Author: admin

  • Vingt ans de réclusion pour Germain Musonera: un ex-candidat député reconnu coupable de participation au génocide

    Le Tribunal de Première Instance de Kiyumba, dans le district de Muhanga, a condamné Germain Musonera à 20 ans de réclusion criminelle après l’avoir reconnu coupable de complicité de génocide commis contre les Tutsi en 1994.

    En plus de la peine privative de liberté, la juridiction a ordonné le versement de 50 millions de francs rwandais de dommages et intérêts au profit du collectif IBUKA, représentant des rescapés du génocide.

    Un candidat au Parlement rattrapé par le passé

    Germain Musonera avait été arrêté le 21 août 2024 par l’Office rwandais d’investigatione Bureau (RIB) alors qu’il se présentait aux élections législatives. Son arrestation faisait suite à une plainte l’accusant d’avoir participé à la mort de Kayihura Jean Marie Vianney, tué dans l’ancienne commune de Nyabikenke pendant le genocide des Tutsi en 1994.

    Selon le dossier d’enquête, l’accusé aurait fréquenté des barrières de contrôle où des Tutsi étaient exécutés et aurait reconnu que la victime avait été tuée à proximité d’un cabaret lui appartenant.

    Le 10 septembre 2024, le tribunal avait ordonné sa détention provisoire de 30 jours, estimant que des indices graves et concordants permettaient de soupçonner sa participation aux faits reprochés. Il avait ensuite été transféré à la prison de Muhanga.

    Des éléments accablants présentés à l’audience

    Au cours du procès, le ministère public a rappelé que Musonera exerçait, en 1994, les fonctions de responsable de la jeunesse dans la commune de Nyabikenke et qu’il disposait d’une arme à feu. Selon l’accusation, les Interahamwe, miliciens auteurs de massacres, se regroupaient fréquemment dans son bar après les opérations de tuerie.

    Musonera a reconnu avoir détenu une arme, précisant qu’il l’avait empruntée à un policier pour une nuit, mais a nié s’en être servi pour tuer. Il a également admis avoir dirigé la jeunesse locale, tout en soutenant avoir démissionné après huit mois faute de rémunération. Concernant la mort de Kayihura, il a affirmé avoir assisté impuissant aux coups portés à la victime, avant de prendre la fuite.

    Un procès à huis clos pour protéger les témoins

    À la demande du parquet, le 23 juillet 2025, le tribunal a décidé que l’affaire se poursuivrait à huis clos, afin d’assurer la sécurité des témoins appelés à la barre. Le ministère public avait requis la réclusion à perpétuité, considérant la gravité des faits et la responsabilité morale du prévenu.

    De son côté, IBUKA, partie civile au procès, réclamait 500 millions de francs rwandais au titre de réparation pour le préjudice moral subi par les survivants.

    Le verdict

    Dans son jugement rendu public, le Tribunal de Kiyumba a estimé que les éléments de preuve présentés par le ministère public démontraient de manière suffisante la culpabilité de Germain Musonera pour complicité de genocide. Le tribunal a écarté la circonstance aggravante de planification, retenant plutôt la participation volontaire et consciente à une entreprise criminelle.

    Germain Musonera a donc été condamné à vingt ans de réclusion et sommé de verser 50 millions de francs rwandais à IBUKA. Sauf appel, cette décision marque la clôture judiciaire d’un dossier qui rappelle que, trente ans après les faits, la justice rwandaise poursuit la lutte contre l’impunité des crimes de génocide.

  • FDLR et inertie congolaise: un obstacle à la mise en application des Accords de Washington

    Le 27 juin 2025, le Rwanda et la RDC signaient à Washington un accord de paix destiné à marquer un tournant dans leurs relations bilatérales et à renforcer la sécurité dans la région des Grands Lacs. Quelques mois plus tard, le 7 novembre, les deux pays se retrouvaient à Washington pour parapher le Cadre d’intégration économique régionale, en marge de la quatrième réunion du Comité conjoint de suivi de l’accord, sous l’égide des États-Unis et du Qatar, avec le soutien de l’Union africaine.

