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  • “Il n’y aura pas de paix sans neutralisation des FDLR”: le Rwanda interpelle le Conseil de sécurité de l’ONU

    Le Rwanda a une nouvelle fois placé la question des FDLR au cœur du débat international, affirmant devant le Conseil de sécurité des Nations unies que leur présence persistante en République démocratique du Congo constitue un obstacle majeur à la paix dans la région des Grands Lacs.

    S’exprimant le 15 avril 2026, le Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès de l’ONU, Robert Kayinamura, a averti qu’ “il ne peut y avoir de voie crédible vers la paix sans leur neutralisation effective et irreversible”.

    Les FDLR, au centre des préoccupations sécuritaires

    Dans son intervention, le diplomate rwandais a rappelé que les FDLR, groupe armé formé notamment par des responsables du génocide contre les Tutsi de 1994, continuent d’opérer dans l’est de la RDC.

    Classées parmi les principaux groupes armés actifs dans la région, elles sont accusées de graves violations des droits humains, notamment des massacres, des violences sexuelles et des déplacements forcés .

    Pour lui, leur présence persistante représente une menace directe et existentielle, non seulement pour le Rwanda, mais aussi pour la stabilité régionale.

    Treize ans après la signature de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération dans la région des Grands Lacs, le Rwanda estime que les causes profondes du conflit restent inchangées.

    Robert Kayinamura a souligné que le Rwanda a respecté ses engagements “dans la lettre et dans l’esprit”, tout en regrettant un manque d’application par les autres parties.

    “Ce n’est pas le cadre qui a échoué, mais sa mise en œuvre”, a-t-il insisté, appelant à une application complète, cohérente et de bonne foi des engagements pris.

    Le Rwanda a également alerté sur la montée des discours de haine et des violences visant les communautés rwandophones en RDC, notamment les Banyamulenge.

    Leur stigmatisation persistante comme “étrangers” constitue un facteur aggravant de l’instabilité et un obstacle aux objectifs du processus de paix.

    Tout en appelant à une action ferme contre les FDLR, le Rwanda a réaffirmé son soutien aux initiatives diplomatiques en cours, notamment les processus de paix engagés à Washington et à Doha.

    Le Rwanda plaide également pour des mesures intermédiaires, telles que la mise en place d’une force tampon, afin de stabiliser la situation en attendant des avancées politiques durables.

    Deux questions posées à la communauté internationale

    Dans un ton direct, le représentant rwandais a interpellé le Conseil de sécurité autour de deux interrogations majeures:

    • pourquoi, plus d’une décennie après, la neutralisation des FDLR reste-t-elle non réalisée?
    • comment expliquer la persistance des discours de haine et des persécutions contre certaines communautés?

    En conclusion, le Rwanda a insisté sur l’absence de solution militaire durable et appelé à un retour aux principes fondamentaux: responsabilité, coopération et respect mutuel.

    Pour le Rwanda, sans traitement des causes profondes du conflit — au premier rang desquelles la présence des FDLR —, aucune paix durable ne pourra être envisagée dans la région des Grands Lacs.

  • À Brazzaville, le president Paul Kagame échange avec Denis Sassou Nguesso à la veille de son investiture

    Le président de la République du Rwanda, Paul Kagame, est arrivé le 15 avril 2026 à Brazzaville pour prendre part à la cérémonie d’investiture du président réélu de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, prévue le lendemain.

    À son arrivée dans la capitale congolaise, le chef de l’État rwandais a été accueilli par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, marquant ainsi le début de cette visite officielle dans un contexte de relations bilatérales jugées excellentes entre Kigali et Brazzaville.

    Une rencontre au sommet au Palais du Peuple

    Dans la soirée, au Palais du Peuple, Paul Kagame s’est entretenu avec le président élu Denis Sassou Nguesso, à la veille de son investiture.

    Les deux dirigeants ont échangé sur la solidité des relations entre leurs pays, qu’ils ont qualifiées d’excellentes, ainsi que sur les grandes questions d’intérêt continental. Ils ont également évoqué les perspectives de coopération dans des secteurs clés, en vue de renforcer davantage les liens existants.

    Le président rwandais a profité de cette rencontre pour souhaiter plein succès à son homologue congolais dans l’exercice de son nouveau mandat.

    Une réélection sans appel

    Denis Sassou Nguesso a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 15 mars 2026, avec une large majorité.

    Selon les résultats provisoires annoncés le 17 mars, il a obtenu 94,82 % des suffrages, confirmant sa domination sur la scène politique congolaise.

    Cette victoire a été validée par la Cour constitutionnelle, qui a confirmé son élection avec environ 94,9 % des voix, lui assurant ainsi un cinquième mandat à la tête du pays.

