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  • Quatre personnalités nommées au Sénat rwandais

    La Présidence de la République du Rwanda a annoncé ce 21 octobre 2025 la nomination de quatre nouveaux sénateurs, conformément à l’article 80 de la Constitution. Selon l’agence rwandaise de Radio et Télévision (RBA), les personnalités nommées sont: Prof. Jean Pierre Dusingizemungu, M. Evode Uwizeyimana, Dr. Valentine Uwamariya et M. Alfred Gasana.

    Les honorables Jean Pierre Dusingizemungu et Evode Uwizeyimana ont été reconduits dans leurs fonctions après avoir terminé leur mandat de cinq ans au sein de la Chambre haute du Parlement.

    Quant à Valentine Uwamariya et Alfred Gasana, ils font leur entrée pour la première fois au Sénat, apportant de nouvelles perspectives à cette institution.

    Prof. Jean Pierre Dusingizemungu

    Né le 1er janvier 1963, Prof. Dusingizemungu est titulaire d’un doctorat en psychologie clinique. Il est professeur de psychologie à l’Université du Rwanda et fut président d’Ibuka, la plateforme des associations de rescapés du génocide contre les Tutsi. Sénateur depuis 2020, il rejoint la 3ᵉ et 4ᵉ législature du Sénat.

    Evode Uwizeyimana

    Né le 14 janvier 1970, Evode Uwizeyimana est titulaire d’un Master en droit (LL.M.). Ancien ministre d’État chargé des affaires constitutionnelles et juridiques, il était sénateur depuis 2020.

    Sur son compte X, il a exprimé sa gratitude envers le Président Paul Kagame pour la confiance renouvelée et a promis de servir le pays avec humilité et dévouement.

    Dr. Valentine Uwamariya

    Docteur en ingénierie environnementale et technologie de l’eau (PhD, UNESCO-IHE et Delft University of Technology, Pays-Bas), Valentine Uwamariya est chimiste et spécialiste de l’environnement.

    Elle a occupé plusieurs postes ministériels: Ministre de l’Environnement (juin 2024 – juillet 2025), Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (août 2023 – juin 2024), et Ministre de l’Éducation (février 2020 – août 2023).

    Avant ses fonctions ministérielles, elle a été vice-chancelière adjointe chargée de la formation, du développement institutionnel et de la recherche à Rwanda Polytechnic.

    Alfred Gasana

    Ministre de l’Intérieur depuis décembre 2021, Alfred Gasana a précédemment dirigé la sécurité intérieure au sein des Services Nationaux de Renseignement et de Sécurité (NISS).

    À la suite de sa nomination, il a exprimé sa gratitude et s’est engagé à servir le pays avec dévouement sous la direction du Président de la République.

  • Le Rwanda accueille le Congrès mondial de la téléphonie mobile

    Du 21 au 23 octobre 2025, Kigali est le centre de l’innovation africaine avec la tenue de la troisième édition du Congrès mondial de la téléphonie mobile, MWC Africa 2025. Organisé par la GSMA, l’événement se déroule au Kigali Convention Centre et réunit plus de 300 entreprises et décideurs venus d’une trentaine de pays pour discuter du thème: «Converger, connecter, créer».

    En ouvrant le sommet, le président Paul Kagame a rappelé que les défis de l’Afrique sont aussi des opportunités de croissance: «L’innovation n’appartient pas à une partie du monde seulement. Elle peut venir de n’importe qui, n’importe où, pourvu qu’on lui donne la chance.»

    Pour lui, la technologie est devenue un moteur de transformation économique. Le haut débit, les smartphones et les solutions comme Mobile Money ont changé le quotidien, donnant accès à la finance, à l’éducation et au commerce à des millions de personnes autrefois excludes:

    «Ce qui avait commencé comme une solution pour les exclus du système bancaire est aujourd’hui un moteur d’autonomisation des petites entreprises et des femmes entrepreneures, reliant les communautés rurales à l’économie nationale.»

    Mais le président a averti: seule une fraction des Africains est connectée, bien en dessous de la moyenne mondiale. Si ce fossé persiste, la technologie risque de creuser les inégalités. Kagame a insisté sur l’importance d’un développement centré sur les personnes: «La discussion la plus importante est celle sur les compétences et les outils numériques, afin qu’ils atteignent tout le monde.»

    Le Rwanda, a-t-il ajouté, fait de l’intelligence artificielle et de la recherche les piliers de sa transition vers une économie du savoir.

    Kagame a aussi appelé les gouvernements, le secteur privé et les partenaires à harmoniser leurs politiques pour créer un environnement propice à l’innovation et à la sécurité des flux de données et de paiements transfrontaliers.

