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  • La Commission rwandaise des médias recadre les journalistes sportifs: la déontologie du métier avant tout

    La Commission rwandaise des médias (Rwanda Media Commission – RMC) a publié, le 17 novembre 2025, un communiqué ferme à l’intention des journalistes et animateurs des programmes sportifs, leur rappelant l’obligation de respecter scrupuleusement les règles déontologiques du métier.

    Ce rappel intervient alors que les émissions sportives, très suivies à la radio comme à la télévision, sont régulièrement critiquées pour certaines dérives: attaques personnelles, propos passionnés, informations non vérifiées ou encore confusion entre journalisme et militantisme en faveur de certains clubs.

    Dans son communiqué signé par son Secrétaire exécutif, Emmanuel Mugisha, la RMC cite une série d’articles du Code de déontologie du journaliste rwandais que les professionnels du sport ont tendance à ignorer.

    La Commission rappelle que les antennes ne doivent en aucun cas servir de tribune aux règlements de comptes, aux insultes ou au dénigrement envers des individus ou des institutions sportives. Une telle utilisation des médias va à l’encontre de l’éthique journalistique et de l’intérêt public.

    Dans les débats comme dans les analyses, les journalistes sont appelés à éviter les prises de position émotionnelles liées à leurs équipes favorites, et à privilégier une information impartiale, équilibrée et fondée sur les faits.

    La RMC met également en garde contre les attaques ciblées contre des personnes. Les journalistes doivent se concentrer sur les performances sportives, les faits observables et les enjeux réels, plutôt que sur des commentaires portant atteinte à la dignité des individus.

    Les professionnels sont en outre sommés de ne pas relayer des informations provenant de supporters ou d’autres sources non vérifiées. Toute information diffusée doit être vérifiée au préalable.

    Constatant que certaines émissions sportives s’étendent sur près de trois heures, la Commission insiste sur la nécessité pour les responsables de ces programmes de préparer rigoureusement leurs contenus afin de garantir leur qualité, leur exactitude et leur utilité pour le public.

    Elle rappelle également qu’un journaliste ne peut en aucun cas cumuler son rôle avec celui d’un porte-parole de club ou d’un acteur engagé dans un intérêt sportif. Toute confusion entre journalisme et plaidoyer est strictement proscrite.

    La Commission rwandaise des médias ne se limite pas à interpeller les journalistes. Elle appelle aussi les clubs, les fédérations et les différentes structures sportives à honorer leur obligation de fournir aux médias des informations exactes et complètes, dans des délais raisonnables.

    Retarder volontairement la communication d’informations ou refuser de les transmettre peut alimenter les rumeurs et nuire à la qualité du traitement médiatique.

    Enfin, la RMC avertit que tout journaliste qui ne respecterait pas les consignes énoncées dans ce communiqué s’expose aux sanctions prévues par le Code de déontologie des journalistes au Rwanda.

  • La Communauté rwandaise de France saisit l’ARCOM après un article de RFI jugé complaisant envers les FDLR

    La Communauté rwandaise de France (CRF) a déposé, le 15 novembre 2025, une plainte auprès de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM). L’association accuse Radio France Internationale (RFI) d’avoir offert une tribune complaisante au groupe armé FDLR opérant sur le sol de la RDC, une organisation impliquée dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.

    La démarche de la CRF fait suite à la publication, le 10 novembre 2025, d’un article intitulé: “Nous résisterons jusqu’à ce que Kigali accepte un dialogue”, affirment les FDLR. Selon l’association, cette publication présente les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) comme un simple groupe armé actif en République démocratique du Congo (RDC), en occultant leur rôle dans le génocide contre les Tutsi en 1994 et les nombreuses exactions commises depuis trente ans.

    Une plainte fondée sur le respect des obligations légales et déontologiques

    La CRF, représentée par l’avocat Me Richard Gisagara, estime que RFI a manqué à ses obligations d’exactitude, de contextualisation et de rigueur telles que définies par la loi française du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, par le cahier des charges de France Médias Monde et par la charte déontologique interne de RFI.

    Dans la lettre adressée à l’ARCOM, la CRF reproche à RFI d’avoir présenté le porte-parole des FDLR comme un simple acteur armé, sans mentionner que ce groupe est sanctionné par le Conseil de sécurité des Nations unies, inscrit par les États-Unis parmi les organisations terroristes et visé par des mesures restrictives de l’Union européenne.

