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  • Washington: Kagame et Tshisekedi signent un accord de paix sous le regard de Donald Trump

    L’accord de paix très attendu entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) a été signé à Washington D.C. par les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi, devant Donald Trump, au cours d’une cérémonie solennelle qui a réuni plusieurs chefs d’État africains.

    L’accord comprend trois volets : des principes fondamentaux relatifs à l’accord de paix, un accord de paix proprement dit et un cadre régional axé sur la coopération économique et l’intégration.

    La cérémonie a rassemblé plusieurs dirigeants africains, dont João Lourenço d’Angola, William Ruto du Kenya, Évariste Ndayishimiye du Burundi, ainsi que la vice-présidente ougandaise Jessica Alupo. Étaient également présents le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.

    La signature est intervenue après que le président américain des États-Unis, Donald Trump, a déclaré devant les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi : “Maintenant, nous allons signer les accords.” Ses propos ont suivi une série d’échanges et de discours centrés sur le cheminement vers la résolution du conflit et l’engagement à mettre en œuvre les dispositions convenues.

    La signature s’est déroulée au US Institute of Peace, récemment rebaptisé Donald J. Trump Institute of Peace en hommage au rôle du président américain dans la recherche de solutions aux conflits récents dans le monde. Trump a souligné la symbolique du lieu : “Nous sommes réunis ici pour la première fois dans ce nouveau bâtiment. Je ne veux même pas en mentionner le coût tant il est élevé”, a-t-il lancé sur un ton humoristique.

    Trump a qualifié cette journée d’exceptionnelle pour l’Afrique, ajoutant : “Nous nous engageons aujourd’hui à mettre fin à des décennies de violence et à ouvrir une nouvelle ère de paix et de coopération entre le Rwanda et la RDC.” Il a salué le leadership de Kagame et Tshisekedi, les décrivant comme « deux dirigeants d’une intégrité remarquable ».

    Le discours du président Kagame : un engagement ferme

    Prenant la parole après Trump, le président Paul Kagame a d’abord remercié les dirigeants présents pour leur implication, soulignant que le chemin vers cet accord avait bénéficié d’un large soutien.

    Il a rendu un hommage particulier à Donald Trump : “Ce conflit dure depuis trente ans. Nous avons assisté à d’innombrables tentatives de médiation, mais aucune n’a réussi à résoudre les problèmes de fond. Le président Trump a introduit une dynamique nouvelle et efficace, qui a créé l’espace nécessaire pour des avancées. Son approche est équilibrée, il ne prend jamais parti. Plus important encore, l’approche du président Trump est pragmatique. Le processus n’est pas devenu une fin en soi.”

    Le président Kagame a ajouté : “Il nous revient, à nous Africains, en travaillant avec nos partenaires, de consolider et d’étendre cette paix. Il y aura des hauts et des bas sur le chemin à venir, cela ne fait aucun doute. Le Rwanda ne fera pas défaut. Je vous en donne l’assurance. Notre seul objectif est, et a toujours été, que notre pays soit sûr et stable, après avoir traversé tant de tragédies. Nous voulons désormais seulement regarder vers l’avenir, avec la confiance d’un futur prospère et apaisé.”

    Rappelant que le conflit dure depuis trente ans et que de multiples tentatives de médiation ont échoué, Kagame a salué l’approche nouvelle, efficace et impartiale introduite par Trump, qui “nous oriente vers l’avenir plutôt que vers le passé“.

    Il a également reconnu les efforts du secrétaire d’État américain Marco Rubio et de l’envoyé spécial de Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, affirmant qu’ils ont permis de dégager “la voie la plus claire et la plus viable jamais obtenue”.

    Kagame a insisté sur le fait que la réussite de l’accord dépendra avant tout des Africains eux-mêmes : “Si cet accord échoue, la responsabilité ne reviendra pas au président Trump mais à nous-mêmes.” Il a réaffirmé l’engagement du Rwanda : “Le Rwanda, je le sais, ne faillira pas. Notre objectif a toujours été d’assurer la sécurité et la stabilité de notre pays.”

    Un nouveau cadre pour l’intégration régionale

    L’accord de Washington comprend également un cadre régional pour l’économie et l’intégration (REIF), destiné à stimuler la coopération dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, l’environnement et les chaînes d’approvisionnement en minerais.