    Le directeur général de la GSMA, Vivek Badrinath, a salué le Rwanda comme un modèle de progrès délibéré. «À travers un investissement ciblé dans la technologie et l’innovation, le pays a montré ce que peut réaliser un leadership déterminé», a-t-il déclaré.

    La ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, a souligné que la stratégie nationale vise à «bâtir un écosystème numérique à haut débit qui ne laisse personne de côté». Entre 2023 et 2025, le pays a multiplié par dix ses utilisateurs 4G. «Nous avons connecté près de 1 000 centres de santé, 4 000 écoles et formé 4,5 millions de citoyens à la littératie numérique», a-t-elle précisé.

    Le Rwanda mise également sur le programme des 1 million de cadres pour former une nouvelle génération de talents technologiques.

    Au-delà des technologies, le MWC Africa 2025 met en avant la nécessité d’investir dans des infrastructures solides, de renforcer les compétences locales et d’harmoniser les politiques pour que l’Afrique comble sa fracture numérique.

  • Kigali accueille le Symposium des Commandants des Forces Terrestres

    Le président Paul Kagame a ouvert ce mardi, le 2ᵉ Symposium des Commandants des Forces Terrestres à Kigali. Plus de 30 pays africains et des délégations internationales (dont la France, la Jordanie et le Qatar) y sont représentés, afin de renforcer le partage d’expériences et de stratégies pour la paix et la sécurité sur le continent.

    Sous le thème «Exploiter les capacités des forces terrestres pour une mise en œuvre renforcée des stratégies de paix et de sécurité», les travaux se concentrent notamment sur la façon dont les forces terrestres peuvent s’adapter à de nouveaux défis: guerre de drones, cyberattaques, conflits asymétriques et coopérations bilatérales ou multilatérales.

    Le président Kagame a insisté sur l’importance d’un équilibre entre rapidité et précision : « La vitesse sans précision est dangereuse; et la précision sans vitesse est inutile.» Selon le président, «les forces terrestres sont les premières à être déployées et les dernières à quitter», ce qui les place au cœur des interventions en situation de crise.

    «La souveraineté aujourd’hui, ce n’est pas seulement les frontières, c’est aussi notre capacité à choisir nos partenaires à partir d’une position de force et de défendre nos intérêts», a déclaré le président Kagame.

    «L’Afrique connaît encore le plus grand nombre de conflits actifs dans le monde. Faire face à cette réalité exige des partenariats continentaux solides et des mécanismes de coordination. Nous ne pouvons pas attendre que d’autres assument la responsabilité de la sécurité de l’Afrique. Aucun des défis auxquels nous faisons face n’est hors de notre capacité à être géré ou résolu», a martelé le chef de l’État lors de la cérémonie d’ouverture.

    Le symposium aborde notamment la coordination entre forces terrestres et actions multilatérales, l’intégration de technologies (drones, renseignement, cyberdéfense) dans les opérations terrestres, l’adaptation aux menaces asymétriques et aux conflits hybrides, ainsi que l’importance de partenariats bilatéraux solides comme complément utile aux cadres multilatéraux.

    Le message du président Kagame souligne que les conflits changent de nature : « Les conflits sont de plus en plus asymétriques et complexes… les forces terrestres doivent agir comme premières intervenantes et stabilisatrices dans des environnements volatils. »

    La guerre moderne ne se joue pas uniquement sur le terrain mais aussi dans l’espace numérique: «Notre économie et nos systèmes de sécurité reposent sur des réseaux numériques qui transcendent la géographie. Les cyberattaques et la désinformation peuvent déstabiliser des nations tout aussi efficacement que des attaques armées», a ajouté le président.

    Le symposium de deux jours réunit au moins 18 commandants de forces terrestres africaines, en plus d’autres hauts gradés de pays partenaires. Il offre un cadre pour explorer comment les capacités terrestres peuvent être mieux exploitées en appui aux opérations de maintien de la paix ou de réponse aux crises.

  • Le Ministre Bizimana met en garde face au négationnisme porté par les enfants de génocidaires

    Le ministre rwandais de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean Damascène Bizimana, a publié un long message sur son compte X dénonçant le phénomène inquiétant du négationnisme du génocide contre les Tutsi du Rwanda, tel qu’il se manifeste aujourd’hui chez certains jeunes Rwandais issus de familles de génocidaires. Selon lui, ces jeunes choisissent délibérément le déni du génocide comme stratégie de défense de leurs parents condamnés pour participation active aux massacres.

    Un phénomène persistant 

    «Le négationnisme est un phénomène inhérent à tout génocide», écrit Dr Bizimana. «Il en est de même pour le génocide commis contre les Tutsi entre 1990 et 1994 qui, malgré sa reconnaissance internationale indiscutable, est nié, falsifié ou déformé par différents acteurs, Rwandais ou étrangers, ayant des intérêts divergents ou parfois convergents.»