  • Candidature de Louise Mushikiwabo à l’OIF: Le Rwanda sollicite le soutien de l’Égypte

    En visite officielle dans la capitale égyptienne, le ministre Joseph Nsengimana, Envoyé spécial du Rwanda, a été reçu par le ministre égyptien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Abdelaziz Konsowa.

    Au cours de cette rencontre, l’émissaire rwandais a transmis un message du président Paul Kagame à son homologue égyptien Abdel Fattah el-Sissi. Ce message porte sur la sollicitation du soutien de l’Égypte à la candidature de Louise Mushikiwabo pour un nouveau et 3e mandat au poste de Secrétaire Générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Cette démarche s’inscrit dans une mobilisation diplomatique plus large engagée par le Rwanda en faveur de la reconduction de la Secrétaire générale, dont le 2e mandat arrive à échéance.

    Au-delà de la dimension politique, les échanges entre les deux parties ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales dans le domaine de l’enseignement supérieur.

    Les discussions ont notamment mis l’accent sur:

    • le développement de partenariats entre universités rwandaises et égyptiennes,
    • la promotion de la recherche appliquée,
    • ainsi que le renforcement de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP).

    Ces axes de coopération traduisent une volonté commune de consolider les échanges académiques et scientifiques entre les deux pays, dans une logique de développement des compétences et d’innovation.

  • Kwibuka32: le 15 avril 2026, des commémorations empreintes de recueillement à travers les districts

    Dans le cadre des 100 jours de commémoration du génocide contre les Tutsi, les activités de Kwibuka pour la 32ᵉ fois se poursuivent à travers le Rwanda.

    Le 15 avril 2026, plusieurs districts – Musanze,  Karongi, Bugesera, Ngoma, Rwamagana, Gasabo, Nyaruguru –  ont organisé des cérémonies de recueillement en mémoire des victimes, en présence de hauts responsables nationaux, dont des ministres, aux côtés des populations locales.

    Ces commémorations, marquées par des témoignages, des gestes de recueillement et des inhumations dignes, rappellent l’ampleur des crimes commis, tout en renforçant l’engagement collectif à préserver la vérité, promouvoir l’unité et prévenir toute répétition de l’histoire.

    Musanze: mémoire d’un massacre au cœur d’une institution judiciaire

    Dans le district de Musanze, la commémoration s’est tenue à l’ancien site de la Cour d’Appel de Ruhengeri, théâtre d’un massacre particulièrement tragique survenu le 15 avril 1994.

    Des Tutsi qui s’y étaient réfugiés, après avoir reçu des garanties de sécurité de la part des autorités, y ont été tués avec une extrême cruauté. Plus de 800 personnes, dont des nourrissons, y ont perdu la vie.

    La cérémonie a débuté par un hommage aux victimes jetées dans les rivières, notamment avec un dépôt de gerbes dans la rivière Mukungwa. Elle s’est déroulée en présence du ministre de la Défense, Juvénal Marizamunda, du président de la Cour d’Appel, du gouverneur de la Province du Nord ainsi que de plusieurs parlementaires.

    Les intervenants ont insisté sur la portée symbolique de ce lieu: un espace censé incarner la justice, devenu pourtant un lieu d’extermination. Un appel particulier a été lancé aux acteurs du secteur judiciaire à défendre une justice équitable fondée sur la vérité, afin de prévenir toute répétition de telles tragédies.

    Karongi: se souvenir des victimes des établissements scolaires de Kibuye

    Dans le district de Karongi, la commémoration s’est déroulée sur les sites des anciennes écoles ETO Kibuye et EAFO Nyamishaba, dans le secteur de Bwishyura.

    Le gouverneur de la Province de l’Ouest, Jean Bosco Ntibitura, s’est joint aux autorités et aux étudiants du Rwanda Polytechnic – Karongi College pour honorer la mémoire des enseignants, élèves et réfugiés tués dans ces établissements.

    Le gouverneur de la Province de l’Ouest, Jean Bosco Ntibitura © Imvaho Nshya

    Des témoignages poignants ont rappelé que les victimes avaient tenté de résister avant d’être submergées par les attaques menées avec l’appui des gendarmes. Beaucoup furent tués puis jetés dans le lac Kivu.

    La direction de l’établissement a également mis en avant les initiatives en faveur des survivants: construction de logements, dons de bétail, électrification de foyers et soutien matériel aux familles. Une stèle commémorative portant les noms de 13 victimes a été érigée.

