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  • Transport public à Kigali: un nouveau modèle pour une mobilité fiable

    Le transport public à Kigali s’apprête à connaître une transformation majeure. Dès le 2 décembre 2025, un nouveau modèle axé sur la fiabilité, l’efficacité et le confort des passagers sera lancé, après approbation par le Conseil des ministres le 28 novembre.

    “Kigali se met en mouvement ! Les bus fonctionneront selon des horaires fixes et prévisibles, mettant fin aux longues attentes. Dès février 2026, un système de suivi en temps réel permettra aux usagers de savoir exactement quand leur bus arrive”, a expliqué Jean de Dieu Uwihanganye, ministre d’État chargé des Transports.

    Les bus ne partiront plus uniquement lorsqu’ils sont pleins, avec une tolérance maximale de dix minutes au départ des terminaux et de trois minutes aux arrêts intermédiaires.

    Le modèle débutera sur le tronçon Downtown–Remera, avant d’être étendu à d’autres axes de la ville d’ici juin 2026. Des mesures de priorité seront mises en place pour les bus aux carrefours et sur les routes très fréquentées, garantissant une circulation plus fluide et plus rapide pour les usagers.

    Pour piloter cette réforme, le gouvernement a créé Ecofleet Solutions, une société chargée de gérer et coordonner l’ensemble du réseau de transport public. Ecofleet planifiera les lignes, assurera le déploiement des bus selon la demande réelle, suivra les opérations en temps réel et appliquera des normes strictes de propreté, sécurité et service client.

    Lire aussi: Kigali lance un projet pilote de bus électriques sur la ligne Nyabugogo–Kabuga

    Les opérateurs seront rémunérés en fonction de la qualité de service et non du nombre de passagers transportés. Ecofleet supervisera également toutes les infrastructures, dépôts, terminaux, arrêts et abris et gérera le système de paiement 100 % sans espèces.

    Les passagers bénéficieront ainsi de horaires fiables, d’une meilleure couverture des itinéraires et d’une qualité de service améliorée, le tout sans augmentation des tarifs. La phase pilote débutera avec des bus respectant des horaires fixes et prévisibles.

    Les embouteillages seront réduits grâce aux priorités accordées aux bus et à une gestion plus intelligente des feux de circulation. La fraude et les pertes de revenus seront limitées grâce au paiement cashless et à un contrôle numérique strict. La maintenance des bus sera suivie numériquement et régulièrement inspectée pour garantir la sécurité et la durabilité de la gare.

  • Unité et engagement: la diaspora FPR-Inkotanyi d’Europe se mobilise à Paris

    Les membres du FPR-Inkotanyi et leurs amis résidant, étudiant ou travaillant en Europe se sont réunis le samedi 29 novembre 2025 dans la capitale française pour une retraite placée sous le thème: “La transformation du Rwanda: unité, renouveau et engagement stratégique”. Un rendez-vous majeur de réflexion, d’échanges et de mobilisation autour du développement du Rwanda et de la cohésion de sa diaspora.

    Dans son allocution d’ouverture, l’Ambassadeur Wellars Gasamagera, Secrétaire général du FPR-Inkotanyi, a livré aux participants le message de S.E. Paul Kagame, Président de la République et Chairman du FPR. Il a salué la contribution constante des membres de la diaspora au progrès du pays, les encourageant à poursuivre cet engagement stratégique depuis leurs pays de résidence.

    L’Ambassadeur Wellars Gasamagera a exhorté les membres à renforcer leur cohésion: “L’unité signifie être ensemble autour de ce qui nous rassemble : un objectif commun, une même orientation et des valeurs partagées. Nous avons beaucoup de liens qui nous unissent, dont l’appartenance au même pays. Continuons de préserver cette unité.”

    Le Secrétaire général a également assuré les Rwandais d’Europe du soutien continu du Rwanda dans leurs propres initiatives de développement, rappelant que la diaspora demeure un acteur clé dans l’évolution économique, sociale et politique du pays.

    Dans son mot de bienvenue, l’Ambassadeur François Nkulikiyimfura, représentant le Rwanda en France, Espagne, Italie, Monaco et Portugal, a remercié le Secrétariat du FPR pour l’organisation de cette retraite Europe 2025 à Paris. Il a salué la forte mobilisation de la jeunesse, rappelant son rôle essentiel dans la continuité du développement national:

    “Jeunes, vous êtes le Rwanda. Vous avez la responsabilité de protéger les acquis de notre pays, largement portés par le FPR-Inkotanyi, et d’aller encore plus loin.”