    Selon le ministre, ce négationnisme prend aujourd’hui des formes nouvelles, notamment à travers les réseaux sociaux où des descendants de condamnés de génocide diffusent des récits mensongers, réhabilitent leurs parents et accusent le gouvernement rwandais d’écrire une histoire officielle. Ces campagnes, dit-il, visent à semer le doute dans l’opinion internationale et à entretenir une idéologie d’extrémisme ethnique héritée des années 1990.

    Le cas d’un militant négationniste: Uzabakiriho Alfred Antoine alias Gitifu Sebatware

    Dans son message, Dr Bizimana cite nommément Uzabakiriho Alfred Antoine, connu sous le pseudonyme Gitifu Sebatware sur X (@GitifuW), qu’il accuse d’avoir entrepris avec acharnement une campagne de diffamation du gouvernement rwandais et de falsification du génocide contre les Tutsi. Il explique que ce dernier sanctifie ses parents, pourtant jugés et condamnés pour leur rôle central dans les tueries à Butare, actuel district de Huye.

    Le ministre affirme vouloir «éclairer les non-connaisseurs» sur les origines idéologiques de cet extrémisme, en exposant les faits relatifs au passé des parents de l’intéressé, tous deux enseignants à Butare pendant le génocide et condamnés par les juridictions Gacaca.

    Un père enseignant devenu génocidaire

    Le père de @GitifuW, Uzabakiriho Bernard, fils de Gaparayi Innocent et de Nyirandushabandi Angélique, était enseignant au Groupe scolaire de Butare en 1994. Les juridictions Gacaca du secteur Ngoma (ville de Butare) l’ont reconnu coupable, en première instance et en appel, de crimes de génocide contre les Tutsi.

    Les chefs d’accusation retenus contre lui étaient graves: participation à des réunions de planification du génocide, implication dans des attaques meurtrières à Kabutare, appartenance à un escadron de tueurs appelé «groupe mobile», organisation du déploiement des tueurs sur les barrières, et participation directe à plusieurs assassinats, dont ceux de Nturo, Nyetera Eugène, Rwagashayija Innocent, et du Frère Grégoire.

    Le 18 novembre 2006, le tribunal Gacaca de Ngoma l’a condamné à trente ans de prison. En appel, le 14 novembre 2007, la peine a été confirmée. Parmi ses complices figuraient plusieurs enseignants de Butare: Twagirayezu Faustin, Murekeye Elisée, Bandora André alias Cyuma, Nsengiyumva Ignace, et Kimanuka Tharcisse. Uzabakiriho Bernard est décédé à la prison de Huye alors qu’il purgeait sa peine.

    Une mère également condamnée pour crimes de génocide

    La mère de @GitifuW, Nyirabakungu Antoinette, enseignante elle aussi, a été condamnée pour des faits similaires. D’après le ministre Bizimana, les juridictions Gacaca l’ont reconnue coupable du meurtre de plusieurs Tutsi réfugiés au domicile de Rwagashayija Innocent et de sa femme Angelina, de participation à un groupe de femmes formées au maniement de grenades, et de diffusion d’une idéologie de haine ethnique dans les écoles.

    Condamnée à 25 ans de prison en première instance, elle a interjeté appel, mais la juridiction supérieure a confirmé sa culpabilité, ramenant la peine à 19 ans d’emprisonnement. Elle est décédée à la prison de Huye, tout comme son époux, tous deux atteints du VIH SIDA.

    Une génération face à l’héritage du crime

    Dr Bizimana situe ce cas dans un phénomène plus large: celui de jeunes descendants de génocidaires qui, au lieu de reconnaître la responsabilité individuelle de leurs parents, «se réfugient dans le négationnisme et perpétuent la haine». Il cite plusieurs figures connues sur les réseaux sociaux, dont @PatrickRugaba, les descendants de Shingiro Mbonyumutwa (@ruhumuza et @gmbonyumutwa), les fils de Juvénal Habyarimana (@JLHaby), de Protais Zigiranyirazo (@MukizaAntoine), et de Mbonampeka Stanislas, ainsi que la famille Gatebuke (@shinani1).

    «Au lieu de reconnaître que la culpabilité est individuelle et de contribuer à la reconstruction du Rwanda, certains jeunes perpétuent l’héritage extrémiste de leurs familles, en s’enfonçant dans la haine et le radicalisme», écrit-il.