    La CRF rappelle également que certains dirigeants des FDLR ont été condamnés par la justice allemande pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Selon la CRF, l’article en question reprend sans contradictoire des affirmations graves du porte-parole des FDLR, notamment la prétention de protéger les réfugiés rwandais, l’accusation portée contre le HCR d’envoyer de force des Congolais au Rwanda, et l’appel à un dialogue inter-rwandais présenté comme une revendication politique légitime.

    Pour l’association, ces éléments auraient dû être contextualisés afin d’éviter que RFI ne serve, même involontairement, de relais au narratif d’un groupe considéré comme responsable d’atrocités à grande échelle.

    La CRF souligne que cet article intervient dans un climat de fortes tensions en RDC, où les autorités ont, en janvier 2025, menacé de sanctions sévères les médias internationaux, dont France Médias Monde. Le ministre congolais de la Justice avait même évoqué publiquement la peine de mort pour les journalistes qui contrediraient la ligne officielle.

    Ce contexte, estime la CRF, pourrait avoir influencé le traitement éditorial réservé au sujet par certains médias, au détriment d’une information indépendante et équilibrée.

    La CRF cite également les alertes récentes de la Conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, qui s’est inquiétée de la multiplication de discours de haine ciblant les populations rwandophones en RDC.

    L’association demande à l’ARCOM d’examiner les éventuelles violations des obligations légales et déontologiques par RFI et de prendre les mesures qui s’imposent si des manquements sont avérés.

    Elle affirme vouloir poursuivre son engagement pour la défense de la mémoire du génocide contre les Tutsi, la lutte contre la désinformation et la protection des communautés exposées aux discours de haine.

  • Contrôle technique automobile: le nouveau centre de Ndera désormais opérationnel

    Le nouveau centre de contrôle technique automobile de Ndera, situé à proximité de Kigali dans le district de Gasabo, est officiellement opérationnel depuis ce samedi 15 novembre 2025. Implanté dans le secteur de Ndera, ce centre moderne vient renforcer le dispositif national d’inspection mécanique et de contrôle des émissions polluantes, notamment pour les poids lourds et les motocyclettes.

    Un centre capable d’accueillir 650 véhicules par jour

    Selon le porte-parole de la Police nationale du Rwanda, le Commissaire de Police adjoint Boniface Rutikanga, le centre peut recevoir jusqu’à 650 véhicules par jour, dont 450 véhicules lourds et voitures, ainsi que 200 motos. Cette capacité accrue permettra de désengorger le centre très fréquenté de Remera à Kigali, qui fonctionne depuis plusieurs années au-delà de ses capacités.

    “Le centre de Ndera vient réduire la pression sur Remera et accélérer la délivrance des services”, a expliqué le Commissaire de Police adjoint Rutikanga.

    À Ndera, toutes les motos de la Ville de Kigali devront désormais passer les tests de gaz d’échappement. Ces vérifications sont particulièrement rapides: environ une minute suffit pour inspecter une moto.

    La Police nationale encourage ainsi les motocyclistes à respecter les obligations en matière de protection de l’environnement. “Une moto bien entretenue ne rencontrera aucun problème lors du test”, assure-t-il.

    En plus des inspections mécaniques des véhicules de plus de 3,5 tonnes, le nouveau centre joue un rôle clé dans le renforcement du contrôle de la pollution atmosphérique à Kigali. Il contribue aussi à la fluidification des services auparavant concentrés au seul centre de Remera.

    Le porte-parole de la Police nationale a rappelé que l’inspection technique et les tests d’émissions doivent être réalisés dans les délais fixés par la loi.

    “Ce n’est pas un choix. Le contrôle technique est une obligation légale, et ceux qui ne s’y conforment pas seront sanctionnés “, a-t-il insisté.

  • La Haye refuse de transférer Félicien Kabuga au Rwanda

    La justice internationale a décidé. Le Mécanisme résiduel des Nations unies, chargé d’achever les derniers dossiers du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a annoncé vendredi 14 novembre que Félicien Kabuga ne serait pas transféré au Rwanda. Âgé et déclaré inapte, l’ancien homme d’affaires restera détenu au centre pénitentiaire de l’ONU à La Haye.

    Selon l’avis des experts médicaux, un déplacement vers Kigali présenterait un risque sérieux pour la santé physique et mentale de Kabuga. Souffrant de démence, il avait déjà vu son procès suspendu en septembre 2023 après que le Mécanisme l’a déclaré inapte à être jugé.

