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  • La 19ᵉ Conférence africaine des commandants des écoles de commandement et d’état-major africaines s’ouvre à Kigali

    La 19ᵉ Conférence africaine des commandants des écoles de commandement et d’état-major africaines a officiellement débuté le lundi 10 novembre 2025 à Kigali. La conférence se tient sous le thème: “L’avenir de la formation et de l’éducation militaires en Afrique: Combler le fossé numérique”.

    Selon le Ministère rwandais de défense, cette édition rassemble les responsables de l’éducation militaire du continent afin de façonner l’avenir de l’Afrique grâce à l’innovation, à la réduction du fossé numérique et à la collaboration, tout en favorisant le dialogue sur la modernisation de la formation et de l’éducation militaires.

    L’événement a été officiellement ouvert par le Ministre de la Défense du Rwanda, l’Honorable Juvenal Marizamunda. Dans son allocution d’ouverture devant des délégués de 24 pays africains, ainsi que des représentants de l’Union africaine, le Ministre Marizamunda a souligné la nécessité de disposer d’officiers bien formés, capables de relever les défis sécuritaires évolutifs du continent.

    “Les menaces auxquelles l’Afrique est confrontée sont multiples: du terrorisme et de la cyberguerre à la migration illégale, en passant par la criminalité transnationale et l’insécurité liée au climat”, a-t-il déclaré.

    “Y faire face exige une génération d’officiers non seulement compétents sur le plan tactique, mais aussi alphabétisés numériquement, éthiquement responsables et stratégiquement agiles. Telle est l’essence de l’éducation militaire professionnelle au XXIᵉ siècle.”

    Il a en outre souligné que, dans un environnement sécuritaire interconnecté, complexe et axé sur la technologie, la capacité des institutions militaires à s’adapter, innover et collaborer détermine la solidité de la posture de défense collective de l’Afrique.

    Le Ministre Marizamunda a salué lla Conférence africaine des commandants des écoles de commandement et d’état-major africaines pour avoir favorisé l’unité d’objectif entre les écoles de commandement et d’état-major africaines. Grâce à cette plateforme, les écoles partagent leurs meilleures pratiques, harmonisent leurs programmes et renforcent l’architecture sécuritaire du continent dans le cadre de l’Union africaine et de la Force africaine en attente.

    Le Commandant de l’École de commandement et d’état-major des Forces de défense rwandaises, le Général de brigade Andrew Nyamvumba, a indiqué que la conférence représente bien plus qu’un simple rassemblement d’institutions: “Ce forum est une convergence du leadership intellectuel et professionnel militaire de l’Afrique. C’est là où les idées sont échangées, les doctrines affinées et les partenariats renforcés, dans le but de rendre les Forces régionales et africaines en attente interopérables, pour une Afrique plus sûre, résiliente et autonome.”

    Le Général de brigade Nyamvumba a ajouté que, au cours des trois prochains jours, les participants discuteront des questions cruciales affectant les systèmes d’éducation militaire à travers le continent, y compris la normalisation des programmes, les échanges, l’intégration des technologies et l’utilisation de plateformes d’apprentissage numérique. Il a insisté sur le fait que les résultats de ces discussions contribueront à former la prochaine génération de commandants et d’officiers d’état-major, capables de diriger des forces conjointes multinationales afin de répondre aux défis sécuritaires actuels et futurs de l’Afrique dans le cadre de l’Architecture africaine pour la paix et la sécurité.

  • IBUKA-Europe en première ligne dans la lutte contre l’idéologie du génocide en Europe

    Trente et un ans après le génocide perpétré contre les Tutsi, l’association IBUKA-Europe intensifie ses efforts pour combattre le négationnisme et transmettre la mémoire aux jeunes générations. Présente dans plusieurs pays européens, elle fait de l’éducation et de la justice les piliers de sa lutte contre l’idéologie du génocide.

    Le genocide perpétré contre les Tutsi a emporté plus d’un million de vies, laissant derrière elles des orphelins, des veuves et des survivants marqués à jamais. Pourtant, trois décennies plus tard, l’idéologie du génocide continue de se manifester, notamment en Europe, où vivent nombre d’auteurs présumés et leurs descendants.

    Selon le Parquet national du Rwanda, plus de 1 100 personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide sont encore recherchées, la plupart réfugiées dans divers pays européens. Beaucoup d’entre elles, anciens politiciens, cadres ou intellectuels, ont transmis à leurs enfants une vision négationniste et révisionniste de l’histoire. Des groupes comme Jambo ASBL ou certaines figures publiques, à l’image de l’écrivain franco-camerounais Charles Onana, déjà condamné par la justice française pour négationnisme, symbolisent cette dérive idéologique.

