En ce dimanche de Pâques, les joueuses de Rayon Sports WFC ont offert à leurs supporters une célébration mémorable, transformant une simple rencontre de championnat en véritable fête du football féminin rwandais.
Sur la pelouse du stade de Nzove à Kigali, les “Bleues” recevaient Muhazi United WFC pour le compte de la 22e et dernière journée de “ Rwanda Women’s Super League.” Dans une ambiance électrique portée par des chants, des vuvuzelas et des tambours, les supporters de Rayon Sports avaient répondu massivement à l’appel, prêts à pousser leur équipe vers un nouveau sacre.
Dès le coup d’envoi, l’intensité était palpable. Le match, engagé et rythmé, a finalement basculé à la 62e minute lorsque Rayon Sports a trouvé la faille. Une réalisation décisive qui a fait trembler les filets et déclenché une explosion de joie dans les tribunes. Le score de 1-0 ne bougera plus jusqu’au coup de sifflet final.
Grâce à ce succès, Rayon Sports Women s’offre le titre de championne pour la troisième saison consécutive, confirmant sa domination sur le football féminin national. Une performance remarquable pour un club fondé récemment mais déjà solidement installé au sommet, avec une série de sacres qui dessine les contours d’une véritable dynastie.
Au coup de sifflet final, l’émotion était à son comble. Les joueuses ont célébré leur exploit avec leurs fans avant de porter en triomphe leur president Abdallah Murenzi, symbole d’un projet sportif en pleine réussite. Cette victoire leur ouvre également les portes de la scène régionale, où elles représenteront le Rwanda lors des compétitions de la CECAFA en 2026.
Le président de la FERWAFA, Fabrice Ngoga Shema, a remis la coupe à la capitaine
Pour la première fois, des primes financières sont attribuées aux équipes les mieux classées, avec une récompense de 20 millions de francs rwandais pour le champion, renforçant ainsi la professionnalisation et l’attractivité de la ligue.
En ce jour pascal, plus qu’une victoire, Rayon Sports Women a offert à ses supporters un moment de communion et de fierté. Une “journée de gloire” qui restera gravée dans les mémoires, célébrant à la fois le sport, la passion et l’excellence.
Le Rwanda a procédé à une nouvelle révision à la hausse des prix des produits pétroliers ainsi que des tarifs du transport public, dans un contexte de flambée des cours mondiaux liée au conflit au Moyen-Orient.
Selon l’office Rwandais de régulation (RURA), le prix maximum du litre d’essence est passé de 1 989 à 2 303 francs rwandais, soit une augmentation de 314 francs. Le diesel, quant à lui, a grimpé de 1 948 à 2 205 francs par litre, enregistrant une hausse de 257 francs.
Ces nouveaux prix, toutes taxes comprises, sont entrés en vigueur le 4 avril à 6 heures du matin. Il s’agit de la deuxième révision en un mois, après celle du 5 mars 2026.
Des ajustements dictés par le marché international
L’autorité de régulation explique que ces ajustements reflètent les tendances actuelles du marché international, marquées par une hausse significative des prix du pétrole brut, qui atteignaient récemment environ 112,4 dollars le baril.
Cette situation est largement imputée au conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, qui perturbe les circuits d’approvisionnement mondiaux. La fermeture du détroit d’Hormuz — par lequel transite près de 20 % du pétrole consommé quotidiennement dans le monde — accentue les tensions sur les prix. L’Iran, qui revendique le contrôle de cette voie stratégique, y a déployé des dispositifs militaires renforçant les restrictions de navigation.
Hausse des tarifs du transport public
En parallèle, RURA a également revu à la hausse les tarifs du transport public, en raison de l’augmentation des coûts du carburant et des charges d’exploitation.
Dans la ville de Kigali, le tarif de base est désormais fixé à 59,28 francs rwandais par passager et par kilomètre. Pour les trajets interurbains, il s’établit à 41,58 francs par passager et par kilomètre. Ces nouveaux tarifs entre en vigueur le 6 avril.
L’autorité appelle par ailleurs la population à adopter des comportements responsables, notamment en planifiant efficacement les déplacements, en privilégiant les transports en commun et en évitant les trajets non essentiels, afin de réduire la consommation de carburant.
