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  • Rwanda–Qatar: le ministre Biruta transmet un message du président Kagame à l’Émir du Qatar

    Le Rwanda et le Qatar poursuivent le renforcement de leur coopération bilatérale, avec un accent particulier sur les questions de sécurité. Le président rwandais Paul Kagame a adressé un message écrit à l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, dans lequel il évoque les relations entre les deux pays ainsi que les perspectives de leur développement.

    Selon des informations du ministère qatari de l’Intérieur, ce message a été transmis le dimanche 19 avril 2026 par le ministre rwandais de l’Intérieur, Vincent Biruta, lors de sa rencontre à Doha avec son homologue qatari, Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani. Cette visite officielle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre Kigali et Doha, marquée par des échanges réguliers entre les responsables des deux pays.

    Au cœur des discussions: le renforcement de la coopération sécuritaire et le partage d’expertises. Les deux parties ont notamment exploré les moyens d’améliorer l’efficacité des dispositifs de sécurité, dans un contexte régional et international marqué par des défis communs.

    Au-delà des questions sécuritaires, les échanges ont également porté sur l’évolution des relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers d’intérêt commun à l’échelle internationale. Les autorités des deux pays affichent une volonté claire de consolider leur partenariat et d’élargir les domaines de coopération.

  • Quels intérêts pousse-t-on à se retourner contre son pays? Le cas Nsengumukiza Prudence

    Par la rédaction

    Chaque année, au mois d’avril, le Rwanda commémore le Génocide contre les Tutsi, ce crime contre l’humanité qui a coûté la vie à plus d’un million de Tutsi en seulement cent jours en 1994. C’est un moment où le monde se tient aux côtés du Rwanda, où les messages de solidarité affluent de partout, où les rescapés et leurs familles reçoivent l’hommage qu’ils méritent.

    Par ailleurs, ce moment est le plus souvent choisi par les propagandistes anti-génocide pour intensifier leurs attaques.  Les campagnes de désinformation se multiplient, les accusations infondées circulent, et les rapports orientés font surface. Ce qui change d’une année à l’autre, c’est uniquement le style. La forme évolue, les visages se renouvellent, les plateformes se diversifient, mais l’objectif reste le même: salir le Rwanda, relativiser le génocide, et protéger ceux qui en portent la responsabilité.

    Cette année ne fait pas exception. De nouveaux visages ont rejoint le camp des négationnistes, recrutés principalement par des organisations comme Jambo ASBL, ce réseau établi en Europe, composé en grande partie d’héritiers des familles qui ont planifié et exécuté le Génocide contre les Tutsi.  Des jeunes Rwandais, formés au pays et soutenus par leurs institutions, ont été approchés, séduits, et retournés contre leur propre nation.

    Un profil connu: le journaliste bien formé qui tourne le dos

    Nsengumukiza Prudence n’est pas un inconnu. Il a exercé le métier de journaliste à Kigali Today, où il a bénéficié d’un emploi stable, d’une rémunération correcte et de toutes les conditions nécessaires à l’exercice de son métier. Comme beaucoup de jeunes Rwandais talentueux, il a sollicité un congé d’études pour poursuivre sa formation à l’étranger, une demande accordée sans réserve, car au Rwanda, l’accès à l’éducation est un droit que l’on respecte et encourage.

    Son employeur lui a facilité l’obtention de ses documents, l’a aidé pour le visa et l’a soutenu financièrement. On attendait qu’il revienne enrichi d’une expertise nouvelle, au service de sa carrière et de son pays. Il n’est pas revenu dans le sens attendu.

    À la place, il est devenu l’une des nouvelles recrues de la sphère anti-Rwanda, trahissant ainsi le pays qui l’avait élevé, formé et soutenu.

    Jambo ASBL: une structure aux contours inquiétants

    C’est au sein de Jambo ASBL que Nsengumukiza a trouvé son nouveau foyer idéologique. Cette structure, qui se présente sous des dehors de défense des droits humains, est en réalité composée en grande partie d’individus dont les familles ont joué un rôle actif dans la préparation et la planification du Génocide contre les Tutsi de 1994.

    Ces héritiers d’une idéologie criminelle n’ont pas renoncé à la vision génocidaire de leurs pères; ils l’ont simplement recyclée sous un vernis de discours démocratique. Parmi les idées qu’ils propagent figure la théorie du double génocide, une thèse révisionniste qui vise à nier l’unicité du Génocide contre les Tutsi. Cette manipulation est dangereuse: elle détourne la vérité historique et blesse les survivants.

    Le modus operandi: les droits de l’homme comme bouclier

    Ce n’est pas un hasard si Nsengumukiza, Baker Byansi et tant d’autres ont tous emprunté le même chemin: celui de l’activisme des droits de l’homme. Cette posture confère une légitimité apparente, attire l’attention des médias occidentaux, et permet d’accéder à des financements fournis par des ONG et des gouvernements étrangers ayant leur propre agenda vis-à-vis du Rwanda.

    Ces personnes dénoncent les prétendues violations des droits humains au Rwanda, tout en résidant dans des pays européens où inégalités, discrimination et exclusion sociale frappent de nombreuses communautés. L’indignation sélective est révélatrice: ce n’est pas le sort des victimes qui les préoccupe, c’est l’image du Rwanda.