    Le président Félix Tshisekedi a qualifié l’accord de “point de départ d’une nouvelle ère d’amitié, de coopération et de prospérité partagée”, promettant que la RDC mettra en œuvre ses engagements avec sérieux et rigueur.

    Avant la signature, le président Trump avait reçu successivement les dirigeants des deux pays dans le Bureau ovale. Le président Kagame a été accueilli en premier pour un entretien bref consacré à cet accord de paix, suivi du président Tshisekedi.

  • Rwanda–Tanzanie: Les forces armées renforcent leur coopération sécuritaire à Ngoma

    Les Forces Rwandaises de Défence Force (RDF) et les Forces Tanzanienes dé Defence (TPDF) ont clôturé le jeudi, la 14ᵉ réunion trimestrielle des commandants de proximité, organisée du 2 au 4 décembre dans le district de Ngoma, en Province de l’Est. Cette rencontre a réaffirmé l’engagement partagé des deux pays à préserver la sécurité et la stabilité tout au long de leur frontière commune.

    Selon un communiqué du ministère rwandais de défense, ce mécanisme, qui se tient tous les trois mois, offre un cadre structuré pour examiner les décisions des sessions précédentes, analyser la situation sécuritaire actuelle et définir des actions conjointes face aux menaces émergentes ainsi qu’aux défis transfrontaliers.

    Au cours de cette 14ᵉ réunion, les deux délégations ont passé en revue les progrès réalisés depuis la rencontre précédente tenue en septembre 2025 à Ngara, en Tanzanie. Elles ont notamment évalué l’état d’avancement des initiatives de sécurité frontalière, les réponses apportées aux activités illicites transfrontalières et les efforts visant à protéger les communautés vivant le long de la frontière.

    Prenant la parole, le Général Major Ruki Karusisi, Commandant de la 5ᵉ Division d’infanterie des RDF, a salué la solidarité et la qualité des échanges entre les deux armées. “Les RDF et les TPDF entretiennent une longue tradition de coopération fondée sur le respect mutuel, le professionnalisme et une compréhension commune des enjeux de stabilité régionale. Nos deux pays entretiennent d’excellentes relations, et la collaboration entre nos forces armées en est l’un des piliers. Ces réunions permettent de maintenir une coordination solide, des canaux de communication ouverts et une capacité renforcée à relever ensemble les défis sécuritaires”, a-t-il souligné.

    De son côté, le Général Brigadier Gabriel Elias Kwiligwa, Commandant de la 202ᵉ Brigade d’infanterie des TPDF et chef de la délégation tanzanienne, a salué l’atmosphère de confiance et la qualité du travail accompli.
    “Nous apprécions le professionnalisme, la transparence et l’hospitalité manifestés durant cette rencontre. Ces échanges productifs témoignent de notre engagement commun à sécuriser la frontière et à résoudre collectivement tout défi qui pourrait surgir”, a-t-il déclaré.

    La réunion s’est achevée sur un renouvellement des engagements entre les deux forces: partage accru d’informations et de renseignements, patrouilles coordonnées dans les zones identifiées et poursuite des efforts pour protéger les populations frontalières.

    Les deux parties ont réaffirmé que cette coopération est essentielle, non seulement pour la sécurité nationale, mais aussi pour la tranquillité et le bien-être des communautés vivant de part et d’autre de la frontière.

  • Tito Rutaremara éclaire l’histoire des Hutu, Tutsi et Twa avant et pendant la colonisation au Rwanda

    Dans une série de messages publiés sur son compte X, l’honorable Tito Rutaremara revient sur l’histoire des Hutu, Tutsi et Twa. En s’appuyant sur une relecture des pratiques économiques anciennes et des interprétations introduites par la colonisation, il offre une mise en perspective qui vise à mieux comprendre l’origine des divisions qui ont marqué le Rwanda.

    Avant la colonisation: des identités liées aux activités économiques

    Selon Tito Rutaremara, avant l’arrivée des colonisateurs, les Rwandais se distinguaient principalement par leurs activités. À cette époque, partout dans le monde, les modes de subsistance reposaient sur l’agriculture, l’élevage, la chasse ou la pêche. Au Rwanda, trois activités dominaient: cultiver la terre, élever le bétail et chasser.

    Ceux qui vivaient de l’agriculture étaient appelés Hutu, ceux qui se consacraient à l’élevage étaient qualifiés de Tutsi, tandis que ceux qui vivaient essentiellement de la chasse étaient désignés comme Twa. Avec le temps, la forêt régressant, les chasseurs se reconvertirent en artisans, potiers, sculpteurs ou autres métiers du même type.

