche structurée, centrée sur la réforme des lois, la protection des journalistes et le renforcement de l’autorégulation.

    Mais au-delà des mesures techniques, le discours évolue. Il ne s’agit plus seulement de défendre la liberté de la presse, mais de démontrer son utilité concrète dans le développement du pays. « Ces recommandations ne sont pas une pression. Ce sont des outils, des instruments et des moteurs de développement », a expliqué Mugisha Emmanuel, Secrétaire exécutif de RMC, organe d’autorégulation des medias au Rwanda.

    Dans un contexte où les médias font face à des contraintes financières importantes, la question de leur viabilité devient centrale. Sans ressources suffisantes, difficile de produire une information de qualité, d’enquêter en profondeur ou de garantir une indépendance éditoriale. « Les médias sont un bien public. Sans information, aucune société ne peut fonctionner efficacement. Les soutenir, c’est soutenir le développement du pays. »

    Cette vision marque un tournant. Elle place les médias au même niveau que d’autres secteurs stratégiques, en les considérant comme un élément transversal du développement, au même titre que l’éducation, la gouvernance ou l’économie.

    À quelques mois de la position officielle du Rwanda sur les recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU), ce dialogue révèle une ambition claire : faire des médias non seulement des observateurs, mais des acteurs à part entière du changement.

    L’EPU, mécanisme du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, évalue tous les quatre à cinq ans la situation des droits humains dans chaque État à travers un examen par les pairs et des recommandations visant à renforcer leur protection.

    Dans un environnement en mutation, la capacité des médias à informer, expliquer et questionner pourrait ainsi devenir l’un des leviers les plus décisifs pour construire une société plus transparente, inclusive et résiliente.

  • OIF: les ministres Nkulikiyinka et Biruta en mission diplomatique pour un troisième mandat de Louise Mushikiwabo

    Par Anastase Rwabuneza

    Le Rwanda intensifie ses démarches diplomatiques auprès de plusieurs pays afin de soutenir la candidature de Louise Mushikiwabo à un nouveau mandat au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

    Dans ce cadre, la ministre rwandaise de la Fonction publique, Christine Nkulikiyinka, en visite officielle à Maurice, a été reçue par le Premier ministre, Navinchandra Ramgoolam. Les échanges ont notamment porté sur la candidature de Louise Mushikiwabo, ainsi que sur la volonté commune de renforcer la coopération dans des domaines prioritaires tels que le développement des compétences, le tourisme et l’entrepreneuriat.

    Les deux parties ont exprimé leur engagement à poursuivre des projets concrets au bénéfice de leurs populations, dans le cadre de la Francophonie et au-delà.

    Parallèlement, à Brazzaville, le ministre de l’intérieur, Vincent Biruta, a été reçu par le président Denis Sassou Nguesso. Il lui a transmis un message de félicitations du président Paul Kagame à l’occasion de sa réélection, ainsi qu’un message sollicitant le soutien de la République du Congo à la candidature de Louise Mushikiwabo.

    Le ministre Biruta a été reçu par le président Nguesso à Brazzaville – © Photo : MINAFFET

    Les discussions ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales entre Kigali et Brazzaville, ainsi que sur des priorités communes de développement.

    Le gouvernement rwandais a officiellement annoncé la reconduction de la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de Organisation internationale de la Francophonie.

    Cette décision fait suite à la réunion ministérielle de la Francophonie tenue à Kigali, au cours de laquelle les États membres ont encouragé l’actuelle secrétaire générale à briguer un nouveau mandat, saluant son bilan et exprimant le souhait de la voir poursuivre les réformes engagées au sein de l’organisation.

  • L’or noir et nos mille collines : pourquoi le chaos mondial guette le porte-monnaie rwandais

    Alors que le premier trimestre 2026 est marqué par des tensions explosives dans le golfe Persique, au Venezuela et au Nigeria, le Rwanda, pourtant sans pétrole, retient son souffle. Si les prix à la pompe sont restés stables en mars, l’échéance de mai s’annonce comme un test de vérité pour la résilience nationale.