Le gouvernement se veut rassurant malgré les pressions
Cette annonce intervient quelques heures après une intervention du Premier ministre Justin Nsengiyumva, qui a reconnu les effets du conflit sur l’économie mondiale et nationale.
Il a souligné que les coûts du transport international sont en hausse, avec des répercussions visibles sur les prix des produits pétroliers et gaziers. Toutefois, il a appelé les opérateurs économiques à ne pas utiliser cette situation comme prétexte pour des augmentations injustifiées.
RURA a indiqué qu’elle continuera de suivre de près l’évolution du marché afin de garantir des prix équitables et la continuité des services.
Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a annoncé, ce vendredi 3 avril 2026, une hausse prochaine des prix des produits pétroliers au Rwanda, en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Primature à Kimihurura.
Une économie rwandaise résiliente malgré les incertitudes mondiales
D’emblée, le chef du gouvernement a dressé un tableau globalement positif de l’économie rwandaise. En 2025, la croissance économique a atteint 9,4 %, contre 8,9 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne mondiale estimée à 3,3%.
Cette performance est soutenue par plusieurs secteurs clés, notamment les services, l’agriculture et l’industrie, qui ont contribué à dynamiser le commerce, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le secteur de la construction.
Selon le Premier ministre, les perspectives restent favorables, malgré un environnement international marqué par de nombreux défis.
Conflit au Moyen-Orient : des répercussions directes sur l’économie
Le Premier ministre a également évoqué les effets du conflit opposant notamment les États-Unis, Israël et l’Iran au Moyen-Orient. Cette crise a des conséquences directes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans les domaines de l’énergie et du transport.
Pour le Rwanda, plusieurs impacts sont déjà perceptibles :
la perturbation de certaines routes commerciales, notamment vers les Émirats arabes unis ;
une hausse attendue des coûts des importations ;
une pression à la hausse sur les prix sur le marché local.
Face à cette situation, le gouvernement appelle les opérateurs économiques à faire preuve de responsabilité, en évitant toute spéculation ou hausse injustifiée des prix.
Une hausse des prix du carburant jugée inévitable
“Les prix vont augmenter”, a clairement indiqué le Premier ministre, soulignant que cette évolution n’est pas liée à une décision isolée du Rwanda, mais à une tendance globale observée sur les marchés internationaux.
Il a précisé qu’aucune augmentation n’a été décidée au cours du mois écoulé, alors que les prix ont déjà grimpé dans plusieurs régions du monde, notamment en Europe. Toutefois, la situation actuelle laisse peu de marge : une révision à la hausse est attendue dans les prochains jours.
Par ailleurs, le mécanisme d’ajustement des prix, habituellement fixé tous les deux mois, pourrait devenir plus fréquent — mensuel, voire toutes les deux semaines — en fonction de la volatilité des marchés internationaux.
Appel à la responsabilité collective
Pour atténuer les effets de cette hausse, le gouvernement préconise plusieurs mesures:
appeler les citoyens à limiter les déplacements non essentiels ;
privilégier les transports en commun ;
soutenir les produits “Fabriés au Rwand”» ;
accroître la production nationale pour réduire la dépendance aux importations.
Les autorités entendent également renforcer le suivi du marché et prendre, si nécessaire, des mesures adaptées pour protéger le pouvoir d’achat et la stabilité économique.
Contrairement à certains pays ayant adopté des mesures drastiques comme le rationnement ou la réduction des jours de travail, le Rwanda privilégie une approche adaptée à son contexte national. Le gouvernement indique par ailleurs avoir facilité l’approvisionnement des distributeurs de carburant afin d’éviter les ruptures.
« Le Rwanda surmontera cette crise »
Le Premier ministre s’est voulu rassurant, affirmant que le Rwanda dispose de l’expérience nécessaire pour faire face à ce nouveau choc économique.
“Ce n’est pas la première crise que nous traversons. Lors de la pandémie de COVID-19, nous avons fait preuve d’unité et nous nous en sommes sortis. Nous surmonterons également celle-ci ensemble”, a-t-il déclaré.