    La retraite a été marquée par plusieurs interventions de haut niveau, notamment celles d’un panel anime par ange Ange Subiru Tambineza reunissant le Senateur Evode Uwizeyimana, Dr Bizimana, Ministre de l’unite nationale et de l’engagement civique, l’Ambassadeur du Rwanda au Royaume-Uni, Johnston Busingye et d’autres intervenants venus partager analyses, orientations et perspectives.

    Leurs exposés ont porté sur la gouvernance, l’unité nationale, la responsabilité citoyenne, ainsi que sur le rôle stratégique de la diaspora dans le développement du Rwanda.

    Constantin Ashimwe, président des membres du FPR-Inkotanyi résidant en France, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité de l’organisation et du contenu de la retraite. Il a salué l’attention constante que les dirigeants du FPR accordent aux Rwandais vivant à l’étranger.

  • Les attachés de défense accrédités Rwanda reçoivent un briefing sur la situation sécuritaire actuelle

    Le ministère de la Défense et les Forces de défense du Rwanda (RDF) ont organisé le jeudi le 27 novembre 2025 une séance d’information à l’intention des attachés de défense et représentants militaires accrédités au Rwanda. La rencontre visait à présenter un panorama actualisé de la situation sécuritaire nationale et régionale, ainsi qu’un aperçu des engagements du Rwanda dans les opérations de soutien à la paix menées dans les cadres bilatéraux et multilatéraux.

    La délégation a été accueillie par le Général de brigade Patrick Karuretwa, Directeur général de la coopération militaire internationale.

    Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Défense Juvenal Marizamunda a salué la présence des participants et leur engagement à consolider les partenariats avec le Rwanda dans la promotion de la paix et de la stabilité. Il a réaffirmé la détermination du pays à collaborer étroitement avec ses partenaires internationaux pour relever les défis sécuritaires émergents.

    Au cours de sa présentation, le Général. de brigade Patrick Karuretwa, appuyé par le Chef J3 des opérations des RDF et le Chef du renseignement militaire, a livré un exposé détaillé sur la situation sécuritaire au Rwanda et dans la région des Grands Lacs. Il a mis en avant l’importance de l’engagement continu avec les pays partenaires, de la transparence dans les échanges, de la coopération militaire internationale pour promouvoir la paix et la sécurité, tant au niveau régional que mondial.

    Après les présentations, les participants ont pris part à une discussion ouverte, portant notamment sur les préoccupations sécuritaires partagées, l’évolution de la dynamique régionale et les opportunités de renforcer la coopération militaire. Cette rencontre témoigne de l’engagement constant des RDF en matière de diplomatie militaire internationale et de leur volonté de renforcer la compréhension mutuelle avec les pays partenaires.

    Un total de 25 pays et organisations étaient représentés, parmi lesquels: les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie, la Chine, le Japon, Israël, la Jordanie, la Turquie, la Suède, la Pologne, l’Angola, le Ghana, le Botswana, la Corée du Sud, le Zimbabwe, le Soudan, le Kenya, la République tchèque, la Tanzanie, la Namibie, ainsi que l’Union européenne (UE) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

  • Conférence de presse du Président Kagame: tensions à l’Est de la RDC, sécurité régionale et gouvernance au cœur des échanges

    Le Président du Rwanda, Paul Kagame, a tenu le jeudi 27 novembre 2025 une conférence de presse retransmise en direct à Kigali. Pendant plus de deux heures, il est revenu sur les dossiers les plus sensibles du moment: les efforts de paix avec la RDC, les alliances soutenant les FDLR, les enjeux géopolitiques autour de Goma, les tensions avec le Burundi et la question de fermeture des lieux de culte au Rwanda.

    Rwanda–RDC: Washington relance l’espoir d’une paix durable

    Le Président Kagame a déclaré que les discussions actuellement en cours à Washington entre les délégations du Rwanda et de la RDC s’inscrivent dans une dynamique positive pour une paix durable dans la région.

    Le 27 juin 2025, les deux pays avaient signé, sous facilitation américaine, un accord de paix inédit appelé à être suivi de nouveaux engagements, notamment économiques.

    L’administration américaine souhaitait organiser une rencontre entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi dès octobre 2025. Reportée à deux reprises, elle pourrait finalement intervenir prochainement.

    Le Chef de l’État a souligné que, malgré de longues années de tentatives infructueuses, de Nairobi à Luanda, la médiation américaine offre une chance réelle :

    “Le fait que nous soyons en mesure de nous rencontrer à Washington, de discuter et éventuellement de signer quelque chose, est une avancée majeure. Pendant des années, rien de tel n’avait été possible”, a-t-il insisté.