    Depuis cette date, les Nations unies tentent de lui trouver un pays d’accueil. Deux États ont refusé de le recevoir, dont la France, où il avait été arrêté en mai 2020.

    En septembre 2025, le procureur du Mécanisme, Serge Brammertz, avait demandé son transfert au Rwanda, rappelant que le pays respecte les droits humains et s’est engagé à garantir le respect intégral des droits de Kabuga. Mais les juges ont rejeté cette option, tout en appelant les États consultés à coopérer pour trouver une solution durable.

    Le Ministre Bizimana réagit: une décision incompréhensible

    Le ministre rwandais de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean Damascène Bizimana, a réagi sur son compte X: “Comment la Cour internationale peut-elle continuer à détenir Félicien Kabuga sans raison justifiable ?”

    Il rappelle qu’en août 2023, le Mécanisme avait lui-même ordonné sa libération en raison de son inaptitude, mais qu’aucun pays, à l’exception du Rwanda, n’a accepté de l’accueillir.

    Pour le ministre, l’affaire Kabuga illustre une situation plus large touchant les anciens responsables du génocide perpétré contre les Tutsi jugés par des juridictions internationales. Plusieurs d’entre eux, autrefois condamnés ou acquittés par le TPIR, vivent depuis des années en exil, souvent sans statut légal.
    Depuis 2021, au Niger, certains sont même décédés dans ces conditions: Col. Anatole Nsengiyumva, Lt-Col Tharcisse Muvunyi et Protais Zigiranyirazo, dont les funérailles controversées en France ont finalement abouti à une crémation.

    D’autres sont morts loin de leur pays, au Canada, en Belgique, en France ou aux États-Unis, parmi eux:
    Jérôme Bicamumpaka, Joseph Kanyabashi, Colonel Aloys Simba, Jean Bosco Barayagwiza, entre autres.

    La liste s’allonge également de plusieurs condamnés du TPIR enterrés à l’étranger, notamment Théoneste Bagosora, Clément Kayishema ou François Karera.

    Pour le ministre Bizimana, cette situation doit servir de leçon à ceux qui continuent de défendre l’idéologie du génocide ou de se présenter comme héritiers des crimes de leurs parents. Il estime que: “la paix revient à ceux qui se repentent, pas à ceux qui persistent dans le déni.”

  • Doha: Kinshasa et l’AFC/M23 signent un cadre pour la paix

    Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23 ont signé le samedi 15 novembre 2025 à Doha un cadre de principes destiné à ouvrir la voie à un accord de paix global, une avancée diplomatique majeure dans la quête de stabilité pour l’est de la RDC.

    La signature a été effectuée par Sumbu Sita Mambu, représentant la RDC, et Benjamin Mbonimpa, Secrétaire exécutif de l’AFC/M23, au terme de plusieurs semaines de discussions facilitées par le Qatar.

    Un document structuré autour de huit principes

    Le texte paraphé dans la capitale qatarie énonce huit principes qui serviront de base aux futures négociations entre les deux parties.

    Selon Benjamin Mbonimpa, ces principes visent à traiter les causes profondes du conflit et feront chacun l’objet de discussions spécifiques dans le cadre d’un calendrier déjà établi.

    Le chef de la délégation de l’AFC/M23 a souligné que rien ne changera sur le terrain tant que les principes n’auront pas été négociés et appliqués: “Le chemin reste long. Nos populations doivent patienter jusqu’à la conclusion d’un accord de paix global.”

    Parmi les points clés figurent:

    • la restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones affectées,
    • des mesures sécuritaires transitoires pour protéger les civils,
    • la création d’une Commission nationale indépendante chargée de vérité, réconciliation, justice et reconstruction.

     Un engagement diplomatique soutenu

    La signature s’est déroulée en présence du ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Dr Mohammed bin Abdulaziz bin Saleh Al-Khulaifi, et du conseiller spécial du président américain pour les partenariats africains, Massad Boulos.

    Ce dernier a salué « un pas important », tout en rappelant que le processus de paix devra encore franchir plusieurs étapes: “Cela prendra du temps, mais pas trop longtemps.”

