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  • Seules 11 fédérations sportives jugées performantes seront financées par l’État – Ministre Mukazayire

    La ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a annoncé devant les députés que seules 11 fédérations sur 35 bénéficieraient du soutien financier de l’État. Une décision motivée par la volonté du gouvernement de s’assurer que chaque franc investi dans le sport produise des résultats concrets, aussi bien en matière de performances qu’en détection des talents.

    Des fonds réservés aux fédérations performantes

    S’exprimant devant la Commission des comptes publics (PAC) du Parlement, la ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a expliqué que le Rwanda allait désormais concentrer ses ressources sur les fédérations les plus performantes.

    “Nous avons constaté que seules 11 fédérations sur 35 démontrent aujourd’hui un réel impact, que ce soit dans la détection des talents ou dans les résultats obtenus. Ce sont celles-là qui continueront à recevoir l’appui de l’État”, a-t-elle déclaré.

    Ces 11 fédérations comprennent sept disciplines collectives: football, volleyball, basketball, handball, cyclisme, athlétisme et volleyball assis (paralympique); et quatre disciplines individuelles : karaté, kung-fu, natation et tennis.

    Selon la ministre, ces fédérations ont prouvé leur sérieux, présenté des plans clairs de développement et démontré un potentiel de résultats mesurables.

    Mukazayire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse: “Nous devons suivre chaque franc public pour qu’il produise des résultats. Aucune dépense ne sera autorisée sans une étude claire montrant ce que l’investissement apportera au pays.”

    Fin des “voyages sans résultats”

    La ministre a également dénoncé les participations d’équipes nationales à des compétitions internationales sans préparation adéquate, qualifiant ces déplacements de voyages sans impact. “Nous ne pouvons plus envoyer des équipes juste pour participer. Si nous savons que nous n’allons pas être compétitifs, nous préférons ne pas y aller plutôt que de gaspiller les ressources publiques”, a-t-elle affirmé.

    Elle a cité l’exemple de la sélection des moins de 17 ans (U17), absente du tournoi CECAFA de l’an dernier faute de préparation suffisante: “Nous avons choisi de ne pas y participer pour ne pas gaspiller de l’argent. Nous avons plutôt utilisé ces fonds pour former de jeunes joueurs, recruter un entraîneur et intégrer des talents évoluant à l’étranger. Cette année, l’équipe sera prête à défendre nos couleurs en Éthiopie.”

    La ministre a révélé que chaque déplacement d’une équipe nationale coûte au minimum 300 millions de francs rwandais, en raison des frais de transport, d’hébergement et de préparation. “C’est beaucoup d’argent, nous devons donc nous assurer que chaque sortie rapporte quelque chose”, a-t-elle insisté.

    Une meilleure transparence financière exigée

    Devant les députés, Nelly Mukazayire a reconnu que plusieurs irrégularités avaient été relevées par le rapport de l’auditeur général pour l’exercice 2022–2023, notamment sur l’utilisation de 9,7 milliards de francs destinés à l’organisation d’événements sportifs. Certaines fédérations n’avaient pas produit les rapports justificatifs requis, tandis que d’autres n’avaient pas remis de documents complets.

    Elle a toutefois précisé que la situation s’améliorait: “Nous avons désormais un auditeur interne au ministère, ce qui nous permet de mieux suivre l’usage des fonds. Nous avons aussi exigé que toutes les fédérations soumettent leurs rapports financiers pour 2022–2023 et 2023–2024 avant la fin de 2025.”

    La ministre appelle les fédérations à une gestion responsable et à une culture de résultats: “Le sport est un secteur porteur, mais coûteux. Il faut investir là où les efforts et les résultats sont visibles. Notre objectif n’est pas de réduire les dépenses, mais de garantir que chaque investissement serve au développement durable du sport rwandais.”

  • Le Chef d’État-Major des Forces de Défense du Kenya en visite officielle au Rwanda

    Le Général Charles Muriu Kahariri, Chef d’État-Major des Forces de Défense du Kenya (CDF-KDF), effectue une visite de travail au Rwanda du 4 au 7 novembre 2025, a annoncé le ministère rwandais de la Défense dans un communiqué officiel.

    Lors de cette visite, le Général Kahariri, accompagné de sa délégation, a été reçu au siège du Ministère de la Défense et des Forces Rwandaises de Défense (MOD/RDF) par son homologue, le Chef d’État-Major des RDF, le Général Mubarak Muganga. La délégation a également présenté ses salutations au Ministre de la Défense, l’Honorable Juvenal Marizamunda.