Autres priorités : santé et mémoire nationale
Sur le plan social, le Premier ministre a salué le taux élevé de couverture de la mutuelle de santé, qui atteint 88 % de la population. Il a toutefois promis des ajustements rapides, notamment concernant les nouveaux tarifs de contribution.
À la veille de la 32e commémoration du génocide contre les Tutsi, il a également insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte contre l’idéologie génocidaire, en particulier à travers l’éducation des jeunes et la transmission d’une histoire fidèle.
Le Conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame, tenu le jeudi 2 avril, a procédé à la nomination de huit responsables au sein de plusieurs institutions publiques stratégiques.
Au sein de l’Initiative rwandaise de coopération (RCI), Richard Niwenshuti a été nommé Directeur général. Il remplace Patricie Uwase, en poste depuis 2024. Chance Tubane a, quant à lui, été désigné Directeur des opérations , succédant à Willy Mugenzi, nommé en 2023.
À l’Office rwandais de développement (RDB), Joseph Cedrick Nsengiyumva a été nommé Directeur des affaires corporatives. De son côté, Richard Kayibanda a été confirmé au poste de Directeur des licences (Chief Licensing Officer), fonction qu’il occupait jusque-là à titre intérimaire.
Au sein de l’Office of the Ombudsman, Judith Mbabazi a été nommée Ombudsman adjointe chargée de la prévention et de la lutte contre les injustices, en remplacement d’Odette Yankurije. Elle rejoint une équipe dirigée par l’Ombudsman Madeleine Nirere, aux côtés de l’Ombudsman adjoint chargé de la lutte contre la corruption, Abbas Mukama. Avant cette nomination, Judith Mbabazi était Secrétaire générale de la Commission rwandaise de réforme du droit et a également servi comme commissaire à la Commission nationale électorale.
Le Conseil des ministres a également nommé le Commissaire de police (CP) Theos Badege au poste de Commissaire général adjoint des services rwandais correctionnels (RCS). Il remplace Rose Muhisoni et assistera le Commissaire général Evariste Murenzi. Officier de carrière, Badege rentre au pays après près d’une décennie de service au sein d’Interpol. Il avait auparavant été porte-parole de la Police nationale du Rwanda et dirigé le département du renseignement criminel avant la création de l’Office rwandais d’investigation (RIB).
A la Commission Nationale Electorale (NEC), Albert Nkiko a été nommé commissaire. Enfin, Donath Habimana a été désigné Procureur national au sein du bureau du procureur general.
Face aux récentes publications du journal Le Monde et du Wall Street Journal suggérant un possible retrait ou un chantage financier du Rwanda lié à des pressions diplomatiques, la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, a apporté un démenti. Elle réaffirme la clarté de la position rwandaise: la mission à Cabo Delgado est une question de sécurité régionale et de nécessité stratégique, loin des «hallucinations» médiatiques.
Pour Yolande Makolo, la position n’a jamais changé et elle est de notoriété publique. Le déploiement à long terme des forces de sécurité rwandaises dans les opérations conjointes de lutte contre le terrorisme au Mozambique nécessite un cadre de financement pérenne.
“Ayant jusqu’à présent supporté l’essentiel du fardeau financier de ces opérations, une transition vers un financement plus équitable est une nécessité stratégique”, a précisé Mme Makolo sur son compte X.
Elle insiste sur le fait que cette position de bon sens est totalement indépendante des rapports publiés par des sources anonymes, visant notamment l’article de Philippe Jacqué (Le Monde) à Bruxelles, où «l’opposition à la coopération sécuritaire du Rwanda avec le Mozambique ne s’est jamais tue».
Démenti formel sur les « hallucinations » du Wall Street Journal
La porte-parole a fermement rejeté les allégations de Nicholas Bariyo (Wall Street Journal), qualifiant ses écrits de « spéculations sans fondement » et de « journalisme contraire à l’éthique ». Elle a notamment démenti tout lien entre des sanctions américaines et une prétendue menace du Rwanda d’arrêter de combattre l’État islamique.
Mme Makolo a rappelé qu’une délégation rwandaise se trouvait à Washington en mars pour des réunions de routine au Département d’État dans le cadre de l’Accord de paix de Washington :
“Aucun commentaire de la sorte n’a été prononcé par notre ambassadeur aux États-Unis. Il s’agit de l’une des nombreuses hallucinations rapportées.”