    Le Rwanda salue une avancée significative

    Dans un communiqué publié à Kigali, le Gouvernement rwandais a accueilli favorablement la signature du Cadre de Doha, y voyant « une étape significative vers un règlement durable » du conflit dans l’est de la RDC.

    Le Rwanda a par ailleurs salué l’implication du Qatar en tant que médiateur, ainsi que le soutien des États-Unis et de l’Union africaine.

    Si la signature de Doha ne met pas immédiatement fin aux hostilités, elle formalise un cadre de travail pour les discussions à venir et marque une rare convergence entre Kinshasa et l’AFC/M23, après des années de tensions et d’affrontements.

  • Saison des pluies: le ministre de la santé alerte sur la hausse des cas de grippe au Rwanda

    Le ministre rwandais de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, met en garde contre une augmentation des cas de grippe à travers le pays, alors que la saison des pluies s’intensifie.

    Dans un message publié sur son compte X, il rappelle que les infections grippales s’accentuent généralement avec les changements météorologiques, en particulier pendant les périodes de forte pluviométrie.

    Selon le ministre, la grippe devient plus sévère lorsque le virus “influenza” se combine à des bactéries, une situation plus fréquente et plus dangereuse chez les enfants de moins de cinq ans. « Protège-toi et protège les autres contre la grippe», a-t-il insisté.

    Soigner rapidement les enfants et éviter la propagation

    Le Dr Nsanzimana recommande aux parents de consulter immédiatement un médecin lorsqu’un enfant présente des symptômes. Il rappelle également qu’un enfant malade ne devrait pas se rendre à l’école tant qu’il n’est pas complètement rétabli, afin d’éviter la contamination d’autres élèves.

    Le ministère de la Santé précise que les symptômes courants de la grippe en saison des pluies incluent:

    • forte fièvre,
    • douleurs thoraciques,
    • difficultés respiratoires,
    • toux persistante.

     Mesures recommandées pour limiter la transmission

    Toute personne présentant des symptômes est appelé à:

    • se couvrir la bouche lorsqu’elle tousse ou éternue,
    • éviter les contacts étroits,
    • se laver fréquemment les mains à l’eau propre et au savon,
    • porter un masque pour réduire la transmission,
    • aérer régulièrement les espaces intérieurs.

    En matière de prévention, la population est encouragée à maintenir une bonne hygiène des mains, à éviter les contacts avec des personnes symptomatiques et à nettoyer fréquemment les surfaces les plus touchées.

    Cette mise en garde intervient alors que l’Agence météorologique du Rwanda prévoit des précipitations comprises entre 30 et 150 millimètres dans tout le pays du 11 au 20 novembre 2025,  des niveaux supérieurs à la moyenne saisonnière, habituellement située entre 25 et 90 millimètres.

  • Quand le Rwanda choisit l’unité et qu’Ingabire Victoire persiste dans la division

    Ces dernières années, certains milieux occidentaux ont tenté de présenter Victoire Ingabire comme symbole d’opposante politique au Rwanda. Cette vision, souvent détachée de la réalité locale, ignore les progrès considérables que le Rwanda a accomplis en matière d’unité, de réconciliation et de stabilité après le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    En encourageant Ingabire à persister dans une démarche politique fondée sur la division et la contestation de l’ordre du pays, ces acteurs étrangers compromettent le choix souverain du peuple rwandais: celui de la paix et de l’unité nationale.

    Alors que le Rwanda a fait le choix de la cohésion, les actions et les liens d’Ingabire traduisent une orientation contraire, marquée par la manipulation, la désinformation et des allégations de collaboration avec des groupes menaçant la sécurité nationale.

    Aperçu de l’affaire

    Victoire Ingabire, fondatrice de la plateforme politique non enregistrée DALFA–Umurinzi, fait actuellement face à six chefs d’accusation devant la Haute Cour de Kigali:

    • Atteinte à la sécurité nationale
    • Propagation de fausses informations ou de propagande visant à discréditer le gouvernement à l’étranger
    • Création ou adhésion à une organisation criminelle
    • Complot en vue de commettre des crimes contre l’autorité de l’État
    • Incitation à des troubles et à des manifestations illégales
    • Résistance à l’autorité légale

    Ces accusations découlent d’une vaste enquête reliant Ingabire et plusieurs co-accusés – parmi lesquels des membres de DALFA–Umurinzi et le YouTubeur Théoneste Nsengimana – à des activités coordonnées visant à déstabiliser le pays sous couvert d’activisme civique.