    Les jeunes qui choisissent la réconciliation

    Le ministre rend néanmoins hommage aux nombreux jeunes nés de parents condamnés pour génocide, mais qui ont choisi la voie de la vérité et de la réconciliation. Ces jeunes, selon lui, refusent d’être prisonniers de l’histoire tragique de leurs familles et s’engagent dans la construction d’un Rwanda uni.

    «Nous saluons les actes courageux de très nombreux jeunes qui, bien que nés de parents ayant commis le génocide, ont choisi d’être des bâtisseurs d’unité et non des porteurs de haine. Ils sont les véritables artisans d’un Rwanda nouveau, fier et résilient», affirme Dr Bizimana.

    Un appel à la responsabilité morale et patriotique

    Le ministre termine son message par un appel direct aux jeunes concernés: «Abandonnez l’extrémisme, rejetez et libérez-vous de l’héritage génocidaire de vos parents. Rejoignez-nous pour construire un Rwanda qui ne sera plus jamais une nation de division et de haine. Ce sera votre grandeur.»

    En dénonçant publiquement ces dérives, Dr Bizimana affirme la volonté de défendre la mémoire des victimes et de protéger les jeunes générations des manipulations mémorielles et politiques orchestrées depuis l’étranger.

    NDLR: Nous avons conservé les pseudonymes et les noms utilisés sur X, car c’est sur cette plateforme que s’engage cette bataille mémorielle et idéologique.

  • Les clés du secteur Tumba au cœur du procès en appel du Dr Sosthène Munyemana à Paris

    Le Dr Sosthène Munyemana, actuellement en procès en appel devant la Cour d’assises de Paris en France, a reconnu qu’au moment du génocide contre les Tutsi, il avait reçu les clés du bureau du secteur de Tumba, dans la préfecture de Butare (actuel district de Huye), où il enfermait des personnes qui cherchaient refuge, estimant qu’elles y seraient en sécurité.

    Ce médecin, bien connu dans la ville de Butare pour son travail à l’hôpital universitaire et à l’ancienne Université nationale du Rwanda (UNR), a été condamné en décembre 2023 à 24 ans de réclusion pour génocide, crimes contre l’humanité et complicité dans ces crimes. Les faits qui lui sont reprochés ont été commis dans le secteur de Tumba.

    Depuis l’enquête jusqu’au procès, plusieurs témoins ont affirmé qu’il avait enfermé de nombreux Tutsi dans les bureaux du secteur, dont il détenait les clés, avant qu’ils ne soient tués et jetés dans des fosses.

    Le Dr Munyemana a déclaré que le 23 avril 1994, il avait reçu les clés de François Bwanakeye, alors conseiller du secteur de Tumba, alors que de nombreux Tutsi cherchaient refuge. Il a expliqué qu’à cette époque, les autorités lui faisaient confiance.

    Le médecin a raconté que la première fois qu’il s’était rendu au bureau du secteur pour ouvrir la porte aux Tutsi réfugiés, il avait trouvé entre 20 et 30 personnes encerclées par des miliciens Interahamwe déjà très agressifs. «J’ai insisté pour dire que j’étais envoyé par Bwanakeye et qu’il viendrait après. Quand j’ai ouvert la porte, les réfugiés sont rapidement entrés, et les Interahamwe n’ont rien fait. J’ai refermé la porte pour qu’ils soient en sécurité», a-t-il dit.

    Le Dr Munyemana a expliqué qu’en constatant l’absence de moyens essentiels comme l’eau ou la nourriture, et le manque de sécurité, il avait considéré que c’était au conseiller Bwanakeye d’assurer leur protection. «En les mettant à l’intérieur, j’ai vu qu’ils ne pouvaient pas y rester longtemps, alors j’ai appelé Bwanakeye pour qu’il vienne vite, car ces gens étaient toujours en danger. J’ai pensé que mon rôle était de les mettre à l’abri, et que leur sécurité relevait de Bwanakeye», a-t-il ajouté.

    Le juge lui a demandé pourquoi il n’avait pas rendu les clés à Bwanakeye s’il estimait que ce dernier devait s’occuper de la sécurité des réfugiés. Il a répondu que le conseiller lui avait dit ne pas pouvoir quitter son domicile à cause de la présence d’Interahamwe rôdant aux alentours. Le Dr Munyemana a précisé que ce n’est que le 24 avril 1994 que Bwanakeye avait pu se rendre au bureau du secteur, et qu’à partir de ce moment-là, la suite le concernait.

    Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’avait pas remis les clés aux Tutsi enfermés dans le bâtiment, afin qu’ils puissent ouvrir eux-mêmes en cas de besoin, il a répondu: «Je ne voulais pas que quelqu’un d’autre partage les clés avec moi.» Il a soutenu que leur remettre les clés aurait pu mettre leur vie davantage en danger, car les tueurs, quatre ou cinq d’entre eux armés de bâtons et de gourdins, rôdaient souvent autour du bâtiment.