    Selon le communiqué du MINADEF/RDF, les discussions bilatérales ont porté sur l’examen de l’excellente coopération en matière de défense entre le Rwanda et le Kenya, l’identification de nouvelles opportunités pour renforcer ce partenariat existant et l’échange de perspectives sur les dynamiques de défense et de sécurité dans la région.

    S’adressant aux médias, le Général Kahariri a déclaré que sa visite vise à réaffirmer et à approfondir l’amitié de longue date entre les deux pays et leurs forces armées. “Notre présence ici confirme la relation solide qui unit nos deux pays et nos forces de défense, depuis les premiers efforts du Rwanda pour reconstruire ses forces après le génocide. Cette visite vise à renforcer notre amitié et à explorer des moyens d’élargir notre partenariat, notamment dans les domaines de la formation, de la paix régionale et de la stabilité. Nous sommes reconnaissants pour l’accueil chaleureux et nous nous réjouissons de finaliser l’Accord de Coopération en matière de Défense, actuellement dans ses dernières étapes”, a-t-il affirmé.

    Dans le cadre de sa visite, le Général Kahariri s’est également rendu au Mémorial du Génocide de Kigali pour rendre hommage aux victimes du Génocide contre les Tutsi de 1994. Il a ensuite visité le Musée de la Campagne contre le Génocide.

    Le programme de la visite inclut également une rencontre avec les participants du Cours Supérieur de Commandement et d’État-Major au Collège de Commandement et d’État-Major des Forces Rwandaises de Défense (RDFCSC) à Nyakinama, où le Général Kahariri donnera une conférence exceptionnelle.

  • Le ministre Bizimana dénonce la tentative de réhabilitation du régime Habyarimana

    Le Dr Jean Damascène Bizimana répond aux affirmations de Jean Léon Habyarimana, visant à effacer le passé autoritaire et discriminatoire de son père.

    Depuis quelques jours, les réseaux sociaux s’enflamment autour des déclarations de Jean Léon Habyarimana, fils de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Sous le compte @haby_haby2 sur la plateforme X, il s’efforce de présenter le régime de son père comme un modèle de paix, d’unité et de prospérité.

    Face à cette réécriture de l’histoire, le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, le Dr Jean Damascène Bizimana, a répliqué point par point, dénonçant une entreprise de désinformation visant à glorifier un régime marqué par la terreur, la discrimination et la persécution.

    Pour le Dr Bizimana, aucune falsification ne saurait masquer les faits: le régime de Juvénal Habyarimana, fondé sur la peur, la discrimination et la répression, a pavé la voie au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Un récit falsifié pour sanctifier un régime criminel

    Selon Jean Léon Habyarimana, le Rwanda de son père aurait été “un pays en paix avec lui-même, respecté par ses voisins, où le bien-être des citoyens, l’éducation, l’unité nationale et la coopération régionale primaient sur les luttes de pouvoir”. Une vision idéalisée que le ministre Bizimana qualifie de mensongère et profondément insultante à l’égard des victimes du régime.

    Pour le ministre, le régime Habyarimana n’a jamais incarné ni la paix, ni l’unité, ni le développement. Il rappelle que ce pouvoir s’est ouvert dans le sang et s’est achevé dans le génocide des Tutsi, ”le dernier du XXe siècle”. De 1973 à 1990, le Rwanda fut un État totalitaire, répressif et fondé sur une hiérarchisation ethnique institutionnalisée.

    Bizimana illustre ses propos par plusieurs épisodes marquants, soulignant que le coup d’État du 5 juillet 1973, présenté comme un acte de salut public, s’est en réalité accompagné de purges sanglantes, d’arrestations arbitraires et de meurtres politiques. Dès février 1973, alors qu’il était ministre de la Défense, Habyarimana avait participé à l’expulsion systématique des Tutsi des écoles, universités et emplois publics et privés. Ce mouvement, appelé « déguerpissement », a touché entre 1 600 et 2 000 personnes, selon le journal Kinyamateka du 18 septembre 1973.

    Un pouvoir autoritaire et répressif

    Une fois installé au pouvoir, Habyarimana ne tarda pas à se retourner contre ses anciens compagnons du régime Kayibanda. Plus de 70 hauts responsables du PARMEHUTU furent arrêtés, détenus dans des conditions inhumaines et exécutés sans procès dans les prisons de Ruhengeri et Gisenyi, sous la supervision de proches du président, notamment Protais Zigiranyirazo, son beau-frère.