    L’engagement d’IBUKA-Europe

    Face à cette réalité, IBUKA-Europe, regroupant des associations de rescapés du génocide contre les Tutsi, s’est réunie les 1er et 2 novembre 2025 pour réfléchir à des stratégies renforcées de lutte contre l’idéologie du génocide, de promotion de la justice et de transmission de la mémoire aux jeunes générations.

    IBUKA-Europe regroupe aujourd’hui des antennes dans dix pays: la Belgique, la Suisse, la France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne, la Suède, le Danemark et la Finlande.

    Dans un entretien accordé à IGIHE, Dr Honorine Mujyambere, présidente d’IBUKA-Italie et du groupe Europe, a souligné que la priorité de l’organisation est de sensibiliser la jeunesse: “Nous multiplions les conférences et témoignages pour expliquer l’histoire du Rwanda et prévenir toute manipulation idéologique. Les jeunes sont les plus exposés aux discours négationnistes, surtout sur les réseaux sociaux.”

    Elle a insisté sur la nécessité d’utiliser les outils numériques pour faire connaître la vérité et contrer la propagande des négationnistes.

    Dr. Honorine Mujyambere, Présidente d’Ibuka-Italie et Ibuka-Europe

    Pour IBUKA-Europe, la meilleure arme contre la transmission de l’idéologie génocidaire reste l’éducation. “Nous montrons aux enfants de génocidaires les crimes commis par leurs parents et les verdicts rendus par les juridictions gacaca ou internationales “, explique Dr Mujyambere.

    Dans plusieurs pays, l’association intervient désormais dans les écoles et universités pour enseigner l’histoire du génocide. Ces initiatives portent déjà leurs fruits: de plus en plus d’étudiants européens consacrent leurs travaux de fin d’études à ce sujet, souvent en collaboration avec IBUKA.

    Cependant, la lutte reste difficile. Certains États européens manquent encore de volonté politique pour juger ou extrader les suspects. En 2015, par exemple, un tribunal britannique avait refusé d’extrader cinq Rwandais accusés de génocide, invoquant l’absence de garanties suffisantes de justice au Rwanda.

    “Ce manque d’engagement entrave notre combat”, regrette Dr Mujyambere, tout en saluant les pays qui montrent l’exemple, comme la France, qui a récemment condamné le Dr Sosthène Munyemana à 24 ans de prison pour son rôle dans le génocide.

    La rencontre de novembre a également réuni Dr Philbert Gakwenzire, président d’IBUKA-Rwanda, qui a appelé à une meilleure circulation des informations entre les antennes européennes et le siège de Kigali.

    “Le Rwanda conserve les témoignages, les preuves et les mémoriaux. Il est essentiel que ces éléments soutiennent les démarches judiciaires en Europe”, a-t-il déclaré.

    Pour lui, il est urgent que tous les pays où se cachent encore des suspects agissent sans délai: “Le crime de génocide ne se prescrit pas, mais les génocidaires comme les survivants vieillissent. Il serait tragique qu’ils disparaissent sans que justice soit rendue.”

    Source: IGIHE

  • Le Président Kagame appelle à la responsabilité et à l’unité pour accélérer le développement

    Le Président du Rwanda, Paul Kagame, accompagné de la Première Dame, Mme Jeannette Kagame, également Présidente du Unity Club Intwararumuri, a participé à la soirée de clôture du 18ᵉ Forum de Unity Club, tenue à Intare Conference Arena. La cérémonie a rassemblé de nombreux dirigeants et membres du club venus de tout le pays.

    Dans son allocution, le Président Kagame a lancé un appel fort à la prise de responsabilité et à la fierté africaine. Il s’est dit étonné du retard persistant du continent par rapport au reste du monde: “Comment se fait-il que des pays avec lesquels nous étions au même niveau il y a cinquante ou soixante ans soient aujourd’hui cent fois plus avancés ?”

    Pour Kagame, cette stagnation ne peut plus être justifiée: “Si quelqu’un pense que d’autres viendront de l’extérieur pour nous sauver, il se trompe.”

    Le Chef de l’État a exhorté les Africains à refuser la résignation et à croire en leurs propres capacités: “Il ne faut pas vivre dans le désespoir ni attendre que d’autres assurent notre survie. Pourquoi penser que les autres doivent subvenir à nos besoins alors que nous-mêmes avons les moyens d’agir ?”