    Lorsqu’on lui a demandé s’il avait averti Bwanakeye que les tueurs pouvaient forcer la porte et tuer les réfugiés enfermés, il a reconnu ne pas l’avoir fait. Il a déclaré avoir gardé les clés du bureau du secteur de Tumba du 23 avril jusqu’au 15 mai, date à laquelle il les a finalement rendues à Bwanakeye.

    Bien que le Dr Munyemana ait affirmé avoir enfermé les Tutsi pour les protéger, un témoin à décharge a déclaré au tribunal que les enfermer dans un bâtiment public revenait à les condamner à mort. «Les placer dans un bâtiment de l’État, c’était les condamner à mourir, car tout le monde les aurait repérés», a déclaré un témoin, le 28 septembre dernier.

    Le verdict du procès en appel entamé le 16 septembre dernier est attendu le 24 octobre 2025.

    Par Sosthène Musonera

  • Assurance privée: des retraités laissés sans couverture santé

    Lors d’une séance deevant la commission sociale et des droits humains du Sénat du Rwanda tenue lundi 20 octobre 2025, la ministre de la Fonction publique et du Travail, Christine Nkulikiyinka, a exposé les efforts du gouvernement en matière d’épargne-retraite, de contrôle de l’emploi et de protection des seniors.

    Dans le même temps, les sénateurs ont dénoncé les failles critiques du système d’assurance maladie pour les travailleurs du secteur privé une fois à la retraite.

    La ministre a indiqué que le gouvernement multiplie les initiatives pour inciter les Rwandais à épargner et à se préparer à la retraite. Elle a par ailleurs souligné que des réformes des lois du travail sont en cours, ainsi qu’un renforcement de l’inspection du travail afin de s’assurer que les salariés disposent de contrats conformes. Ces propos s’inscrivent dans les missions de son ministère: «institutionnaliser une administration publique performante et créer un environnement favorable à l’emploi décent».  

    Le point de discussion: l’assurance maladie des retraités du privé

    Lors des échanges, certains sénateurs ont mis en lumière un problème pressant: les assureurs privés stoppent souvent la couverture santé des adhérents au moment de la retraite, ce qui les place dans une situation extrêmement vulnérable.

    Un sénateur a rapporté le cas personnel de sa femme: bien qu’elle ait bénéficié d’une assurance privée via sa banque, elle a perdu cette protection une fois retraitée. Heureusement, la famille reste couverte par la couverture publique RAMA. Mais «ceux qui ne sont pas sous RAMA n’ont rien sur quoi compter», a-t-il dénoncé.

    Le sénateur a aussi relevé que certains retraités, même disposant d’une pension confortable, peinent à adhérer à un nouveau plan d’assurance maladie après 60 ou 65 ans, les assureurs les considérant comme à haut risque.

    Il a plaidé pour que les travailleurs du privé ayant cotisé au fond de pension puissant automatiquement bénéficier de l’assurance santé publique après leur activité.

    «Une personne de 60 ans qui vit dans la peur ne peut pas vivre longtemps», a-t-il martelé. Les sénateurs ont donc proposé de mettre en place des plans durables de long terme pour garantir la couverture santé après la vie active.

    La ministre Nkulikiyinka a reconnu la question et assuré que le gouvernement l’examinerait. «La protection des travailleurs du secteur public et privé est notre préoccupation», a-t-elle déclaré, précisant que le dossier serait discuté à fond.

    Elle rappelle par ailleurs que selon la loi de 2015 sur les régimes d’assurance-maladie, les retraités couverts par le régime public (comme RAMA) continuent à bénéficier de la couverture après la retraite. En revanche, ceux assurés via des contrats privés dépendent des termes de leur contrat, sans garantie.

  • Rencontre Kagame-Faye: vers un partenariat stratégique entre le Rwanda et le Sénégal

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a entamé le samedi la deuxième journée de sa visite d’État de trois jours au Rwanda. Il a été reçu ce matin au Village Urugwiro à Kigali par le président Paul Kagame, autour d’une série de séances de travail, de visites institutionnelles et de la signature de cinq accords bilatéraux.

    Une matinée marquée par l’entretien des deux chefs d’État

    La journée a débuté par un hommage du président Faye au site mémorial du génocide de Kigali, situé à Gisozi. Puis, les deux chefs d’État se sont entretenus en tête-à-tête, avant de rencontrer leurs délégations respectives, afin de définir les grands axes de la coopération, notamment la jeunesse, l’innovation, la gouvernance et le développement.