    L’évolution démographique modifia également la répartition des activités: l’agriculture et l’élevage furent de plus en plus pratiqués ensemble, surtout par les familles les plus aisées, sauf dans certaines zones où l’une des activités n’était pas possible. L’élevage prit progressivement plus de valeur car considéré comme un capital mobile, contrairement à l’agriculture, perçue comme un capital fixe.

    Ainsi, la richesse en bétail devint le principal marqueur social: celui qui possédait beaucoup de vaches devenait tutsi, celui qui en avait peu ou pas du tout était considéré comme hutu, et le twa restait celui dont la subsistance dépendait principalement de l’artisanat. Rutaremara souligne qu’avant l’arrivée des Européens, la société rwandaise était déjà structurée selon ces pratiques socio-économiques.

    L’arrivée des colonisateurs: un choc entre leurs théories et la réalité rwandaise

    À leur arrivée, les Européens furent surpris par le niveau d’organisation du Rwanda. Convaincus que le progrès ne pouvait provenir que de leur propre civilisation, ils se demandèrent qui avait pu introduire un tel développement dans le pays.

    Comme ils trouvèrent la cour royale principalement composée de personnes identifiées comme tutsi, c’est-à-dire issues des familles les plus riches, ils conclurent que cette catégorie sociale devait être d’origine étrangère et porteuse de civilisation. C’est ainsi qu’ils élaborèrent différentes théories sur l’origine des Tutsi.

    Les premières hypothèses affirmaient qu’ils venaient de Mésopotamie (l’actuel Iran et l’Irak). D’autres les disaient issus des montagnes du Caucase en Russie. Certains chercheurs, tels qu’Anta Diop, allèrent jusqu’à les associer aux bâtisseurs des pyramides d’Égypte. Finalement, une hypothèse plus répandue situait leur origine en Éthiopie.

    Pour étayer ces théories, les colonisateurs firent venir des experts chargés d’étudier la “race” tutsi. Ces spécialistes observèrent la taille des individus, la forme du visage, les caractéristiques physiques, mais constatèrent que ces différences existaient aussi bien chez les Hutu que chez les Tutsi. Ils examinèrent ensuite la langue, la religion, les croyances, la culture et l’organisation sociale, et découvrirent que les Rwandais partageaient le même mode de vie sur tous ces plans.

    Cette homogénéité les déconcerta, mais leurs conclusions furent rejetées par les autorités belges et les responsables de l’Église catholique, qui refusaient de considérer les Rwandais comme un peuple unifié.

    La classification coloniale: une différenciation artificielle

    Face à cet embarras, un fonctionnaire belge proposa un critère simple: “Que celui qui possède plus de dix vaches soit enregistré comme Tutsi, et celui qui en possède moins ou pas du tout comme Hutu.” Cette règle fut inscrite dans les registres administratifs.

    Rutaremara souligne l’absurdité de ce système: au sein d’une même fratrie, un frère pouvait être enregistré comme Tutsi parce qu’il possédait dix vaches, tandis qu’un autre, en ayant neuf, devenait officiellement Hutu. Cette catégorisation arbitraire fut ensuite présentée comme une différence de “race”.

    Dans sa publication, il annonce que la suite de son analyse expliquera comment cette classification basée sur le nombre de vaches fut transformée en une distinction raciale, qui devint plus tard une “ethnie”, puis un “groupe ethnique” au sens politique. Cette construction idéologique servit ensuite de fondement aux divisions, aux discriminations et, finalement, à l’idéologie de la haine qui conduira au genocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

  • Technologie en progrès, femmes en danger: un appel urgent contre la violence numérique

    Par Fulgence Niyonagize

    La conférence African Women in Media (AWiM) 25,  se déroule actuellement à Addis-Abeba du 4 au 5 décembre 2025. Dès l’ouverture, le ton est posé: au cœur des échanges, la montée inquiétante de la violence numérique à l’égard des femmes, un phénomène que les avancées technologiques semblent loin de freiner.