    Le piège de l’argent facile

    Comme dit le proverbe: l’hameçon est toujours caché dans l’appât. On approche ces jeunes avec des promesses de rémunération, une première enveloppe confortable, l’illusion d’une notoriété internationale. Ils acceptent. Et à partir de ce moment, ils sont pris: pour continuer à recevoir, ils doivent continuer à produire des mensonges et des accusations contre le pays qui les a formés.

    Si Nsengumukiza écrit aujourd’hui pour défendre Victoire Ingabire, ce n’est pas parce qu’il est convaincu par sa cause. C’est parce qu’il n’a plus d’autre choix. Rejoindre la propagande anti-Rwanda lui garantit quelques euros pour survivre en Europe.

    Une leçon pour la jeunesse rwandaise

    Nos ancêtres nous ont enseigné une vérité immuable: se retourner contre le Rwanda attire la malédiction sur soi et sur ses descendants. Aux jeunes Rwandais qui se retrouvent en Europe, désorientés: soyez vigilants.

    Ces réseaux vous observent, vous repèrent, vous approchent. Ils vous promettent de l’argent et une identité. Mais ce qu’ils offrent en réalité, c’est une cage. Le gouvernement rwandais a mis en place des programmes et des institutions dédiées à la jeunesse. Il existe des voies dignes pour réussir, sans trahir son pays ni se mettre au service d’agendas étrangers.

    Le Rwanda avance, malgré les attaques, malgré les mensonges, malgré les saboteurs. L’histoire jugera ceux qui, aujourd’hui, choisissent de s’aligner contre leur propre peuple pour quelques miettes d’un agenda qui n’est pas le leur.

  • Kwibuka 32 en Norvège: “Se souvenir est douloureux, mais oublier serait une trahison”

    La communauté rwandaise vivant en Norvège, aux côtés de l’Ambassade du Rwanda auprès des pays nordiques et de ses partenaires, s’est réunie à Oslo samedi le 18 avril 2026 pour la 32ᵉcommémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. La cérémonie a été marquée par deux temps forts majeurs: une mobilisation diplomatique et communautaire autour du devoir de mémoire, ainsi qu’une série de témoignages, hommages et réflexions sur la transmission, la prévention et la résilience.

    Un moment de mémoire et de solidarité porté par la communauté et la diplomatie rwandaise

    La Première Conseillère à l’Ambassade du Rwanda auprès des pays nordiques, Mme Geraldine Umutesi, a rejoint l’association des rescapés Urukundo – Norway, la communauté rwandaise ainsi que leurs amis en Norvège.

    Dans son message, elle a rappelé que ce moment de recueillement s’inscrit dans une responsabilité collective: honorer la mémoire des victimes, soutenir les survivants et préserver la vérité historique face à toute forme de négation ou de distorsion.

    Les intervenants ont insisté sur le fait que “se souvenir” (Kwibuka) constitue un devoir moral essentiel, non seulement pour rendre hommage aux victimes, mais aussi pour transmettre aux jeunes générations les valeurs de respect, d’humanité et de compassion.

    La Première Conseillère Geraldine Umutesi a souligné: “la commémoration nous unit. Elle nous appelle à préserver la dignité, protéger la vérité et construire des partenariats fondés sur le respect et la compréhension mutuelle”.

    Dans le même esprit, les organisateurs ont rappelé une vérité fondamentale: “le génocide est un processus, et non un événement. Sa prévention commence dès que l’on combat la discrimination, la déshumanisation et le silence”.

    Témoignages, hommages et engagement pour “plus jamais ça”

    Le deuxième temps fort de la journée a été marqué par des témoignages poignants, des hommages aux victimes, ainsi que des expressions de solidarité profonde envers les survivants.

    Le président de l’association Urukundo – Norway, Félix Muhigana, a rappelé l’importance du devoir de mémoire: “Préserver la mémoire est notre devoir. Lutter contre l’idéologie du génocide est notre responsabilité. Protéger les communautés vulnérables est notre humanité partagée.”

    Les participants ont également rendu hommage aux victimes à travers des moments de recueillement, des prières et des interventions symboliques. Le pasteur Natacha Gatete a livré une prière empreinte d’émotion: “Dans le silence, nous honorons les vies perdues. Dans la flamme, nous honorons l’espoir qui demeure. Que le souvenir renforce notre compassion et nous guide vers l’unité, la dignité et la vérité.”

    Un hommage particulier a été rendu aux enfants victimes du génocide. Les jeunes présents ont porté leur voix pour affirmer: “Nous nous souvenons, nous prononçons les noms des enfants que nous avons perdus afin que leurs histoires ne disparaissent jamais. La mémoire est notre promesse envers eux.”

    Témoignage des survivants

    La cérémonie a également été l’occasion pour la communauté de rendre hommage aux combattants du Front Patriotique Rwandais, qui ont mis fin au génocide et continuent de garantir la sécurité du pays.

    Dans un message de reconnaissance, il a été rappelé: “la paix dont nous jouissons aujourd’hui est le fruit de sacrifices immenses qui ne doivent jamais être réduits au silence ou à un simple souvenir formel, mais intégrés dans une responsabilité vivante”.

    Une rescapée, Mme Josée Butera, a livré son témoignage: “Se souvenir est douloureux, mais oublier serait une trahison. Je parle pour que l’humanité choisisse la compassion plutôt que la haine.”

    Au-delà du recueillement, cette commémoration a réaffirmé un engagement collectif: celui de lutter contre toute forme d’idéologie génocidaire, de promouvoir la vérité historique et de renforcer les liens de solidarité entre les communautés.