    Si ces engagements symbolisent une volonté politique affichée, leur mise en œuvre reste gravement compromise. Les retards sont déjà visibles, mais c’est surtout la mauvaise volonté de la RDC qui inquiète, notamment sur la neutralisation du groupe armé des FDLR, préalable indispensable à la levée des mesures défensives du Rwanda.

    Une inertie politique inquiétante

    Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a récemment annoncé que le président Félix Tshisekedi ne se rendrait pas à Washington pour signer officiellement les accords avec son homologue rwandais Paul Kagame, alors que la rencontre était initialement prévue le 13 novembre 2025. Ce report, sans nouvelle date, illustre une hésitation préjudiciable à la crédibilité de Kinshasa sur la scène régionale et alimente un climat de méfiance.

    La question des FDLR révèle encore plus clairement la mauvaise foi politique. Dans un communiqué, la RDC a invité ce groupe armé, composé de génocidaires responsables du génocide contre les Tutsi en 1994, à se rendre. Mais le geste est purement symbolique: les FDLR ont publiquement refusé, prétendant qu’ils ne négocieraient qu’avec Kigali. Cette inertie montre que Kinshasa ne prend pas les mesures concrètes nécessaires pour respecter ses engagements sécuritaires, laissant planer un doute sur sa volonté réelle de stabilité régionale.

    Des conséquences pour la région

    L’inaction de Kinshasa a des effets graves. Elle compromet le processus de paix signé à Washington, fragilise la confiance entre le Rwanda et la RDC, et met en péril les négociations en cours à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, sous la médiation du Qatar.

    Si cette mauvaise volonté persiste, le risque de retomber dans l’instabilité est réel, avec des conséquences sur la sécurité et le développement économique de toute la région des Grands Lacs.

    La présence continue des FDLR constitue un danger permanent. Reconnu comme groupe terroriste par les États-Unis et l’ONU, il continue de menacer le Rwanda et ses voisins. L’absence d’initiatives concrètes de Kinshasa pour neutraliser ce groupe démontre une réticence inquiétante à affronter les conflits historiques qui nourrissent l’instabilité régionale.

    Les voies de sortie

    Pour sortir de cette impasse, une pression  des partenaires régionaux et internationaux, États-Unis, Qatar et Union africaine, est indispensable. Ces acteurs doivent rappeler fermement les obligations de la RDC et envisager des sanctions ciblées si l’inaction persiste.

    La RDC doit agir concrètement, en priorité sur la neutralisation des FDLR, afin de dépasser les blocages politiques et garantir l’application effective des engagements sécuritaires et économiques. Ce n’est qu’ainsi que la confiance entre Kigali et Kinshasa pourra être restaurée et que la coopération régionale, y compris sur le plan économique, pourra progresser.

    En définitive, la paix régionale dépend moins des accords signés que de la volonté politique de les appliquer. La RDC doit cesser de simuler ses engagements et prendre des mesures tangibles pour neutraliser les FDLR. Sans cela, les Accords de Washington risquent de rester bloqués et la stabilité des Grands Lacs continuera d’être menacée.

  • Kigali accueillera la première édition des Prix d’Excellence du Cyclisme Africain 2025

    Kigali se prépare à accueillir, pour la toute première fois, une grande fête du cyclisme africain. Le 29 novembre 2025, la capitale rwandaise sera le théâtre de la première édition des “Africa Cycling Excellence Awards” (ACEA), une cérémonie qui récompensera les meilleurs cyclistes du continent.

    Une première en Afrique

    Organisés par la Confédération Africaine de Cyclisme (CAC), ces prix viennent célébrer les performances remarquables des coureurs africains, quelques mois seulement après que le Rwanda a brillamment accueilli le Championnat du Monde de Cyclisme sur route en septembre 2025.