    Les prisonniers étaient privés de nourriture et de lumière et forcés de vivre dans des cellules insalubres. Certains furent contraints de manipuler les excréments d’autres détenus avant de manger, un traitement digne de la torture. Le procès du major Théoneste Lizinde, en 1985, confirma la brutalité de ces méthodes.

    Le Dr Bizimana évoque également l’assassinat de l’ancien président Grégoire Kayibanda et de son épouse, morts en détention à Kavumu (Muhanga), gardés par les hommes du colonel Élie Sagatwa, oncle de Jean Léon Habyarimana. « Est-ce cela la paix dont vous parlez ? », interroge le ministre.

    Même les dignitaires militaires n’échappaient pas à la répression : le colonel Alexis Kanyarengwe, après avoir fui le pays, vit sa famille persécutée, ses proches emprisonnés et ses amis accusés à tort de lui envoyer de l’argent. Parmi eux, le Dr Aloys Sebiziga fut détenu plus de deux ans sans fondement juridique, son procès orchestré par des figures militaires qui deviendront plus tard les planificateurs du génocide.

    Une politique de division et de discrimination systémique

    Sous Habyarimana, l’unité nationale n’était qu’un slogan vide, souligne Bizimana. En septembre 1973, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Alexis Kanyarengwe, avait reçu pour mission de veiller à ce que les Tutsi exclus des écoles et emplois ne soient jamais réintégrés.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes: entre 1974 et 1977, à l’Université nationale du Rwanda, seuls 21 Tutsi sur 501 diplômés, soit 4,19 %, réussirent à obtenir un diplôme. Même le quota discriminatoire de 9 % imposé aux Tutsi n’était pas respecté. Dans plusieurs facultés, leur présence fut totalement effacée.

    La marginalisation s’étendait à tous les niveaux : aucun Tutsi ne figurait parmi les dix préfets du pays entre 1973 et 1992, et la représentation ministérielle se limitait à un ou deux postes symboliques. Sur 70 députés, un seul appartenait à l’ethnie tutsie.

    L’armée et les services de sécurité obéissaient à des règles ouvertement racistes. Les officiers ne pouvaient épouser des femmes tutsi, sauf après enquête approfondie des services de renseignement. Le recrutement, lui, obéissait à des quotas stricts: dans la fonction publique et les entreprises d’État, les Tutsi étaient confinés à des emplois subalternes.

    À titre d’exemple, le ministre Bizimana révèle les statistiques officielles de 1992 qui en témoignent:

    • BNR : 550 employés dont 54 Tutsi ;
    • SONARWA : 303 employés dont 31 Tutsi ;
    • ONATRACOM : 645 employés dont 79 Tutsi ;
    • OCIR-Café : 662 employés dont 31 Tutsi ;
    • ONAPO : 251 employés dont 7 Tutsi ;
    • OPROVIA : 354 employés dont 41 Tutsi.

    Les rares Tutsi employés n’occupaient que des fonctions modestes comme chauffeurs, secrétaires, commis ou jardiniers.

    Les réfugiés tutsi, exclus à jamais de la nation

    L’exclusion allait au-delà des frontières: les réfugiés tutsi, chassés par les violences de 1959, étaient considérés comme des traîtres indésirables. Habyarimana poursuivit la politique de son prédécesseur en leur retirant tout droit de retour et toute propriété.

    Une circulaire du 25 décembre 1973, signée par les ministres Kanyarengwe et Bonaventure Habimana, stipulait que les biens des réfugiés seraient confisqués et que les anciens propriétaires ne pourraient jamais revendiquer leur retour. Le texte osait accuser les exilés d’être seuls responsables de leur dispersion.

    Le 22 mai 1975, une autre lettre ministérielle fixait même un délai de deux mois pour appliquer ces spoliations. Les biens non réutilisés dans l’intérêt public pouvaient être vendus aux enchères ou redistribués aux partisans du régime. “Est-ce là la paix, l’unité et la justice que vous vantez?”, questionne Bizimana, soulignant le cynisme d’un système bâti sur l’exclusion et la haine.

    Une entreprise de réhabilitation vouée à l’échec

    Le ministre conclut que la tentative de Jean Léon Habyarimana de réhabiliter le régime de son père relève d’une stratégie de manipulation mémorielle visant à légitimer un passé criminel. “Ce discours nostalgique cherche à effacer la mémoire des victimes et à reblanchir l’histoire”, dénonce-t-il.