    Conduites criminelles alléguées

    Mobilisation subversive et opérations clandestines

    Le parquet reproche à Ingabire d’avoir dirigé une campagne clandestine dissimulée sous la forme d’un programme de formation en langue anglaise.

    Des preuves présentées indiquent que ces sessions, tenues sur des plateformes chiffrées comme Jitsi Meet, servaient à introduire les participants aux stratégies de «résistance non violente» inspirées du manuel Blueprint for Revolution de Srđa Popović.

    Les participants utilisaient des pseudonymes, et Ingabire est accusée d’avoir financé ces activités en fournissant des téléphones portables et des forfaits internet – des actes interprétés comme un soutien logistique à la mobilisation illégale.

    Liens présumés avec des groupes insurgés

    Le parquet affirme qu’Ingabire a entretenu des contacts directs ou indirects avec des coalitions armées telles que le P5 et RUD-Urunana, impliquées dans des activités terroristes, notamment les attaques de Kinigi en 2019, qui ont causé la mort de 15 civils.

    Des témoignages et communications électroniques la relient également à des discussions avec Cassien Ntamuhanga, déjà condamné pour des faits liés au terrorisme.

    Diffusion de fausses informations et propagande nuisible

    Sur la base de l’article 39 de la Loi sur la cybercriminalité, le parquet accuse Ingabire d’avoir utilisé des médias tels que Umubavu TV pour diffuser de fausses informations destinées à ternir l’image du Rwanda sur la scène internationale.

    Ses discours et interventions publiques auraient systématiquement cherché à présenter le gouvernement comme oppressif, en dénigrant les efforts de réconciliation et le cadre constitutionnel du pays.

    Ces récits, amplifiés par certains médias étrangers, risquent d’alimenter à nouveau les divisions entre Rwandais et de miner la confiance envers les institutions nationales.

    Incitation et organisation de manifestations illégales

    Ingabire est également accusée d’avoir tenté d’organiser des manifestations à Kigali – notamment au centre ville à l’endroit appelé “Kwa Rubangura”.

    Des témoins affirment qu’elle aurait incité des participants à exploiter des frustrations sociales pour provoquer des confrontations et attirer l’attention internationale.
    Pendant la pandémie de COVID-19, elle aurait organisé des distributions alimentaires utilisées comme prétexte pour des rassemblements politiques non autorisés, destinés à attirer la couverture médiatique.

    Procédure judiciaire et situation actuelle

    La Haute Cour de Kigali a rejeté la requête d’Ingabire visant à récuser les juges en charge de son dossier, estimant que ses arguments ne remplissaient pas les critères légaux exigés pour une telle demande.

    La Cour a rappelé que les décisions antérieures concernant son enquête relevaient de la procédure et ne constituaient pas des jugements sur sa responsabilité pénale.
    Parallèlement, son équipe juridique a saisi la Cour suprême pour contester la constitutionnalité de l’article 106 du Code de procédure pénale.

    Ingabire continue de nier toutes les accusations et se présente comme victime de persécution politique.

    Cependant, le volume et la cohérence des éléments de preuve – enregistrements audio, transactions financières, communications chiffrées et témoignages – suggèrent un schéma d’activités subversives dépassant le simple cadre de l’expression politique.

    Alors que certains milieux étrangers persistent à présenter Victoire Ingabire comme une “réformatrice démocratique”, les faits soumis à la justice rwandaise brossent un tableau bien différent.
    Les accusations – qu’il s’agisse d’atteinte à l’autorité de l’État, de liens avec des groupes armés ou de propagande visant à semer la discorde – traduisent une entreprise délibérée de déstabilisation d’un pays qui a pourtant choisi la paix et l’unité après l’une des tragédies les plus marquantes de l’histoire contemporaine.

    Le système judiciaire rwandais, fondé sur les principes constitutionnels, traite ces allégations dans le respect du droit. Dans ce contexte, présenter Ingabire comme innocente ou persécutée revient à ignorer la gravité des faits reprochés et le droit légitime du Rwanda à défendre sa souveraineté et sa stabilité nationale.

  • Handball – CAN 2026: le Rwanda confronté à un groupe relevé avec le Nigeria et l’Algérie

    Le tirage au sort de la 27ᵉ édition du Championnat d’Afrique des Nations de handball masculin a placé le Rwanda dans un groupe particulièrement compétitif. Les Amavubi se retrouvent dans la poule A aux côtés de la Zambie, du Nigeria et de l’Algérie. La compétition se tiendra à Kigali du 21 au 31 janvier 2026.