    Dans ses remarques inaugurales, Leslie Richer, Directrice de la Direction de l’Information et de la Communication à l’Union africaine, a dénoncé avec force l’explosion des abus en ligne ciblant les femmes, un fléau qui s’intensifie à mesure que les plateformes numériques se multiplient. Harcèlement, propos misogynes, campagnes de désinformation, intimidation ou humiliation publique: les formes de violence se diversifient et touchent toutes les catégories de femmes, des journalistes aux militantes, en passant par les citoyennes ordinaires.

    Ce qui inquiète le plus Richer, c’est l’absence totale d’outils efficaces pour détecter ou prévenir ces attaques. Elle souligne un paradoxe devenu criant:L’intelligence artificielle est capable de repérer le plagiat ou de distinguer un texte généré par une machine, mais elle est incapable de signaler un message violent à l’égard d’une femme. Le progrès technologique avance, mais rien n’est conçu pour protéger celles qui en subissent les dérives.

    Pour elle, cette lacune n’est pas qu’un retard technique: c’est un vrai danger qui contribue à exclure les femmes des espaces numériques. Elle appelle les entreprises technologiques à prendre leurs responsabilités en intégrant des mécanismes de protection sensibles au genre dès la conception des outils, plutôt qu’en réaction tardive ou superficielle.

    La conférence AWiM, fidèle à sa mission d’amplifier les voix des femmes dans le paysage médiatique africain, a choisi cette année d’explorer plus largement le rôle de la technologie, de l’intelligence artificielle et des plateformes digitales dans la construction de récits plus équitables. Les échanges montrent que si les technologies offrent des opportunités inédites pour produire, partager et diffuser de l’information, elles peuvent aussi devenir des armes lorsqu’elles opèrent sans garde-fous.

    Les participants insistent: la lutte contre la violence numérique n’est pas seulement une question de sécurité en ligne. Elle touche directement la liberté d’expression, la participation politique, l’accès à l’information et, plus largement, la place des femmes dans la société.

    AWiM rappelle que son ambition est de bâtir un environnement médiatique africain où les femmes sont visibles, compétentes et protégées. Cette conférence, qui réunit entre 200 et 250 professionnels des médias, régulateurs, experts technologiques, universitaires et acteurs de la société civile, apparaît plus que jamais comme un espace stratégique pour déclencher une réflexion collective et une action concrète.

    À Addis-Abeba, un message résonne avec force: sans technologies conçues pour protéger, les femmes continueront d’être la cible privilégiée d’une violence qui évolue plus vite que les solutions censées l’arrêter.

  • “La meilleure chance depuis longtemps pour la paix, la stabilité et la prospérité pour nos pays et notre region” — Yolande Makolo sur les Accords de Washington

    Le président du Rwanda Paul Kagame est arrivé à Washington, D.C., où il doit rencontrer le président des États-Unis et assister à la signature de l’Accord de Washington, un accord de paix entre la RDC et le Rwanda.

    La cérémonie sera officiellement attestée par le président américain Donald Trump, le jeudi 4 décembre 2025.

    Lors de son intervention dans l’émission American Agenda, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a déclaré que cet accord représente “la meilleure chance depuis longtemps pour la paix, la stabilité et la prospérité pour nos pays et notre region”.

    Yolande Makolo a rappelé que le processus a commencé parce que la RDC avait sollicité l’aide des États-Unis pour médiatiser la crise. Elle a expliqué que le conflit devient une menace sécuritaire pour le Rwanda: après le génocide de 1994, de nombreux auteurs avaient fui vers l’est de la RDC. Selon elle, ce sont aujourd’hui “au moins 12 commandants” d’une milice connue sous le nom de FDLR, qui continuent de menacer la sécurité du Rwanda.

    Pour Kigali, cela fait 31 ans que ces forces représentent un danger permanent à la frontière, et l’accord actuel constitue selon Makolo la meilleure chance de stopper définitivement ce cycle de violence.

    Selon la porte-parole, l’accord à venir ne se limite pas à la remise en cause de la présence militaire ou à la question sécuritaire. Il ouvre également la voie à des opportunités économiques, avec des investissements américains attendus dans des secteurs tels que les mines, l’énergie, l’infrastructure, des leviers essentiels pour la prospérité des deux pays.

    C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, la paix et la sécurité sont des préalables indispensables. Sans elles, le développement économique ne pourra pas se concrétiser.

    Yolande Makolo a expliqué que l’Accord de Washington formalisera les engagements pris depuis l’accord préliminaire signé en juin 2025. Il s’agira de sceller définitivement les termes du plan de paix et d’engager un processus de désarmement des milices, de retrait des forces étrangères, et de stabilisation grâce à la coopération sécuritaire et économique. Selon elle, cet acte marque un tournant décisif et offre un avenir d’espoir.