    Paul Kagame a aussi salué le rôle de l’administration Trump, dont l’implication aurait permis de dépasser les blocages d’autres initiatives de paix.

    Sur les accusations récurrentes de Kinshasa appelant à des sanctions contre le Rwanda, il a répondu que ces demandes ne règleraient en rien les problèmes internes de la RDC: “Même si l’on sanctionnait le Rwanda, cela ne résoudrait ni la mauvaise gouvernance, ni la question de l’apatridie, ni l’usage de mercenaires”, a-t-il martelé. Il a assuré que le Rwanda restait engagé pour une solution durable.

    Alliances obscures: la collusion entre le clan Habyarimana et Kinshasa pour soutenir les FDLR

    Le Président Kagame a révélé l’existence d’un partenariat actif entre des membres de la famille de l’ancien Président Juvénal Habyarimana, plusieurs opposants rwandais à l’étranger et le gouvernement congolais pour renforcer les FDLR.

    Selon des informations publiées récemment, Kinshasa chercherait à revitaliser les FDLR en intégrant notamment Jean-Luc Habyarimana pressenti pour en devenir le chef politique. Le projet regrouperait aussi des membres de RNC de Kayumba Nyamwasa, des génocidaires en fuite et un soi-disant gouvernement en exil.

    Paul Kagame a confirmé: “L’un des fils de Habyarimana et d’autres basés en Europe et aux États-Unis collaborent activement avec les FDLR. Ils lui trouvent des recrues, financent ses opérations et bénéficient du soutien direct du Président congolais.”

    Il a ajouté que ces individus ont effectué des visites répétées à Kinshasa et reçoivent des facilités logistiques.

    Pour le président Kagame, la complaisance persistante de certains responsables européens vis-à-vis des FDLR s’explique par une longue histoire qui remonte à la période précédant le génocide des Tutsi.

    En juin 2025, les FDLR comptait entre 7.000 et 10.000 combattants, dirigés militairement par Pacifique Ntawunguka alias « Gen Omega » et politiquement par Lt Gen Victor Byiringiro. Le renseignement rwandais situe encore leurs bases en territoire de Walikale, dans le Nord-Kivu.

     Goma: Kagame critique la position européenne  

    Interpellé sur les déclarations du Président Macron annonçant une prochaine réouverture de l’aéroport de Goma pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, Paul Kagame a jugé ces propos déconnectés de la réalité.

    Le Président rwandais rappelle que l’espace aérien de l’Est de la RDC est officiellement fermé par Kinshasa elle-même: “Les avions ne peuvent pas survoler le ciel du Nord et du Sud-Kivu. Comment peut-on alors parler d’ouvrir l’aéroport de Goma.”

    Selon plusieurs capitales européennes, l’aéroport serait sous contrôle de M23. Kagame, lui, affirme que la réalité est plus complexe: “Les FDLR contrôlaient de larges zones depuis des années, bien avant l’arrivée de M23 autour de l’aéroport. Mais avez-vous déjà entendu Macron dire un mot sur les FDLR? Pourquoi ce silence?”

    Pour Kagame, ce mutisme s’explique par des liens historiques entre les FDLR et certains États européens, liens qui empêchent une condamnation claire du groupe.

    Il ajoute que la crise de Goma ne peut être abordée sans évoquer les responsabilités de la RDC et de ses soutiens: “Dès que l’on parle de M23, tout le monde se presse. Dès que l’on mentionne les FDLR, certains chuchotent.”

    Burundi: Le Rwanda n’a jamais fermé la frontière

    Abordant les relations bilatérales avec le Burundi, Paul Kagame a rappelé que les frontières restent fermées non pas par décision rwandaise, mais par choix unilatéral du Burundi.

    Début 2024, le Burundi avait fermé ses postes frontaliers, accusant le Rwanda de soutenir RED Tabara. Kigali a toujours rejeté ces accusations.

    Interrogé sur la situation actuelle, le Chef de l’État a répondu: “Les frontières sont fermées, mais ce n’est pas notre fait. Les Burundais ont décidé de les fermer, nous leur avons dit qu’ils les rouvriraient quand ils voudraient.”

    Malgré cela, les échanges humains continuent: des Burundais voyagent au Rwanda et inversement, y compris par les vols de RwandAir.

    Le Président a insisté: “Nous n’avons jamais cherché le conflit avec nos voisins. Mais parfois les tensions surgissent. Aujourd’hui encore, rien n’a changé.”

    Lieux de culte: Kagame critique les abus  

    Concernant les nombreuses églises fermées pour non-respect des normes, Paul Kagame a adopté un ton particulièrement ferme.