    Ngoma: plus de 25 000 victimes honorées à Kibungo

    Dans le district de Ngoma, la cérémonie s’est tenue au mémorial de Kibungo, où reposent plus de 25 000 victimes du génocide.

    L’événement a été marqué par la présence de la secrétaire d’État au ministère de l’Éducation, Claudette Irere, ainsi que de nombreuses autorités et familles de rescapés.

    Cette commémoration a permis de rendre hommage aux victimes tout en renouvelant l’engagement collectif à préserver la mémoire et à lutter contre toute forme de négationnisme.

    Bugesera: inhumations et mémoire au memorial de Ntarama

    Au mémorial de Ntarama, dans le district de Bugesera, une importante cérémonie a rassemblé autorités, forces de sécurité et population.

    Plusieurs corps récemment retrouvés dans différents secteurs ont été inhumés dignement. Les autorités, dont le secrétaire d’État Yves Iradukunda et le gouverneur de la Province de l’Est Pudence Rubingisa, ont pris part à cette cérémonie.

    Le maire de Bugesera a rappelé la brutalité extrême des massacres commis à Ntarama, notamment contre des enfants. Il a également souligné que la découverte continue de restes humains, 32 ans après les faits, témoigne à la fois de l’ampleur du génocide et des tentatives d’en dissimuler les preuves.

    Rwamagana: mémoire et inhumation au mémorial de Gishari

    Dans le district de Rwamagana, les commémorations se sont déroulées au mémorial de Gishari, où des milliers de Tutsi avaient trouvé refuge avant d’être massacrés.

    La cérémonie a été marquée par l’inhumation de 20 corps récemment retrouvés, dont 19 extraits du lac Muhazi par la Police nationale.

    Les témoignages indiquent que de nombreuses victimes, tuées alors qu’elles tentaient de fuir, ont été jetées dans ce lac. Le mémorial de Gishari abrite aujourd’hui plus de 1 200 corps, tandis que celui de Ruhunda en compte plus de 5 000.

    Gasabo: l’horreur d’un massacre dans une église à Ruhanga

    Dans le district de Gasabo, la commémoration s’est tenue au mémorial de Ruhanga, ancien site d’une église anglicane où des Tutsi avaient cherché refuge.

    Ils y ont été massacrés et brûlés vifs, malgré le caractère sacré du lieu. Quinze corps récemment retrouvés ont été inhumés lors de la cérémonie. Le site de Ruhanga abrite aujourd’hui plus de 37 000 victimes.

    Les autorités ont rappelé l’importance de transmettre cette mémoire et de renforcer l’unité nationale à travers des initiatives comme « Ndi Umunyarwanda ».

    Nyaruguru : transmettre la vérité aux jeunes générations

    À Cyahinda, dans le district de Nyaruguru, plus de 58 000 victimes du génocide ont été commémorées.

    Le maire du district, Dr Emmanuel Murwanashyaka, a appelé les parents à transmettre aux enfants l’histoire véridique du génocide, afin de les protéger contre toute manipulation ou falsification.

    Les massacres de Cyahinda, survenus le 15 avril 1994 dans l’ancien commune de Nyakizu, ont été perpétrés sous la direction des autorités locales de l’époque, malgré les tentatives de résistance des victimes.

  • Algérie: le pape Léon XIV marche sur les traces de saint Augustin et tend la main à l’islam

    Pour la première fois de l’histoire, un pape a foulé le sol algérien. Du 13 au 15 avril 2026, le pape Léon XIV a effectué une visite hautement symbolique, mêlant diplomatie, foi et dialogue interreligieux, dans un pays majoritairement musulman.

    Dès son arrivée à Alger, le souverain pontife a donné le ton. Devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique réunis au centre de conférences de Djamaa el Djazair, il a lancé un appel fort à la justice, à la paix et à une « culture de la rencontre » entre les peuples .

    Alger : entre gestes politiques et dialogue religieux

    Dans la capitale, Léon XIV a enchaîné les symboles:

    • visite au monument des Martyrs,
    • rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune,
    • échange avec la communauté chrétienne à la basilique Notre-Dame d’Afrique.

    Mais c’est surtout sa visite à la Grande Mosquée d’Alger qui a marqué les esprits. Dans ce haut lieu de l’islam, le pape a plaidé pour un monde fondé sur le respect, le pardon et la coexistence pacifique, illustrant sa volonté de rapprocher chrétiens et musulmans.

    Annaba: une messe historique sur la terre de saint Augustin

    Le moment le plus fort du voyage s’est déroulé à Annaba, l’ancienne Hippone, ville de saint Augustin.