    Par Fulgence Niyonagize

    En ce mois de mars 2026, faire ses courses à Kimironko, à Nyarugenge ou prendre un bus à Nyabugogo se fait dans une atmosphère de calme apparent. Les prix n’ont pas encore flambé, les transports fonctionnent normalement, et la vie suit son cours.

    Mais ce calme cache une tension bien réelle. Au Rwanda, les prix des carburants sont révisés tous les deux mois par la RURA. En mars, l’État a réussi à maintenir l’essence à 1 989 francs rwandais le litre, grâce à des mécanismes de stabilisation. Une décision qui a permis d’éviter un choc immédiat pour les ménages.

    Pourtant, derrière cette stabilité, les chiffres montrent une forte vulnérabilité : le Rwanda consomme environ 220 à 250 millions de litres de carburant par an, soit près de 20 millions de litres chaque mois, entièrement importés. Autrement dit, chaque variation du marché mondial finit, tôt ou tard, par se retrouver dans le portefeuille des Rwandais.

    Un choc mondial qui arrive avec retard

    La crise actuelle du pétrole est le résultat de plusieurs tensions simultanées. Dans le détroit d’Hormuz, un passage maritime étroit entre l’Iran et Oman,  transite environ 20 % du pétrole mondial. Depuis début mars, des attaques contre des navires ont fortement perturbé le trafic. Suite à la guerre menée contre l’Iran par les USA et Israël, l’Iran a « fermé » le détroit.  Récemment, l’incendie du cargo thaïlandais Mayuree Naree le 11 mars a marqué un tournant, contribuant à faire grimper le prix du baril au-delà de 100 dollars. Quand ce passage est perturbé, une grande partie du pétrole mondial met plus de temps à circuler, ce qui fait monter les prix.

    En parallèle, le Nigeria, premier producteur africain, voit sa production affaiblie par le sabotage et le vol de pétrole. Au Venezuela, l’instabilité politique limite également l’offre. Peu d’exemples pour illustrer plusieurs.  Résultat : moins de pétrole disponible sur le marché mondial, donc des prix plus élevés.

    Et pour le Rwanda, l’effet n’est pas immédiat. Le carburant arrive par bateau jusqu’à Mombasa ou Dar es Salaam, puis parcourt plus de 1 500 kilomètres par route jusqu’à Kigali. Ce trajet prend du temps. En moyenne, il faut environ deux mois pour que les variations internationales se répercutent localement. « C’est pourquoi les tensions actuelles pourraient se traduire par une hausse des prix dès le mois de mai”, craignent certains analystes économiques.

    Une hausse qui touche toute l’économie

    Le pétrole ne sert pas seulement à faire rouler les véhicules. Il est au cœur de presque toute l’économie. L’essence et le mazout, par exemple, alimentent le transport des marchandises. C’est lui qui permet aux produits agricoles de quitter les districts pour arriver sur les marchés de villes et vice versa. Si son prix augmente, le coût du transport augmente aussi…et les prix des aliments suivent.

    L’impact va encore plus loin. Une partie du pétrole est transformée en produits dits pétrochimiques ; substances utilisées pour fabriquer des engrais, des médicaments, des plastiques ou encore certains vêtements. Cela signifie qu’une hausse du pétrole peut influencer le prix des aliments, le coût des soins de santé, les matériaux de construction et même certains produits du quotidien

    Aujourd’hui déjà, l’inflation urbaine au Rwanda atteint 9,2 %, avec une hausse d’environ 20 % pour l’énergie. Une augmentation des carburants pourrait accentuer cette pression sur les ménages.

    Le pari du Rwanda : réduire la dépendance

    Face à cette vulnérabilité, le Rwanda a engagé une stratégie claire : réduire progressivement sa dépendance au pétrole. L’un des piliers de cette stratégie se trouve dans le lac Kivu. Dans ses profondeurs, ce lac contient du gaz méthane, une source d’énergie naturelle. Grâce aux projets KivuWatt (26 MW) et Shema Power Lake Kivu (50 MW), le pays produit aujourd’hui environ 76 mégawatts d’électricité, soit près de 27 % de sa capacité nationale . Plus le pays produit d’électricité localement, moins il dépend du diesel pour produire de l’énergie.