Le rôle des partenaires et du gouvernement hôte
Sur la question sensible des fonds de la Facilité européenne pour la paix (FEP), la mise au point est nette : le Rwanda n’a pas sollicité et ne sollicitera pas de fonds supplémentaires par ce canal. Cette responsabilité incombe au Mozambique et à ses partenaires disposant d’investissements majeurs dans la région.
“Le déploiement du Rwanda nécessite un financement durable, et il appartient au gouvernement hôte et à ses partenaires ayant des investissements majeurs à Cabo Delgado d’y pourvoir, comme cela a toujours été le cas.”
Une montée en puissance des effectifs (6 300 personnels)
La publication rectifie également une erreur factuelle majeure relayée par la presse européenne concernant les effectifs au sol. Alors que les médias évoquent souvent les 2 000 hommes du déploiement initial de 2021, les chiffres actuels s’élèvent à plus de 6 300 personnels.
Cette augmentation massive est une réponse directe à l’élargissement du champ des opérations et à la nécessité de combler le vide sécuritaire laissé par le retrait de la Mission de la SADC au Mozambique (SAMIM) en 2024.
En conclusion, Yolande Makolo rappelle les véritables enjeux de cette présence militaire:
Les civils mozambicains : Principales victimes des attaques de l’EI, ils ont pu regagner leurs foyers et reprendre une vie normale grâce à la mission conjointe.
Les intérêts énergétiques mondiaux : Les investissements gaziers à Cabo Delgado profitent à la sécurité énergétique de l’Europe et du monde, et non aux intérêts directs du Rwanda.
Elle réaffirme que le Rwanda intervient à Cabo Delgado en réponse à une demande explicite de soutien du gouvernement du Mozambique et se dit satisfait d’avoir contribué à la défaite des terroristes aux côtés de ses alliés.
Le gouvernement du Rwanda et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord technique portant sur un nouveau programme de financement d’environ 250 millions de dollars, destiné à soutenir l’économie nationale dans un contexte international incertain.
Annoncé à Kigali le 2 avril 2026, cet accord, conclu au niveau des services du FMI, s’inscrit dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour une durée de 38 mois. D’un montant de 185 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), il doit encore être validé par la direction et le Conseil d’administration de l’institution, une approbation attendue en juin prochain.
Un programme axé sur les réformes et la stabilité
Ce nouveau programme vise à accompagner les efforts du Rwanda pour maintenir la dynamique des réformes économiques, renforcer la gestion macroéconomique et reconstituer les marges de manœuvre budgétaires. Il repose sur trois priorités principales:
la cohérence des politiques économiques,
la maîtrise des risques budgétaires et de la dette, et
la promotion d’une croissance tirée par le secteur privé, avec une meilleure gouvernance des entreprises publiques.
Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a salué cet accord, estimant qu’il contribuera à atténuer les effets de la guerre au Moyen-Orient et de la baisse des appuis budgétaires extérieurs, tout en soutenant les ambitions d’investissement et de transformation structurelle du pays.
Une économie résiliente mais sous pression
L’économie rwandaise a affiché une croissance remarquable de 9,4 % en 2025, dépassant largement les prévisions. Cette performance a été soutenue notamment par les exportations de café et de minerais, tandis que les réserves de change demeurent solides, couvrant plus de quatre mois d’importations.
Cependant, des tensions persistent. L’inflation a atteint 9,2 % en février 2026, au-dessus de l’objectif de la banque centrale, tandis que les importations, notamment d’équipements pour les entreprises locales, restent élevées.
Selon le chef de mission du FMI, Albert Touna Mama, l’économie rwandaise reste « résiliente », mais demeure exposée à plusieurs risques, notamment la prolongation du conflit au Moyen-Orient et le resserrement des conditions de financement internationales.
Des perspectives freinées par les chocs externes
Le conflit au Moyen-Orient pèse déjà sur les perspectives économiques du pays. La croissance devrait ralentir à 6,8 % en 2026, sous l’effet de la hausse des prix mondiaux du pétrole et des engrais, ainsi que des besoins de financement liés aux grands projets d’investissement.