    Le pape y a célébré une messe solennelle à la basilique Saint-Augustin, rassemblant des fidèles venus d’Afrique et d’ailleurs. Cette célébration constitue un événement majeur pour la petite communauté catholique du pays.

    Mais au-delà de la liturgie, cette étape avait une portée profondément spirituelle. Léon XIV, lui-même augustinien, est venu en pèlerin sur la terre de celui qu’il considère comme son père spirituel.

    Il s’est également recueilli sur le site archéologique d’Hippone, posant un geste de paix en plantant un olivier, symbole d’espérance et de réconciliation .

    Saint Augustin: un pont entre religions et cultures

    La visite de la basilique Saint-Augustin dépasse le simple cadre religieux. Elle rappelle que l’Afrique du Nord est l’un des berceaux du christianisme.

    Figure universelle, saint Augustin incarne un lien entre l’Afrique, l’Europe et le monde méditerranéen. En se rendant sur ses traces, Léon XIV a voulu montrer que cet héritage peut aujourd’hui servir de base au dialogue entre religions.

    Une visite à forte portée géopolitique et spirituelle

    Première visite d’un pape en Algérie, ce déplacement s’inscrit dans une stratégie plus large: faire de l’Église un acteur du dialogue dans un monde fragmenté.

    Dans un pays où les catholiques sont très minoritaires, le message est clair: la coexistence est possible, et même nécessaire.

    Cap sur le Cameroun: la mission africaine se poursuit

    Mais cette visite ne constitue que la première étape d’une tournée africaine plus vaste. Dès le 15 avril, le pape Léon XIV poursuit son voyage au Cameroun, où il est attendu jusqu’au 18 avril, notamment à Yaoundé, Bamenda et Douala.

    Au total, ce voyage apostolique de dix jours conduira également le pontife en Angola et en Guinée équatoriale, confirmant l’importance stratégique de l’Afrique pour l’avenir de l’Église catholique

  • Kwibuka 32: baisse des cas liés à l’idéologie du génocide, mais la vigilance reste de mise

    L’Office Rwandais d’Investigation (RIB) a annoncé une diminution notable des infractions liées à l’idéologie du génocide enregistrées durant la semaine de commémoration, qui s’est déroulée du 7 au 13 avril 2026.

    Selon les données présentées par le porte-parole de l’institution, Thierry Murangira aux microns de RBA, 47 dossiers impliquant 53 suspects ont été instruits au cours de cette période. Au total, 59 personnes ont été interpellées pour des faits liés à l’idéologie du génocide et à des infractions connexes.

    Une baisse significative des cas enregistrés

    Comparativement à la même période en 2025, où 76 dossiers avaient été enregistrés, les cas ont diminué de 38,2 %. Le nombre de personnes arrêtées a également connu une baisse de 27,2 %, passant de 81 suspects en 2025 à 59 en 2026.

    Par ailleurs, les infractions liées à la discrimination et à l’incitation à la division ont légèrement reculé, passant de six cas en 2025 à cinq cette année, soit une diminution de 16,7 %.

    Répartition géographique des infractions

    L’analyse par province révèle que la province du Sud enregistre le plus grand nombre de cas, avec 14 incidents, soit près de 30 % du total. Elle est suivie par la province de l’Est avec 13 cas, la province de l’Ouest avec 10 cas, tandis que la ville de Kigali en compte sept et la province du Nord trois.

    Des actes souvent dirigés contre les survivants

    Selon le porte-parole de RIB, la majorité des infractions constatées visent des survivants du génocide, notamment à travers des propos de haine, d’intimidation ou d’incitation à la violence.

    “Lorsqu’on analyse ces cas, on constate que la plupart sont commis contre les survivants du génocide, souvent à travers des paroles destinées à blesser ou à provoquer”, a-t-il indiqué, appelant la population à faire preuve de responsabilité et à éviter tout comportement de nature à raviver les divisions.

    Profil des suspects

    Les données de RIB indiquent que la tranche d’âge la plus représentée parmi les suspects est celle des 37 à 46 ans, avec 28,3 % des cas. Elle est suivie par les personnes âgées de 57 ans et plus (24,3 %) et celles âgées de 27 à 36 ans (22,6 %).

    Les hommes représentent près de 90 % des personnes mises en cause.

    En ce qui concerne le niveau d’instruction, la majorité des suspects (58,5 %) ont un niveau d’éducation primaire, tandis que 32,1 % n’ont reçu aucune éducation formelle. Seuls 3,8 % disposent d’un niveau universitaire.

    Si ces chiffres traduisent une évolution encourageante, le RIB rappelle que la lutte contre l’idéologie du génocide reste une priorité nationale. Il appelle les citoyens à la vigilance, au respect des valeurs d’unité et à la dénonciation de tout acte ou discours susceptible de raviver les divisions.