    Mais le pays n’en reste pas là. Il mise aussi sur l’électromobilité. Les motos électriques et les bus électriques commencent à apparaître nombreux dans les rues de Kigali. L’objectif est de réduire progressivement la consommation de carburant importé en plus de la protection de l’environnement.

    Une hausse des prix en mai semble probable si les tensions internationales persistent. Et avec elle, une pression supplémentaire sur les ménages et les entreprises. Car la leçon est claire : dans un monde interconnecté, même un pays sans pétrole ne peut échapper aux crises pétrolières. La vraie réponse ne réside donc pas seulement dans la gestion des prix, mais dans la capacité à s’en libérer progressivement. Et sur ce terrain, le Rwanda a déjà commencé à tracer sa route.

  • Incident à Washington: la délégation rwandaise dénonce le harcèlement des agents congolais

    Une situation tendue est survenue le 24 mars 2026 aux États-Unis dans un hôtel de Washington D.C., impliquant des membres des délégations rwandaise et congolaise, a clarifié l’ambassade du Rwanda aux États-Unis sur son compte X.

    Selon le communiqué officiel, un membre désarmé de la sécurité d’un VIP rwandais a rencontré par inadvertance des agents de sécurité d’une délégation de la République démocratique du Congo (RDC) dans un couloir accessible à tous les clients. Les deux délégations séjournaient dans le même hôtel.

    “Le membre rwandais a été brièvement empêché d’accéder à l’ascenseur par les agents congolais, un comportement jugé inapproprié dans un espace commun. L’incident a été résolu sans escalade. Suite à cette situation, la délégation rwandaise a décidé de changer d’hôtel. Cependant, lors du départ, elle a été harcelée et filmée par des individus non identifies”, poursuit le communiqué.

    L’ambassade souligne que, malgré ces provocations, l’équipe rwandaise est restée professionnelle, évitant tout affrontement. Elle dénonce également une déformation des faits, pointant du doigt des déclarations mensongères du ministre congolais de l’Information lors d’une récente conférence de presse.

    Arthur Asiimwe, ambassadeur adjoint du Rwanda à Washington, a réagi avec fermeté sur son compte X, dénonçant l’attitude des responsables congolais impliqués: “Arrêtez d’agir en clowns… un hôtel est un espace public accessible à tous, sauf si vous le réservez exclusivement.”

    Les autorités congolaises avaient présenté l’incident comme une situation beaucoup plus grave, suggérant une tentative de menacer la résidence de la Première Dame congolaise, qui se trouvait également dans le même hôtel.

    Lors d’une conférence de presse, Patrick Muyaya, ministre de l’Information et porte‑parole du gouvernement congolais, avait donné une version des faits très différente et fortement politisée, qualifiant les événements de plus qu’un simple malentendu.

  • “Les injustices appartiennent désormais au passé”: la communauté musulmane remercie le Président Kagame

    Par Anastase Rwabuneza

    Le Président Paul Kagame a rencontré, ce mercredi 25 mars 2026 au BK Arena, des milliers de fidèles de la communauté musulmane rwandaise venus de tout le pays.

    Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des célébrations de l’Eid al-Fitr, marquant la fin du mois sacré du Ramadan, et s’est tenue sous le thème : “Réjouissons-nous de la bonne gouvernance au Rwanda qui nous a donné dignité et liberté de croyance”.

    Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, les fidèles musulmans ont exprimé leur reconnaissance envers le Chef de l’État pour les avancées enregistrées en matière de liberté religieuse et d’inclusion.

    Kagame réaffirme le soutien de l’État aux confessions religieuses

    Prenant la parole, le Président Paul Kagame a exprimé sa satisfaction de partager ce moment de joie avec les fidèles musulmans après le Ramadan. Il a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les initiatives positives des confessions religieuses, soulignant que le rôle des institutions publiques est de soutenir les projets porteurs de développement. Il a reconnu que certaines promesses ont connu des retards, mais a assuré qu’elles seront honorées, les qualifiant d’”engagements à tenir”.