    Le Président Kagame a souligné l’importance du travail collectif et de la complémentarité: “Nous avons tous des talents et des capacités différents. C’est en les unissant que nous avancerons. Le Rwanda d’aujourd’hui est le résultat de l’effort collectif de ses dirigeants et de son peuple. Pour aller plus loin, chacun doit continuer à jouer son rôle, avec conviction et détermination.”

    Il a encouragé les dirigeants à rester fidèles aux valeurs de Ndi Umunyarwanda, rappelant que la réussite du pays repose sur l’engagement de chaque citoyen. “Ne soyez pas de simples bénéficiaires des efforts des autres. Chacun doit contribuer concrètement à la construction du pays.”

    Le Président a également rappelé que le Rwanda avait tracé depuis longtemps une ligne rouge en matière de sécurité et de souveraineté: “Tous les accords que nous signons, y compris ceux avec la République Démocratique du Congo, sont scrutés avec vigilance. Le Rwanda a tracé sa voie: nous ne tolérerons jamais rien qui menace notre sécurité.”

    Et d’ajouter: “Notre droit de vivre paisiblement est une cause pour laquelle nous sommes prêts à vivre ou à mourir.”

    Pour le Président Kagame, l’Afrique dispose de toutes les ressources humaines et naturelles nécessaires pour se transformer. Ce qu’il faut désormais, dit-il, c’est une volonté politique claire et partagée: “Nous devons reconnaître notre part de responsabilité et trouver nous-mêmes les solutions à nos problèmes. Sinon, il faudra admettre publiquement que nous avons choisi la malédiction du statu quo.”

    En conclusion, le Chef de l’État a appelé à bâtir une politique fondée sur le sens, la vision et la responsabilité, des valeurs qui doivent se refléter dans l’identité et les actions de chaque Africain.

  • L’unité nationale des Rwandais atteint 95,3 %: un symbole d’un pays soudé et résilient

    Lors du 18ᵉ Forum de Unity Club Intwararumuri, les résultats de l’étude effectuée par le Ministère de l’unité nationale et de l’engegement civique (MINUBUMWE) sur l’unité, la réconciliation et la résilience témoignent d’un bond remarquable de 13 % depuis 2010.

    Le 18ᵉ Forum de l’Unity Club Intwararumuri, présidé par la Première Dame du Rwanda, Madame Jeannette Kagame, a été marqué par la présentation d’un rapport révélant un renforcement notable de l’unité et de la réconciliation parmi le peuple rwandais.

    Selon les données publiées par le Ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, l’indice d’unité nationale est passé de 82,3 % en 2010 à 95,3 % en 2025, soit une progression de 13 %. En 2015, il s’élevait à 92,5 %, et en 2020 à 94,7 %.

    L’étude menée cette année sur un échantillon de 12 300 personnes (dont 8 100 ménages et 4 200 institutions) indique que l’unité atteint 95,6 %, la réconciliation 95 % et la résilience 90,8 %. Ces chiffres traduisent la solidité du tissu social rwandais, fruit des efforts soutenus de l’État pour bâtir une société juste et inclusive.

    Le ministre Dr Jean Damascène Bizimana a souligné que la résilience constitue l’un des piliers de l’unité nationale, précisant que 99,1 % des personnes interrogées estiment que la gouvernance du pays est inclusive, et 99 % reconnaissent que les politiques économiques tiennent compte de toutes les catégories sociales.

    Parmi les raisons avancées pour expliquer cette progression figurent : la cohabitation harmonieuse des citoyens, l’égalité des chances, la lutte contre la discrimination, la bonne gouvernance et l’amélioration des services publics.

    Les Rwandais interrogés identifient également plusieurs facteurs clés du renforcement de l’unité: le patriotisme (98,7 %), les valeurs culturelles et les traditions (97,9 %), le lien de fraternité nationale (96,8 %) et les valeurs rwandaises de solidarité (95,9 %).

    Jeannette Kagame: “L’unité, un héritage à transmettre aux générations futures”

    Saluant ces avancées, Madame Jeannette Kagame a réaffirmé le rôle de l’Unity Club Intwararumuri comme une lumière qui guide la nation. “Vous avez montré que Unity Club dépasse le simple cadre d’un forum; il est devenu une source d’inspiration pour notre manière de penser et de vivre”, a-t-elle déclaré.

    Pour Mme Kagame, Unity Club demeure un espace privilégié pour des échanges sincères sur les sujets les plus sensibles. “Se taire, a-t-elle averti, peut avoir des conséquences graves. Le silence face aux mensonges historiques alimente la déformation de notre récit commun. Notre devoir est de parler et d’éclairer la vérité.”