  • Ngoma: la foudre frappe 26 personnes, un mort et plusieurs blessés

    Un violent orage a frappé le district de Ngoma ce lundi 13 avril 2026, causant la mort d’une personne et faisant 25 blessés. Les victimes, surprises par la pluie alors qu’elles travaillaient dans des rizières, s’étaient réfugiées dans un abri où la foudre les a atteintes.

    Un drame s’est produit le lundi 13 avril 2026 dans le district de Ngoma, lorsqu’un éclair a frappé un groupe de 26 personnes dans la cellule de Cyarwa, secteur de Gashanda. Le bilan fait état d’un décès immédiat, tandis que les autres victimes ont été rapidement évacuées vers des structures de santé.

    Le secrétaire exécutif du secteur de Gashanda, Mathias Ngenda, a confié que les faits se sont déroulés aux alentours de 11 heures, alors que ces habitants travaillaient dans des rizières situées dans une zone marécageuse. Surpris par la pluie, ils ont cherché refuge dans un bâtiment utilisé comme entrepôt, où la foudre s’est abattue.

    “Au total, 26 personnes ont été touchées. Une personne est décédée sur le coup. Les autres ont été transportées d’urgence vers les structures de santé”, a-t-il précisé. Parmi les blessés, trois ont été admis au centre de santé de Gashanda, tandis que 22 autres ont été transférés à l’hôpital de Kibungo.

    Les autorités locales indiquent que les victimes se trouvaient dans une zone habituellement dédiée à la culture du riz. Elles s’y étaient abritées pour échapper à la pluie lorsque l’incident s’est produit.

    Face à ce drame, les autorités ont exprimé leur soutien aux familles des victimes et assuré que toutes les mesures nécessaires sont prises pour la prise en charge des blessés. Elles appellent également la population à respecter les consignes de sécurité en période de fortes pluies afin de prévenir ce type d’accidents.

    Dans le même temps, un autre incident lié à la foudre a été signalé dans le secteur de Rukumberi, toujours dans le district de Ngoma, où une personne a été frappée et souffre de troubles liés au choc. Elle a été transportée au centre de santé de Gituza pour y recevoir des soins.

    Lire aussi: Ngoma: neuf morts et six blessés après un violent coup de foudre à Jarama

    Ce drame rappelle un précédent survenu le 4 janvier 2026 dans le secteur de Jarama, toujours dans le district de Ngoma, où la foudre avait frappé 15 personnes, causant la mort de neuf d’entre elles.

  • Mémorial de Rebero: mémoire des responsables politiques et devoir de responsabilité dans la construction nationale

    La cérémonie organisée ce 13 avril 2026 au Mémorial de Rebero, dans la ville de Kigali, a marqué la fin de la semaine de deuil national dans le cadre de la 32e commémoration du génocide contre les Tutsi.

    Le Président du Sénat, Dr François Xavier Kalinda, a rejoint à cette occasion les autres autorités et les citoyens pour conclure officiellement cette semaine de commémoration. La journée a également été dédiée à l’hommage aux responsables politiques qui ont été tués pour leur opposition à l’idéologie et à l’exécution du génocide contre les Tutsi.

    La cérémonie a réuni les plus hautes autorités du pays, notamment la Présidente de la Chambre des députés, Gertrude Kazarwa, la Présidente de la Cour suprême, Domitilla Mukantaganzwa, ainsi que le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, aux côtés d’autres responsables institutionnels et participants. Les familles des responsables politiques commémorés étaient également présentes.

    Les hautes autorités, dont le Premier ministre, ont pris part à la cérémonie

    Discours du Président du Sénat: unité nationale et responsabilité politique  

    Dans son discours, le Président du Sénat, Dr François Xavier Kalinda, invité d’honneur, a souligné que commémorer ces responsables politiques revient à honorer leur courage, à tirer des leçons de l’histoire et à poursuivre la construction d’un pays fondé sur l’unité, la paix et une bonne gouvernance.

    Il a insisté sur le fait que la connaissance du rôle des acteurs politiques impliqués dans la préparation du génocide est essentielle pour établir la vérité historique, lutter contre le négationnisme et prévenir toute répétition de telles tragédies, au Rwanda comme ailleurs.

    Selon lui, ces responsables politiques sont honorés pour leur engagement et leur résistance face à l’idéologie de haine et d’exclusion.

    Le Président du Sénat a également rappelé que le génocide contre les Tutsi a été un projet longuement préparé, affiné et expérimenté avant sa mise en œuvre. Il a évoqué les politiques des régimes de la Première et de la Deuxième République, qu’il a qualifiées de fondées sur l’exclusion et la discrimination des Tutsi.