    Il finit par prévenir que d’autres volets suivront pour démontrer, documents à l’appui, les échecs du régime Habyarimana dans tous les secteurs: politique, économique, social et diplomatique. “La paix, l’unité et le développement ne peuvent s’enraciner dans le mensonge”, conclut-il.

  • Le fils d’immigré ougandais et indien Zohran Mamdani, élu maire de New York

    Fulgence Niyonagize

    À 34 ans, ce fils d’immigrés ougandais et indien incarne une nouvelle génération politique qui bouscule les traditions démocrates américaines.

    New York a tourné une page de son histoire politique. Le lundi 3 novembre 2025, Zohran Mamdani, 34 ans, a été élu maire de la plus grande ville des États-Unis, devenant ainsi le plus jeune à occuper ce poste, mais aussi le premier musulman et le premier socialiste assumé à diriger la capitale économique mondiale. « Mes amis, nous avons renversé une dynastie politique », a déclaré Mamdani lors de son discours de victoire, soulignant le caractère historique de son accession et le mandat de changement que lui a confié la population.

    Un parcours atypique

    Né dans le Queens de parents ougandais d’origine indienne, Zohran Mamdani est le fils de l’éminent intellectuel ougandais Mahmood Mamdani et de l’écrivaine Mira Nair. Il s’est fait connaître en tant que militant communautaire avant de devenir député à l’Assemblée de l’État de New York. Figure montante de l’aile gauche du Parti démocrate, il a rapidement conquis une base populaire en prônant une politique de justice sociale, d’équité économique et de défense des minorités.

    Son engagement politique s’inscrit dans la lignée du courant progressiste représenté par Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders, avec qui il partage une vision critique du capitalisme américain et une volonté de repenser le modèle économique au service du plus grand nombre. « New York, ce soir, vous avez délivré un mandat pour le changement, un mandat pour une nouvelle forme de politique », a-t-il ajouté, montrant que son élection dépasse sa seule personne et porte un message politique plus large.

    Une campagne axée sur le coût de la vie et la justice fiscale

    Tout au long de sa campagne, Mamdani a mis en avant un message clair : rendre New York vivable pour tous. Il a promis de s’attaquer à la flambée des loyers, d’investir massivement dans le logement social et les transports publics, et de taxer davantage les grandes fortunes pour financer des services publics accessibles.

    Sa rhétorique directe, ses origines modestes et sa capacité à parler le langage des jeunes et des classes populaires ont fait de lui un candidat atypique dans une ville souvent dominée par les élites économiques. « Le 1er janvier, je serai assermenté en tant que maire de New York, et c’est grâce à vous », a-t-il déclaré, reconnaissant le rôle des électeurs dans sa victoire.

    Une élection au goût de revanche

    Son accession à la mairie intervient dans un climat politique tendu, marqué par la montée du populisme de droite et le retour sur le devant de la scène de Donald Trump, qui a menacé d’“isoler” New York si la ville continuait de “punir les riches”. Mamdani lui a répondu sans détour : « Nous n’avons pas besoin de menaces, mais de solutions. La vraie grandeur de l’Amérique viendra de sa capacité à prendre soin des plus vulnérables. »

    Lire aussi: New York: l’Américano-Ougandais Zohran Mamdani dans la ligne de mire de Donald Trump

    Pour beaucoup d’observateurs, son élection symbolise la revanche des marges contre le centre, des jeunes contre les élites, et des minorités contre un système politique souvent excluant. Elle pourrait aussi inspirer une vague progressiste dans d’autres grandes villes américaines.

    Un défi colossal

    Mais les défis qui attendent Mamdani sont immenses. Entre le poids des intérêts financiers, la crise du logement, la sécurité urbaine et les inégalités croissantes, le nouveau maire devra rapidement prouver qu’il peut traduire ses idéaux en politiques concrètes. Ses détracteurs le jugent trop “idéaliste” et peu préparé à la complexité de la machine municipale new-yorkaise. Ses partisans, eux, y voient une force : celle d’un outsider prêt à redonner espoir à une population désabusée.

    “Ce n’est pas un rêveur, c’est un bâtisseur d’avenir”, lançait une militante lors de son dernier meeting avant l’élection.

  • Pourvoi en cassation en France déposé par le Dr Sosthène Munyemana dans le procès du génocide contre les Tutsi

    Le Dr Sosthène Munyemana a formé un pourvoi devant la Cour de cassation française, et la notification de ce recours est parvenue aux parties le mardi 4 novembre 2025.