    Selon l’office rwandais de gouvernance (RGB), 9.171 lieux de culte sur 13.770 ont été fermés en 2024 pour non-conformité.

    Pour le Président, nombreux des églises n’ont pas démontré leur rôle dans le développement du pays: “Si c’était moi, je n’en rouvrirais aucune. Dans tout ce que nous avons évoqué, les crises, la guerre, l’économie, quel est l’apport de ces églises ?”

    Il a dénoncé des cas répétés de fraude ou d’abus:“Beaucoup d’entre elles ne sont que des refuges pour des escrocs. Elles volent, elles manipulent. Nous n’allons pas les protéger”.

    Pendant la pandémie de Covid-19, les fidèles priaient déjà chez eux, et plusieurs églises utilisaient les médias et la téléphonie mobile pour recueillir dîmes et offrandes.

    Interpellé sur les districts où seules quelques églises restent ouvertes, provoquant des déplacements massifs, Kagame a conclu: “Dans ces cas-là, nous en fermerons davantage. Les gens peuvent prier à la maison.”

  • One Health: agriculteurs et experts à Kigali pour renforcer le lien entre santé humaine, animale et écosystèmes

    Un atelier consacré à l’approche One Health (Une seule Santé) s’est tenu le jeudi 27 novembre 2027 à l’Hôtel Sainte Famille, à Kigali. L’événement était organisé par l’Organisation des Agriculteurs du Rwanda Imbaraga, en collaboration avec l’Ambassade de France au Rwanda. Son objectif: sensibiliser les acteurs locaux à cette démarche intégrée qui relie la santé humaine, la santé animale et la préservation des écosystèmes.

    Renforcer la compréhension de l’approche One Health

    Aurélien Picquenot, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Rwanda

    Les organisateurs ont rappelé que cet atelier visait à renforcer la compréhension et l’appropriation de l’approche One Health par les acteurs locaux. Il s’agissait également de diffuser les messages clés des stratégies nationales, de partager les bonnes pratiques en matière de prévention des zoonoses, de lutte contre la résistance antimicrobienne et de protection des écosystèmes, ainsi que de favoriser un dialogue solide entre les différents secteurs concernés.

    Aurélien Picquenot, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Rwanda, a souligné que l’approche One Health est déjà institutionnalisée au Rwanda, mais encore insuffisamment connue sur le terrain. D’où l’importance d’impliquer les représentants d’Imbaraga, qui regroupe plus de 30 000 éleveurs, afin de relayer ces connaissances à la base. Il a rappelé que le Centre Biomédical du Rwanda (RBC) est garant de la politique One Health, mise en place depuis 2011 au Rwanda.

    Des rendez-vous internationaux pour l’année 2026  

    L’atelier a également permis de mettre en avant les grands rendez-vous internationaux prévus en 2026. Parmi eux, le Sommet One Health des chefs d’État et de gouvernement, qui se tiendra en avril à Lyon, ville considérée comme un véritable hub mondial de cette approche. Lyon abrite notamment l’Institut One Health, l’Académie de l’OMS et une école vétérinaire.

    Un autre événement majeur aura lieu à Nairobi les 11 et 12 mai, dans le cadre du Forum africain. Deux tables rondes seront consacrées à l’agriculture et à la santé, les deux thématiques intimement liées qui seront au cœur des discussions du form de Nairobi.

    La France, via son ambassade, Expertise France et l’Agence française de développement, soutient également la formation agricole: appui aux centres d’excellence, renforcement des compétences techniques des jeunes et des femmes, et déploiement d’écographes vétérinaires afin de garantir un veau par an pour chaque vache au Rwanda.

    Des pratiques à changer sur le terrain

    Jean Paul Munyakazi, président de l’Organisation des Agriculteurs du Rwanda Imbaraga

    Jean Paul Munyakazi, président de l’Organisation Imbaraga, a insisté sur la nécessité d’une sensibilisation approfondie. Il a rappelé que les activités humaines peuvent nuire à la santé animale et vice versa. Par exemple, jeter des flacons d’antibiotiques après traitement du bétail expose les enfants qui jouent avec ces déchets à des risques graves: contamination, résistance aux antibiotiques et impossibilité de traiter certaines infections ultérieures.

    “Nous avons réuni chercheurs, société civile et institutions publiques pour comprendre que tout est lié et que cela nous concerne tous”, a-t-il déclaré.

    Zoonoses : des risques bien présents dans la région

    Selon le représentant du Centre Biomédical du Rwanda, plusieurs zoonoses circulent dans la région: la fièvre de la Vallée du Rift, la maladie de Marburg, Ebola, Mpox, la rage et d’autres infections transmissibles entre animaux et humains.