    Le Chef de l’État a également tenu à clarifier la position du Rwanda sur la liberté religieuse, rejetant les accusations de restrictions. Il a expliqué que les mesures prises visent à encadrer et assainir le fonctionnement des organisations religieuses, notamment face à certaines dérives motivées par des intérêts personnels.

    Il a insisté sur le fait que ces actions ne visent en aucun cas à limiter la foi, mais à garantir un cadre sain et respectueux pour tous.

    Revenant sur les transformations profondes qu’a connues le pays, Paul Kagame a affirmé que les progrès observés aujourd’hui résultent d’un changement de gouvernance ayant mis fin aux pratiques d’exclusion.

    Il a souligné que le Rwanda poursuit sa marche vers le développement avec la participation de tous ses citoyens, dans un esprit d’unité, de justice et de respect des droits de chacun.

    Une reconnaissance appuyée de la communauté musulmane

    Prenant ensuite la parole, le Mufti du Rwanda a salué une gouvernance qu’il juge exemplaire, affirmant qu’elle a permis de restaurer la dignité des musulmans et de garantir leur pleine intégration dans la société rwandaise.

    Il a notamment mis en avant les progrès réalisés dans l’organisation du pèlerinage à La Mecque, désormais facilité pour les fidèles rwandais grâce à des liaisons directes opérées par RwandAir entre Kigali et l’Arabie saoudite. Selon lui, cette avancée témoigne d’un leadership sensible au bien-être des citoyens.

    Le Mufti a également rappelé le passé marqué par la marginalisation et les discriminations subies par les musulmans, affirmant que “les injustices appartiennent désormais au passé”.

    Dans le même élan, il a remercié les autorités pour la restitution de biens autrefois confisqués, l’accès équitable à l’éducation pour les enfants musulmans, ainsi que la participation accrue de ces derniers dans les institutions publiques, qu’il s’agisse des organes de sécurité, des ministères, du Parlement ou de l’administration locale.

    Des perspectives de développement pour la communauté

    Le Mufti a annoncé un projet ambitieux porté par la communauté musulmane: la construction d’un complexe islamique moderne comprenant une mosquée de référence, un siège administratif, un centre de santé et un hôtel avec des ifrastructures sportives.

    Il a salué le soutien des autorités à cette initiative, la présentant comme un symbole du développement et de l’organisation future de la communauté.

    Cette rencontre au BK Arena aura ainsi été l’occasion de célébrer non seulement la fin du Ramadan, mais aussi les avancées en matière de cohésion sociale, de liberté religieuse et de gouvernance inclusive au Rwanda.

    L’appel à la prière du matin de nouveau autorisé

    Les milliers de fidèles enthousiastes lors de la rencontre avec le président Kagame © Urugwiro

    Le Président Kagame a rassuré les musulmans du Rwanda en affirmant que l’appel à la prière du matin (Adhan), sera rétabli. Cet appel avait été affecté par des mesures mises en place en 2021 dans le cadre de luttre contre les nuisances sonores.

    Pendant une séance interactive, le une fidèle s’est adressé au president: “Votre Excellence, il y a quelque chose qui nous fait beaucoup de peine (…) Cela nous fait mal que l’appel à la prière du matin ait été supprimé.”

    “C’est une question facile à résoudre”, a répliqué le Président Kagame avant de se tourner vers les responsables. “Craignez-vous ceux qui vous réveillent le matin ? Après tout, c’est justement le moment prévu pour se réveiller”, a-t-il ajouté, déclenchant les applaudissements enthousiastes de la foule.

  • Karagwe: Réunion des commandants de proximité entre la RDF et la TPDF pour traiter des questions transfrontalières

    Les commandants des Forces de Défense du Rwanda (RDF) et de la Forces de défense du peuple de la Tanzanie (TPDF) se sont réunis dans le district de Karagwe en Tanzanie pour la 15ᵉ réunion de sécurité des commandants de proximité, consacrée aux défis sécuritaires transfrontaliers et au renforcement de la coopération bilatérale.