    S’inspirant du thème de cette 18ᵉ edition: “Ndi Umunyarwanda, l’idée fondamentale de notre existence”, la Première Dame a rappelé que cette devise n’est pas un slogan mais “un choix irrévocable”.

    “Nous ne demandons à personne le droit de vivre, et de vivre dignement. Ndi Umunyarwanda est le lien sacré qui nous unit et l’héritage que nous laisserons à la jeune génération”, a-t-elle affirmé.

    Elle a également mis en garde contre les discours de haine et les tentatives de division qui surgissent dans certaines régions du monde: “Nous devons rester vigilants. Le progrès du Rwanda dérange certains. Les idéologies basées sur la haine ethnique ressurgissent ailleurs et certains cherchent à nous les imposer. Notre force réside dans notre unité et dans notre capacité à trouver en nous-mêmes les réponses à nos défis.”

  • La RDC et le Rwanda paraphent le texte intégral du Cadre d’intégration économique régionale

    La République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda viennent de franchir une étape décisive dans le processus de paix en paraphant, à Washington, le Cadre d’intégration économique régionale, un document qui jette les bases d’une coopération économique renforcée entre les deux pays.

    Selon la déclaration conjointe sur la quatrième réunion du Comité conjoint de suivi de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, et sur le paraphe du Cadre d’intégration économique régionale, la signature a eu lieu le 7 novembre 2025 en marge de la quatrième réunion du Comité conjoint de suivi de l’Accord de paix de Washington, en présence des États-Unis, du Qatar, du Togo, médiateur désigné par l’Union africaine  et de la Commission de l’Union africaine.

    Le Cadre d’intégration économique régionale, supervisé par la sous-secrétaire d’État américaine Allison Hooker et le conseiller principal Massad Boulos, définit les domaines prioritaires pour stimuler les échanges et les investissements. “Sa mise en œuvre dépendra du respect intégral des engagements sécuritaires convenus dans le cadre de l’Accord de paix”, précise le Département d’État américain, rappelant que la stabilité est la condition première du développement économique durable.

    Lors de la réunion, les membres du comité ont reconnu des retards dans l’exécution de certains engagements mais ont convenu d’accélérer les actions liées à la neutralisation du groupe armé FDLR et a la levee des mesures defensive par le Rwanda. Les parties se sont également engagées à éviter toute rhétorique hostile susceptible de compromettre la confiance mutuelle.

    Parallèlement, le Qatar a présenté les avancées des négociations de Doha entre Kinshasa et le mouvement AFC/M23, notamment sur les échanges de prisonniers. Le comité a salué la première réunion du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, tenue le 5 novembre, qualifiant ce processus de pierre angulaire  de la mise en œuvre du cessez-le-feu et de la réconciliation.

    Dans une déclaration commune, les gouvernements de la RDC et du Rwanda ont exprimé leur gratitude envers les États-Unis, le Qatar, l’Union africaine et le Togo pour leur rôle de facilitation et leur soutien continu à la stabilité dans l’est de la RDC et la région des Grands Lacs.

  • “Ndi Umunyarwanda: une philosophie essentielle à notre existence” – Unity Club

    En collaboration avec le Ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique (MINUBUMWE), le Unity Club Intwararumuri organise, les 7 et 8 novembre 2025, son 18ᵉ Forum annuel au Rwanda. L’événement se déroule sous le thème : “Ndi Umunyarwanda : Igitekerezo ngenga cy’Ukubaho kwacu”, que l’on peut traduire par “Ndi Umunyarwanda : une philosophie essentielle à notre existence”.

    Ce vendredi 7 novembre, la première dame, Jeannette Kagame, également Présidente du Unity Club Intwararumuri, a pris part à l’Assemblée générale et au 5ᵉ retraite du club, qui se tient au centre de conférences Intare Arena située à Rusororo dans la ville de Kigali.

    Cette édition vise à renforcer la culture du dialogue constructif et à consolider l’unité et la résilience du peuple rwandais. Le thème, abordé pour la septième fois consécutive, rappelle que l’esprit de Ndi Umunyarwanda ne doit pas être perçu comme un simple exercice patriotique, mais comme une manière d’être et de vivre au quotidien, reflétant la pensée, le comportement et les relations des Rwandais entre eux.

    Selon un communiqué de presse émis par Unity Club, la journée du 7 novembre est consacrée à l’Assemblée générale et à la retraite des membres de Unity Club. C’est un moment d’introspection pour ces leaders, anciens et actuels membres du gouvernement ainsi que leurs conjoints, afin d’évaluer les progrès réalisés dans la promotion de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Vingt nouveaux membres rejoindront officiellement le Club à cette occasion.