    Dr Laurien Ntamugabumwe, vétérinaire et membre de l’Ordre des vétérinaires du Rwanda, a déclaré que plus de 70 % des maladies humaines ont un lien avec les animaux. La consommation de produits d’origine animale dont le lait, la viande, les œufs, le poisson, implique une vigilance permanente.

    Il a insisté sur la nécessité de bien nourrir les animaux, d’assurer leur hygiène, de les vacciner et de n’utiliser des médicaments vétérinaires que sur ordonnance. “Protéger les animaux, c’est protéger les humains et l’environnement”, a-t-il ajouté.

    Témoignage d’une agricultrice: de nouvelles pratiques acquises

    Vestine Kamugwera, agricultrice et éleveuse du district de Nyaruguru

    Parmi les participants figurait Vestine Kamugwera, agricultrice et éleveuse du district de Nyaruguru en Province du Sud. Elle cultive pommes de terre et maïs, et élève ses vaches en stabulation. Elle explique avoir appris durant l’atelier des pratiques qu’elle ne respectait pas toujours, notamment l’importance de porter des gants et un masque lors de l’application de pesticides dans les champs de plantation.

    Elle a également retenu qu’en élevage, il faut éviter de consommer le lait ou la viande d’un animal malade ou récemment traité, afin de prévenir toute contamination humaine. Kamugwera précise que plus personne ne dort avec les animaux dans la maison, un progrès notable en matière d’hygiène rurale.

    Elle souligne enfin que certaines pratiques techniques comme l’insémination ou l’assistance au vêlage devraient toujours être réalisées par un vétérinaire qualifié.

  • RDC: Dans les coulisses des minerais, les vérités que personne n’ose dire

    Par Danny Kirenga

    En République démocratique du Congo, l’exploitation minière dépasse largement la simple dimension géologique: elle s’inscrit dans un système de pouvoirs, de réseaux et de loyautés qui façonnent la vie politique et économique du pays. La corruption, profondément enracinée dans l’appareil d’État, alimente un modèle où l’instabilité sert d’opportunité. Pour certains acteurs influents, le chaos n’est pas un problème: c’est une ressource.

    Dans les provinces riches en cuivre, cobalt, or ou coltan, cette réalité s’observe de manière flagrante. Au Katanga et à Kolwezi, des pans entiers du secteur minier sont contrôlés par des alliances entre responsables politiques, hommes d’affaires proches du régime et entreprises étrangères. Les mêmes mécanismes se répètent: concessions attribuées dans l’opacité, coopératives artisanales manipulées par des députés locaux, et unités des FARDC déployées non pour défendre l’État, mais pour sécuriser les opérations de partenaires, notamment chinois.

    L’or de l’Ituri illustre parfaitement ces dérives. Des sites qui devraient relever de la gestion publique sont abandonnés à des réseaux mêlant officiers de l’armée, milices locales et opérateurs étrangers.

    À Bunia comme dans les zones reculées de Djugu ou d’Irumu, la frontière entre exploitation artisanale et exploitation illégale organisée depuis Kinshasa devient quasi inexistante, rendant toute régulation efficace illusoire.

    Même dans des régions moins associées au secteur minier, comme autour de Kisangani, les pratiques restent les mêmes: concessions accordées sans contrôle, rentes captées par quelques notables, et opérateurs étrangers accompagnés par des unités FARDC devenues, de fait, des services de sécurité privés.

    À chaque nouvelle ouverture de site, un politicien ou un officier surgit en coulisses pour faciliter  l’accès, en échange d’une participation discrète mais substantielle. La violence qui entoure l’exploitation des minerais n’est donc pas seulement le fait de groupes armés: elle est souvent planifiée au sein même des cercles du pouvoir.

    L’un des éléments les plus révélateurs de cette architecture de collusion est la présence systématique des FARDC dans les opérations minières, du Katanga à l’Ituri, en passant par les zones forestières de la Tshopo.

    Armée nationale en théorie, force de protection d’intérêts privés en pratique, elle symbolise le détournement de l’État au profit d’intérêts particuliers, souvent étrangers.

    Ce que beaucoup qualifient de “malédiction des ressources” n’est pas une fatalité géologique mais une construction politique: un système entretenu par des élites prêtes à brader les richesses nationales, des opérateurs étrangers experts en contournement administratif et une armée transformée en gardienne de fortunes privées.

    Tant que cette architecture ne sera pas démantelée, du cuivre de Kolwezi à l’or de l’Ituri, du coltan du Kivu au diamant de Kisangani; la RDC restera un Far West où les minerais circulent plus librement que la vérité.