    Cette rencontre de trois jours, prévue du 24 au 26 mars 2026, réunit la 5ᵉ Division d’infanterie des RDF et la 202ᵉ Brigade d’infanterie de la TPDF, dont les zones de responsabilité couvrent la frontière commune entre le Rwanda et la Tanzania.

    La délégation rwandaise est conduite par le général major Ruki Karusisi, commandant de la 5ᵉ Division d’infanterie, tandis que la délégation tanzanienne est dirigée par le général de brigade Gabriel Elias Kwiligwa, commandant de la 202ᵉ Brigade d’infanterie.

    Dès le premier jour, les commandants ont effectué des visites conjointes de terrain dans des zones frontalières clés afin d’évaluer les défis sécuritaires existants et d’échanger avec les communautés locales.

    Ces visites ont notamment porté sur la sensibilisation aux dangers liés aux traversées illégales de la frontière et aux activités de pêche illicites dans les plans d’eau partagés.

    Les délégations se sont rendues dans plusieurs localités frontalières, notamment les villages de Nyarubare et Katwe dans le district de Kyerwa, ainsi que dans le village de Nyakakoni, situé dans le secteur de Kayisho côté tanzanien, en face du secteur de Rwimiyaga.

    Ces zones se caractérisent par des frontières poreuses, marquées par la présence de lacs, de rivières et de marécages, en particulier la rivière Akagera, souvent utilisée pour des traversées non autorisées.

    Les commandants ont identifié ces localités comme des points sensibles pour la contrebande et d’autres activités transfrontalières illicites. Ils ont insisté sur la nécessité urgente de renforcer les mesures préventives et d’intensifier les efforts conjoints afin de freiner les mouvements illégaux et d’améliorer la sécurité globale le long de la frontière.

  • Analyse du conflit Iran–États-Unis: Tito Rutaremara dénonce un ordre mondial fondé sur les intérêts et les mensonges

    Dans une série de publications sur le réseau X, l’homme politique rwandais propose une lecture critique des tensions entre l’Iran et les États-Unis, remettant en cause les justifications officielles et pointant des enjeux géostratégiques plus larges.

    Dans un message publié sur son compte X, Tito Rutaremara s’est une nouvelle fois exprimé sur l’actualité internationale, en livrant une analyse détaillée du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à leurs alliés.

    À travers une série de réflexions structurées, il questionne les raisons avancées pour justifier ce conflit, qu’il considère comme évolutives et peu convaincantes.

    Des raisons officielles contestées

    Selon Rutaremara, les premières justifications avancées concernaient deux objectifs principaux: empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et provoquer un changement de régime.

    Sur la question nucléaire, il affirme que l’Iran ne développait pas d’armes nucléaires, rappelant que les autorités religieuses du pays avaient interdit ce type d’armement. Il souligne également que Téhéran s’était montré ouvert à des inspections internationales pour prouver le caractère civil de son programme nucléaire.

    Concernant le changement de régime, il évoque des frappes ciblées contre des responsables iraniens, estimant que cette stratégie n’a pas produit les résultats attendus, puisque les dirigeants ont été rapidement remplacés.

    Face à l’inefficacité des premières justifications, d’autres raisons auraient été avancées, notamment la volonté d’éliminer toute capacité nucléaire future de l’Iran et de limiter ses capacités balistiques, en particulier face à Israël.

    Dans un troisième temps, l’argument d’une menace directe contre les intérêts américains aurait été évoqué, malgré des négociations en cours au moment des tensions.

    Pour Tito Rutaremara, cette succession d’arguments traduit une difficulté à justifier clairement l’intervention, qu’il considère comme reposant sur des motifs changeants.

    Des motivations géopolitiques plus profondes

    L’auteur avance alors ce qu’il présente comme les véritables raisons du conflit.

    D’une part, il estime que la rivalité pour l’influence au Moyen-Orient joue un rôle central, certains acteurs cherchant à renforcer leur domination dans la région, où l’Iran resterait un acteur majeur difficile à contrôler.