  • 18 avril 1994: Mwulire et Gatwaro, deux tragédies jumelles d’un même projet d’extermination des Tutsi

    Le 18 avril 1994 reste une date profondément gravée dans la mémoire des rescapés du Génocide contre les Tutsi. Ce même jour, à Mwulire dans l’Est et à Gatwaro dans l’Ouest, deux massacres d’une ampleur tragique se déroulent simultanément.

    Mwulire: une résistance héroïque brisée dans le sang

    Sur la colline de Mwulire, dans l’actuel district de Rwamagana, ce jour marque l’aboutissement tragique de plusieurs jours de résistance désespérée.

    Depuis le 7 avril, des milliers de Tutsi s’y étaient regroupés, fuyant les massacres déclenchés à travers le pays. Armés de moyens rudimentaires – pierres, lances, arcs –, ils avaient réussi à repousser à plusieurs reprises les attaques des milices Interahamwe. Cette résistance, rare dans le contexte du génocide, témoigne d’une volonté de survivre.

    Mwulire — Cérémonie de commémoration du 32ᵉ anniversaire du Génocide contre les Tutsi de 1994

    Mais le 18 avril, la situation bascule. Face à cette résistance inattendue, les miliciens renforcent leurs moyens: des gendarmes, des militaires lourdement armés et même des soldats de la garde présidentielle interviennent. Les attaques sont appuyées par des tirs d’armes automatiques, mettant fin à toute possibilité de défense. Les massacres deviennent massifs et systématiques.

    Ce jour-là, la colline de Mwulire est submergée par la violence. Des milliers de tutsi sont tuées. Les survivants, extrêmement peu nombreux, ne doivent leur salut qu’à la fuite ou à leur rencontre, deux jours plus tard, avec les combattants du Front patriotique rwandais.

    Aujourd’hui, le site mémoriel de Mwulire abrite les corps de plus de 27 000 victimes, symbole d’un lieu où la résistance a existé, mais où la machine génocidaire a finalement triomphé.

    Gatwaro: l’extermination planifiée au grand jour

    Le même jour, à des centaines de kilomètres de là, de l’autre côté du lac Kivu, une autre tragédie d’une ampleur comparable se déroule au stade Gatwaro, à Kibuye (actuel district de Karongi).

    Gatwaro — Cérémonie de commémoration du 32ᵉ anniversaire du Génocide contre les Tutsi de 1994

    Ici, le massacre ne fait pas suite à une résistance, mais à une stratégie de rassemblement et d’extermination. Les autorités locales, sous la coordination du préfet de l’époque, Clément Kayishema, avaient ordonné aux Tutsi de se regrouper au stade, leur faisant croire qu’ils y trouveraient protection.

    En réalité, ce regroupement constituait un piège. Le 18 avril 1994, des militaires, des gendarmes et des miliciens Interahamwe encerclent le stade et lancent une attaque coordonnée. Les victimes, sans défense, sont massacrées en masse. Les témoignages évoquent une scène d’horreur où “la terre et le ciel ont abandonné” ceux qui s’y étaient réfugiés.

    Ce massacre s’inscrit dans une campagne plus large d’extermination dans l’ancienne préfecture de Kibuye, où des dizaines de milliers de Tutsi ont été tués en quelques jours, dans des opérations organisées et systématiques.

    Aujourd’hui, le site de Gatwaro est devenu un mémorial où reposent de nombreuses victimes, rappelant l’ampleur du crime et la responsabilité des autorités qui l’ont orchestré.

    Une coïncidence tragique, symbole d’un génocide généralisé

    La simultanéité des massacres de Mwulire et de Gatwaro, le 18 avril 1994, illustre avec une force particulière la nature nationale et coordonnée du Génocide contre les Tutsi.

    À Mwulire, des hommes, des femmes et des enfants ont été exterminés après avoir tenté de résister. À Gatwaro, d’autres ont été piégés puis tués sans possibilité de défense. Deux réalités différentes, mais une même finalité: l’extermination total des Tutsi.

    Cette coïncidence tragique souligne que, ce jour-là, que l’on résiste ou que l’on espère être protégé, l’issue imposée par les génocidaires restait la même.

    Trente-deux ans plus tard, les commémorations organisées sur ces deux sites rappellent non seulement la mémoire des victimes, mais aussi l’importance de transmettre l’histoire, de lutter contre l’idéologie génocidaire et de préserver la vérité.

    Mwulire et Gatwaro demeurent ainsi deux lieux emblématiques d’un même drame, survenus le même jour, dans une tragique convergence de violence planifiée et exécutée à l’échelle du pays.

  • Le monde du rallye rwandais en deuil: Elefter Mitraros s’est éteint à l’âge de 78 ans

    Le monde du sport automobile est en deuil. Elefter Mitraros, figure emblématique du rallye en Afrique et au Rwanda, s’est éteint le 16 avril 2026 à l’âge de 78 ans, laissant derrière lui un héritage immense et une communauté profondément bouleversée.

    Dans un communiqué empreint d’émotion, la Fédération rwandaise du sport automobile a salué la mémoire d’un “véritable monument du sport automobile africain”. Champion d’Afrique dans la catégorie 1600cc en 2005, Mitraros n’était pas seulement un compétiteur hors pair, mais aussi un modèle, un mentor et une source d’inspiration pour plusieurs générations de pilotes. “Sa passion, sa détermination et son amour du rallye ont laissé une empreinte indélébile”, souligne la fédération.