    D’après les informations diffusées par le journal IGIHE, Me Richard Gisagara, l’un des avocats des parties civiles, a déclaré le 4 novembre que « le Dr Munyemana a formé un pourvoi devant la Cour de cassation. La notification est parvenue aux parties ce jour. »

    Il apparaît ainsi que la Cour de cassation aura pour mission d’examiner la régularité de la procédure et la conformité de la décision aux principes de droit, sans pour autant rouvrir l’examen des faits.

    Ce pourvoi ne remet pas en cause le fond de la décision prononcée par la cour d’assises d’appel de Paris mais vise exclusivement à contester la décision de dernier ressort sur des moyens de forme.

    Il s’agit d’examiner notamment d’éventuels vices de procédure dans l’instance ou dans la prise de décision, l’usage inapproprié d’un pouvoir juridictionnel ou encore la violation d’une règle de droit dans le déroulement du procès ou dans la décision elle-même. Il importe de souligner que ce pourvoi ne suspend pas l’exécution de la décision attaquée.

    Le Dr Munyemana, récemment condamné par la justice française à 24 ans de réclusion pour sa participation au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 dans le secteur Tumba à Butare (actuel district de Huye), avait vu cette condamnation, prononcée en décembre 2023, confirmée en appel le 23 octobre 2025.

    L’audience relative aux intérêts civils le concernant, c’est-à-dire l’examen du volet indemnitaire à l’égard des victims, est quant à elle prévue pour débuter le 8 juin 2026.

    Les associations de victimes intervenantes ont établi que le Dr Munyemana avait un rôle direct dans le génocide : elles lui reprochent notamment l’abandon de personnes tutsi dans les bureaux Du secteur Tumba, en connaissance de cause du risque de mort, ce qui constitue selon elles une privation de liberté et s’inscrit dans un plan d’extermination.

    Le tribunal a en outre relevé son implication dans la planification et la mise en œuvre du génocide, à travers sa participation à des réunions, son soutien actif à l’État organisateur et son implication dans les services de sécurité chargés de la traque des Tutsi.

  • “Mère du peuple fidèle, mais non co rédemptrice” : Rome clarifie les titres de Marie

    Le mardi 4 novembre 2025, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié une nouvelle note doctrinale intitulée Mater populi fidelis (Mère du peuple fidèle), document approuvé par le pape Leon XIV le 7 octobre.

    Cette note, fruit d’un long et minutieux travail collégial, pose un cadre plus précis concernant l’usage des titres attribués à la Vierge Marie dans la tradition catholique.

    Analyse des titres mariaux

    La note examine plusieurs appellations traditionnellement attribuées à la Vierge, en distinguant celles “approuvées” et celles qu’il convient d’éviter ou de réserver à un usage très encadré.

    • Sont valorisés des titres tels que « Mère des croyants », « Mère spirituelle », ou « Mère du peuple fidèle ».
    • En revanche, le titre « Co‑rédemptrice » est jugé inapproprié et problématique. La note précise: « il ne serait pas opportun d’utiliser le titre “Co‑rédemptrice” pour définir la coopération de Marie ».
    • Le titre « Médiatrice » (en particulier « Médiatrice de toutes les grâces ») est aussi soumis à de strictes réserves: s’il peut être employé dans un sens « inclusif et participatif » glorifiant le Christ, il devient inacceptable s’il donne à Marie un rôle parallèle ou équivalent à celui de Jésus‑Christ.

    Pourquoi ces précisions maintenant?

    Le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du DDF, a présenté la note en soulignant que certains groupes ou publications, notamment via les réseaux sociaux, proposaient des développements dogmatiques mariaux entraînant « des doutes parmi les fidèles ».

    En substance, la note réaffirme que toute dévotion à la Vierge doit demeurer ordonnée à la centralité du Christ et à son œuvre salvifique. «Tout en Marie est orienté vers la centralité du Christ», lit‑on dans le document.

    Points clés à retenir

    • Jésus‑Christ demeure l’unique Médiateur et Rédempteur selon le texte. L’emploi de titres qui risquent de masquer ce fait est donc fortement déconseillé. Exemple: « Co‑rédemptrice » « risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre ».
    • L’appel est fait à la prudence: tout titre marial doit être compris dans un cadre qui respecte la foi de l’Église et la tradition apostolique. «Quand une expression nécessite de nombreuses explications pour éviter quelle ne s’écarte dun sens correct, elle ne rend pas service à la foi du peuple de Dieu.»
    • Le document ne rejette pas la dévotion à Marie; au contraire, il l’encourage, mais dans une dynamique qui n’écrase pas  la primauté du Christ. Par exemple, la maternité de Marie « n’offusque ni ne diminue en rien la médiation unique du Christ, mais en manifeste au contraire la vertu ».