    Selon Freddy Kamuzinzi qui a parlé à la presse, directeur de Kamz Events Group Ltd, entreprise chargée de l’organisation, le Rwanda abritera les deux premières éditions des ACEA, en 2025 et 2026, avant que l’événement ne soit ouvert à d’autres pays africains.

    L’événement se déroulera sur deux jours à Zaria Court, à Kigali.

    • Le vendredi 28 novembre, les délégations venues d’une vingtaine de pays africains, ainsi que des représentants de l’Union Cycliste Internationale (UCI), visiteront le Mémorial du Génocide de Kigali avant de participer à une réunion officielle de la CAC.
    • Le samedi 29 novembre, la journée commencera par une activité Communautaire- Umuganda et se clôturera par la soirée de remise des prix, un gala prestigieux réunissant les grandes figures du cyclisme africain.

    Plusieurs catégories de prix seront attribuées :

    • Meilleur cycliste homme élite
    • Meilleure cycliste femme élite
    • Meilleur cycliste amateur (homme)
    • Meilleure équipe nationale africaine

    Le pays hôte aura aussi ses lauréats, avec un meilleur cycliste rwandais homme et femme, ainsi que les meilleurs cyclistes d’Afrique de l’Est.

    Les votes se sont déroulés du 31 octobre au 8 novembre 2025, impliquant le public et les instances du cyclisme africain. Pour les cyclistes rwandais, la sélection finale sera effectuée par un comité spécial de la FERWACY jusqu’au 16 novembre.

    Les performances prises en compte concernent toutes les courses sur route disputées entre janvier et le Championnat du Monde de Kigali. Les compétitions postérieures, comme le Championnat d’Afrique prévu au Kenya, seront considérées pour les éditions suivantes. Les cyclistes amateurs, quant à eux, regroupent ceux évoluant hors des équipes continentales et professionnelles.

  • Le Tour du Rwanda vise le “World Tour”: un rêve de prestige mondial à l’horizon 2027

    La Fédération Rwandaise de Cyclisme (FERWACY) a engagé des discussions avec l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour élever le Tour du Rwanda au rang prestigieux de World Tour. Si le projet se concrétise, le Rwanda deviendra le premier pays africain à accueillir une course de cette envergure dès 2027.

    Chaque année, le Tour du Rwanda attire des milliers de spectateurs et des équipes venues du monde entier. Classée 2.1 depuis 2019, la compétition s’impose déjà comme la référence du cyclisme africain. Mais pour Samson Ndayishimiye, président de la FERWACY, l’ambition est désormais mondiale.

    “Nous voulons que le dernier Championnat du Monde de cyclisme laisse un héritage durable. Il nous faut bien planifier la période et le format de la course, tout en élevant le niveau d’organisation. Notre objectif est d’attirer encore plus de coureurs de renom”, a-t-il déclaré au journal La Dernière Heure, repris par IGIHE.

    Obtenir le statut World Tour placerait le Tour du Rwanda aux côtés des plus grandes épreuves cyclistes comme le Tour de France, le Giro d’Italia ou la Vuelta a España. Ces courses réunissent les 18 meilleures équipes mondiales et les coureurs les plus titrés de la discipline.

    “L’objectif est partagé par tous, mais nous devons évaluer chaque étape avec prudence avant de prendre une décision finale. Le projet pourrait aboutir dès 2027, même si aucun délai fixe n’a encore été arrêté”, a précisé Ndayishimiye.

    Depuis son passage de la catégorie 2.2 à 2.1 en 2019, le Tour du Rwanda a connu une croissance exceptionnelle, devenant un événement phare sur le continent.

    La prochaine édition se tiendra du 22 février au 1er mars 2026, étape clé dans la préparation de cette montée vers le sommet mondial.