    Parmi les hommages, Jean Claude Mugabo résume avec sobriété l’ampleur de la perte: “Mitraros est un nom lourd de sens, une référence depuis les années 1970. Nous avons perdu une légende.”

    La nouvelle de sa disparition a provoqué une onde de choc bien au-delà des frontières rwandaises. Sur la plateforme EMC-Uganda, Lawrence Mwambazi a décrit un silence pesant qui s’est abattu sur la communauté du rallye: “Le sport automobile africain perd l’une de ses figures les plus durables. Mitraros n’était pas seulement un pilote, il était l’un des cœurs battants du rallye au Rwanda.”

    Pendant des décennies, Elefter Mitraros a incarné l’esprit même du rallye. Sur les pistes poussiéreuses, dans le vacarme assourdissant des moteurs, il avançait avec une précision et une audace qui ont marqué les esprits. Son moment de gloire restera sa victoire mémorable au Rwanda Mountain Gorilla Rally en 2012 — un triomphe qui dépassait la performance sportive pour devenir un symbole de persévérance et de fierté nationale.

    Au-delà des trophées, Mitraros était profondément ancré dans l’âme du sport. Engagé dans le Championnat d’Afrique des rallyes, il a affronté les meilleurs pilotes du continent avec une détermination silencieuse. Même lorsque les années ont ralenti son corps, son esprit, lui, n’a jamais quitté les circuits. Présent, attentif, il continuait d’accompagner et d’inspirer, les yeux toujours habités par la flamme de la compétition.

    Ses pairs se souviennent d’un homme humble, d’un combattant discret qui n’a jamais cherché la gloire, mais qui a gagné le respect à chaque virage. Aux côtés de figures comme Giancarlo Davite, il a contribué à écrire l’une des plus belles pages du rallye en Afrique.

    Pour les passionnés, Mitraros était bien plus qu’un champion. Il représentait un pont entre les générations, une mémoire vivante du chemin parcouru par le sport automobile sur le continent. Sa disparition marque la fin d’une époque, laissant place à un héritage que les futurs pilotes auront la responsabilité de porter.

    Alors que le rideau tombe sur cette vie consacrée à la vitesse et à la passion, une certitude demeure: les légendes ne disparaissent jamais vraiment. Elefter Mitraros continuera de vivre dans les nuages de poussière, dans le rugissement des moteurs et dans le courage de ceux qui suivront ses traces.

  • Sous la pluie, Munyaga honore la mémoire des victimes du génocide contre les Tutsi

    Sous une pluie fine rappelant l’atmosphère tragique du mois d’avril 1994, habitants, autorités locales, membres des forces de sécurité et invités venus de divers horizons se sont réunis, ce 17 avril, sur la colline de Kabuye, à Nkungu, dans le district de Rwamagana, pour une cérémonie de recueillement et de commémoration des victimes du génocide contre les Tutsi.

    Cette date marque un tournant sombre pour la localité de Munyaga, où les massacres ont atteint leur paroxysme le 17 avril 1994. Toutefois, comme l’ont rappelé des intervenants et des témoins, les premières tueries avaient déjà débuté dès le 7 avril à Nkungu.

    Au mémorial de Nkungu reposent les corps de 1 001 victimes, tandis que celui de Kaduha en abrite 627. Ces deux sites comptent parmi les 11 mémoriaux que compte aujourd’hui le district de Rwamagana, où plus de 80 000 victimes du génocide ont été inhumées.

    Le district actuel de Rwamagana regroupe les anciennes communes de Rutonde, Bicumbi, Gikoro et Muhazi, toutes durement touchées par le génocide.

    Témoignages poignants et appel à la vérité

    La cérémonie a été marquée par un dépôt de gerbes de fleurs, des témoignages poignants de survivants, des prières, des chants commémoratifs ainsi que des poèmes, dans une atmosphère de recueillement et de mémoire partagée.

    Les messages des autorités ont également insisté sur la nécessité de préserver la mémoire et de lutter activement contre l’idéologie du génocide.

    Prenant la parole, la vice-maire chargée des affaires sociales du district de Rwamagana, Jeanne Umutoni, a souligné que le nombre de mémoriaux dans le district ne constitue en rien un symbole de prestige, mais témoigne plutôt de l’ampleur des atrocités commises par les milices Interahamwe.

    Elle a appelé à une vigilance constante face aux discours et actes liés à l’idéologie génocidaire, qui persistent encore aujourd’hui sous diverses formes.

    Les survivants ont, quant à eux, livré des témoignages empreints de douleur et de résilience. Naome Uwanyirigira a évoqué les violences subies par sa famille, dénonçant notamment des actes d’intimidation et de division encore perceptibles parmi certains voisins.

    Elle a également lancé un appel aux autorités et à la population pour que toute personne détenant des informations sur des lieux où des victimes ont été abandonnées les communique, afin de leur offrir une inhumation digne.

    “Beaucoup de membres de ma famille n’ont pas encore été retrouvés. Nous avons besoin de vérité pour pouvoir leur rendre hommage comme il se doit”, a-t-elle déclaré, tout en exprimant sa gratitude envers les Inkotanyi pour avoir mis fin au génocide et sauvé des vies.

