Du 7 au 13 avril 2026, le Rwanda a observé une semaine de deuil national, marquant la 32e commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi. Sept jours de recueillement, de mémoire et de réflexion, inscrits dans une dynamique plus large de commémoration qui s’étendra sur 100 jours, à l’image de la durée même du génocide en 1994.
Le coup d’envoi a été donné le 7 avril au Mémorial du génocide de Kigali, à Gisozi, par le Président Paul Kagame. La cérémonie d’ouverture, empreinte de solennité, a été marquée par le dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes des victimes et l’allumage de la Flamme de l’Espoir, appelée à brûler durant toute la période de commémoration. Dans son discours, le Chef de l’État a lancé un appel fort à la vigilance et à la lutte contre l’idéologie du génocide, affirmant avec fermeté que “le Rwanda ne mourra pas une deuxième fois “.
Au cours de cette semaine, plusieurs activités d’envergure ont été organisées, dont une conférence internationale sur la prévention du génocide. Celle-ci a notamment mis en lumière les inquiétudes liées à la résurgence de l’idéologie génocidaire dans la région, en particulier dans l’est de la République démocratique du Congo, tout en dénonçant l’inaction de la communauté internationale et des Nations unies face à ces signaux alarmants.
Les marches de mémoire, organisées notamment le 7 avril et le 11 avril à Kicukiro, ont ravivé le souvenir de l’abandon tragique des Tutsi par les Casques bleus de l’ONU en 1994. Ces derniers, venus chercher refuge auprès des forces internationales, avaient été laissés sans protection, livrés ensuite aux milices qui les ont massacrés. Ces moments de recueillement ont également été des occasions de dénoncer cette défaillance historique de la communauté internationale.
La semaine a également été marquée par des activités dédiées à la mémoire des journalistes tués pendant le génocide. À cette occasion, les professionnels des médias d’aujourd’hui ont été appelés à tirer les leçons du passé, en évitant les dérives qui avaient conduit certains, tels que Ngeze, Nahimana ou Barayagwiza, à propager la haine et à jouer un rôle actif dans la préparation et l’exécution du génocide.
Le 13 avril marque la fin officielle de la semaine de deuil national. Cette date est particulièrement dédiée à la mémoire des responsables politiques assassinés pendant le génocide contre les Tutsi, lors d’une cérémonie organisée au mémorial de Rebero, dans la ville de Kigali.
Au-delà de cette première semaine, les commémorations se poursuivent à travers le pays, au rythme des dates correspondant aux massacres survenus dans différentes localités. Elles se prolongeront jusqu’au 3 juillet, veille de la Journée de la Libération du Rwanda. Parmi les temps forts à venir figure la commémoration des familles entièrement décimées, où parents et enfants ont tous péri dans les atrocités de 1994.
Si la semaine officielle de deuil national s’achève ce 13 avril — marquée par la levée des drapeaux en berne —, le devoir de mémoire, lui, ne connaît pas de fin. “Kwibuka”, se souvenir, dépasse le cadre d’un moment collectif: c’est aussi un acte individuel et permanent. “Kwibuka twiyubaka” — se souvenir en se reconstruisant — s’impose comme une responsabilité partagée, un engagement quotidien.
Se souvenir, c’est honorer les vies anéanties, soutenir les survivants et puiser la force nécessaire pour prévenir toute résurgence de l’idéologie génocidaire, au Rwanda comme dans la région.
La semaine de deuil s’achève, mais la mémoire, elle, demeure vivante, et doit le rester, pour toujours.