    D’autre part, il met en avant des enjeux économiques mondiaux, notamment liés au pétrole et aux routes énergétiques. Il souligne l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial, notamment à destination de la Chine.

    Selon cette lecture, les tensions s’inscriraient aussi dans une logique de rivalité économique globale.

    Une critique du système international

    Au-delà du conflit lui-même, Tito Rutaremara élargit son analyse au fonctionnement du système international.

    Il dénonce:

    • une domination des grandes puissances sur les décisions mondiales,
    • une faiblesse des réactions de certains acteurs internationaux,
    • et une utilisation de discours qu’il juge parfois éloignés de la réalité.

     Il évoque également le rôle de l’économie mondiale, qu’il décrit comme instable et influencée par des facteurs politiques, citant notamment les fluctuations des marchés financiers en fonction des décisions ou déclarations de dirigeants internationaux comme Donald Trump (Président des États-Unis : NDLR).

  • Kigali : J-2 avant le coup d’envoi des FIFA Series 2026

    Dans 48 heures, le Rwanda deviendra le centre du football mondial. En accueillant deux groupes des FIFA Series 2026, le pays confirme sa place de plaque tournante du sport en Afrique de l’Est.

    Par Anastase Rwabuneza

    L’effervescence monte à Kigali. L’arrivée de délégations venues d’Europe, d’Asie et des Caraïbes montre que le Rwanda est désormais une destination incontournable pour les grands événements. Après avoir reçu le Congrès de la FIFA en 2023, le pays passe à l’action sur le terrain.

    Groupe A : Le Rwanda face à des styles variés

    Au Stade Amahoro, les Amavubi (130e mondiaux), dirigés par Stephen Constantine, s’apprêtent à relever un défi majeur. Ce tournoi est l’occasion pour l’équipe nationale rwandaise de se tester face à des adversaires aux jeux très différents.

    Le match contre le Kenya (113e), entraîné par Engin Fırat, sera l’un des moments forts. Pour les Kenyans, c’est une préparation clé avant le CHAN 2025 qu’ils co-organiseront. Le groupe est complété par l’Estonie (Europe) et la Grenade (Caraïbes), qui viennent chercher de l’expérience et de la visibilité à Kigali.

    Groupe B : Une rencontre entre continents

    Le second groupe réunit des nations qui n’ont que peu l’occasion de s’affronter. La Tanzanie (110e), sous la direction de Hemed Suleiman, arrive en favorite de la région. Elle devra faire face au Liechtenstein, une équipe européenne dirigée par Konrad Fünfstück qui souhaite intégrer ses jeunes talents.

    Les sélections d’Aruba et de Macao complètent ce tableau international. Pour ces petites nations, jouer au Rwanda est une chance rare d’être vues par des recruteurs du monde entier grâce à la diffusion sur la plateforme FIFA+.

    Ces FIFA Series ne sont pas de simples matchs amicaux. C’est une démonstration de la capacité du Rwanda à gérer de grands flux de visiteurs, des technologies modernes et une sécurité optimale.

    Le format de la compétition est pensé pour le spectacle: il n’y aura pas de matchs nuls. En cas d’égalité à la fin du temps réglementaire, une séance de tirs au but désignera immédiatement un vainqueur.

    À deux jours du lancement, tous les voyants sont au vert. Le Rwanda est prêt à accueillir le monde du ballon rond.

  • Vienne: le ministre Nduhungirehe alerte sur la montée de l’idéologie du génocide à l’ère du numérique

    Face à la résurgence et à la transformation des discours négationnistes, le chef de la diplomatie rwandaise appelle la communauté internationale à agir sans délai, mettant en garde contre les risques d’une répétition des tragédies passées.

    Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a lance, lundi le 23 mars 2026, un avertissement solennel à la communauté internationale sur l’évolution préoccupante de l’idéologie du génocide, désormais amplifiée par les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

    S’exprimant lors de la conférence internationale avec pour theme “Tirer les leçons du passé, façonner l’avenir: mémoire, réconciliation et reintegration” organisée à l’Académie diplomatique de Vienne, le chef de la diplomatie rwandaise a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux nouvelles formes de négationnisme et de manipulation de l’histoire.