    Après ce tête-à-tête, le président Kagame a ainsi déclaré:

    «Le président Faye et moi partageons une profonde préoccupation pour l’avenir de l’Afrique, et en particulier pour le rôle vital de sa jeunesse. Leur talent et leur résilience sont indéniables. Notre responsabilité est de faire en sorte qu’ils disposent d’un environnement stable, juste et innovant qui leur permette d’atteindre leur plein potentiel. C’est une priorité dans nos efforts communs.»

    Et d’ajouter:

    «Le Rwanda et le Sénégal sont guidés par les mêmes valeurs: placer les personnes au premier plan, produire des résultats, et poursuivre une vision audacieuse et transformatrice. Nous partageons également la vision d’un continent uni et autonome, guidé par une gouvernance responsable et un développement inclusif.»

    Signature de cinq accords de coopération

    La visite a été ponctuée par la signature de cinq accords-cadres entre les deux pays, qui concernent:

    • l’exemption des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques, de service et ordinaires;
    • un protocole de coopération dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage;
    • un protocole de partenariat pour le développement de programmes stratégiques;
    • un protocole de collaboration dans le secteur de la santé;
    • un mémorandum d’entente sur la coopération dans les services correctionnels et les affaires pénitentiaires.

    Visite institutionnelle et synergies sectorielles

    Dans l’après-midi, le président Faye s’est rendu à la plateforme nationale des services publics numériques du Rwanda, IREMBO, où il a découvert les solutions «e-gouvernement». Il a été accueilli par le Secrétaire d’État chargé des TIC et de l’Innovation.

    Par ailleurs, la réunion avec les ministres rwandais des Affaires étrangères et du Sport, et le directeur général de l’office rwandais de développement (RDB) a permis d’explorer les synergies entre sport, tourisme et innovation, axes identifiés par le Rwanda comme des leviers essentiels de développement.

    Le président Faye a toutefois souligné que, malgré des relations politiques solides, «le commerce est encore très faible et le cadre légal modeste». Un accord signé en septembre 2025 sur les services aériens entre le Rwanda et le Sénégal témoigne déjà de la dynamique montante de cette coopération.

  • Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye entame une visite de travail au Rwanda

     

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est arrivé à Kigali ce vendredi 17 octobre 2025 pour une visite officielle de trois jours, à l’invitation de son homologue rwandais, Paul Kagame. Cette mission marque une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales entre le Sénégal et le Rwanda, deux nations africaines engagées dans la coopération sud-sud.

    À l’aéroport international de Kigali, le président Paul Kagame a accueilli son homologue sénégalais, le président Bassirou Diomaye Faye en présence de hauts responsables gouvernementaux des deux pays. Les deux chefs d’État se rencontreront demain pour des entretiens bilatéraux afin d’explorer de nouvelles opportunités de renforcer les liens déjà solides entre le Rwanda et le Sénégal.

    Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation des liens d’amitié et de coopération entre les deux nations, fondée sur des valeurs communes de solidarité, de paix et de développement durable.

    Au cours de son séjour, le président sénégalais rencontrera plusieurs ministres et responsables d’institutions rwandaises, notamment ceux du l’Office Rwandais de Développement (RDB). Ces échanges visent à explorer de nouvelles avenues de collaboration dans des secteurs clés tels que l’économie, la technologie, l’agriculture, l’éducation et la santé.

    Les relations entre le Sénégal et le Rwanda sont marquées par une coopération croissante dans divers domaines. Depuis l’ouverture de l’ambassade du Rwanda à Dakar en 2011, les deux pays ont multiplié les échanges diplomatiques et les projets communs. Cette visite du président Faye constitue une nouvelle étape dans le renforcement de ce partenariat.

  • Succès et défis à l’honneur lors de la collation des grades à l’UR

    Dans le stade du campus de Huye, lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’Université du Rwanda (UR), le Premier Ministre Dr Justin Nsengiyumva a félicité la promotion 2025, l’invitant à avancer avec courage et détermination.

    Il a rappelé que ce jalon marque le début d’un nouveau parcours à construire avec des idées audacieuses et des actions portées par du sens. Il a aussi encouragé les diplômés à incarner les valeurs du Rwanda, unité, travail acharné et patriotisme.

    Le Premier Ministre a réaffirmé l’engagement du Gouvernement envers l’enseignement supérieur, saluant l’UR pour son soutien à la recherche et à l’innovation répondant à des défis concrets. Il a invité les enseignants et les chercheurs à aligner leurs travaux sur les objectifs de développement du pays pour que leurs contributions soient pertinentes et porteuses de changement.