Par ailleurs, la volatilité des prix des matières premières, la faiblesse de la demande mondiale, les tensions géopolitiques et le durcissement des conditions financières internationales constituent autant de risques pour l’économie rwandaise.
Réformes et discipline budgétaire au cœur du programme
Face à ces défis, le Rwanda s’engage à poursuivre des réformes visant à consolider la stabilité économique, réduire les déséquilibres extérieurs et renforcer les bases d’une croissance durable portée par le secteur privé.
Le programme prévoit notamment la mise en œuvre d’un cadre budgétaire crédible à moyen terme, un meilleur contrôle des investissements financés par des ressources extérieures, ainsi qu’une gestion renforcée des risques. Il insiste également sur la nécessité de préserver les dépenses sociales et prioritaires afin de garantir la soutenabilité de la dette.
Sur le plan monétaire, la Banque nationale du Rwanda devrait maintenir une politique restrictive afin de ramener l’inflation vers son objectif de 5 %. Une plus grande flexibilité du taux de change est également envisagée pour absorber les chocs externes et renforcer les réserves internationales.
Les autorités rwandaises ont salué la qualité des échanges avec le FMI et réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les réformes prévues.
“Le gouvernement reste déterminé à appliquer ce programme afin de protéger les Rwandais contre les chocs extérieurs tout en construisant une économie plus solide et plus autonome”, a souligné le ministre Yusuf Murangwa.
À l’approche de la date mémorable du 7 avril, le Ministre de l’Unité Nationale et de l’Engagement Civique, le Dr Jean Damascène Bizimana, a publié un long message rappelant les fondements historiques et judiciaires établissant la réalité de ce crime, tout en dénonçant les tentatives persistantes de négation. Revenant sur les trente-deux ans écoulés depuis le début de la tragédie, il démonte les tentatives de falsification en s’appuyant sur l’arsenal juridique international qui a gravé dans l’histoire la planification et l’exécution du génocide contre les Tutsi.
Le Ministre rappelle d’emblée que le projet et l’exécution du génocide furent établis par des experts internationaux dès 1994, puis confirmés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et les Nations Unies.
Il souligne l’évolution cruciale de la reconnaissance internationale : si le 23 décembre 2003, l’ONU consacrait le 7 avril comme journée de réflexion, elle a franchi une étape décisive le 26 janvier 2018. Pour « lever tout doute », l’ONU a établi l’appellation officielle: “Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994”.
Cette sémantique précise vise à nommer sans ambiguïté le crime et ses victimes, une vérité qui, selon le Ministre, “gêne les génocidaires et leurs sympathisants comme le fils de l’ancien président Juvénal Habyarimana”.
1994 : Des rapports d’experts sans ambages
Le Dr Bizimana exhume des faits judiciaires essentiels pour revisiter l’histoire. Il cite le Rapporteur spécial René Degni Segui qui, après une enquête menée du 9 au 20 juin 1994, publiait dès le 28 juin un constat sans appel:
“La qualification de génocide doit être d’ores et déjà retenue en ce qui concerne les Tutsi. La Communauté internationale assiste à une tragédie humaine qui semble être bien orchestrée. Les massacres sont d’autant plus horribles et terrifiants qu’ils se donnent pour programmés, systématiques et atroces.”
Cette analyse fut corroborée par la Commission d’experts mise sur pied par la résolution 935 du 1er juillet 1994. Leur rapport préliminaire du 4 octobre 1994 concluait à “l’existence de preuves accablantes” d’un génocide commis de manière “concertée, planifiée, systématique et méthodique” par des éléments hutus.
Le socle du TPIR : Condamnations et aveux historiques
Le Ministre rappelle que le Conseil de Sécurité a créé le TPIR par la résolution 955 du 8 novembre 1994. Durant vingt ans, cette juridiction a condamné 65 auteurs, consacrant judiciairement l’entente en vue de commettre le génocide. Deux piliers jurisprudentiels sont mis en avant:
L’aveu de Jean Kambanda: Le 1er mai 1998, le Premier ministre du Gouvernement génocidaire plaidait coupable de onze crimes. Dans sa plaidoirie, il a précisé avoir dirigé un gouvernement chargé d’exécuter un génocide “planifié d’avance par le régime précédent du général Juvénal Habyarimana”.