    Le 8 novembre, le forum principal rassemblera les membres du Unity Club, les maires de districts, des représentants de la société civile, du secteur privé, des confessions religieuses, de la jeunesse ainsi que les “Abarinzi b’Igihango”, ces “Gardiens des valeurs nationales” honorés pour leur rôle dans la promotion de l’unité et de la réconciliation.

    Durant ce forum, le MINUBUMWE présentera les résultats du Baromètre national de l’unité 2025, un instrument clé pour mesurer les avancées du pays en matière d’unité et de cohésion.

    Le Unity Club Intwararumuri a été fondé en février 1996 sous l’impulsion de Son Excellence Jeannette Kagame, Première Dame du Rwanda, qui en est la présidente fondatrice et visionnaire. Le club compte aujourd’hui 349 membres et poursuit sa mission de promouvoir la culture de l’unité et de la paix, considérées comme des piliers d’un développement durable.

  • Des rescapés du génocide des Tutsi de Tumba saluent la condamnation du Dr Munyemana et réclament des réparations

    Des rescapés du génocide des Tutsi vivant dans le secteur de Tumba, district de Huye (anciennement préfecture de Butare), se disent soulagés après la décision de la cour d’assises d’appel en France confirmant la peine de 24 ans de prison à l’encontre du Dr Sosthène Munyemana. Ils demandent désormais que s’ouvre la voie aux indemnités pour les victimes dont les biens ont été spoliés ou détruits.

    Lors d’un entretien avec les journalistes de PAX PRESS, les rescapés ont exprimé leurs attentes. Selon eux, les juridictions compétentes doivent veiller à ce que les réparations matérielles soient engagées rapidement.

    “La peine ne remplace pas notre douleur, mais elle reconnaît nos souffrances. Les 24 ans prononcés ne sont pas un bonheur, mais ils nous apportent une forme de satisfaction”, a expliqué un rescapé de Tumba; qui ajoute: “L’important est que Sosthène Munyemana ait été reconnu coupable de génocide, un crime imprescriptible. Nous remercions la juridiction qui l’a jugé.”

    Un autre témoin a ajouté que la reconnaissance du crime par la justice montre que leur souffrance a été prise en compte, tout en insistant sur la nécessité de réparer les biens détruits ou volés: “Nos proches sont morts, mais nos biens aussi ont été endommagés et pillés. Nous exigeons une réparation matérielle.”

    Au-delà des indemnités, les rescapés demandent la construction d’un monument mémorial à l’endroit connu sous le nom de “Fosse de chez Karanganwa” (Ku cyobo cyo kwa Karanganwa), où de nombreux Tutsi ont été tués et jetés. Ils souhaitent que ce lieu soit signalé publiquement et devienne un memorial symbolique. Les victimes exhumées de cette fosse ont été inhumées au site mémorial du génocide de Ngoma, dans le district de Huye.

    Lors de la visite, les journalistes se sont rendus sur les lieux où des Tutsi ont été tués et jetés dans une fosse commune.

    Mme Marie Claire Uwamahoro, présidente locale de l’association IBUKA, a salué le déroulement de la justice et précisé: “Pour ce qui est des indemnités liées aux biens, nous avons confiance, mais il faudra maintenir la mobilisation jusqu’à ce que justice soit rendue également dans ce domaine.”

    Selon les informations disponibles, l’audience relative aux intérêts civils, c’est-à-dire l’examen du volet indemnitaire à l’égard des victimes, est prévue pour débuter le 8 juin 2026.

    Lire aussi: Procès pour génocide contre les Tutsi: Sosthène Munyemana condamné à nouveau en appel 

    Le 23 octobre 2025, la cour d’assises d’appel de Paris a confirmé la condamnation de Sosthène Munyemana pour génocide, crimes contre l’humanité et participation à un projet commettant un génocide, pour les faits commis dans la préfecture de Butare en 1994.

  • ÉDITORIAL: Au Rwanda, la Journée africaine de l’information met la jeunesse au centre du récit africain

    Chaque 7 novembre, le Rwanda s’unit au reste du continent pour célébrer la Journée africaine de l’information. Mais au-delà du symbole continental, c’est ici, à Kigali, que cette journée trouve un écho particulier. Le Rwanda, en pleine mutation économique et sociale, comprend que le développement durable commence par une information fiable et responsable.