    Implications pour la vie de l’Église

    Cette clarification doctrinale marque un moment important pour la mariologie (l’étude théologique de Marie):

    • Elle peut influencer la liturgie, les formulations des prières, les enseignements dans les séminaires et l’enseignement pastoral marial.
    • Elle pose un cadre plus unifié pour éviter que des expressions populaires se développent de façon autonome et sans contrôle doctrinal.
    • Elle contribue à l’écumenisme: en refusant des formulations qui pourraient choquer d’autres confessions chrétiennes, l’Église catholique signale sa volonté de dialogue en matière mariale.

    La note MaterPopuliFidelis offre une clarification bienvenue dans un domaine où tradition, piété populaire et théologie se rencontrent parfois de façon complexe.

    L’Église demande à ses fidèles et aux communautés de continuer à honorer la Vierge Marie, mais toujours « à la lumière de la Parole de Dieu » et en référence au Christ, seul Sauveur.

    Source: Vatican News

  • “Sir David Beckham” décoré chevalier par Charles III

    Le mardi 4 novembre 2025, au majestueux Windsor Castle, l’ancien capitaine de l’équipe d’Angleterre, David Beckham, a été élevé au rang de chevalier par Charles III en personne. Le moment, empreint de solennité et de symbolisme, récompense ses services au sport et à la charité.

    Âgé de 50 ans, Beckham a disputé 115 matchs sous les couleurs de l’Angleterre et s’est distingué au sein de grands clubs comme Manchester United, Real Madrid, LA Galaxy et Paris Saint‑Germain.

    Lors de la cérémonie, Beckham, élégant dans un costume trois‑pièces confectionné par sa femme Victoria Beckham, s’est agenouillé devant le Roi, qui a porté l’épée pour achever le geste rituel de la mise à cheval. Les applaudissements résonnaient dans le Grand Vestibule tandis que la solennité jonchait les lieux.

    Accompagné de sa femme et de ses parents, Ted et Sandra, Beckham a confié: “C’est sans aucun doute le moment dont je suis le plus fier.” Il a également révélé avoir  commencé à pleurer  en apprenant la distinction.

    Mais au‑delà du terrain, c’est son engagement qui a scellé cet honneur. Ambassadeur de UNICEF depuis 2005 et récemment désigné ambassadeur de la King’s Foundation, il a dédié de nombreuses années à la cause humanitaire.

    Issu d’un milieu modeste de l’est de Londres, Beckham a souligné que grandir dans une famille fière d’être britannique avait nourri son aspiration à être ici, au château de Windsor, honoré par Sa Majesté.

    La remise de la chevalerie fut un moment sobre, mais riche de signification: musique royale, lumière filtrée à travers les larges fenêtres du château, invités alignés, un instant suspendu où sport, culture et contribution sociale se mêlaient. Un garçon de Leytonstone sous les projecteurs d’un des hauts lieux de la monarchie.

    Au sortir de la cérémonie, Sir David a posé, l’insigne à la boutonnière, entouré de sa femme désormais Lady Beckham, et de sa famille. Il a salué, discret mais rayonnant, dans la cour pavée du château.

  • Crise post-électorale en Tanzanie: le Prof. Lumumba recommande dialogue, réforme constitutionnelle et inclusion politique

    Par Fulgence Niyonagize

    La Tanzanie fait face à une tempête politique qu’elle n’a jamais connue depuis son indépendance. À la suite des élections controversées du 29 octobre 2025, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, provoquant un profond malaise à travers le pays.

    Dans une interview accordée à la chaîne YouTube Thee Alfa House, le professeur kényan et pan-africaniste P.L.O. Lumumba a qualifié la situation d’« inédite et profondément anti-tanzanienne». Il a exhorté la présidente Samia Suluhu Hassan à engager sans délai un dialogue national, à collaborer avec l’opposition et à reconnaître les erreurs qui ont conduit à cette crise. « La Tanzanie a toujours été un modèle de stabilité politique en Afrique », a déclaré Lumumba. « Ce que nous voyons aujourd’hui est une rupture avec cet héritage. »

    De l’unité à la discorde

    Le professeur Lumumba a retracé le parcours politique de la Tanzanie, depuis l’union entre le Tanganyika et Zanzibar en 1964 jusqu’à la stabilité incarnée par le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM).