    Malgré l’enthousiasme, la porte-parole s’est montrée mesurée: “Nous attendons demain avec optimisme, mais avec prudence”. Car si l’accord offre une vraie chance pour la paix, sa réussite dépendra de la mise en œuvre concrète des engagements de chacun, sur le plan sécuritaire comme économique.

    Yolande Makolo espère que cet accord marquera la fin d’un conflit de plusieurs décennies et ouvrira un nouveau chapitre de coopération, de stabilité et de prospérité pour le Rwanda, la RDC, et la région.

  • Le Rwanda se mobilise pour bâtir une société pleinement inclusive des personnes handicapées

    Le Rwanda s’est joint, le mercredi 3 décembre 2025, à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale des personnes handicapées, placée cette année sous le thème: Construisons une société inclusive pour promouvoir le bien-être de tous. “

    À travers l’ensemble du pays, districts, secteurs, associations et partenaires du développement ont organisé des activités dédiées à la promotion des droits et du bien-être des personnes handicapées.

    L’événement national rehaussé par le Gouverneur de la Province de l’Ouest, Jean Bosco NTIBITURA s’est tenu à Nyabihu, dans le secteur de Mukamira.

    Le Gouverneur a visité diverses initiatives menées par des personnes handicapées, notamment dans l’artisanat, l’élevage, la couture ou encore l’agro-transformation, avant de réaffirmer l’engagement du Gouvernement à renforcer l’inclusion socio-économique, en garantissant l’accès aux services essentiels, à l’éducation et à l’emploi.

    Le Gouverneur NTIBITURA a également participé à un match de BOCCIA, un sport inclusif qui renforce la motricité, la confiance et la concentration, illustrant l’importance de la pratique sportive dans l’épanouissement des personnes handicapées.

    Dans plusieurs districts, des équipements et soutiens financiers ont été remis aux bénéficiaires: prothèses, orthèses et équipements de mobilité, matelas et matériaux de soutien quotidien, financement de projets économiques, fauteuils roulants, notamment 20 remis dans le district de Bugesera, accompagnés de bétails, de matériel de couchage et de subventions de plus de 3,4 millions de francs rwandais destinées à quatre associations de personnes handicapées.

    Des célébrations marquantes dans plusieurs districts

    À Bugesera, en présence du maire Mutabazi Richard, les autorités et les partenaires ont participé à une exposition mettant en valeur les initiatives économiques de personnes handicapées. La cérémonie a renforcé le message d’un partenariat durable en faveur de l’inclusion.

    À Rubavu, au secteur de Nyakiriba, le maire Prosper Mulindwa a insisté sur la nécessité de reconnaître les capacités et talents des personnes handicapées, rappelant que leur contribution est essentielle dans tous les secteurs:

    “Le développement du pays repose sur chaque Rwandais. Les personnes handicapées ne doivent pas être exclues; elles excellent dans l’éducation, le commerce, l’art, l’entrepreneuriat et même dans les responsabilités publiques. À nous de leur ouvrir les portes.”

    À Musanze, la célébration au secteur de Shingiro a mis en avant les réalisations d’associations actives dans l’agriculture, l’artisanat et l’élevage, démontrant la diversité et la solidité des initiatives menées par des personnes handicapées.

    L’inclusion est un droit

    Au niveau institutionnel, Emmanuel Ndayisaba, Secrétaire exécutif du Conseil national des personnes handicapées (NCPD), a rappelé que: “Le bien-être des personnes handicapées n’est plus une faveur, mais un droit. Nous devons garantir un accès équitable à l’éducation ainsi qu’un environnement de travail véritablement inclusif.”

    De son côté, Jacques Mugisha, Directeur exécutif de la Union Rwandaise des Personnes Aveugles (RUB), a appelé à une transformation profonde des mentalités:

    “La loi est claire: personne ne doit être écarté d’un emploi ou d’un poste de décision. Il est temps que les personnes handicapées soient représentées partout, y compris aux plus hauts niveaux. Trop souvent, on ne les encourage que pour des responsabilités subalternes. Nous voulons les voir occuper des postes où se prennent les grandes décisions.”