Le jugement Jean-Paul Akayesu : Le 2 septembre 1998, le tribunal établissait la matérialité du crime: “Les massacres visaient un objectif déterminé : celui d’exterminer les Tutsis, choisis spécialement en raison de leur appartenance au groupe ethnique tutsi, et non pas parce qu’ils étaient des combattants du FPR.”
En apothéose judiciaire, la Chambre d’appel a conclu le 16 juin 2006 qu’il était un “fait de notoriété publique” qu’entre le 6 avril et le 17 juillet 1994, un génocide avait été commis contre le groupe ethnique tutsi.
La résolution 2150 : Un rempart contre le négationnisme
Le Dr Bizimana insiste sur la portée de la résolution 2150 du 16 avril 2014, qui impose à tous les États de lutter contre le négationnisme. Il cite des extraits fondamentaux rappelant que plus d’un million de personnes ont été tuées et condamnant “sans réserve toute negation”.
Cette résolution demande également la coopération pour arrêter les neuf fugitifs restants et les dirigeants des FDLR, tout en incitant les États à instaurer des programmes éducatifs pour les générations futures.
De quel ciel veulent-ils émerger ?
En conclusion de son argumentation, le Ministre dénonce nommément ceux qu’il qualifie de négationnistes s’obstinant à “nier l’indéniable, falsifier l’infalsifiable et défendre l’indéfendable”: Jean Luc Habyarimana, Leon Habyarimana, Antoine Mukiza Zigiranyirazo et Gustave Mbonyumutwa.
Selon lui, leur tentative désespérée d’innocenter le régime criminel de Juvénal Habyarimana est une insulte à l’évidence.
Le Dr Bizimana termine par un avertissement solennel: la commémoration de ce génocide unique doit véritablement servir de mémoire pour que la prévention soit le but ultime de tout humain et de tout État.
Après 52 ans d’une attente interminable, le rêve est enfin devenu réalité. Dans la ferveur électrique de la nuit du 31 mars 2026, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont décroché leur ticket pour la Coupe du Monde FIFA 2026 en terrassant la Jamaïque lors d’un barrage épique. Un exploit qui propulse le pays vers les pelouses nord-américaines et déclenche une vague de liesse dépassant les frontières nationales.
Le chemin fut long depuis l’épopée du Zaïre en Allemagne en 1974. En venant à bout des “Reggae Boyz” jamaïcains, la RDC intègre un cercle prestigieux : elle devient le dixième pays africain qualifié pour cette édition, un record historique pour le continent.
Les hommes de la sélection nationale rejoignent désormais le Groupe K, où les attendent de prestigieux adversaires, dont le Portugal emmené par Cristiano Ronaldo, la Colombie, puissance sud-américaine et l’Ouzbékistan, nation montante du football asiatique.
Les rwanda saluent le retour des “rois de la jungle”
Sur la toile, l’effervescence a rapidement gagné les pays voisins. Au Rwanda, les réactions officielles ont été immédiates, témoignant d’une reconnaissance du talent congolais.
Le Ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a souligné le caractère exceptionnel de cette performance:
“La qualification des Léopards de la RDC est historique à un double titre. C’est la première qualification de ce pays en un demi-siècle, 52 ans après l’épopée du Zaïre, et c’est le dixième pays africain qualifié pour le Mondial. Malgré la situation sécuritaire, beaucoup de Rwandais ont toujours eu un faible pour les Léopards… Félicitations pour cette qualification méritée !”
De son côté, Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a mis en avant le pouvoir fédérateur du ballon rond:
“Le football est magnifique car une équipe issue de nombreuses provinces, langues et histoires peut porter un seul maillot et faire rêver toute une nation. Cet esprit d’unité est trop précieux pour être transformé en haine.”
Son adjoint, Maurice Uwera, a également tenu à saluer la montée en puissance du football congolais pour le rayonnement du continent:
“Les Léopards s’élèvent pour l’Afrique ! Félicitations à la RD Congo, allez rendre le continent fier sur la scène mondiale.”