    Sous la direction de Julius Nyerere et de ses successeurs, Mwinyi, Mkapa, Kikwete, Magufuli, puis Samia Suluhu Hassan, le pays avait connu des transitions pacifiques et exemplaires. « Lorsque la présidente Samia a pris les rênes après le décès de Magufuli, il y avait un espoir réel », a rappelé Lumumba.

    « Elle avait tendu la main à l’opposition, invité ses dirigeants au Palais présidentiel, et même permis le retour d’exil de Tundu Lissu (un opposant politique tanzanien Ndlr). Mais ce qui a suivi,  accusations de trahison, disqualifications, intimidations, a choqué tous ceux qui croyaient encore au modèle démocratique tanzanien. »

    Selon lui, la crédibilité du scrutin de 2025 a été compromise dès lors que certains candidats de l’opposition ont été exclus ou arrêtés. « Même si la présidente Samia aurait pu l’emporter, la manière dont la victoire a été obtenue la rend entachée », a-t-il estimé.  

    Pour Lumumba, la crise tanzanienne n’est qu’un reflet d’un mal plus profond qui touche de nombreux pays africains et qui devrait être un avertissement pour tout le continent.   « Du Kenya au Nigeria, du Sénégal au Soudan, les élections suscitent aujourd’hui la peur plutôt que la fierté », a-t-il déploré. « Comment ce qui devait permettre au peuple de choisir ses dirigeants est-il devenu une source de division et d’instabilité ? »

    Il a appelé les dirigeants africains à repenser leurs systèmes politiques et leurs constitutions :« Nous avons hérité de structures coloniales qui nous divisent plus qu’elles ne nous unissent. Il est temps d’adapter nos constitutions à nos réalités et à nos valeurs africaines. »

    “Si les dirigeants ne pensent pas pour la jeunesse…”

    En conclusion, le professeur Lumumba a lancé un message direct à la présidente Samia Suluhu Hassan et à son gouvernement : « Ne considérez pas cette crise comme une simple tempête dans un verre d’eau. C’est grave. C’est dangereux. Et cela doit être affronté. »

    Il recommande un triple remède : dialogue, réforme constitutionnelle et inclusion politique.« Engagez l’opposition », a-t-il insisté. « Ce sont aussi des Tanzaniens, ils représentent des voix qu’on ne peut pas réduire au silence. »

    Et de conclure par une mise en garde devenue virale :« Si les dirigeants ne pensent pas pour la jeunesse, la jeunesse pensera pour elle-même. »

    Pour Lumumba, l’avenir de la Tanzanie dépend désormais de la capacité de ses dirigeants à choisir entre le dialogue ou la division.

    Une prestation de serment sous tension

    La présidente Samia Suluhu Hassan a prêté serment pour un nouveau mandat le 3 novembre 2025, lors d’une cérémonie tenue à Dodoma sous haute surveillance. L’événement s’est déroulé dans un climat de tensions et de méfiance, marqué par une forte présence militaire et l’absence remarquée de plusieurs figures de l’opposition.

    Alors que ses partisans saluaient la « victoire de la stabilité », ses détracteurs dénonçaient un scrutin entaché d’irrégularités et d’exclusions politiques. Dans les rues, le calme restait précaire, et les appels au dialogue lancés par la société civile et des voix panafricanistes comme le professeur Lumumba trouvaient un écho grandissant.

    Au moment où elle entame ce nouveau mandat, Samia Suluhu se retrouve face à un double défi : rétablir la confiance du peuple et préserver l’héritage démocratique d’une nation longtemps citée en exemple sur le continent africain.

    Vous pouvez suivre l’intégralité de l’interview ici 

  • Doha: Kagame pour un développement équitable et des partenariats équilibrés

    Le président du Rwanda Paul Kagame est arrivé lundi à Doha, au Qatar, pour participer au Deuxième Sommet mondial sur le développement social, organisé par les Nations Unies. Ce rendez-vous international, qui réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement, se tient du 4 au 6 novembre 2025 et porte sur l’inclusion sociale, le travail décent et l’éradication de la pauvreté.

    Un plaidoyer pour un partenariat mondial plus juste

    Dans son allocution au sommet, le président Kagame a appelé la communauté internationale à repenser les modèles de coopération.

    « Nous devons redéfinir notre approche des partenariats. Trop souvent, la coopération mondiale n’est pas équilibrée. Pour être efficaces, les engagements multilatéraux doivent produire des résultats concrets, mesurables et universels, et non de simples promesses », a-t-il déclaré.