    Dans son intervention, Olivier Nduhungirehe a souligné que l’idéologie du génocide, loin de disparaître, connaît aujourd’hui une transformation profonde.

    “Nous vivons à une époque où l’idéologie du génocide, le déni et la distorsion non seulement persistent, mais évoluent”, a-t-il déclaré.

    Selon lui, ces discours se diffusent désormais à une vitesse sans précédent, franchissant les frontières grâce aux plateformes numériques et aux technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.

    S’il reconnaît le potentiel de ces outils pour le progrès, il met en garde contre leur instrumentalisation: “Ces technologies, bien qu’utiles, sont de plus en plus détournées pour manipuler les récits, alimenter les divisions et obscurcir la vérité.”

    L’est de la RDC, un signal d’alerte préoccupant

    Le ministre a également attiré l’attention sur la situation sécuritaire persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, qu’il considère comme un exemple concret des dangers liés à l’inaction internationale.

    Il a dénoncé les violences ciblant les communautés tutsies, notamment les Banyamulenge, pointant du doigt l’implication de plusieurs acteurs armés, dont les FDLR, groupe fondé par des responsables du génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda.

    “Des idéologies extrémistes visant les communautés tutsies continuent d’alimenter la violence, les persécutions et les déplacements”, a-t-il affirmé.

    Face à ces signaux alarmants, Olivier Nduhungirehe a appelé à une prise de conscience urgente, rappelant les conséquences tragiques de l’inaction par le passé.

    “Le silence face à ces signaux d’alerte équivaut à une forme de complicité”, a-t-il averti.

    Faisant référence au Génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994, il a insisté sur la nécessité d’éviter toute répétition de l’histoire : “Nous ne pouvons pas nous permettre, en tant que communauté internationale, de répéter les erreurs de 1994.”

    Le ministre a également relevé que le négationnisme et la distorsion du génocide trouvent aujourd’hui de nouveaux relais dans différentes régions du monde, y compris dans certaines capitales occidentales.

    Cette tendance, selon lui, exige une réponse structurée et coordonnée, reposant sur le renforcement des cadres juridiques, l’intensification des programmes éducatifs et une plus grande redevabilité des acteurs impliqués.

    Organisée en partenariat avec le ministère autrichien des Affaires étrangères et l’organisation Austrian Service Abroad, la conférence a réuni des délégations venues de l’Europe pour réfléchir aux enseignements du passé et à leur pertinence face aux défis contemporains.

  • Réunion conjointe du gouvernement central et local: Paul Kagame dénonce les erreurs répétées et exige des résultats concrets au service des citoyens

    Par Anastase Rwabuneza

    À Gako, le Chef de l’État a livré un message sans concession aux dirigeants publics. Entre critique des mauvaises pratiques, appel à la responsabilité et exigence de résultats, Paul Kagame a placé la redevabilité et l’efficacité au cœur de l’action publique.

    Après une matinée consacrée à deux panels sur “la mise en œuvre coordonnée au service de la croissance” et “bâtir des communautés plus fortes”, la séance de l’après-midi du 23 mars 2026 a été dominé par une séquence très attendue: le message du Président de la République, suivi d’un échange direct avec les responsables des administrations centrale et locale, ainsi que des représentants du secteur privé.

    Dans une discours ferme et sans détour, Paul Kagame a lancé un avertissement: la gouvernance publique ne peut plus tolérer les erreurs répétitives, la mauvaise planification et le manque de redevabilité.

    Répéter les mêmes erreurs n’est plus une faute, c’est devenu une habitude

    Le Chef de l’État a questionné la pertinence des discussions récurrentes sur les mêmes problématiques.

    “Si ce que nous discutons aujourd’hui a déjà été discuté une, deux ou trois fois, alors il y a un problème plus profonde”, a-t-il déclaré.

    Reconnaissant que l’erreur est humaine, il a toutefois dénoncé une dérive inquiétante: la répétition des mêmes défaillances par une même personne.