  • Bonnie Mugabe prend ses fonctions à la tête du secrétariat général de FERWAFA

    La Fédération Rwandaise de Football (FERWAFA) a officiellement accueilli son nouveau Secrétaire Général, Bonnie Mugabe, lors d’une cérémonie de remise et reprise présidée ce lundi 1er décembre 2025 par le président de la Fédération, Fabrice Shema Ngoga.

    Mugabe succède à Richard Mugisha, qui occupait temporairement cette fonction en plus de son rôle de Vice-président chargé des affaires techniques.

    La cérémonie, tenue au siège de FERWAFA, a marqué une étape importante dans la transition administrative de la fédération. Le personnel a salué la contribution de Richard Mugisha, avant d’exprimer son engagement à accompagner le nouveau SG dans la nouvelle phase de la gouvernance institutionnelle.

    Dans son message d’ouverture, le président Fabrice Shema Ngoga a assuré que Mugabe bénéficiera du plein appui du Comité Exécutif pour mener à bien les réformes et atteindre les ambitions stratégiques de la fédération. Il a encouragé l’équipe administrative à maintenir l’unité, la discipline et un esprit de collaboration.

    Dans son premier discours en tant que Secrétaire Général, Bonnie Mugabe a adopté un ton résolument ferme, plaçant la performance et la rigueur au centre de son action.

    “Ils m’ont donné mes indicateurs de performance, mais je ne pourrai en atteindre aucun sans un secrétariat général efficace, c’est-à-dire vous”, a-t-il déclaré devant les employés.

    Il a averti que la FERWAFA n’envisageait aucun nouveau recrutement à moins que son “Plan B”, l’arrivée d’une nouvelle équipe, ne soit activé.

    Il a appelé à un profond changement de culture interne: “Changez votre état d’esprit, pensez grand… Nous allons travailler sous pression. Si vous n’êtes pas prêts à travailler sous pression, vous ne serez pas avec moi.”

    Souhaitant tourner la page des scandales qui ont longtemps affecté la fédération, Mugabe a insisté sur la nécessité de respecter scrupuleusement les procédures. “Tous ceux qui travaillent dans les achats, les finances ou la gestion d’argent doivent être totalement redevables”, a-t-il souligné.
    “Pas de raccourcis, pas de contournements. C’est ce qui vous protégera et évitera de nouveaux problèmes de mauvaise gestion.”

    Cette mise en garde intervient alors que FERWAFA tente de restaurer la confiance après plusieurs affaires, notamment l’implication récente de l’ancien SG Adolphe Kalisa dans un détournement présumé de 21 000 dollars.

    Avant de prendre ses fonctions, Bonnie Mugabe a adressé ses remerciements à Richard Mugisha, lui souhaitant réussite dans ses responsabilités futures. Le personnel a également salué le leadership de Mugisha et exprimé son engagement à accompagner Mugabe dans sa mission.

  • Quand les mythes européens réécrivent l’histoire africaine – Tito Rutaremara

    L’Honorable Tito Rutaremara a publié sur son compte X une réflexion sur l’origine de la philosophie européenne à l’égard des peuples noirs. Dans une série de messages, il revient sur les idées reçues, les incompréhensions et les mythes construits par les premiers chercheurs et explorateurs européens au sujet des civilisations africaines.

    Selon Tito Rutaremara, les Européens se sont longtemps trompés en croyant que l’intelligence et la civilisation provenaient exclusivement des régions bordant la Méditerranée, supposées être le berceau de tout progrès diffusé ensuite au reste du monde. Cette perception ignorait que la Chine avait développé une civilisation avancée des centaines d’années avant celle de la Méditerranée, et que l’Inde comme le Japon avaient atteint un haut niveau de développement bien avant l’arrivée des Européens.

    De plus, il rappelle que la civilisation méditerranéenne elle-même a été initiée par l’Égypte ancienne. Pourtant, les Européens ont refusé de reconnaître que l’Égypte a été un carrefour multiethnique, source essentielle de cette civilisation.

    En Amérique du Sud, les Européens ont découvert la civilisation sophistiquée des Inca, mais ont refusé d’admettre qu’elle était l’œuvre des populations autochtones. Ils ont préféré affirmer qu’elle avait été apportée par des peuples venus d’Europe, théorie plus tard invalidée par la recherche scientifique.