Un signal fort pour l’Afrique et la Francophonie
Le Ministre d’État rwandais chargé des Sports, Rwego Ngarambe, a quant à lui vu dans cette victoire un “signal fort” pour le football africain:
“Félicitations à la RDC, allez rendre le continent fier sur la scène mondiale. 52 ans d’attente, un rêve vivant. C’est un grand moment pour la RDC !”
Enfin, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), la rwandaise Louise Mushikiwabo, a exprimé une “fierté collective” en saluant la performance des pays membres, avec une pensée particulière pour les revenants:
“Chaleureuses félicitations aux équipes des pays membres de la Francophonie qualifiées pour la Coupe du monde 2026. Une fierté collective portée par le talent et l’énergie de la jeunesse francophone. Mention spéciale aux Léopards de la RDC et à Haïti , qui n’avaient pas participé depuis 1974, ainsi qu’au Cap-Vert pour une première qualification historique. Bon succès à tous!”
Alors que les préparatifs commencent pour les États-Unis et le Mexique, la RDC savoure ce moment de grâce. Entre nostalgie de 1974 et ambitions de 2026, les Léopards ont prouvé que, sur un terrain de football, le temps n’est qu’un obstacle que l’on finit toujours par dribbler. Le rendez-vous est pris: l’Afrique vibrera au rythme des tambours congolais cet été.
Le diocèse de Kabgayi a annoncé ce mercredi 1er avril 2026 la nomination de l’abbé Jean de Dieu Hodari au poste de vicaire général. La décision a été rendue publique par l’évêque du diocèse, Mgr Balthazar Ntivuguruzwa, à l’occasion de la messe chrismale célébrée en présence d’un large rassemblement de fidèles.
Cette annonce a été accueillie avec enthousiasme par les chrétiens venus nombreux, parmi lesquels des prêtres, des religieux, des religieuses, des laïcs et de nombreux jeunes. Elle marque un tournant important pour ce diocèse, créé en 1922.
Dans une interview accordée aux médias catholiques, Mgr Ntivuguruzwa a exprimé sa satisfaction après l’acceptation de cette responsabilité par l’abbé Hodari, fruit, selon lui, d’un temps de discernement et de prière. Il a souligné que cette nomination reflète la confiance qu’il place en ce prêtre pour l’accompagner dans la conduite pastorale du diocèse.
“J’ai annoncé cette décision au peuple de Dieu — prêtres, religieux, laïcs et jeunes — et je me réjouis qu’elle ait été accueillie avec joie. Il aura besoin du soutien de tous. Je serai à ses côtés, car je l’ai choisi pour que nous travaillions ensemble dans la mission pastorale”, a déclaré l’évêque.
Mgr Ntivuguruzwa a également mis en avant l’expérience et le parcours de l’abbé Hodari, prêtre du diocèse de Kabgayi, connu pour son engagement de longue date dans l’Église. Il a notamment exercé dans le domaine de l’éducation, en particulier au Petit Séminaire de Kabgayi, et occupé plusieurs fonctions au niveau diocésain et national.
Parmi ses responsabilités passées figure le poste de secrétaire général de la Conférence épiscopale du Rwanda, témoignant de sa connaissance approfondie des structures ecclésiales et de sa capacité de gouvernance.
L’évêque s’est dit confiant quant à la capacité du nouveau vicaire général à poursuivre la mission pastorale, notamment en accompagnant les jeunes prêtres. “Beaucoup de prêtres actuels sont passés entre ses mains. Il connaît bien le diocèse et les fidèles. Ceux-ci se demandaient d’ailleurs où il était ces dernières années”, a-t-il indiqué.
Avant cette nomination, l’abbé Hodari vivait au sein de l’ordre des Cisterciens de la stricte observance (Trappistes), connu pour sa vie de prière, de travail et de retrait du monde. Il résidait à l’abbaye de Gethsémani, aux États-Unis.
Sa désignation met fin à une vacance de trois ans à ce poste stratégique au sein du diocèse. Le dernier vicaire général en fonction était Mgr Papias Musengamana, aujourd’hui évêque du diocèse de Byumba.
Le gouvernement du Japon et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont officiellement lancé, ce 31 mars 2026 à Kigali, une nouvelle initiative visant à renforcer la résilience climatique au Rwanda et à réduire les déplacements de populations liés aux catastrophes naturelles.