  • Trois hommes arrêtés pour un vol de plus de 17 millions Frw dans des stations de pétrole

    L’office rwandais d’investigation (RIB) a arrêté trois hommes soupçonnés d’avoir orchestré une série de vols dans plusieurs stations de pétrole à travers le pays, pour un montant total de 17 980 641 francs rwandais. Les suspects auraient mis en place un stratagème technologique sophistiqué leur permettant de détourner de l’argent via le système MTN MoMo Pay.

    Selon l’information rendu publique par RIB, les individus arrêtés sont Nsabimana Straton, présenté comme le chef du groupe, ainsi que Ntagwabira Vincent et Mwesigye Paul. Ces derniers ciblaient des stations de pétrole situées à Kigali, Nyagatare, Muhanga, Nyabihu et Huye.

    Leur mode opératoire reposait sur la ruse. Après avoir fait le plein, ils payaient une somme inférieure au montant dû. Lorsque le pompiste leur signalait l’erreur, ils lui demandaient poliment de leur remettre son téléphone “pour vérifier la transaction”. C’est à ce moment qu’ils profitaient de l’accès au téléphone pour détourner de l’argent.

    L’enquête a révélé que les malfaiteurs utilisaient un ordinateur portable connecté au portail des partenaires MTN MoMo Business. Une fois en possession du téléphone du pompiste, ils simulaient une opération de “mot de passe oublié” (Forgot Password) sur le compte MoMo Pay de la station. Le système envoyait alors un code OTP (One Time Password) au téléphone, leur donnant accès à la modification du mot de passe. Avec ce nouvel accès, ils transféraient ensuite l’argent de la station vers leurs propres comptes MoMo, sans avoir besoin de la carte SIM physique de la station de pétrole.

    Les trois suspects auraient opéré dans neuf stations de pétrole au total, dérobant près de 18 millions de francs rwandais avant d’être identifiés et interpellés. Ils sont poursuivis pour plusieurs infractions, notamment la création ou l’appartenance à une organisation criminelle, l’escroquerie (obtention frauduleuse de biens d’autrui) et l’accès illégal à des systèmes informatiques.

    Dans un communiqué, le RIB exhorte les employés des stations de pétrole à ne jamais remettre leur téléphone professionnel à un client, quel qu’en soit le prétexte. L’institution prévient également les individus tentés par ce type de fraude que les capacités de détection et d’enquête sont désormais renforcées.

    Les peines encourues sont lourdes: la création ou l’appartenance à un groupe criminel est punie de sept à dix ans de prison; l’escroquerie, de deux à trois ans d’emprisonnement assortis d’une amende de trois à cinq millions de francs rwandais ; et l’accès illégal à un système informatique, de six mois à deux ans de prison, avec une amende d’un à deux millions de francs.

  • Kagame à Conakry: L’intelligence artificielle doit répondre aux besoins africains

    Le président du Rwanda Paul Kagame a pris part le mercredi 12 novembre 2025 à l’ouverture du “Sommet Transform Africa 2025”, tenu cette année à Conakry, en Guinée. Accueilli par son homologue guinéen, le colonel Mamadi Doumbouya, le chef de l’État rwandais a également participé au lancement du projet de minerai de fer de Simandou, considéré comme le plus vaste chantier minier au monde.

    Organisé sous le thème “IA pour l’Afrique: innover localement, impacter globalement”, le sommet rassemble chefs d’État, décideurs, experts et acteurs du numérique pour réfléchir à la place de l’intelligence artificielle (IA) dans le développement du continent. L’événement, initié par l’Alliance Smart Africa, ambitionne d’accélérer la transformation numérique de l’Afrique, un projet né il y a plus de dix ans à Kigali.

    Une décennie après Kigali, une vision toujours d’actualité

    Dans son allocution, le président Kagame a rappelé les débuts de cette initiative: “Il y a plus d’une décennie, le Sommet Transform Africa a été lancé à Kigali, alors qu’une révolution numérique se dessinait à l’échelle mondiale. Les opportunités étaient claires: investir dans le haut débit et utiliser la connectivité comme tremplin pour un développement plus compétitif.”