    Cette année 2025, la célébration coïncide avec la 12ᵉ édition des Prix du journalisme de développement (DJA), organisés par l’Association rwandaise des journalistes (ARJ), en partenariat avec la Commission rwandaise des médias (RMC), l’Association rwandaise des femmes des médias (ARFEM), l’Agence Rwandaise de Gouvernance Board (RGB) et avec le soutien du PNUD.

    À l’agenda de cet événement, une discussion sur le thème: “La jeunesse africaine et le récit de l’Afrique que nous voulons : défis et opportunités”.

    Un sujet qui résonne profondément au Rwanda, où la jeunesse représente plus de 60 % de la population et incarne à la fois l’énergie créatrice et la promesse d’un récit nouveau sur le continent.

    Le journalisme rwandais, à l’instar du pays lui-même, vit une période charnière. Entre la pression des réseaux sociaux, la désinformation grandissante et la nécessité de s’adapter à la révolution numérique, les professionnels des médias doivent trouver l’équilibre entre modernité technologique et valeurs fondamentales: vérité, indépendance, humanité et redevabilité. Ces principes ne sont pas des idéaux abstraits, mais les piliers d’une presse qui accompagne le développement au lieu de le freiner.

    Cette année, 27 prix seront décernés pour saluer l’excellence journalistique dans diverses catégories. Le moment le plus attendu sera, comme toujours, la désignation du “Meilleur Journaliste de l’année”, une distinction qui incarne la reconnaissance d’un métier exigeant.

    Le panel de haut niveau et le dîner de gala qui clôtureront la journée rappellent une évidence: le Rwanda fait partie des pays africains où le journalisme s’ancre de plus en plus dans la responsabilité sociale. Ici, les journalistes ne sont pas de simples relais d’informations: ils participent à la construction d’une société mieux informée, plus critique et plus confiante dans son avenir.

    Dans un monde saturé d’images, de rumeurs et de contenus instantanés, le journaliste rwandais s’efforce de demeurer la voix citoyenne, le témoin du progrès et le gardien de la vérité.

    En ce 7 novembre, La UNE rend hommage à tous les professionnels des médias du Rwanda qui, chaque jour, choisissent la rigueur plutôt que la rumeur, la vérification plutôt que la précipitation, et les faits plutôt que les commentaires subjectifs.

    Car l’avenir du Rwanda, comme celui de l’Afrique, se construira aussi à travers les mots justes, les récits sincères et la lumière d’une information authentique.

    La Rédaction, La UNE

  • MTN Rwanda lance une solution pour protéger les entreprises contre les cyberattaques

    L’opérateur de téléphonie MTN Rwandacell Plc (MTN Rwanda) a lancé jeudi le 5 novembre 2025 une nouvelle solution de cybersécurité appelée « MTN Anti-DDoS ». Ce service vise à protéger les entreprises contre les attaques informatiques qui peuvent bloquer leurs sites web ou perturber leurs services en ligne, selon une information publié par le Journal The New Times.

    Les attaques dites DDoS (Distributed Denial of Service) consistent à envoyer de fausses connexions massives vers un site Internet jusqu’à le faire tomber en panne. Ces attaques, de plus en plus fréquentes dans le monde, touchent aussi bien les banques que les institutions publiques ou les petites entreprises.

    ”Avec l’Anti-DDoS, nous voulons que les entreprises rwandaises restent connectées, en sécurité et prêtes à affronter le futur numérique”, a expliqué Didas Ndoli, directeur de MTN Business.

    Le nouveau service détecte et bloque automatiquement les attaques dès qu’elles commencent. Il utilise à la fois des centres de surveillance locaux et des systèmes basés dans le cloud pour filtrer les données malveillantes avant qu’elles n’atteignent les serveurs des clients.

    Selon Monzer Al Husseini, directeur général de MTN Rwanda, cette innovation montre l’engagement de l’entreprise à protéger les progrès numériques du Rwanda. “Nous voulons que les plateformes financières, les applications et tous les systèmes essentiels restent disponibles et sûrs”, a-t-il ajouté.

    Lors d’une démonstration, Monzer a comparé le système à un filtre numérique: “Les fausses connexions arrivent en masse et font planter votre site. Notre solution reconnaît ce faux trafic et le bloque avant qu’il ne cause des dégâts. “

    Les entreprises qui adoptent ce service bénéficieront d’une surveillance continue et d’une équipe de sécurité disponible 24 heures sur 24 pour détecter et réagir rapidement en cas d’incident.

