Le Rwanda a une nouvelle fois placé la question des FDLR au cœur du débat international, affirmant devant le Conseil de sécurité des Nations unies que leur présence persistante en République démocratique du Congo constitue un obstacle majeur à la paix dans la région des Grands Lacs.
S’exprimant le 15 avril 2026, le Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès de l’ONU, Robert Kayinamura, a averti qu’ “il ne peut y avoir de voie crédible vers la paix sans leur neutralisation effective et irreversible”.
Les FDLR, au centre des préoccupations sécuritaires
Dans son intervention, le diplomate rwandais a rappelé que les FDLR, groupe armé formé notamment par des responsables du génocide contre les Tutsi de 1994, continuent d’opérer dans l’est de la RDC.
Classées parmi les principaux groupes armés actifs dans la région, elles sont accusées de graves violations des droits humains, notamment des massacres, des violences sexuelles et des déplacements forcés .
Pour lui, leur présence persistante représente une menace directe et existentielle, non seulement pour le Rwanda, mais aussi pour la stabilité régionale.
Treize ans après la signature de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération dans la région des Grands Lacs, le Rwanda estime que les causes profondes du conflit restent inchangées.
Robert Kayinamura a souligné que le Rwanda a respecté ses engagements “dans la lettre et dans l’esprit”, tout en regrettant un manque d’application par les autres parties.
“Ce n’est pas le cadre qui a échoué, mais sa mise en œuvre”, a-t-il insisté, appelant à une application complète, cohérente et de bonne foi des engagements pris.
Le Rwanda a également alerté sur la montée des discours de haine et des violences visant les communautés rwandophones en RDC, notamment les Banyamulenge.
Leur stigmatisation persistante comme “étrangers” constitue un facteur aggravant de l’instabilité et un obstacle aux objectifs du processus de paix.
Tout en appelant à une action ferme contre les FDLR, le Rwanda a réaffirmé son soutien aux initiatives diplomatiques en cours, notamment les processus de paix engagés à Washington et à Doha.
Le Rwanda plaide également pour des mesures intermédiaires, telles que la mise en place d’une force tampon, afin de stabiliser la situation en attendant des avancées politiques durables.
Deux questions posées à la communauté internationale
Dans un ton direct, le représentant rwandais a interpellé le Conseil de sécurité autour de deux interrogations majeures:
- pourquoi, plus d’une décennie après, la neutralisation des FDLR reste-t-elle non réalisée?
- comment expliquer la persistance des discours de haine et des persécutions contre certaines communautés?
En conclusion, le Rwanda a insisté sur l’absence de solution militaire durable et appelé à un retour aux principes fondamentaux: responsabilité, coopération et respect mutuel.
Pour le Rwanda, sans traitement des causes profondes du conflit — au premier rang desquelles la présence des FDLR —, aucune paix durable ne pourra être envisagée dans la région des Grands Lacs.