    Selon lui, les engagements pris à cette époque demeurent valables. Cependant, il souligne que le contexte a profondément évolué: “Aujourd’hui, nous devons faire face à un monde plus complexe et interconnecté, où l’évolution des technologies de pointe s’accélère à un rythme sans précédent.”

    Au cœur du sommet de cette année, l’intelligence artificielle suscite un grand intérêt. Pour le président Kagame, l’enjeu ne réside pas seulement dans la rapidité avec laquelle l’Afrique adoptera cette technologie, mais dans la pertinence des problèmes qu’elle choisira de résoudre: “Le succès de l’Afrique dépendra non seulement de la vitesse à laquelle nous déployons cette technologie, mais aussi des domaines dans lesquels nous l’appliquons. Les solutions adaptées à nos réalités et à nos besoins de développement produiront les meilleurs résultats.”

    Le président Kagame a indiqué que pour le Rwanda, l’IA devrait contribuer à 5 % du PIB national, en stimulant des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et l’agriculture.

    En marge du sommet, Kagame a présidé la 12ᵉ réunion du Conseil de Smart Africa, consacrée aux priorités stratégiques de l’alliance, notamment l’intégration de l’IA dans les politiques publiques et les projets régionaux.

    Il a appelé à une collaboration renforcée entre gouvernements, secteur privé, milieu académique et partenaires du développement: “Le véritable test de notre progrès sera notre capacité à concrétiser et à étendre ces projets pour obtenir des résultats mesurables. Chaque retard mine la crédibilité de l’Afrique, tandis que chaque engagement tenu accélère le changement sur le terrain.”

    Aux côtés du président Doumbouya et de son homologue gabonais Brice Oligui Nguema, Paul Kagame a également pris part au lancement du projet Simandou, qui comprend la construction d’une ligne ferroviaire de 600 km destinée à servir les activités minières et non minières.

  • L’avenir de l’éducation militaire africaine repose sur la collaboration, l’innovation et l’intégration technologique – Général MK Mubarakh

    Le Chef d’État-Major des Forces de Rwandaise de Défense (RDF), le Général MK Mubarakh, a exhorté, le 12 novembre 2025, les écoles militaires africaines à renforcer leur collaboration, à encourager l’innovation et à intégrer davantage la technologie afin de permettre aux commandants de faire face efficacement aux défis sécuritaires sur le continent.

    Il s’exprimait lors de la clôture officielle de la 19ᵉ Conférence africaine des commandants des écoles de commandement et d’état-major (ACoC), organisée à Kigali, sous le thème: “L’avenir de la formation et de l’éducation militaires en Afrique : combler la fracture numérique.”

    Selon une information publiée par le Minsitère Rwandais de la défense, cette conférence de trois jours a réuni des responsables de la formation militaire venus de tout le continent. Les échanges ont porté sur divers sujets visant à renforcer la coopération entre les écoles africaines de commandement et d’état-major. Les participants ont examiné les mécanismes et les meilleures pratiques permettant d’harmoniser et de standardiser les programmes de formation, ainsi que la mise en place de cadres d’échanges pour les étudiants et les instructeurs, dans le but de réaliser la mission et les objectifs de l’ACoC.

    S’adressant aux délégués venus de 24 pays africains, dont des représentants de l’Union africaine, le Général Mubarakh a souligné que “l’avenir de l’éducation militaire en Afrique repose sur la collaboration, l’innovation et l’intégration technologique, afin de renforcer l’interopérabilité et le leadership dans la réponse aux défis sécuritaires du continent.”