    La cérémonie s’est déroulée dans le calme et le recueillement

    Il a souligné que certaines dispositions institutionnelles, notamment la Constitution de 1991, ont renforcé des mécanismes d’exclusion et de discrimination, s’inscrivant dans une continuité historique remontant aux idéologies issues de la révolution de 1959.

    Le Sénateur Kalinda a rappelé que le génocide a été soigneusement planifié, enseigné et diffusé au sein de la population avant d’être exécuté avec l’implication de structures étatiques.

    Il a ajouté qu’après l’arrêt du génocide par le Front patriotique rwandais (FPR-Inkotanyi), le Rwanda a tiré des leçons de son histoire et adopté des principes fondamentaux visant à prévenir toute répétition: la lutte contre l’idéologie du génocide, la sanction de ses auteurs, la lutte contre toute forme de division ethnique ou régionale, ainsi que la promotion de l’unité nationale, de la bonne gouvernance et de l’égalité des chances pour tous les citoyens.

    Il a toutefois mis en garde contre la persistance de l’idéologie du génocide, du négationnisme et de la minimisation, ainsi que contre le soutien à des groupes armés actifs dans la région, notamment les FDLR. Il a appelé à une mobilisation collective pour combattre ces menaces.

    Enfin, il a exhorté les responsables politiques et les dirigeants actuels à poursuivre la lutte contre toute forme d’idéologie de division, à la combattre partout où elle apparaît et à la déraciner complètement, tout en impliquant activement la jeunesse dans la préservation des acquis.

    Sénateur Frank Habineza: Une opposition fondée sur les idées et non sur la confrontation

    Prenant la parole, le Sénateur Frank Habineza, également porte-parole du Forum des partis politiques, a défini la nature de l’opposition dans le contexte rwandais.

    Selon lui, l’opposition ne doit pas être perçue comme une force de confrontation ou de destruction des acquis réalisés au cours des 32 dernières années, mais comme une contribution constructive fondée sur les idées et la recherche de solutions aux défis persistants.

    “L’opposition au Rwanda ne consiste pas à se battre ni à détruire les acquis réalisés au cours des 32 dernières années. Elle repose sur la contribution d’idées et la recherche de solutions aux défis persistants”, a-t-il déclaré.

    Il a précisé que cette opposition s’exerce dans le respect des principes fondamentaux et des valeurs consensuelles qui constituent le socle de la nation rwandaise.

    Une minute de silence a été observée au début de la cérémonie commémorative

    Le Sénateur Habineza a rappelé que le Rwanda a adopté, depuis la fin du génocide, un modèle politique basé sur le consensus et le partage du pouvoir. Selon lui, onze partis politiques sont représentés au Parlement ainsi que dans d’autres institutions nationales.

    Il a souligné que ce modèle ne supprime pas la diversité des opinions, mais encadre une opposition responsable, tournée vers la construction nationale plutôt que vers la division.

    S’exprimant également sur l’héritage historique, il a rappelé que les politiques de division et de haine menées avant 1994 avaient conduit au génocide contre les Tutsi, qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes.

    Il a appelé les citoyens à rester vigilants face à toute résurgence des discours divisionnistes, qu’ils proviennent de l’intérieur ou de l’extérieur du pays.  “Nous appelons chacun à rejeter toute forme de politique de division et à contribuer à l’unité nationale et au développement du pays”, a-t-il ajouté.

    Si la semaine de deuil national s’achève officiellement le 13 avril, les activités de commémoration se poursuivent sur 100 jours, jusqu’au 3 juillet, la veille de la journée de libération, date marquant l’arrêt du génocide contre les Tutsi par le FPR-Inkotanyi.

  • L’unité proclamée: un simple slogan face à l’exclusion des Tutsi sous le régime Habyarimana

    Le 13 avril 2026, au mémorial de Rebero à Kigali, le Rwanda a clôturé la semaine de deuil national en rendant hommage aux responsables politiques tués lors du génocide contre les Tutsi. Au cœur de cette commémoration, un message fort: l’idéologie du génocide trouve ses racines dans des politiques anciennes d’exclusion, souvent dissimulées derrière des discours officiels d’unité.

    C’est dans le recueillement que s’est tenue, à Nyarurama sur le site de Rebero, la cérémonie marquant la fin de la semaine nationale de deuil. C’est en lieu symbolique que reposent de nombreux responsables politiques assassinés pendant le génocide perpétré contre les Tutsi pour s’être opposés à l’idéologie génocidaire.