    Au total, 9 526 diplômés ont été célébrés. Parmi eux : 8 462 licenciés, 697 titulaires de master, et 35 docteurs, ainsi que les titulaires de diplômes, certificats avancés et spécialisations couvrant toutes les filières des sept collèges de l’UR.

    Le Premier Ministre a souligné que cette cérémonie constitue un point de transition entre l’étude et l’action: “Ce que vous allez entreprendre sera une pierre angulaire du développement, et la nation vous regarde.”

    Il a affirmé que le Rwanda est aujourd’hui un pays fondé sur le savoir, et que les universités ont la mission de former des esprits de qualité pour accompagner les transformations attendues.

    Cependant, Dr Nsengiyumva a mis en garde : un diplôme ne suffit pas. Il a exhorté les diplômés à anticiper l’avenir, à affronter les défis sans se laisser abattre, à utiliser leur formation pour surmonter les obstacles. Il les a encouragés à se distinguer par leur éthique, leur sens du devoir, et leur attachement aux valeurs culturelles rwandaises, en particulier la civilité et une conduite irréprochable.

    De son côté, Professeur Kayihura Muganga Didas, Vice-Chancelier de l’UR, a livré un message empreint de réalisme : dans un monde en mutation rapide, propulsé par les technologies émergentes et l’intelligence artificielle, les diplômés doivent être des acteurs du changement, et non de simples spectateurs. Il a insisté sur l’inéluctabilité des difficultés, mais affirmé que le courage, l’adaptabilité et la résilience seront leurs meilleurs atouts.

    Il a également remercié les parents, enseignants et partenaires qui ont soutenu ces étudiants dans leur parcours, les encourageant à rester engagés envers l’UR et à devenir ses ambassadeurs, au Rwanda comme à l’étranger.

    Enfin, Mitali Caleb, diplômé dans la filière agriculture et élevage, a exprimé sa fierté : il a remercié sa famille et ses enseignants, déclarant: «Nous nous engageons à innover, même face à l’adversité, pour contribuer au pays qui nous a élevés.»

  • Le Rwanda publie une liste de 25 ressortissants sanctionnés pour financement du terrorisme

    Le Centre rwandais de renseignement financier (Financial Intelligence Center – FIC) a rendu publique une liste de 25 Rwandais sanctionnés pour avoir soutenu financièrement des activités terroristes à l’intérieur du pays.

    Ils sont accusés d’avoir fourni un appui matériel ou financier à des groupes terroristes, d’en avoir créé ou dirigé certains, ou encore d’avoir participé à des actions visant à déstabiliser le Rwanda.

    Cette liste, approuvée par le Comité national de lutte contre le terrorisme, comprend des dirigeants et membres de groupes tels que les FDLR de RNC, du MRCD, du FLN et d’autres organisations hostiles au Rwanda.

    1. Lieutenant-Général Gaston Iyamuremye

    Alias Rumuli ou Victor Byiringiro, né le 14 janvier 1949 à Muko (Musanze). Chef des FDLR, il figure déjà sur la liste noire du Conseil de sécurité de l’ONU. Il est impliqué dans la planification d’attaques contre le Rwanda, le pillage des civils et le commerce illégal de minerais en RDC.

    1. Général-Major Pacifique Ntawunguka (alias Omega)

    Né en 1964 à Gaseke (Ngororero). Commandant en chef des FOCA, la branche armée des FDLR. Sanctionné par l’ONU et les États-Unis pour financement du terrorisme, extorsion et attaques contre le Rwanda.

    1. Colonel Sylvestre Sebahinzi (alias Zinga Zinga ZZ)

    Né le 8 septembre 1961 à Karago (Nyabihu), neveu de l’ex-président Habyarimana. Homme d’affaires installé en Zambie, il finance les FDLR et a dirigé le groupe jusqu’en 2009.

    1. Major Alphonse Munyarugendo (alias Monaco Dollar)

    Né en 1966 à Ngororero, résidant à Maputo (Mozambique). Ancien dirigeant de l’ALIR, devenue FDLR. Il représente le mouvement en Afrique australe et collecte des fonds pour ses opérations contre le Rwanda.

    1. Faustin Ntirikina (alias Zigabe Pacifique)

    Né à Hindiro (Ngororero), de nationalité française, habitant Mulhouse. Il a encouragé des jeunes à rejoindre des groupes armés comme le RUD-Urunana et le FLN, et participé à la préparation des attaques de Kinigi en 2019.

    1. Général-Major Antoine Hakizimana (alias Jeva)

    Né en 1971 à Kanjongo (Nyamasheke). Chef militaire du CNRD–FLN, accusé d’avoir organisé des attaques à Nyaruguru et Kitabi depuis Bujumbura (Burundi).