    Mémoire, reconstruction et vigilance pour l’avenir

    Un autre intervenant, François Sezirahiga, s’exprimant au nom des familles des victimes inhumées à Nkungu, a rappelé que les premières inhumations n’ont commencé qu’en 1997.

    Il a décrit l’ampleur des crimes, précisant que de nombreuses victimes avaient été tuées dans leurs domiciles, sur les routes alors qu’elles tentaient de fuir, ou encore dissimulées dans des fosses, des latrines et des ravins.

    Il a également souligné que les sites de Nkungu et Kaduha figurent parmi les premiers foyers d’exécution du génocide dans l’ancienne préfecture de Kibungo, où les violences avaient été expérimentées dans les années 1959, bien avant leur généralisation à l’échelle nationale.

    Prenant la parole, la présidente d’Ibuka à Rwamagana, Dativa Musabyeyezu, est revenue sur les racines idéologiques du génocide. Elle a rappelé des propos attribués à l’ancien président Juvénal Habyarimana, selon lesquels “le Rwanda serait comme un verre plein, et que ceux qui sont à l’extérieur doivent y rester”, illustrant une vision d’exclusion.

    Selon elle, la haine, les divisions ethniques, combinées à la cupidité et à une mauvaise gouvernance cherchant à concentrer le pouvoir entre les mains d’un seul groupe, ont constitué le terreau du génocide. Elle a souligné que cette tragédie a laissé des blessures profondes dans les cœurs des survivants.

    La reconnaissance des rescapés pour le soutien du gouvernement

    Elle a néanmoins insisté sur le rôle déterminant des Inkotanyi dans l’arrêt du génocide, ainsi que sur les efforts du gouvernement pour soutenir les survivants. “Le gouvernement s’est comporté comme un parent pour les orphelins. Les rescapés ont été soignés, les enfants scolarisés, des programmes de logement et d’assistance ont été mis en place, et les blessures physiques comme psychologiques ont été prises en charge”, a-t-elle déclaré, saluant des actions qui ont permis de restaurer l’espoir.

    Elle a également dénoncé les propos blessants encore observés, affirmant que ces cas feront l’objet d’un suivi.

    Rappelant les épreuves partagées entre les survivants et les combattants du Front patriotique rwandais, marquées par la persécution, la faim et la soif, elle a souligné le sacrifice des Inkotanyi qui, au péril de leur vie, ont mené la lutte pour sauver des vies et libérer le pays.

    L’artiste poétesse Jeannette Uwingeneye a déclammé un poème empreint d’émotion

    “Nous les aimons, car en nous souvenant, nous sentons leur présence à nos côtés”, a-t-elle affirmé, avant de promettre que les survivants continueront d’être des citoyens engagés.

    Dans un message fort, elle a appelé ceux qui en ont la capacité à soutenir les survivants encore réticents à retourner sur les lieux marqués par le passé: “Ceux qui se sentent forts doivent accompagner les rescapés qui hésitent encore à revenir sur les collines où ils ont souffert, car c’est un chemin difficile, mais nécessaire pour guérir.”

    Malgré la douleur persistante, les intervenants ont mis en avant les progrès réalisés depuis 1994. François Sezirahiga a salué le rôle des Inkotanyi dans la reconstruction du pays, notant que Nkungu affiche aujourd’hui un développement tangible, reflet des efforts entrepris au cours des trois dernières décennies.

    La cérémonie s’est conclue sur un appel de la vice-maire à la mémoire, à l’unité et à la responsabilité, afin de prévenir toute résurgence de l’idéologie génocidaire et de continuer à bâtir une société fondée sur la paix et la dignité humaine.

    Au mémorial de Nkungu reposent les corps de 1 001 victimes du génocide perpétré contre les Tutsi
  • Le football européen en Afrique: passion innocente ou soft power bien huilé?

    Par Martin Semukanya

    Au lendemain des qualifications pour les demis de finale de la Ligue des champions de l’UEFA en ce mois d’avril 2026, une chose est frappante: l’effervescence ne s’est pas limitée à Paris, Londres, Madrid ou Munich. Non. Elle a vibré – et parfois explosé – à Nairobi, Kampala, Lagos, Accra, Lusaka, Johannesburg… et bien sûr à Kigali.

    À tel point que certains médias, un brin taquins, ont suggéré que l’Afrique subsaharienne avait célébré ces qualifications avec plus d’intensité que l’Europe elle-même. Exagéré ? Peut-être. Faux? Pas vraiment.

    Car depuis plusieurs décennies, le football européen en Afrique n’est plus un simple divertissement. C’est une religion parallèle, avec ses saints (les joueurs), ses temples (les stades européens diffusés en HD), ses prophètes (les commentateurs sportifs) et ses fidèles… prêts à tout. Oui, absolument tout.

    On parle ici d’amitiés brisées pour un hors-jeu contesté, de disputes familiales pour un penalty mal sifflé, et — tragiquement — de cas de désespoir extrême liés à la défaite d’un club préféré. À ce stade, il ne s’agit plus de sport. C’est une affaire d’identité, d’appartenance, presque de survie émotionnelle.

    Et pourtant, si l’on gratte un peu sous la surface, une question dérangeante apparaît: comment en est-on arrivé là?

    Une colonisation… par satellite

    Il fut un temps où l’Europe arrivait en Afrique par caravelles, traités douteux et compagnies commerciales aux noms respectables mais aux intentions discutables. Aujourd’hui, elle arrive par satellite, fibre optique et abonnements télévisés.