    La journée a été consacrée à rendre hommage aux hommes et femmes d’intégrité, qui ont refusé de céder à la haine et à l’exclusion, au péril de leur vie. Parmi eux figure l’ancienne Première ministre Agathe Uwilingiyimana, aujourd’hui reconnue parmi les Héros nationaux, symbole de courage politique face à un régime extrémiste. Son corps repose au Mémorial des Héros nationaux, situé à Remera, dans la ville de Kigali.

    Dans son intervention, le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean-Damascène Bizimana, a rappelé que cette journée est dédiée à la mémoire de ces dirigeants exemplaires, souvent oubliés ou déformés par certains discours. Il a insisté sur le fait que tous les résistants à l’idéologie du génocide sont honorés, et que des recherches se font chauqe année pour reconnaitre les justes ayant fait preuve de courage, d’integrité.

    Une idéologie d’exclusion enracinée depuis la première République

    Le ministre Bizimana a particulièrement mis en lumière les racines profondes du génocide, en remontant aux régimes de Grégoire Kayibanda et de Juvénal Habyarimana. Selon lui, ces deux périodes ont posé les bases d’une politique d’exclusion systématique des Tutsi, malgré des discours officiels prônant l’unité.

    Lorsque Habyarimana prend le pouvoir en 1973, il justifie son coup d’État en dénonçant les violences et les divisions du régime précédent. Pourtant, loin de rompre avec ces pratiques, il les prolonge. Le slogan “unité, paix et développement” reste, selon le ministre, un simple affichage, sans traduction réelle dans les politiques publiques.

    Dans les faits, l’exclusion se manifeste notamment dans le système éducatif, où l’accès aux écoles est limité selon des critères ethniques et régionaux. Les politiques d’”équilibre” mises en place institutionnalisent la discrimination, réduisant les chances des Tutsi d’accéder à l’enseignement secondaire et supérieur.

    En 1982, lors de célébrations officielles, Habyarimana déclarait que l’État accordait une attention particulière aux problèmes de l’éducation, affirmant qu’une nouvelle politique visait à instruire et à éduquer la “majorité” — une expression qui, dans son discours, faisait référence aux Hutu.

    Pire encore aujourd’hui, son fils Jean-Luc Habyarimana semble s’employer à réhabiliter et à sanctifier la mémoire de son père. Dès lors, le ministre s’interroge: où se situe réellement l’unité proclamée dans une telle lecture de l’histoire ?

    Les membres des familles des responsables politiques commémorés ont pris part à la cérémonie

    L’exclusion des réfugiés et la confiscation de leurs biens

    Au-delà de l’éducation, l’exclusion s’étend à la question des réfugiés. Dès les années 1960, sous Kayibanda, les autorités interdisent le retour des Rwandais réfugiés à l’étranger, majoritairement Tutsi. Leurs biens sont confisqués et redistribués, sans possibilité de recours.

    Habyarimana poursuivra cette politique, refusant toute solution durable à la question des réfugiés. Les terres, les maisons et même le bétail laissés par les exilés sont placés sous le contrôle de l’État ou redistribués, renforçant ainsi une logique d’exclusion et d’injustice.

    Parallèlement, le discours politique de l’époque renforce cette idéologie. Les Tutsi sont présentés comme des étrangers, tandis que le pays est défini comme appartenant aux seuls Hutu. Ces propos, déjà présents dans les années 1960, seront repris et amplifiés jusqu’au génocide de 1994.

    La cérémonie de Rebero rappelle ainsi que le génocide contre les Tutsi n’est pas un accident de l’histoire, mais le résultat d’un long processus politique et idéologique. Elle met en lumière le courage de ceux qui ont résisté, tout en appelant à une vigilance constante face aux discours de haine.

  • Ijambo ry’ibanze: icyumweru cy’icyunamo kirarangiye ariko kwibuka byo bihoraho

    Kuva ku wa 7 kugeza ku wa 13 Mata 2026, ni icyumweru cy’icyunamo aho abanyarwanda bunamiye ku nshuro ya 32 abazize Jenoside yakorewe Abatutsi, kuzirikana amateka no kwiyemeza gufata ingamba zo gukomeza kubaka igihugu cyunze ubumwe, kizira amacakubiri, kitazongera kubamo Jenoside ukundi.

    Iki cyumweru dusoje ni igice cy’urugendo rw’iminsi 100 yo kwibuka, itangira ku wa 7 mata igasozwa ku wa 3 mata, umunsi ubanziriza kwibohora aho ingabo zari iza FPR Inkotanyi zafataga umurwa mukuru Kigali, itariki ifatwa kandi nk’umunsi wo guhagarika Jenode.