    En Afrique de l’Ouest — au Mali, au Bénin, au Ghana — ils ont trouvé également des sociétés très développées, florissantes bien avant l’expansion de l’islam. Incapables de croire en une origine locale, ils ont prétendu que ces avancées provenaient d’échanges avec des marchands venus du nord du Sahara.

    Le cas du Rwanda: un choc pour les premiers Européens

    Lorsque les Européens sont arrivés au Rwanda, ils ont été surpris de constater l’existence d’un État structuré, doté d’institutions et d’une organisation politique aboutie. Leurs préjugés leur faisaient croire que les peuples noirs au sud du Sahara ne pouvaient dépasser le niveau tribal, à l’exception de ceux influencés par les civilisations européennes.

    Le Rwanda, isolé des mondes européen, indien ou chinois, apparaissait donc comme une énigme: comment une telle civilisation avait-elle pu émerger? Qui en aurait été le porteur?

    Face à cette incompréhension, les premiers Européens ont installé progressivement des mythes visant à expliquer la présence d’une civilisation avancée.

    Arrivés à la cour royale, ils ont rencontré les chefs et les serviteurs du roi. Découvrant l’existence des Hutu, des Tutsi et des Twa, ils ont rejeté l’histoire rwandaise selon laquelle tous étaient descendants de Kanyarwanda, enfants de Gihanga. Ils ont alors inventé des récits d’origine distincts: Les Hutu viendraient du Tchad, Les Tutsi seraient issus de la Méditerranée et Les Twa seraient autochtones, issus des forêts du Rwanda et du Congo.

    Un autre mythe affirmait que les Twa étaient les premiers habitants; les Hutu seraient arrivés ensuite du Tchad et du Cameroun et auraient défriché la forêt; les Tutsi seraient venus encore plus tard avec leur bétail, apportant une civilisation méditerranéenne. La recherche archéologique a pourtant révélé que le bétail était présent au Rwanda bien avant ces migrations supposées.

    Une troisième série de récits a fait remonter l’origine des Tutsi à la région du Caucase, en Russie, d’où seraient également originaires des peuples comme les Tchétchènes.

    D’autres ont prétendu qu’ils venaient de Mésopotamie (actuels Irak et Iran), se déplaçant avec leurs troupeaux jusqu’au Rwanda.

    Certains ont avancé encore que des soldats romains ou grecs, ayant séjourné longuement au Rwanda avant de partir vers le Zimbabwe, y auraient laissé les bases de la civilisation locale.

    D’autres écrivains ont affirmé que les Tutsi venaient d’Égypte, où ils auraient contribué à la construction des pyramides avant de poursuivre leur route vers le Rwanda, théorie mise en contradiction par le fait qu’ils n’y construisaient pas en pierre mais en matériaux végétaux.

    Finalement, une version s’est imposée: les Tutsi seraient originaires d’Éthiopie. Tito Rutaremara réfute cette idée, soulignant qu’aucun mot d’éthiopien ne se retrouve en kinyarwanda.

    Un autre récit, inspiré de l’Ancien Testament, affirme que Hamu, l’un des fils de Noé, ayant vu son père nu et s’étant moqué de lui, aurait été maudit. De cette malédiction serait née la peau noire, et les Tutsi descendraient de Hamu.

    Tito Rutaremara conclut en annonçant qu’il reviendra prochainement sur la manière dont les Européens ont construit leurs mythes sur les Hutu, les Tutsi et les Twa, ainsi que sur les mensonges utilisés pour les faire accepter par les Rwandais, afin qu’ils oublient leur véritable histoire: celle d’un peuple unique, descendant de Kanyarwanda et de Gihanga.

  • Kagame remanie le MINAGRI et annonce de nouvelles nominations aux hautes fonctions

    Le président du Rwanda Paul Kagame a procédé, le lundi 1ᵉʳ décembre 2025, à un remaniement gouvernemental marqué par des changements majeurs au Ministère de l’Agriculture et des Ressources animales (MINAGRI), ainsi qu’à plusieurs nominations à des postes stratégiques de l’État.

    Selon un communiqué signé par le Premier ministre au nom du Chef de l’État, Dr Telesphore Ndabamenye est nommé Ministre de l’Agriculture et des Ressources animales, en remplacement de Dr Marc Bagabe Cybahiro, nommé en octobre 2024 et désormais relevé de ses fonctions.

    Dr Solange Uwituze, jusque-là Directrice générale du Rwanda Agriculture Board (RAB), devient Ministre d’État au MINAGRI. Elle succède précisément à Ndabamenye, qui occupait ce poste avant sa promotion.