    Le football européen est devenu l’un des outils les plus efficaces de ce que les spécialistes appellent le soft power. Pas de soldats, pas de gouverneurs coloniaux, juste des matchs à 21h et des commentateurs passionnés. Résultat ? Des millions d’Africains qui connaissent parfaitement les compositions d’équipes de clubs européens… mais peinent parfois à citer les joueurs de leurs propres championnats locaux.

    Ce n’est pas un hasard. Les grandes ligues européennes – Premier League, Liga, Bundesliga, Ligue 1 – génèrent des milliards de dollars grâce aux droits télévisés internationaux. Une part significative de cette audience se trouve en Afrique, où la croissance démographique et l’urbanisation offrent un marché colossal.

    Ajoutez à cela des stratégies marketing bien rodées: tournées estivales, académies de jeunes, partenariats commerciaux… et vous obtenez une machine parfaitement huilée. Une machine qui ne vend pas seulement du football, mais aussi des rêves, des identités et, soyons honnêtes, des illusions.

    #VisitRwanda: du tourisme au coup de génie marketing

    Dans ce contexte, le cas du Rwanda mérite une attention particulière. Le pays des mille collines a choisi une stratégie audacieuse: s’associer directement à certains des plus grands clubs européens via la campagne #VisitRwanda.

    Résultat? Le slogan apparaît sur les maillots, dans les stades, et sur les écrans du monde entier. Une visibilité que peu de campagnes touristiques peuvent se permettre.

    Et voilà que, par un clin d’œil du destin, seuls quatre des grand clubs européens – Arsenal, PSG, Atletico Madrid et Bayern Munich – tous portant l’ensigne #VisitRwanda, se retrouvent qualifiés pour les demis de finale en même temps.

    À Kigali, c’est presque une double victoire: sportive par procuration, et promotionnelle par calcul.

    Même le chef de l’État, connu pour son attachement à Arsenal, n’hésite pas à féliciter publiquement ces équipes. Certains y voient une passion sincère. D’autres, une communication stratégique. Probablement les deux.

    Mais la vraie question est ailleurs: quand les millions de quartiers africains célèbrent autant les performances de clubs étrangers, est-ce seulement une victoire footbalistique… ou un aveu silencieux de dépendance culturelle?

    L’Afrique, marché captif ou partenaire enthousiaste ?

    Il serait trop simple – et franchement injuste – de présenter les Africains comme des victimes passives de cette domination footballistique. La réalité est plus complexe.

    Les fans africains ne sont pas manipulés. Ils choisissent. Ils vibrent. Ils s’approprient ce football, le commentent, le vivent intensément. Dans de nombreux quartiers, suivre la Ligue des champions est un rituel social, un moment de partage, un langage commun.

    Mais ce choix s’inscrit dans un environnement fortement asymétrique.

    Les infrastructures locales sont souvent insuffisantes. Les championnats nationaux manquent de financement, de visibilité et parfois de crédibilité. Les médias locaux, eux, privilégient logiquement ce qui attire le plus d’audience — et donc de publicité. Et devinez quoi? Ce n’est pas le championnat local du week-end.

    Résultat: un cercle vicieux. Moins d’investissement local → moins de qualité → moins d’intérêt → encore moins d’investissement.

    Pendant ce temps, l’Europe récolte les bénéfices. Non seulement économiques, mais aussi symboliques. Car lorsqu’un jeune Africain rêve de football, il ne rêve pas de jouer à Kigali, Kampala ou Kinshasa. Il rêve de Londres, Madrid ou Munich.

    Et les autres continents dans tout ça?

    L’Afrique n’est pas la seule à consommer du football européen, mais elle le fait avec une intensité particulière.

    En Asie, par exemple, les ligues locales ont bénéficié d’investissements massifs, souvent soutenus par des politiques publiques. La pénétration du football européen y est forte, mais elle coexiste avec une volonté claire de développer un écosystème local.

    En Amérique du Sud, la situation est encore différente. Le football y est profondément enraciné, culturellement et historiquement. Les clubs locaux restent extrêmement populaires, malgré l’attraction des ligues européennes. Et puis, il y a cette petite barrière linguistique qui, mine de rien, freine un peu l’invasion médiatique.

    En Afrique, en revanche, la combinaison de plusieurs facteurs — histoire coloniale, langues européennes, faiblesse des ligues locales, puissance des médias internationaux — crée un terrain particulièrement fertile pour cette domination.

    Une relation amour-haine… version football

    Ce qui rend la situation encore plus fascinante, c’est le contraste.

    D’un côté, les relations entre l’Afrique et l’Europe sont marquées par une histoire lourde: esclavage, colonisation, exploitation des ressources, tensions diplomatiques, débats sur les restitutions d’œuvres d’art…

    De l’autre, des millions d’Africains portent fièrement les couleurs de clubs européens, chantent leurs hymnes et défendent leurs joueurs comme s’ils étaient des héros nationaux.

    Ironique, non?

    C’est un peu comme si, après des siècles de relations compliquées, l’Europe avait trouvé le moyen parfait de reconquérir les cœurs africains… avec un ballon.

    Mais, attention: ce n’est pas une manipulation unilatérale. C’est une relation mutuelle, même si elle reste déséquilibrée. Les joueurs africains, par exemple, sont omniprésents dans les clubs européens. Ils brillent, inspirent, et contribuent largement au succès de ces équipes.