    La cérémonie de lancement a réuni plusieurs responsables du secteur financier et de la cybersécurité. Diane Karusisi, directrice générale de la Banque de Kigali, a partagé son expérience: “En 2020, notre banque a subi une énorme attaque DDoS. Tout le système était bloqué pendant notre assemblée générale. C’était le chaos. On a alors compris qu’aucune entreprise ne peut affronter seule ce genre de menace.” Elle a salué l’initiative de MTN, estimant que la cybersécurité doit être une responsabilité collective.

    De son côté, David Kanamugire, directeur de l’Autorité nationale de cybersécurité (NCSA), a rappelé que la cybersécurité n’est plus une option, mais une obligation. Il a mis en garde contre la négligence: “Un seul incident peut effacer des années de progrès. Il ne suffit pas d’avoir des outils modernes, il faut aussi adopter le bon état d’esprit.”

    Avec cette solution, MTN Rwanda veut jouer le role, non seulement d’opérateur telecom, mais encore celui de partenaire technologique de confiance. L’entreprise intègre ce nouveau service à ses autres offres de cybersécurité, comme les pare-feux, la sécurité des sites web et la protection des réseaux d’entreprise.

    En lançant l’Anti-DDoS, MTN contribue à renforcer la confiance numérique dans le pays. Comme l’a résumé Monzer: “Notre objectif est d’offrir une base numérique sûre pour que les entreprises puissent se développer sans crainte.”

  • Le ministre Bizimana recadre le professeur Reyntjens sur son rôle dans la Constitution rwandaise de 1978

    Le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique (MINUBUMWE), le Dr Jean Damascène Bizimana, a tenu à recadrer publiquement le professeur belge Filip Reyntjens, après que ce dernier a tenté de contredire sa réaction aux propos du fils de l’ancien président Habyarimana.

    Dans un long échange sur X, Bizimana rappelle la responsabilité intellectuelle de Reyntjens dans la rédaction de la Constitution de 1978, texte fondateur d’un régime autoritaire et discriminatoire dont les dérives ont mené au génocide des Tutsi en 1994.

    L’opinion publique, elle, voit en Reyntjens un universitaire nostalgique du gouvernement qu’il a servi, et qui peine à assumer le rôle historique de ses écrits.

    Lire aussi: Le ministre Bizimana dénonce la tentative de réhabilitation du régime Habyarimana 

    Une controverse née sur les réseaux sociaux

    L’échange débute après une publication du fils de l’ancien président, Jean Léon Habyarimana, tentant de « sanctifier » le régime de son père. En réaction, le ministre Bizimana publie sur X des documents d’archives de 1992, illustrant les pratiques de profilage ethnique dans les institutions de l’époque comme ONATRACOM, OPROVIA, OCIR, ONAPO …

    Le professeur Reyntjens, qui fut conseiller juridique du régime Habyarimana, réplique en accusant le ministre de faire des statistiques ethniques contraires à la position officielle de son ministère (MINUBUMWE), lequel prône l’unité nationale et rejette toute catégorisation ethnique.

    Sur X, il écrit: “Il est intéressant de voir avec quelle facilité Bizimana établit des statistiques ethniques”, avant de citer son propre article publié en 2021 intitulé: “From ethnic amnesia to ethnocracy: 80% of Rwanda’s top officials are Tutsi” (De l’amnésie ethnique à l’ethnocratie: 80 % des hauts responsables rwandais sont des Tutsi).

    Ces propos déclenchent une réaction ferme du ministre, qui accuse Reyntjens de mauvaise foi et de manipulation historique.

    Les fiches ethniques que j’ai publiées datent du régime Habyarimana

    Le ministre commence par corriger la déformation de son message:“Les statistiques ethniques que j’ai évoquées ne sont pas celles du MINUBUMWE, mais celles établies en 1992 par le régime de ton ami Habyarimana, pour lequel tu as travaillé comme conseiller juridique.”

    Il précise que le Rwanda actuel ne compte plus d’institutions comme ONATRACOM ou OPROVIA, dissoutes après 1994, et accuse Reyntjens de chercher à semer la confusion dans le débat public.

    Bizimana affirme que ses citations avaient pour but de démontrer comment le régime Habyarimana pratiquait l’exclusion systématique des Tutsi à travers le profilage ethnique, et non d’établir de nouvelles statistiques ethniques.

    Une Constitution qui institutionnalisait la discrimination

    Revenant sur le fond, le ministre rappelle que Filip Reyntjens a été l’un des rédacteurs principaux de la Constitution de 1978, élaborée sur mesure pour asseoir la domination du MRND, le parti unique du président Habyarimana.“Tu veux que je décortique ta Constitution? Allons-y,” écrit Bizimana.