    Sur le plan diplomatique, Dr Usta Kayitesi est désignée Ministre d’État aux Affaires étrangères. Juriste et professeure d’université, ancienne Directrice générale du Rwanda Governance Board (RGB), elle arrive du Sénat pour remplacer le général (ret.) James Kabarebe.

    Ce dernier est nommé à la Présidence de la République en qualité de Conseiller senior en défense et sécurité, un rôle stratégique pour l’ancien Chef d’État-Major et ex-Ministre de la Défense.

    Enfin, Dr Charles Murigande, diplomate à la retraite et figure majeure de la vie politique rwandaise — ex-Secrétaire général du FPR, ancien minister du MINAFFET et du MINEDUC, ambassadeur au Japon et ex-recteur de l’Université du Rwanda — rejoint le Sénat.

  • VIH chez les jeunes au Rwanda: un défi persistant malgré les avancées

    Malgré des progrès significatifs dans la lutte contre le VIH, le Rwanda fait face à un défi majeur: la hausse des nouvelles infections chez les jeunes. Selon le Réseau rwandais des personnes vivant avec le VIH (RRP+), plus de 35 % des nouvelles infections concernent cette tranche d’âge.

    Ces jeunes utilisent peu les services de prévention et, pour ceux déjà infectés, l’observance du traitement n’est pas toujours assurée, augmentant le risque de transmission et de complications.

    Dans une interview avec RBA, le Dr Ikuzo Basil, responsable du programme de lutte contre le VIH au Centre Biomédica Rwandais (RBC), explique:

    “Les nouvelles infections ont fortement diminué en dix ans, mais elles se concentrent désormais chez les jeunes, qui ne bénéficient pas suffisamment des programmes de prévention ni du suivi thérapeutique.”

    Le RRP+, qui regroupe plus de 166 000 membres, continue de jouer un rôle central dans la sensibilisation et l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH, tout en appelant à des stratégies ciblées et adaptées aux réalités des jeunes.

    Des progrès notables malgré le défi

    Le Rwanda a atteint la cible internationale 95-95-95 définie par l’OMS: 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 95 % d’entre elles sont sous traitement, et 95 % ont une charge virale indétectable.

    Ces résultats témoignent des efforts soutenus des autorités sanitaires et des communautés locales dans la prévention, le dépistage et la prise en charge du VIH.

    Cependant, la persistance des nouvelles infections chez les jeunes souligne qu’atteindre l’élimination du sida nécessitera des interventions plus ciblées, notamment en matière d’éducation, de prévention combinée et d’accès simplifié aux services.

    Des traitements innovants pour faciliter la vie des patients

    Pour améliorer l’observance et la qualité de vie, le Rwanda explore des traitements injectables à longue durée d’action. Depuis un an, le RBC teste un traitement injectable bimensuel, avec des résultats encourageants. L’objectif est désormais d’introduire un médicament administrable tous les six mois.

    “Au lieu de prendre des comprimés chaque jour, les patients reçoivent une injection tous les deux mois. Nous préparons l’arrivée d’un traitement injectable semestriel pour continuer à simplifier la vie des patients”, précise le Dr Ikuzo.

    Ces innovations thérapeutiques s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à renforcer la prise en charge et à réduire les nouvelles infections, en particulier chez les populations jeunes et vulnérables.

    Une crise financière mondiale qui menace les progrès

    Le contexte international complique cette lutte. Selon l’ONUSIDA, les réductions du financement international pour la riposte au VIH ont gravement affecté les services essentiels en 2025. Ces perturbations mettent en péril des décennies de progrès et rendent plus difficile l’atteinte de l’objectif de développement durable de mettre fin au sida d’ici 2030.

    L’ONUSIDA exhorte les États à renforcer la prévention, élargir l’accès au traitement, supprimer les barrières sociales et juridiques, et mobiliser un financement global revitalisé. La riposte au VIH ne peut reposer exclusivement sur les ressources nationales.

    La Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre 2025, met cette année l’accent sur le thème: “Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida”, rappelant la nécessité de solutions innovantes pour protéger les populations vulnérables, en particulier les jeunes, et consolider les progrès accomplis.

    Au Rwanda, la commémoration s’est tenue au Centre de santé de Kinyinya à Kigali, sous le thème “Communautés résilientes, riposte renouvelée”.