  • La paix dans l’Est du Congo dépendra de la neutralisation des FDLR – Olivier Nduhungirehe à RFI

    Dans une interview accordée à RFI et publilée le mardi 26 novembre, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré que le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) reste étroitement lié au démantèlement total des FDLR, un groupe de génocidaires et dont les éléments sont, selon lui, toujours intégrés et soutenus par l’armée congolaise.

    Depuis Luanda, où il participait au 7ᵉ sommet Afrique–Europe, le chef de la diplomatie rwandaise a dénoncé un manque de volonté politique de Kinshasa pour mener cette opération pourtant prévue dans les accords de Washington.

    Pas de paix tant que les FDLR ne seront pas démantelés

    Le ministre Nduhungirehe rappelle que les engagements signés en juin, dont le plan opérationnel CONOPS, prévoient explicitement la neutralisation de ce groupe armé. “Il n’y aura la paix que si les génocidaires FDLR, soutenus et financés par Kinshasa, intégrés dans ses forces, sont démantelés”, déclare-t-il.

    Il ajoute qu’une telle opération “ouvrira la voie à la levée des mesures de défense du Rwanda”, instaurées pour contrer les menaces et incursions attribuées aux FDLR et à leurs alliés.

    Entre temps, la RDC soutient avoir déjà lancé le processus destiné à démanteler les FDLR, citant notamment: un communiqué officiel du 10 octobre interdisant toute collaboration entre les FARDC et ce groupe armé, et une campagne menée à Walikale (Nord-Kivu) encourageant les combattants à déposer les armes.

    Mais pour le Rwanda, le fossé entre les annonces et la réalité demeure profond. Le Ministre Olivier Nduhungirehe insiste: les FDLR sont toujours actifs, bénéficient encore d’alliances locales et ne montrent aucun signe de reddition. Le porte-parole du mouvement, le lieutenant-colonel Octavien Mutimura, l’a récemment confirmé sur RFI, renforçant les doutes du Rwanda.

    Cinq mois après la signature des accords de Washington, le Rwanda et la RDC ont participé les 19 et 20 novembre à la 4ᵉ réunion du Mécanisme du Comité conjoint de sécurité, avec au menu l’avancement du démantèlement des FDLR et les conditions de levée des mesures défensives du Rwanda.

    Mais selon le minister rwandais des affaires étrangères, aucun progrès notable ne pourra être atteint sans sincérité politique réelle du côté congolais. “Aucun résultat n’est possible si Kinshasa ne fait pas preuve de volonté politique sur le dossier des FDLR.

    Pour le gouvernement rwandais, il est temps de passer des déclarations aux actions. “Le démantèlement des FDLR doit être réel, pas symbolique”, insiste Nduhungirehe, rappelant que ce groupe armé et ses partenaires ont tenté à plusieurs reprises de déstabiliser le Rwanda, notamment lors des attaques survenues dans le district de Musanze en 2022 et dans la ville de Rubavu en janvier 2025.

  • Retour au Burundi: 115 réfugiés quittent le Rwanda et franchissent la frontière de Nemba

    Cent quinze réfugiés burundais, majoritairement installés depuis 2015 dans le camp de Mahama, dans le district de Kirehe, ont regagné leur pays le 25 novembre 2025. Leur retour s’est effectué par le poste-frontière de Nemba, dans le district de Bugesera, où ils ont foulé à nouveau le sol burundais.

    L’opération de rapatriement a démarré tôt le matin à Kirehe et à Kigali, encadrée par les autorités rwandaises et les partenaires humanitaires. Parmi les 115 personnes parties, figurent 58 femmes et 51 enfants, répartis en 58 ménages. Au total, 107 vivaient dans le camp de Mahama tandis que huit autres résidaient à Kigali.

    Selon Karagire Gonzague, responsable des programmes des réfugiés au ministère de la Gestion des urgences (MINEMA), ce retour a été organisé à la demande volontaire des intéressés. “La décision de rentrer appartient exclusivement aux réfugiés eux-mêmes. Une fois leur volonté exprimée, le pays d’origine, le pays d’accueil et le HCR mettent en place les modalités du retour, ainsi que l’assistance prévue à leur arrive”, a-t-il expliqué.

    Parmi ces familles, plusieurs comptent des enfants nés en exil. Malgré les difficultés inhérentes à la vie de réfugié, nombreuses sont celles qui se disent reconnaissantes envers le Rwanda.