    Igikorwa cyo gutangiza iki cyumweru cyabereye ku Rwibutso rwa Jenoside rwa Kigali ruri ku Gisozi, kiyobowe na Perezida wa Repubulika, Paul Kagame. Uwo munsi waranzwe no gushyira indabo ku mva zishyinguyemo abazize Jenoside no gucana Urumuri rw’Icyizere ruzamara iminsi 100 yose yo kwibuka.

    Mu ijambo rye, Perezida wa Repubulika yashimangiye ko u Rwanda rutakwicwa Kabiri, abanyarwanda batakwicwa kabiri, anasaba Abanyarwanda gukomeza kurwanya ingengabitekerezo ya Jenoside.

    Muri iki cyumweru, habaye ibikorwa bitandukanye birimo n’inama mpuzamahanga ku gukumira Jenoside, yagaragaje impungenge ku ikwirakwira ry’ingengabitekerezo ya Jenoside mu karere, cyane cyane mu burasirazuba bwa Repubulika Iharanira Demokarasi ya Kongo.

    Abitabiriye iyi nama bagaragaje impungenge ku ruhare rw’umuryango mpuzamahanga, by’umwihariko Umuryango w’Abibumbye mu gutererana abatutsi, ibi bikaba bisa n’ibirimo kubera muri Kongo ingabo za Loni zirebera.

    Muri iki cyumweru kandi hakozw ingendo zo Kwibuka harimo urwabaye ku wa 7 Mata. Urundi rugendo rwabaye ku wa 11 Mata, by’umwihariko ku Kicukiro mu rwego rwo kuzirikana urugendo abari bahungiye ahari hakambitse ingabo za Loni mu ishuri rya ETO, zikanga kubakira, nyuma zikaza kwicirwa ku musozi wa Nyanza.

    Wabaye umwanya wo kuzirikana amateka y’agahinda k’abari bizeye kurindwa n’ingabo za Loni, ariko bakaza gutereranwa bagasigara mu maboko y’abicanyi. Ibi bikorwa byongeye kwibutsa uburemere bw’uruhare ruke rw’umuryango mpuzamahanga mu gutererana abaicwaga.

    Muri iki cyumweru kandi habaye igikorwa cyo kwibuka abanyamakuru bishwe muri Jenoside. Abanyamakuru b’iki gihe basabwe gukura amasomo ku mateka, birinda gukoresha itangazamakuru mu kubiba urwango nk’uko byakozwe na bamwe mu bayoboye itangazamakuru ryagize uruhare mu gutegura no gushyira mu bikorwa Jenoside.

    Ku wa 13 Mata hasozwa icyumweru cy’icyunamo ku rwego rw’Igihugu. Uyu munsi wahariwe kwibuka abanyapolitiki bishwe muri Jenoside yakorewe Abatutsi, mu gikorwa kibera ku Rwibutso rwa Rebero mu Mujyi wa Kigali. Ni umwanya wo kunamiora abanyapolitiki bishwe bazira ko ari abatutsi cyangwa ibitekerezo byabo byarwanyije cyangwa bitari bishyigikiye umugambi wa Jenosde.

    N’ubwo icyumweru cy’icyunamo kirangiye, ibikorwa byo Kwibuka byo bizakomeza mu gihugu hose hakurikijwe amatariki Jenoside yakoreweho mu bice bitandukanye by’Igihugu, kugeza ku wa 3 Nyakanga, umunsi ubanziriza kwizihiza Umunsi wo Kwibohora.

    Muri iyi minsi 100, hateganyijwe kandi by’umwihariko igikorwa cyo kwibuka imiryango yazimye, aho ababyeyi n’abana bose bishwe, ntihasigara n’uwo kubara inkuru. Biteganyijwe ko iki gikorwa kizabera mu turere twose tw’u Rwanda ku matariki buri karere kazagena.

    Kwibuka si igikorwa cy’icyumweru, si n’igikorwa cy’iminsi 100 gusa. Kwibuka ni inshingano ihoraho. “Kwibuka twiyubaka” ni intego y’Abanyarwanda igamije gukomeza kwiyubaka bahereye ku mateka yabo. Kwibuka ni uguha icyubahiro abazize Jenoside, gufasha abarokotse no gukumira ko Jenoside yakongera kubaho.

    Icyumweru cy’icyunamo kirarangiye, ariko kwibuka byo birakomeje kandi bizahoraho. Ni yo nkingi yo kurinda u Rwanda n’akarere rurimo Jenoside, no kubaka ejo hazaza harangwa n’ubumwe n’umutekano birambye.