    Il souligne que le préambule de ce texte légitime les violences de 1959 contre les Tutsi, qualifiées de “travail de libération”. En reprenant l’idéologie de la “Révolution de 1959”, la Constitution érige la discrimination en fondement du pouvoir politique.

    Bizimana accuse Reyntjens d’avoir contribué à un texte raciste et antidémocratique:

    • L’article 7 établit le MRND comme parti unique, interdisant toute activité politique en dehors de celui-ci.
    • L’article 40 fait du président du MRND le seul candidat possible à la présidence de la République.
    • L’article 42 assure la continuité du pouvoir au sein du parti, même en cas de décès du président.
    • L’article 26, enfin, laisse à l’État le pouvoir de refuser la reconnaissance des diplômes issus d’écoles privées créées par des familles tutsi, consolidant ainsi la marginalisation éducative.

    Pour Bizimana, ces dispositions ont préparé les fondements idéologiques d’un système d’exclusion qui culminera dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    “Ce que tu appelles “Constitution” fut en réalité un instrument d’asservissement juridique au service d’un régime criminel.”

    Reyntjens, nostalgique du régime qu’il a servi

    Les réactions du public n’ont pas tardé. Plusieurs voix rappellent que le professeur Reyntjens, longtemps perçu comme un expert du Rwanda, fut également un proche collaborateur du régime Habyarimana, en tant que conseiller juridique et rédacteur de la Constitution de 1978.

    Pour beaucoup, ses analyses actuelles trahissent une nostalgie du pouvoir qu’il a jadis servi. Sur les réseaux sociaux, des internautes lui reprochent de n’avoir jamais exprimé de regrets pour son rôle dans la légitimation d’un système qui a mené au génocide des Tutsi.

    Le ministre Bizimana a d’ailleurs rappelé un passage d’une publication de Reyntjens datant de 1990, où celui-ci affirmait que le “système des quotas ethniques” avait contribué à la “pacification” du Rwanda. Un extrait qu’il qualifie de “preuve flagrante de complaisance intellectuelle envers un régime d’exclusion”.

    “Face à de telles aberrations issues de ta plume, comment oses-tu aujourd’hui prétendre donner des leçons à ceux qui ont arrêté le génocide et qui reconstruisent l’unité du pays que tu as aidé à diviser?”, s’interroge Bizimana.

    Filip Reyntjens a tenté de répliquer en affirmant que le préambule de la Constitution ne serait pas de sa main, et que d’autres, tels que De Wolf et Ntashamaje, auraient été impliqués.

    Bizimana, loin d’être impressionné, démonte l’argument:

    “Feu Antoine Ntashamaje était mon oncle. Il a été assassiné en 1994 avec sa famille. Il n’a jamais participé à la rédaction de ce texte. Le régime Habyarimana avait pour habitude d’inclure un Tutsi dans ses démarches pour masquer ses choix discriminatoires.”

    Le ministre réaffirme que Reyntjens lui-même reconnaît dans ses ouvrages avoir rédigé la Constitution à la demande d’Habyarimana.

    Un débat sur la mémoire, la responsabilité et l’éthique

    Au-delà de la polémique, cette passe d’armes soulève des questions profondes sur la responsabilité intellectuelle des juristes et des universitaires ayant servi des régimes autoritaires.

    Bizimana rappelle que rédiger une constitution pour un système fondé sur la discrimination n’est pas un simple acte technique, mais un choix politique. La “neutralité académique” ne saurait effacer la participation à des instruments de domination.

    Pour l’opinion publique, le débat ne fait que renforcer la conviction que certains observateurs occidentaux, comme Filip Reyntjens, peinent encore à accepter la légitimité du Rwanda post-génocide. Le pays, sous la direction du FPR, s’est reconstruit autour de la justice, de l’unité nationale et de la mémoire, valeurs que les nostalgiques de l’ancien régime cherchent encore à discréditer.

    En recadrant le professeur Reyntjens, le ministre Jean Damascène Bizimana n’a pas seulement répondu à une attaque personnelle. Il a rappelé une vérité historique: la Constitution de 1978, dont Reyntjens fut un des architectes, a légitimé un système d’exclusion qui a conduit au genocide des Tutsi en 1994.

    Dans un Rwanda tourné vers la réconciliation, les débats sur la mémoire ne sont pas des règlements de compte, mais des rappels de responsabilité. Comme l’a résumé un commentateur sur X: “Le Rwanda se souvient, mais ne se soumet plus aux récits fabriqués par ceux qui ont servi les bourreaux.”