    “Lorsqu’une erreur est répétée encore et encore, elle cesse d’être une erreur. Elle devient une habitude, voire une culture.”

    Pour le Président, cette situation traduit soit une défaillance individuelle, soit un dysfonctionnement systémique. Une interrogation centrale s’impose alors: pourquoi les mêmes problèmes persistent-ils malgré le renouvellement des responsables ?

    Mauvaise planification et déficit de coordination: les racines de l’inefficacité

    Au cœur de son discours, le président Kagame a identifié deux failles majeures: la planification déconnectée de l’exécution et le manque de coordination entre institutions.

    “On ne peut pas planifier sans relier cette planification aux actions concrètes nécessaires à sa mise en œuvre. Sans cela, on n’obtient aucun résultat ou alors à un coût excessif”

    Pour illustrer ses propos, il a évoqué un projet structurant dans la région de Muvumba dans la province de l’Est, censé combiner irrigation agricole et distribution d’eau potable à la population de la circonscription. Or, seule la composante irrigation a été mise en œuvre, au détriment de l’accès à l’eau pour les populations.

    Ce cas, reconnu par les autorités provinciales, met en lumière une faiblesse structurelle l’incapacité à assurer un suivi intégral des projets.

    “Comment peut-on suivre une partie d’un projet et en oublier une autre, alors que les deux sont essentielles?”, a-t-il interrogé.

    Au-delà des aspects techniques, le Président a dénoncé des comportements qu’il qualifie de “mauvaises habitudes”: négligence, manque d’engagement et arrogance. Pour lui, la fonction de dirigeant implique une responsabilité totale.

    “Si vous ne pouvez pas assumer vos responsabilités, Partez pour faire autre chose, car vous ne pouvez pas occuper un poste de leadership et ne pas agir.”

    Services publics: des défaillances aux conséquences dramatiques

    Le Chef de l’État a illustré l’impact concret de la mauvaise gouvernance à travers un cas survenu dans le district de Karongi où une femme est décédée après avoir été privée de soins médicaux en raison d’un problème administratif lié à la mutuelle de santé.

    “C’est un acte criminal”, a-t-il tranché, soulignant qu’aucune formalité ne doit primer sur la sauvegarde d’une vie humaine.

    Ce drame met en évidence les failles du système de prestation de services, déjà pointées par le Premier ministre. Selon les données de l’Office rwandais de gouvernance (RGB), la satisfaction des services publics est en baisse, passant de 78,2 % en 2023 à 71,7 % en 2025.

    Un appel à une gouvernance axée sur les résultats

    Face à ces constats, Paul Kagame a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’exécution et de suivi des décisions.

    Il a notamment regretté l’absence d’indicateurs clairs de mise en œuvre dans les engagements pris par les dirigeants.

    “Je n’ai pas entendu comment vous allez assurer le suivi des décisions prises ici”, a-t-il déploré, en réaction à la présentation qui venait de lui être faite au sujet des résolutions de cette réunion

    Pour le président, organiser des réunions ne suffit pas: il faut des responsables identifiés, des objectifs mesurables et une obligation de résultats.

    Proximité avec les citoyens et redevabilité directe

    Le Président a également exhorté les dirigeants locaux à être davantage à l’écoute des populations. Il a dénoncé le fait que certains responsables ignorent des problèmes pourtant visibles, parfois signalés sur les réseaux sociaux.

    “Comment pouvez-vous ne pas savoir ce qui se passe dans vos propres localités ?”, a-t-il interrogé.

    Il a insisté sur la nécessité de suivre de près les préoccupations des citoyens, de les résoudre rapidement, ou à défaut, de céder la place à d’autres.

    Le discours du Chef de l’État a clos son message en rappelant que le Rwanda doit rompre avec une culture de répétition des erreurs et entrer dans une logique de performance, de discipline et de responsabilité.

    Son message: Passer d’une gouvernance déclarative à une gouvernance de résultats, où chaque décision se traduit par une amélioration tangible des conditions de vie des citoyens.