    Il a indiqué que les discussions menées durant ces trois jours avaient mis en lumière l’importance d’intégrer la technologie dans les systèmes de formation, de promouvoir l’interopérabilité et de former des dirigeants capables de commander des forces conjointes multinationales pour répondre efficacement aux menaces sécuritaires émergentes, dans le cadre du dispositif africain de paix et de sécurité.

    Le Général Mubarakh a exhorté les délégués à veiller à ce que les conclusions de la conference, ses orientations, cadres et resolutions, soient traduites en actions concrètes au sein de leurs institutions respectives.

    La conférence s’est achevée par la passation de la présidence de l’ACoC de la République du Rwanda à la République-Unie de Tanzanie, après une année de mandat. Dans son discours de prise de fonction, le Général de brigade Stephen Mnkande, Commandant du Collège de commandement et d’état-major des Forces de défense du peuple tanzanien, a promis de maintenir les standards élevés de l’ACoC et de promouvoir le partage des connaissances ainsi que la coopération tout au long de son mandat.

    Faisant le bilan de la présidence rwandaise, le Général de Brigade Andrew Nyamvumba, Commandant du Collège de commandement et d’état-major des RDF, a indiqué que celle-ci avait été guidée par un objectif simple mais essentiel: renforcer la collaboration entre les institutions et promouvoir l’harmonisation de la formation et des doctrines militaires.
    “Nous avons travaillé avec diligence pour encourager le dialogue et créer des plateformes d’échange de bonnes pratiques, conscients que nos défis sécuritaires communs exigent des solutions partagées et une Force africaine en attente pleinement interoperable”, a-t-il déclaré.

    À l’issue de la cérémonie de clôture, les participants à la Conférence africaine des commandants ont visité le Mémorial du génocide de Kigali pour rendre hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Des commandants ont visité le Mémorial du génocide de Kigali ©RwandaMoD

    Passation de la présidence de l’ACoC de la République du Rwanda à la République-Unie de Tanzanie ©RwandaMoD

  • Kepler College diplôme sa première promotion: 293 jeunes prêts à bâtir l’avenir de l’Afrique

    C’est dans une ambiance de fierté et d’émotion que 293 jeunes, dont près de la moitié sont des femmes, ont reçu ce mercredi 12 novembre 2025 leurs diplômes de fin d’études à Kepler College, lors d’une cérémonie organisée au Kigali Convention Centre. Il s’agit de la première promotion depuis que cette institution a obtenu en 2022 le statut officiel d’Institut supérieur reconnu au Rwanda.

    La Première Dame du Rwanda, Mme Jeannette Kagame, a honoré de sa présence cette cérémonie, aux côtés de Mme Monica Geingos, chancelière de Kepler College, ainsi que du Vice-Chancelier, le Professeur Baylie Damtie Yeshita.

    Les lauréats, issus de six pays africains dont le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Érythrée et le Gabon, ont étudié dans des filières liées aux besoins réels du marché de l’emploi: Gestion, Gestion de projets, Commerce et communication, Gestion des services de santé, ainsi que Logistique et opérations. Parmi eux, 43 étudiants provenaient du campus de Kigali et 250 du campus de Kiziba, situé dans le district de Karongi.

    Un enseignement inclusif et tourné vers l’avenir

    Dans son discours, Mme Jeannette Kagame a salué l’engagement de Kepler College pour un enseignement de qualité, accessible à tous, sans distinction d’origine ou de moyens.

    “Nous célébrons aujourd’hui plus qu’une remise de diplômes : nous célébrons une vision, celle d’un avenir où chaque étudiant, d’où qu’il vienne, peut accéder à un savoir transformateur”, a-t-elle déclaré.

    La Première Dame s’est réjouie que la majorité des diplômés de Kepler trouvent un emploi dans l’année suivant la fin de leurs études, preuve que la formation dispensée répond véritablement aux exigences du marché du travail.