    Autrement dit, l’Afrique n’est pas seulement spectatrice. Elle est aussi actrice. Mais une actrice dont la scène principale se trouve… ailleurs.

    Unité ou illusion?

    Alors, le football européen peut-il vraiment rapprocher l’Afrique et l’Europe?

    À première vue, oui. Il crée des ponts culturels, des conversations communes, des émotions partagées. Un supporter de Kigali peut discuter pendant des heures avec un supporter de Londres sans jamais évoquer politique ou histoire.

    C’est puissant.

    Mais cette unité reste superficielle si elle ne s’accompagne pas d’un équilibre réel. Car une relation basée uniquement sur la consommation — regarder, acheter, supporter — sans production locale équivalente, ressemble davantage à une dépendance qu’à un partenariat.

    Et c’est là que le sarcasme s’invite: peut-être que la véritable victoire de l’Europe n’est pas seulement d’avoir les meilleurs clubs… mais d’avoir convaincu des millions de personnes à des milliers de kilomètres de se battre émotionnellement pour eux.

    Gratuitement.

    Que faire?

    Faut-il arrêter de regarder la Ligue des champions? Bien sûr que non. Soyons sérieux.

    Le problème n’est pas la passion. Le problème, c’est le déséquilibre.

    Il ne s’agit pas de choisir entre football européen et football africain, mais de rééquilibrer l’attention, les investissements et les ambitions.

    Développer des ligues locales compétitives. Investir dans les infrastructures. Améliorer la gouvernance sportive. Valoriser les talents locaux avant qu’ils ne partent trop tôt.

    Et surtout, raconter nos propres histoires.

    Car au fond, le football n’est pas seulement un jeu. C’est un récit. Et pour l’instant, en Afrique, nous consommons surtout les récits des autres.

    Entre passion et lucidité

    Le football européen en Afrique est à la fois une source de joie immense et un miroir révélateur de dynamiques plus profondes.

    Oui, il rassemble. Oui, il fait rêver. Oui, il crée des ponts.

    Mais il rappelle aussi – avec une efficacité presque cruelle – les déséquilibres persistants entre les continents.

    Alors la prochaine fois qu’un club européen marque un but décisif et que tout un quartier de Kigali explose de joie, peut-être qu’une petite voix intérieure pourrait poser une question simple:

    “Et nous, quand est-ce qu’on marquera pour nous-mêmes ?”

    En attendant, rassurez-vous: le prochain match commence à 21h de ce 28 Avril au Parc des Princes…de Paris. Et comme toujours, l’Afrique sera au rendez-vous. Peut-être même en première ligne.

    Parce qu’après tout, pourquoi régler des siècles de relations complexes… quand on peut simplement regarder un match?

  • Denis Sassou Nguesso investi pour un nouveau mandat: Paul Kagame parmi les dirigeants africains présents à Brazzaville

    Le 16 avril 2026, le président rwandais Paul Kagame a pris part à la cérémonie d’investiture de son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, organisée au Unity Stadium de Kintélé, dans la capitale Brazzaville. L’événement a réuni plusieurs chefs d’État et dirigeants africains venus assister au début du nouveau mandat de cinq ans du président congolais.

    La cérémonie s’est déroulée en présence de milliers de citoyens congolais ainsi que d’une délégation de haut niveau composée notamment de Azali Assoumani, Faustin-Archange Touadéra, Brice Clotaire Oligui Nguema, Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi.

    Arrivé à Brazzaville la veille, le 15 avril, le président Kagame s’est entretenu avec Denis Sassou Nguesso. Les discussions ont porté sur le renforcement des relations bilatérales entre le Rwanda et le Congo-Brazzaville, deux pays liés par une coopération jugée solide dans plusieurs secteurs stratégiques. Le chef de l’État rwandais a également adressé ses félicitations à son homologue pour sa réélection, tout en lui souhaitant plein succès dans l’exercice de son nouveau mandat.

    Denis Sassou Nguesso a été réélu à l’issue du scrutin présidentiel du 15 mars 2026 avec 94,65 % des suffrages, devançant largement son principal challenger, Mavoungou Zinga Mabio (1,48 %), ainsi que cinq autres candidats. Cette victoire lui permet de prolonger son long parcours à la tête du pays, qu’il dirige depuis plus de quatre décennies.

    Dans son discours d’investiture, le président congolais a exprimé sa gratitude envers les chefs d’État, les gouvernements et les organisations internationales ayant pris part à la cérémonie. Il a également remercié le peuple congolais pour la confiance renouvelée, soulignant que ce soutien traduit une adhésion à son programme de développement.

    “Les Congolais ont fait un choix fondé sur l’expérience, la responsabilité et la constance. En me renouvelant leur confiance, ils expriment aussi leur espoir dans la poursuite de notre marche vers le développement”, a-t-il déclaré.

    Le chef de l’État s’est engagé à poursuivre les efforts en faveur de la croissance économique, de l’amélioration des conditions de vie des populations et de la stabilité du pays. Il a également salué le rôle des forces de sécurité dans le bon déroulement du scrutin et la préservation de l’ordre public.

    S’adressant à la jeunesse, Denis Sassou Nguesso a promis de renforcer son implication dans la gouvernance et le développement national, la qualifiant de pilier de l’avenir du Congo.