    La cérémonie du tirage au sort s’est déroulée le vendredi 14 novembre 2025 à la Kigali. Y ont pris part plusieurs personnalités du sport, notamment le Secrétaire d’État au Ministère des Sports, Rwego Ngarambe; le Premier Vice-président de la Confédération Africaine de Handball (CAHB), Medhat El-Beltagy; ainsi que le président de la Fédération Rwandaise de Handball  (FERWAHAND), Twahirwa Alfred.

    Selon les résultats du tirage, la compétition réunira 16 nations réparties en quatre groupes :

    • Groupe A: Rwanda, Zambie, Nigeria, Algérie
    • Groupe B: Ouganda, Gabon, Angola, Égypte
    • Groupe C: Kenya, Cameroun, Guinée, Tunisie
    • Groupe D: Bénin, Congo Brazzaville, Maroc, Cap-Vert

    Le Rwanda jouera le match d’ouverture contre la Zambie le 21 janvier 2026, une rencontre cruciale pour espérer bien démarrer son tournoi à domicile.

    Il s’agira seulement de la deuxième participation du Rwanda à la CAN masculine de handball. Les Rwandais avaient fait leurs débuts en 2024 en Égypte, où ils s’étaient classés 14ᵉ sur 16. Cette édition avait d’ailleurs été remportée par le pays hôte, l’Égypte, sacrée championne pour la neuvième fois.

  • Bernard Makuza élu à la tête du forum d’experts de l’EASF

    L’ancien Premier ministre du Rwanda et ancien président du Sénat, Hon. Bernard Makuza, a été élu à la tête du forum d’experts de la East Africa Standby Force (EASF), un organe consultatif qui conseille le Conseil des ministres et le Conseil des chefs d’État des pays membres sur les questions de prévention des conflits.

    Selon le journal IGIHE, cette élection s’est tenue lors du séminaire organisé du 11 au 13 novembre 2025, réunissant les experts de l’EASF. Hon. Makuza a été proposé par le Président Paul Kagame via le ministère de la Défense nationale, en tant que représentant du Rwanda pour ce forum régional.

    Il succède à Sylvestre Ntibantunganya, ancien président du Burundi, qui avait dirigé le forum lors de son premier mandat. Les membres du forum sont élus par les neuf pays membres de l’EASF, et parmi eux, un président est choisi pour un mandat de trois ans.

    Priorité à la paix au Soudan et au Soudan du Sud

    Dans ses déclarations à IGIHE, Hon. Makuza a précisé que le forum concentrera ses efforts sur la restauration de la paix au Soudan et au Soudan du Sud, tout en surveillant les impacts des crises en République démocratique du Congo sur la région. “Notre rôle est de prévenir les conflits, conseiller les dirigeants et anticiper tout problème pouvant menacer la sécurité dans un pays ou dans la region”, a-t-il déclaré.

    Créée pour maintenir la paix et la sécurité en Afrique de l’Est, l’EASF regroupe des forces prêtes à intervenir rapidement en cas de crise. Son secrétariat est basé à Nairobi, tandis que le quartier général opérationnel se trouve en Éthiopie. L’EASF comprend à la fois des militaires et des civils, et ses forces effectuent régulièrement des exercices dans les pays membres.

    Le forum d’experts joue un rôle stratégique, en apportant des recommandations aux instances dirigeantes sur les mesures à prendre pour prévenir ou gérer les crises régionales. Parmi les autres membres figurent Gen Coletha (Ouganda), Lt Gen Joseph Ndayishimiye (Burundi) et Brig Gen Mubarakh (Soudan). Le représentant de la Somalie n’a pas pu intégrer le forum pour des raisons de santé, nécessitant la recherche d’un remplaçant.

    Hon. Makuza a souligné les défis financiers auxquels l’EASF est confrontée, certains pays membres n’ayant pas encore versé leurs contributions. Le Rwanda, pour sa part, a réglé toutes ses obligations jusqu’en 2025. Le forum prévoit de demander une augmentation du budget lors de la réunion du Conseil des ministres de l’EASF, prévue du 13 au 18 décembre 2025.