    Elle a également exprimé son admiration pour la politique d’éducation inclusive de ce collège, qui soutient particulièrement les réfugiés et les étudiants en situation de handicap. “En tant qu’ancienne réfugiée, je comprends la valeur de chaque opportunité qui s’offre à ceux qu’on oublie trop souvent”, a-t-elle confié.

    Un modèle d’éducation axé sur l’impact

    Le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, a félicité les diplômés pour leur persévérance et salué Kepler College pour sa contribution à la vision du Rwanda: construire une économie fondée sur la connaissance et l’innovation.

    “Kepler incarne ce que nous voulons pour notre jeunesse: un enseignement pratique, inclusif et connecté au monde du travail”, a-t-il affirmé.

    De son côté, la chancelière Monica Geingos a encouragé les lauréats à se considérer comme des solutions aux défis africains: “Trop souvent, nous devenons des problèmes au lieu d’être des sources de solutions. Vous, au contraire, avez été formés pour devenir des acteurs du changement”, a-t-elle lancé.

    Au nom de ses camarades, Innocent Kabera, diplômé en gestion de projets, a exprimé sa gratitude envers les enseignants et les parents pour leur accompagnement constant. “Kepler a été plus qu’une école: c’était une famille. Nous n’avons pas seulement appris à gérer des projets, mais aussi à gérer nos vies”, a-t-il témoigné.

    Créé en 2022, Kepler College vise à offrir une éducation accessible et adaptée aux réalités africaines. Grâce au Future of Work Fund, dirigé par Chancen International, les étudiants issus de familles modestes bénéficient d’un soutien financier selon leurs capacités.

  • Scène mondiale, vide intérieur en RDC: la diplomatie-spectacle du président Félix Tshisekedi

    Par Danny Kirenga

    Sous les sourires échangés à Doha, un parfum d’autosatisfaction et de déconnexion. Tandis que la communication présidentielle s’empresse de vanter une harmonie retrouvée entre Félix Tshisekedi et le roi Philippe, la réalité semble moins flatteuse: celle d’un chef d’État en quête de reconnaissance, multipliant les déplacements sans retombées tangibles, les promesses creuses et les effets d’annonce. Pendant que le président s’illustre à l’international, la majorité des Congolais s’enfonce dans la précarité, l’insécurité et la désillusion.

    Une vitrine sans contenu

    Le Sommet mondial pour le développement social à Doha aura surtout servi de décor à une nouvelle opération d’image. Le “Couloir vert Kivu–Kinshasa”, présenté comme emblème d’un Congo tourné vers l’écologie, relève davantage du marketing politique que d’une réelle vision de développement. Derrière le lexique rassurant – durabilité, inclusion, transition – se cache un pouvoir dépourvu de stratégie cohérente, incapable d’articuler des politiques publiques durables.

    Sur le terrain, le contraste est saisissant: forêts livrées au pillage, terres accaparées, populations déplacées dans des conditions indignes. Alors que Kinshasa disserte sur la “reforestation” à l’étranger, les bombes continuent de pleuvoir sur le Nord-Kivu. Tshisekedi parle de développement, mais peine à assurer la sécurité de ses citoyens.

    Le diplomate itinérant

    Depuis 2019, le chef de l’État a fait de la scène internationale son principal théâtre d’expression. Paris, Washington, Davos, Doha… les escales se succèdent, les discours se répètent, les annonces se diluent. Aucune retombée majeure, ni sur le plan économique, ni sur le plan politique.

    Cette frénésie de voyages, financée à prix d’or, n’a pas permis de mobiliser d’investissements structurants ni d’ancrer le pays dans une diplomatie d’influence. Elle a plutôt conforté l’image d’un président plus à l’aise dans les salons internationaux que sur le sol congolais. Pendant que la dette s’alourdit et que la corruption prospère, le pouvoir se réfugie dans la mise en scène d’une réussite illusoire.