    Les relations entre le Rwanda et le Congo-Brazzaville s’inscrivent dans une dynamique de coopération ancienne et diversifiée, couvrant notamment les domaines du commerce, de la sécurité, de l’agriculture, de l’aviation civile et du tourisme. Depuis 2011, la compagnie RwandAir assure des liaisons régulières entre Kigali et Brazzaville, contribuant à rapprocher davantage les deux pays.

    Par ailleurs, l’ouverture de l’ambassade du Rwanda à Brazzaville en août 2016 a marqué une étape importante dans le renforcement des relations diplomatiques entre les deux États, déjà consolidées par plusieurs accords de coopération signés au fil des années.

  • Hausse du prix de l’essence au Rwanda: le litre franchit la barre des 2 900 francs

    Les prix des carburants continuent leur progression au Rwanda. Dans un nouveau tarif publié le 16 avril par l’Rwanda Utilities Regulatory Authority (RURA), le litre d’essence a été fixé à 2 938 francs rwandais, contre 2 303 francs précédemment, soit une hausse significative. En revanche, le prix du diesel demeure inchangé à 2 205 francs le litre.

    Entrée en vigueur le 17 avril à 6 heures du matin, cette révision s’inscrit dans une série d’ajustements rapprochés opérés ces deux dernières semaines, en lien avec l’évolution des marchés internationaux et des dynamiques d’approvisionnement, selon l’autorité de regulation (RURA).

    RURA explique le maintien du prix du diesel par la volonté de soutenir le transport public, la circulation des marchandises et, plus largement, l’activité économique. Cette décision intervient après une précédente révision, le 3 avril, au cours de laquelle le prix de l’essence était passé de 1 989 à 2 303 francs le litre, tandis que celui du diesel avait été relevé de 1 948 à 2 205 francs.

    S’exprimant devant la presse le même jour, le Premier ministre Justin Nsengiyumva avait déjà averti que les prix des produits pétroliers pourraient désormais être ajustés de manière plus fréquente, soit mensuellement, soit toutes les deux semaines, en fonction de l’évolution de la situation internationale.

    Cette hausse successive est en grande partie attribuée aux tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient, notamment le conflit impliquant les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre. Ce contexte a entraîné l’implication de plusieurs pays du Golfe, principaux producteurs de pétrole, perturbant ainsi les marchés mondiaux.

    Face à cette situation, RURA appelle la population à une utilisation rationnelle du carburant, en privilégiant les transports en commun et en limitant les déplacements non essentiels.

    Le gouvernement rassure q’il suit de près l’évolution de la situation. Dans une récente déclaration, il a assuré que des mesures sont en cours d’évaluation afin d’atténuer les impacts de ces hausses, précisant que des subventions pourraient être envisagées pour les secteurs les plus touchés.

    Dans un communiqué, RURA a réaffirmé son engagement à surveiller en permanence les marchés pétroliers mondiaux et régionaux, afin de garantir des prix équitables, la stabilité du secteur et la continuité de l’approvisionnement en carburant au Rwanda.

  • France: une stèle en mémoire du génocide des Tutsi vandalisée à Rouen

    Une stèle dédiée à la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda a été profanée à Rouen, en France, en pleine période de commémoration, suscitant une vive émotion au sein de la communauté rwandaise et des autorités locales.

    L’organisation Ibuka France a fermement condamné cet acte, appelant les autorités françaises à faire toute la lumière sur les faits, à identifier les auteurs et à les traduire en justice.

    Une atteinte à la mémoire et à la dignité

    Selon Ibuka-France, cette dégradation revêt une gravité particulière. S’attaquer à un lieu de mémoire constitue non seulement une atteinte à la dignité des victimes et des rescapés, mais aussi une offense à la mémoire collective et aux valeurs fondamentales de l’humanité.

    Les lieux commémoratifs, souligne l’organisation, incarnent l’histoire, la vérité et la transmission. Leur profanation s’apparente à une tentative d’effacement d’une mémoire qui doit être préservée et transmise aux générations futures.

    Ibuka insiste toutefois sur un point essentiel: aucune profanation ne saurait effacer la mémoire du génocide contre les Tutsi, qui demeure portée collectivement avec détermination.

    Réaction des autorités françaises

    Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, s’est dit profondément choqué par cet acte de vandalisme, survenu quelques jours seulement après les cérémonies commémoratives.

    “Choc et émoi de découvrir la stèle vandalisée. Quelle honte ! La Ville va évidemment porter plainte. Soutien à toute la communauté rwandaise”, a-t-il déclaré.

    La municipalité a ainsi annoncé le dépôt d’une plainte afin que toute la lumière soit faite sur cet acte.

    Un contexte de commémoration

    Quelques jours auparavant, le 13 avril 2026, la ville de Rouen, représentée par son maire, avait pris part aux cérémonies de la 32ᵉ commémoration du génocide contre les Tutsi, aux côtés de la communauté rwandaise et de l’ambassade du Rwanda en France.

    Cette cérémonie s’était déroulée en présence de plusieurs autorités locales ainsi que du représentant de l’ambassade, le colonel Claver Karara, attaché de défense.

    Les stèles commémoratives dédiées au génocide contre les Tutsi sont érigées dans plusieurs villes à travers le monde, notamment en France, afin de préserver la mémoire des victimes et de sensibiliser les générations futures.

    Leur profanation intervient dans un contexte particulièrement sensible, celui des 100 jours de commémoration, période marquée par le recueillement, la mémoire et la transmission.

    Cet acte de vandalisme rappelle la fragilité des lieux de mémoire, mais aussi la nécessité de les protéger.