    1. Eric Munyemana

    Né en 1972 à Karongi, citoyen belge résidant à Aalst. Vice-président du FLN, chargé de collecter des fonds pour financer ses activités.

    1. Dr Innocent Biruka (alias Mitali)

    Né en 1964 à Huye, résidant à Mulhouse (France). Secrétaire général du CNRD–FLN, impliqué dans le recrutement de jeunes pour la FLN et la coalition P5, et dans les attaques de Yanze (Nyaruguru) en 2018.

    1. Faustin Kayumba Nyamwasa

    Né en 1958 à Rukungiri (Ouganda), cofondateur du RNC et du front militaire P5, basé à Pretoria. Condamné par contumace pour les attaques à la grenade à Kigali (2010–2013), en lien avec les FDLR.

    1. Dr Emmanuel Hakizimana

    Né en 1963 à Gisagara, vivant à Montréal (Canada). Cofondateur de RNC et du MRCD, il recrute et collecte des fonds pour soutenir des activités anti-rwandaises.

    1. Abdulkarim Ali Nyarwaya (alias Dick Nyarwaya)

    Né en 1968 à Jinja (Ouganda), citoyen britannique vivant à Londres. Membre de la coalition P5, associé à Kayumba Nyamwasa dans le financement du terrorisme.

    1. Major Robert Higiro (alias Gasisi)

    Né en 1970 à Kabarore (Ouganda), résident à Nairobi (Kenya). Membre du RNC et de P5, impliqué dans la coordination logistique et le financement de la formation de combattants.

    1. Frank Ntwali

    Né en 1977 à Kampala (Ouganda), résidant à Johannesburg (Afrique du Sud). Représentant de RNC en Afrique australe, chargé du recrutement conjoint avec les FDLR.

    1. Ignace Rusagara

    Né en 1986 à Mubende (Ouganda), vivant dans l’État du Maine (États-Unis). Porte-parole de RNC, il diffuse la propagande anti-rwandaise liée aux FDLR.

    1. Jean Paul Turayishimiye

    Né en 1972 à Rutshuru (RDC), vivant à Washington (États-Unis), interprète judiciaire. Cofondateur de RNC et du RAC–Urunana, il utilise la chaîne YouTube East African Daily pour promouvoir la haine et lever des fonds pour P5.

    1. Gaspard Musabyimana

    Né en 1955 à Burera, commerçant résidant à Bruxelles. Propriétaire des sites Musabyimana.net et Radio Inkingi, utilisés pour diffuser la propagande des FDLR et du P5.

    1. Placide Kayumba

    Né en 1981 à Gisagara, vivant à Namur (Belgique). Il sert de lien entre la FDU et les FDLR, et soutient le P5.

    1. Augustin Munyaneza

    Né en 1963 à Muhanga, chauffeur de taxi à Bruxelles. Membre de la FDU–Inkingi, accusé de collecter des fonds pour les FDLR–FOCA et le P5.

    1. Michel Niyibizi

    Né en 1956 à Ngororero, enseignant vivant à Tournai (Belgique). Impliqué dans la mobilisation de fonds et la planification d’attaques visant le Rwanda.

    1. Jonathan Musonera

    Né en 1964 à Nyanza, résidant à Londres. Collecte des fonds et assure la communication pour le RNC et les FDLR.

    1. Dr Théogène Rudasingwa

    Né en 1961 à Ngoma, vivant à Washington (États-Unis). Cofondateur de RNC, promoteur de l’alliance RNC–FDLR. Ancien ambassadeur du Rwanda aux États-Unis (1996–1999) et ex-directeur de cabinet du président (2000–2004). Condamné pour implication dans les attaques à la grenade à Kigali.

    1. Major Jacques Kanyamibwa

    Né en 1957 à Karongi, vivant à Toulouse (France). Membre des FDLR et du RUD–Urunana, il a soutenu les attaques de Musanze (2019) et recruté des combattants.

    1. Thomas Nahimana

    Né en 1971 à Rusizi, vivant à Le Havre (France). Président du parti ISHEMA, coordonne plusieurs groupes extrémistes. Utilise sa chaîne Isi n’Ijuru TV pour diffuser des messages d’incitation à la haine et au terrorisme.

    1. Christine Coleman Uwizera

    Née en 1972 à Gakenke, citoyenne américaine résidant à Denver (Colorado). Pasteure, elle soutient activement le FLN et promeut ses activités via son compte X (@SOS_Rwanda).

    1. Sylvestre Nduwayesu (alias Jet Lee)

    Né en 1972 à Musanze, actif à Kampala (Ouganda). Responsable du recrutement pour les groupes P5 et RUD–Urunana, impliqué dans l’achat d’armes pour des attaques contre le Rwanda.