    Un pays appauvri, un pouvoir prospère

    La fracture entre le sommet et la base n’a jamais été aussi criante. Tandis que le chef de l’État multiplie les tribunes mondiales, les fonctionnaires attendent leurs salaires, les hôpitaux tournent à vide et les déplacés de guerre s’entassent dans des camps improvisés.

    À l’inverse, les proches du pouvoir affichent une prospérité insolente: résidences à l’étranger, comptes bien garnis, contrats miniers opaques. Le slogan d’un “Congo qui se relève” sonne creux lorsqu’on observe la réalité: un pays affaibli, des institutions fragilisées et un clan présidentiel qui consolide ses privilèges.

    Bruxelles ferme les yeux

    L’attitude conciliante de la Belgique alimente ce sentiment d’impunité. En serrant la main de Tshisekedi, le roi Philippe a offert une forme de validation à un régime contesté pour ses dérives autoritaires et son manque de transparence. Bruxelles sait, mais se tait – par intérêt économique ou par prudence diplomatique.

    Le prétendu “partenariat vert” n’est qu’un habillage: derrière les discours sur la coopération durable se cache un troc cynique entre respectabilité politique et protection des intérêts miniers.

    Un leadership en perte de cap

    De Doha à Kinshasa, une constante s’impose: Félix Tshisekedi semble naviguer à vue. Son mandat s’apparente à une succession d’initiatives sans lendemain et de promesses sans suivi. Faute de ligne directrice, la diplomatie congolaise s’est muée en errance, et la politique intérieure en série d’improvisations.

    Le Congo n’a pas besoin d’un président globe-trotter, mais d’un dirigeant enraciné, capable de bâtir une vision claire et de répondre aux urgences nationales avant de chercher les applaudissements extérieurs.

    Tant qu’il confondra visibilité internationale et leadership véritable, Félix Tshisekedi restera perçu comme un chef d’État indécis, en perpétuelle quête de légitimité.

    Et pendant qu’il poursuit son marathon diplomatique, le peuple congolais, lui, continue de marcher dans l’ombre.

  • La justice française ordonne la remise en liberté de l’ancien président Nicolas Sarkozy

    Nicolas Sarkozy va sortir de prison. La cour d’appel de Paris a ordonné, lundi 10 novembre, la remise en liberté de l’ancien président français, incarcéré depuis le 21 octobre 2025 à la Santé après sa condamnation dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle. La prison, « c’est dur, c’est très dur, ça l’est certainement pour tout détenu, je dirais même que c’est éreintant », a déclaré l’ancien président.

    Déposée par ses avocats dans les minutes qui ont suivi son entrée en détention à la prison de la Santé à Paris, le 21 octobre, la demande de remise en liberté a été examinée dans la matinée.

    L’ancien président comparaissait en visioconférence, en veste bleu foncé, pull et chemise. Son épouse, Carla Bruni, et deux de ses fils, Pierre et Jean, ont pris place sur les bancs du public. selon les informations publiées par RFI

    Nicolas Sarkozy, 70 ans, avait été incarcéré en raison de sa condamnation à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour association de malfaiteurs dans le procès lybien, une détention inédite pour un ex-président dans l’histoire de la République française et qui a suscité de vifs débats.

    Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne où aucun ancien chef d’État n’a connu l’emprisonnement. Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il a aussitôt fait appel.

    Plus que la condamnation, c’est le mandat de dépôt l’envoyant en prison, non susceptible de recours, qui avait suscité la stupeur. Pour les juges, il est justifié par la «gravité exceptionnelle» des faits. Pour Nicolas Sarkozy, il a été motivé par « la haine ».

    Nicolas Sarkozy devra être remis en liberté sous contrôle judiciaire, éventuellement assigné à résidence avec un bracelet électronique. En attendant, en prison, l’ex-président a été placé à l’isolement, mais deux officiers de sécurité étaient installés dans une cellule voisine. Des dispositions justifiées par « son statut » et les « menaces qui pèsent sur lui », selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

    SOURCE: RFI