    Récits de vie et d’espoir

    Eric Ndayishimiye, arrivé au Rwanda en 2015 alors qu’il était encore enfant, se souvient avec gratitude de la prise en charge reçue.  “On recevait de la nourriture et des vêtements à temps. J’ai pu poursuivre ma scolarité: j’étais en primaire en arrivant, aujourd’hui j’étais en quatrième année du secondaire. J’ai aussi appris des métiers, comme la conduite de moto et la mécanique”, raconte-t-il. Malgré ses jeunes années au Burundi, il dit ressentir le désir de revoir le pays natal après avoir appris que la paix y est revenue.

    Aziza Bamuhorubusa, également installée à Mahama depuis 2015, quitte le Rwanda avec ses cinq enfants, dont trois sont nés en exil. “En dix ans, le Rwanda nous a beaucoup aidés. Nous n’avons manqué de rien, si ce n’est les défis normaux de la vie. Mais il arrive un moment où l’on veut rentrer chez soi. On nous disait que la paix était revenue au Burundi; nous avons donc choisi de rentrer, car rien ne vaut la dignité d’être dans son propre pays”, confie-t-elle.

    Pour François Ndabacekure, arrivé au Rwanda dès 2002 avant d’être relocalisé à Mahama en 2015, le retour s’impose également comme un nouveau départ. Père de huit enfants, il dit vouloir retrouver sa terre natale, tout en restant pragmatique: “D’autres sont rentrés avant nous et ont confirmé qu’il y a la paix. Je veux rentrer et reprendre ma vie, mais si les conditions sont difficiles, je chercherai une autre solution.”

    D’après le MINEMA, depuis le 27 août 2020, ce sont 30 907 réfugiés burundais qui ont choisi de rentrer volontairement. Toutefois, 52 862 demeurent encore au Rwanda, dont 42 421 au camp de Mahama, les autres vivant hors des sites d’hébergement.

    Source: IGIHE

  • RGB dissout tous les organes de Rayon Sports et reconduit Abdallah Murenzi à la tête d’un nouvel intérim

    Rayon Sports vit l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Entre défaites sportives, conflits internes, sanctions internationales et querelles publiques, le géant bleu et blanc s’enfonce dans une crise qui a conduit l’office Rwandais de la  Gouvernance (RGB) à prendre une décision radicale: la suspension de tous les organes de gouvernance du club, du Conseil d’administration au Comité exécutif, en passant par le Comité d’audit et celui de résolution des conflits.

    Cette annonce marque le début d’un nouvel intérim dirigé par Abdallah Murenzi, comme ce fut déjà le cas en 2020.

    Un effondrement sportif et institutionnel

    Les signaux d’alerte s’accumulaient depuis des mois. Sur le terrain, Rayon Sports essuie des défaites inédites en compétitions de la CAF et en championnat, plongeant les supporters dans un profond découragement.

    En coulisses, la situation est encore plus préoccupante: licenciement jugé abusif de l’ex-entraîneur brésilien Robertinho, sanctions de la FIFA pour licenciements irréguliers de joueurs et d’entraîneurs, tensions violentes entre le Conseil d’administration et le Comité exécutif divisions internes, réunions stériles, insultes publiques et règlements de comptes médiatisés; audit non exécuté et absence de transparence dans la gestion; recommandations internes ignorées, conflits persistants et climat délétère. Rayon Sports n’était plus gouverné: il était plutôt paralysé.

    Un scénario qui rappelle 2020

    Cette crise n’est pas sans rappeler celle de septembre 2020, lorsque RGB avait déjà dissous les organes dirigeants et confié un intérim à M. Abdallah Murenzi, assisté de Me Hilaire Nyirihirwe et Twagirayezu Thaddée. Cinq ans plus tard, l’histoire se répète. Et les mêmes remèdes semblent nécessaires.

    Dans son communiqué, RGB indique avoir réuni la direction de Rayon Sports le 25 novembre 2025, dans le cadre de son mandat légal de supervision des organisations non gouvernementales. Face à l’accumulation des problèmes, RGB ordonne:

    La suspension de tous les organes de gouvernance existants de Rayon Sports Association. Un Comité intérimaire est mis en place, de nouveau dirigé par Abdallah Murenzi, pour une période de transition de trois mois, le temps d’assainir la gouvernance du club.

    Le communiqué signé par Paul Muvunyi, président du Conseil d’administration sortant, et Thaddée Twagirayezu, président du Comité exécutif, entérine cette décision.

    Les missions du Comité intérimaire:

    RGB attribue cinq missions majeures à la nouvelle équipe:

    • Réviser les statuts de Rayon Sports Association;
    • Évaluer et restructurer les organes de gouvernance et leurs attributions;
    • Superviser un audit externe complet;
    • Préserver l’unité et l’intégrité du club durant la transition;
    • Assurer la gestion stratégique et opérationnelle de l’équipe pendant la période intérimaire.