    Il a insisté sur la nécessité de solutions qui servent les besoins de tous les pays, pas seulement de quelques-uns.

    Le chef de l’État a également partagé l’expérience du Rwanda dans la transformation sociale, fondée sur la participation citoyenne et la responsabilité des institutions.

    « Le développement social est un processus continu qui exige de l’adaptabilité. Pour être durable, il ne peut être délégué à d’autres. C’est cette approche qui a guidé la transformation du Rwanda », a-t-il souligné.

    Le président Kagame a rappelé que chaque décision politique prise par les institutions rwandaises vise à améliorer la qualité de vie des citoyens, à travers la protection sociale, l’inclusion et la transparence.

    Un appel à la réforme du système mondial

    Devant les dirigeants réunis à Doha, Paul Kagame a dénoncé les déséquilibres persistants entre pays riches et nations en développement :

    « Nous devons réformer la manière dont nous collaborons avec nos partenaires internationaux. Trop souvent, les puissants imposent leurs conditions. Il faut en finir avec ces pratiques dépassées qui excluent une grande partie du monde », a-t-il martelé.

    Pour lui, l’avenir du développement social dépendra de la capacité collective des pays à bâtir un système de coopération plus équitable, fondé sur la responsabilité partagée et les résultats tangibles.

    Rencontre avec l’Émir du Qatar

    En marge du sommet, le président Kagame a rencontré, ce mardi 4 novembre, Son Altesse Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, l’Émir du Qatar. Selon le Village Urugwiro, les deux dirigeants ont échangé sur les relations exemplaires entre le Rwanda et le Qatar, abordant divers domaines de coopération, notamment l’aviation, les infrastructures et les investissements.

    Les deux pays entretiennent depuis plusieurs années un partenariat dynamique marqué par une vision commune du développement et de la modernisation.

  • New York: l’Américano-Ougandais Zohran Mamdani dans la ligne de mire de Donald Trump

    Par Fulgence Niyonagize

    À la veille de l’élection municipale à New York, Donald Trump a ravivé les tensions politiques en menaçant de priver la ville de fonds fédéraux si le démocrate progressiste Zohran Mamdani remportait la mairie. Une déclaration qui transforme une simple élection locale en affrontement national.

    Un candidat progressiste au parcours singulier

    Né en Ouganda de parents indiens en 1991avant de grandir à New York, Zohran Mamdani incarne une nouvelle génération de responsables politiques issus de la diversité. À 34 ans, ce député de l’État de New York, représentant du quartier d’Astoria (Queens), s’est imposé comme la figure montante de la gauche progressiste américaine.

    Militant pour le logement abordable, le transport public gratuit et la justice sociale, Mamdani s’adresse à une jeunesse urbaine qui se reconnaît dans son discours. Les sondages le placent en tête face à l’ancien gouverneur Andrew Cuomo, candidat indépendant. Mais son ascension fulgurante a aussi fait de lui une cible privilégiée pour le camp conservateur.

    Les menaces de Trump galvanisent la campagne

    Depuis Washington, Donald Trump a pris la parole sur son réseau Truth Social pour avertir qu’il réduirait au « strict minimum » les subventions fédérales destinées à New York si Mamdani accédait à la mairie. « Je ne financerai pas une ville dirigée par un communiste », a-t-il écrit, qualifiant le jeune candidat de « cinglé ». Il a également laissé entendre qu’il pourrait autoriser des opérations de police fédérale si la mairie entravait les actions des services d’immigration (ICE).

    Face à ces menaces, Mamdani a répliqué avec fermeté : « Ces attaques ne visent pas seulement ma campagne, elles visent tous les New-Yorkais. Nous n’accepterons ni la peur ni le chantage politique. » Son équipe dénonce une ingérence directe dans une élection locale, tandis que plusieurs élus démocrates, dont Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, ont dénoncé un « abus de pouvoir présidentiel ». Pour beaucoup, cette intervention souligne la nervosité de l’administration Trump face à l’émergence d’une nouvelle gauche urbaine, multiethnique et revendicative.

    Un test pour la démocratie américaine

    L’élection new-yorkaise s’annonce comme un test du rapport de force entre pouvoir local et exécutif fédéral. Si Mamdani l’emporte malgré les menaces, ce sera une victoire symbolique pour les progressistes américains ; mais si la peur ou les pressions influencent le vote, ce scrutin pourrait marquer un dangereux précédent pour la démocratie locale aux États-Unis.