Ce projet entend promouvoir des solutions innovantes en matière de mobilité climatique à travers une approche intégrée combinant réduction des risques de catastrophes, accès à l’énergie durable et renforcement des capacités locales. L’objectif est de permettre au Rwanda de mieux faire face aux déplacements induits par les effets du changement climatique, en agissant à la fois sur les urgences immédiates et les enjeux environnementaux de long terme.
Des risques climatiques croissants
Le Rwanda est de plus en plus exposé aux aléas climatiques, notamment aux phénomènes météorologiques extrêmes, à l’érosion des sols, à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes. Ces menaces perturbent les moyens de subsistance, accentuent la vulnérabilité des populations et alimentent des besoins humanitaires croissants.
Dans ce contexte, le renforcement de la résilience des communautés à risque passe par une action coordonnée intégrant préparation aux catastrophes, transition vers des énergies propres et gouvernance locale des risques.
Un programme d’actions sur 12 mois
Sur une période de douze mois, ce projet intitulé “Renforcer la résilience climatique grâce à l’innovation locale dans la réduction des risques de catastrophes et l’accès à l’énergie propre” sera mis en œuvre par l’OIM en étroite collaboration avec le Ministère en charge de la Gestion de l’Urgence (MINEMA) et l’Autorité rwandaise de gestion de l’environnement (REMA)
Plusieurs actions concrètes sont prévues :
l’installation de systèmes de protection contre la foudre dans des institutions publiques situées dans des zones à haut risque ;
le renforcement de la gestion communautaire des catastrophes à travers la cartographie des risques, la planification d’urgence et la formation des intervenants ;
l’élargissement de l’accès à l’énergie propre, accompagné de campagnes de sensibilisation ciblées et de l’implication des jeunes pour promouvoir des pratiques environnementales durables.
Un partenariat fondé sur l’expertise japonaise
“Depuis plus d’un siècle, le Japon est engagé dans la prévention et la gestion des catastrophes”, a déclaré Kazuya Nakajo, ambassadeur du Japon au Rwanda. “Cette initiative offre une excellente opportunité de mettre en valeur des technologies japonaises éprouvées au Rwanda, tout en renforçant les capacités locales et en protégeant les vies et les moyens de subsistance.”
Le projet s’inscrit dans la continuité d’un programme déjà financé par le Japon, consacré au renforcement des capacités d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique et aux événements météorologiques extrêmes. Celui-ci a notamment permis la mise en place de systèmes d’alerte précoce, l’élaboration de procédures standardisées pour la gestion des sites d’évacuation et l’installation de solutions énergétiques plus propres.
Ces investissements ont déjà contribué à améliorer la préparation aux catastrophes, renforcer la résilience énergétique et approfondir la coopération entre institutions nationales et partenaires techniques.
Une approche centrée sur les communautés
“Aujourd’hui, nous sommes fiers de capitaliser sur ces acquis avec le lancement de cette nouvelle initiative”, a souligné Ashley Carl, cheffe de mission de l’OIM au Rwanda. “Au cœur de ce projet, il y a les populations et les communautés. Il s’agit de soutenir des solutions concrètes, de renforcer les capacités locales et de réduire les risques qui contraignent les populations à quitter leurs foyers.”
Elle a également insisté sur l’importance des partenariats, notamment avec le secteur privé, pour élargir le champ des solutions possibles.
Dans cette dynamique, le Japon et l’OIM collaboreront avec plusieurs entreprises japonaises opérant au Rwanda, dont Otowa Electric Co., Ltd. pour les systèmes de protection contre la foudre et Jibu Gas One Ltd. pour les solutions d’énergie propre.
L’objectif est de mettre à profit des technologies avancées et une expertise spécialisée au service des communautés locales.
En renforçant les systèmes nationaux et en encourageant l’innovation locale, cette initiative contribuera à réduire les impacts humanitaires des catastrophes liées au climat, à protéger les communautés vulnérables et à améliorer la préparation face aux risques.
Elle s’inscrit également dans les engagements plus larges du Rwanda en matière de résilience climatique, de gestion des risques de catastrophes et de développement durable.
Source : Communiqué de presse commun OIM / Ambassade du Japon au Rwanda