     RGB assure par ailleurs son engagement à accompagner Rayon Sports dans la mise en œuvre de ces réformes afin de garantir une gestion conforme à la loi et aux standards de gouvernance nationaux.

    Une équipe intérimaire renforcée

    Autour d’Abdallah Murenzi, plusieurs personnalités rejoignent le comité:

    • M. Olivier Gakwaya, récemment nommé Directeur général du projet économique “Akanyenyeri”, considéré par certains comme l’une des causes des conflits récents;
    • Mme Josée Akayezu;
    • M. Jean Baptiste Musabyimana;
    • Me Nubumwe Jean Bosco.

    Ce groupe devra non seulement restaurer l’ordre, mais aussi rebâtir la confiance des membres et supporters.

    Un retour de Murenzi… avec un parfum de déjà-vu

    L’intérim précédent conduit par Murenzi avait abouti aux élections qui portèrent Jean Fidele Uwayezu à la présidence pour quatre ans. Son départ anticipé pour raisons de santé a cependant rouvert la porte aux anciennes tensions. Aujourd’hui, Murenzi revient au chevet d’un club à l’identité fragilisée.

    La grande question reste ouverte: cette “deuxième chance” d’Abdallah Murenzi parviendra-t-elle à rassembler tous les supporters et à stabiliser durablement Rayon Sports?

    Les attentes sont immenses, les défis encore plus grands. Les supporters, eux, espèrent un renouveau véritable. La balle est désormais dans le camp du comité intérimaire.

  • Mettre fin aux violences: le Rwanda rejoint la mobilisation mondiale de 16 jours

    Du 25 novembre au 10 décembre, le Rwanda se joint au reste du monde pour les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une période consacrée à la sensibilisation, à la prévention et à la lutte contre toutes les formes de violence, avec un accent particulier sur la protection des femmes et des filles.

    Cette année encore, la campagne offre un espace essentiel pour réfléchir aux formes de violence qui persistent dans la société rwandaise, évaluer leurs conséquences et renforcer les actions communes afin de bâtir “une famille forte et sécurisée.”

    Coordonnée par le Ministère du Genre et de la Promotion de la Famille (MIGEPROF), en collaboration avec les districts, les institutions publiques et les partenaires, la campagne a débuté le 25 novembre 2025 lors des réunions populaires (Inteko z’Abaturage) organisées à travers le pays.

    Elle rassemble les institutions publiques, les organisations de la société civile, les partenaires de développement et les citoyens autour d’initiatives visant à lutter contre les violences, y compris la traite des êtres humains.

    Tandis qu’au niveau mondial, le thème choisi cette année est :“Unissons-nous pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles,” ce thème a été contextualisé au niveau national sous le slogan: “Tous ensemble pour des familles sans violence basée sur le genre.”

    Ces thèmes complémentaires soulignent l’importance de lutter contre toutes les formes de violence, physiques, psychologiques ou numériques, tant dans le cadre familial que communautaire.

    La campagne vise à encourager tous les Rwandais à s’impliquer dans la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre, à combattre la traite des personnes et à accompagner les victimes dans leur réintégration.

    Elle inclut des activités centrées sur la sensibilisation de la population aux dangers des violences basées sur le genre et aux moyens de s’en protéger, sur la prévention de la traite des êtres humains et l’encouragement à en reconnaître les signes, ainsi que sur l’information relative aux lois en vigueur pour prévenir et sanctionner les violences basées sur le genre et la traite des personnes.

    Les activités prévues comprendront notamment des campagnes de sensibilisation lors des rassemblements populaires, dont Inteko z’Abaturage, les travaux communautaires (Umuganda), la soirée des familles (Umugoroba w’Imiryango), ainsi que des actions menées dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les organisations religieuses et lors de la Journée sans voitures à Kigali.

    Seront également organisées des activités dans les écoles pour prévenir les violences sexuelles, les grossesses précoces et la traite des mineurs ; la promotion des services d’Isange One Stop Center ; l’accompagnement des victimes pour faciliter leur retour à une vie normale ; l’éducation juridique pour construire des familles plus sûres ; la sensibilisation des couples vivant en union libre et la promotion du mariage civil ; ainsi que d’autres initiatives visant à prévenir et combattre les violences basées sur le genre.

    Par ailleurs, chaque district identifiera une ou deux personnes à récompenser pour leur engagement exemplaire dans la lutte contre les violences basées sur le genre et la traite des êtres humains.