    Enfin, Bernard Makuza a indiqué qu’au plus tard en avril 2026, le Rwanda désignera le futur Directeur exécutif de l’EASF, qui siégera à Nairobi, succédant à l’actuel responsable kenyan.

    Les forces de l’EASF regroupent Djibouti, Somalie, Ouganda, Rwanda, Burundi, Soudan, Kenya, Comores et Éthiopie. Les Seychelles se sont retirées temporairement, en attendant la possible inclusion de l’Érythrée et du Soudan du Sud.

  • Débat sur le retard de l’Afrique: Le président Kagame s’accorde avec l’internaute Lonzen Rugira

    La clôture du 18ᵉ Forum du Unity Club Intwararumuri, le 8 novembre 2025, a été marquée par un échange significatif sur les causes profondes du retard de développement du continent africain. Devant un amphithéâtre rempli à l’Intare Conference Arena de Rusororo, le président Paul Kagame a interpellé l’assemblée d’une question directe, posée avec réflexion: Comment se fait-il que des pays avec lesquels nous étions au même niveau il y a cinquante ou soixante ans soient aujourd’hui cent fois plus avancés?”

    Le silence attentif qui a suivi a ouvert la voie à une série d’interventions. Sur scène, des responsables de haut niveau, le ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, son prédécesseur Dr Vincent Biruta, l’ancien ministre Dr Charles Murigande, ainsi que des responsables religieux et des médecins, ont tenté d’apporter des éléments de réponse. Le temps imparti n’a toutefois permis que des éclairages succincts, chacun laissant entrevoir des pistes à approfondir.

    Une réflexion qui dépasse les murs d’Intare Conference Arena

    Parmi les interventions, celle du Dr Charles Murigande a attiré l’attention. Il a affirmé que l’un des problèmes majeurs du continent résidait dans le comportement de certains dirigeants qui, selon son expression, “mangent avant les autres et ne laissent rien, et parfois même mangent seuls”, à l’inverse de l’éthique d’un dirigeant supposé se servir en dernier.

    Cette remarque a fait écho au-delà de la salle. L’analyste politique rwandais Lonzen Rugira l’a reprise dans une analyse approfondie publiée sur X, en anglais, revenant sur les thèmes soulevés par le chef de l’État. Lire le contenu sur X 

    Pour Rugira, les questions que pose le président Kagame ne sont jamais rhétoriques: elles cherchent à mobiliser les citoyens autour d’une recherche collective de solutions. Il soutient que les obstacles pesant sur l’Afrique trouvent leur origine dans une perte de mémoire collective, conséquence d’une colonisation qui a effacé, fragmenté ou affaibli les repères historiques et culturels des sociétés africaines.

    Selon son analyse,

    • la colonisation a durablement reconfiguré les mentalités,
    • l’éducation coloniale a encouragé l’individualisme,
    • les élites africaines ont souvent orienté leurs ambitions vers l’Occident plutôt que vers la transformation locale.

     Cette élite, écrit-il, évalue fréquemment sa réussite selon des critères extérieurs: maîtrise de langues étrangères, scolarisation des enfants dans des systèmes occidentaux, recours à des soins médicaux à l’étranger, investissements hors du continent. Il y voit une forme de déconnexion du destin collectif, au détriment de toute ambition de transformation profonde.

    Rugira rappelle également que le concept d’agaciro, souvent interprété de manière matérielle, renvoie d’abord à la restauration de la dignité collective et de la confiance en une capacité d’action partagée.

    Le président Kagame s’accorde avec l’internaute

    La publication de Lonzen Rugira a attiré l’attention du président Kagame. Sur X, celui-ci lui a adressé une réponse directe et explicite: “I think you argued this quite well, Lonzen…!?” (Je pense que vous avez bien argumenté, Lonzen…!?)

    Par cette réponse, le président Kagame a exprimé son accord avec l’analyse de l’internaute, soulignant la pertinence et la profondeur de sa réflexion. Un tel échange public entre un chef d’État et un citoyen sur un sujet stratégique témoigne de l’importance que le président accorde à cette discussion.

    En invitant les responsables politiques, les intellectuels et le public à poursuivre cette réflexion, un véritable devoir à domicile, comme il l’a exprimé à l’Intare Conference Arena, le président Kagame souhaite prolonger le débat au-delà du forum. Un débat désormais relayé sur les réseaux sociaux et appelé à nourrir une réflexion collective sur les voies de transformation du continent africain.