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  • Justice rwandaise: plus de 20 000 affaires résolues grâce à la mediation

    Au lancement de la Semaine de la Justice, le lundi 8 décembre 2025, la Présidente de la Cour Suprême, Domitilla Mukantaganzwa, a révélé que plus de 20 000 affaires ont été résolues grâce à cette approche depuis son institutionnalisation en 2022. Un succès majeur qu’elle présente comme un retour aux méthodes traditionnelles rwandaises de résolution des conflits.

    “Avant l’arrivée des colonisateurs, les Rwandais avaient leurs propres mécanismes pour découvrir la vérité, réparer les torts et réconcilier les familles. La médiation n’est donc pas une invention récente, c’est notre culture, notre identité”, a-t-elle affirmé devant la presse.

    Selon Mukantaganzwa, la médiation permet d’obtenir une justice plus rapide, moins coûteuse et apaisée, tout en préservant les relations sociales. Elle regrette toutefois que certains citoyens continuent de considérer cette méthode comme une voie secondaire: “Nous avons été longtemps habitués à une justice de gagnants et de perdants. Il faut du temps pour changer les mentalités”.

    La Présidente de la Cour Suprême note néanmoins que la médiation ne fonctionne pas dans tous les litiges, notamment dans les dossiers de divorce où les tensions sont souvent trop profondes. Elle souligne également que certains crimes graves, tels que le meurtre, les violences sexuelles, la corruption ou les crimes liés au genocide, ne sont pas éligibles à la médiation.

    D’autres responsables du secteur de la justice ont présenté leurs avancées. La Présidente de la Cour du Commerce, Clotilde Mukamurera, a indiqué que 320 litiges commerciaux ont été tranchés par la médiation au cours de l’année judiciaire précédente. Une solution qui, selon elle, favorise la continuité des activités économiques et la stabilité des partenariats d’affaires.

    La médiation est également soutenue par les organes d’investigation. Le Secrétaire Général de RIB, le Col. Pacifique Kayigamba Kabanda, a annoncé que 2 800 dossiers ont été clôturés par cette voie depuis le début de l’année 2025. Le Parquet rapporte pour sa part 3 000 dossiers résolus en 2024-2025 et 5 000 autres actuellement en cours de médiation.

    Le secteur pénitentiaire a également livré ses chiffres. Selon le Commissaire Général de l’Administration Pénitentiaire, CG Evariste Murenzi, plus de 23 000 personnes ont été incarcérées en 2025, dont plus de 500 étrangers principalement poursuivis pour usage de faux documents ou violences physiques.

    Alors que la Semaine de la Justice se déroule jusqu’au 19 décembre, les autorités réaffirment que la médiation reste une priorité nationale. Elle vise non seulement à désengorger les tribunaux, mais surtout à consolider une justice centrée sur la réconciliation, la vérité et la cohésion sociale, des valeurs profondément enracinées dans l’héritage rwandais.

  • Nous célébrons l’Immaculée Conception: une lumière d’espérance au cœur de l’Avent

    En ce 8 décembre, l’Église catholique célèbre la Solemnité de l’Immaculée Conception, un mystère essentiel de la foi chrétienne qui éclaire la route des fidèles en plein Avent.

    Cette fête rappelle que la Vierge Marie, destinée à devenir la Mère du Sauveur, a été préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception. En elle, Dieu prépare une demeure pure pour accueillir son Fils, inaugurant ainsi son grand projet de salut.

    Située au cœur du temps de l’Avent, cette célébration prend une signification particulière. Alors que les chrétiens se préparent à accueillir la naissance de Jésus, Marie apparaît comme le modèle parfait de disponibilité, d’humilité et de foi.

    L’écriture la salue comme “pleine de grâce” (Lc 1,28), et son “oui” à l’ange Gabriel, “Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole” (Lc 1,38), ouvre la voie à l’incarnation du Verbe. En méditant ce mystère, les fidèles sont invités à renouveler leur propre réponse à Dieu.

    Partout dans les paroisses, la journée est marquée par des messes solennelles, la récitation du chapelet et des temps de prière silencieuse. Les chrétiens invoquent l’intercession de la Vierge Immaculée pour recevoir une grâce de paix intérieure et de conversion. La première lecture de la liturgie rappelle la promesse divine: “Je mettrai inimitié entre toi et la femme” (Gn 3,15), annonçant la victoire du Christ, né de Marie, sur le mal.

    En célébrant l’Immaculée Conception, les croyants sont appelés à vivre un Avent plus intense, orienté vers la purification du cœur, la prière et la charité. Que cette fête soit pour tous une lumière d’espérance, guidant chacun vers la joie profonde de Noël.

    Par Marie Immaculée, que les chrétiens avancent avec confiance vers Celui qui vient pour sauver le monde.

  • “Jamais je n’ai vu autant d’attention pour arrêter une guerre en Afrique” – Kagame confie à Al Jazeera

    À Washington D.C., un tournant diplomatique majeur vient d’être franchi. Sous l’égide du président des États-Unis, Donald Trump, le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi ont signé un accord de paix et de prospérité censé ouvrir une ère nouvelle entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.

    Au moment où ce texte historique était paraphé, la chaîne Al Jazeera diffusait un épisode spécial de son émission The Bottom Line, une interview dense et sans détours, dans laquelle Paul Kagame revient sur l’importance du moment, la méthode Trump et les espoirs de paix pour la région.

     Pour la première fois, je vois autant d’attention pour mettre fin à une guerre en Afrique

    Dès les premières minutes de l’entretien avec Steve Clemons, Paul Kagame situe l’enjeu: les conflits qui opposent le Rwanda et la RDC s’inscrivent dans une longue histoire, marquée par des décennies de tensions et d’échecs diplomatiques. Jamais, dit-il, les efforts internationaux n’avaient atteint une telle intensité.

    Il décrit un contexte inédit: deux chefs d’État africains reçus directement par le président des États-Unis, personnellement investi dans la résolution du conflit. L’attention, la pression, l’énergie déployée… tout est d’une ampleur jamais observée auparavant. Pour Kagame, c’est un signal fort et une rupture avec l’habitude des déclarations creuses sans effet réel sur le terrain.

    Trump et une approche différente

    Interrogé sur ce qui distingue l’implication américaine actuelle, Kagame évoque deux modèles diplomatiques.

    • Le premier, familier, s’appuie sur un discours classique fait de principes, de démocratie, de droits humains, mais souvent sans résultats tangibles pour les populations africaines.
    • Le second, celui qu’il attribue à Donald Trump, serait centré sur le concret: des intérêts économiques clairement identifiés, un rapport d’échanges, une approche transactionnelle permettant de mesurer le bénéfice réel pour les peuples.

    À ses yeux, cette méthode, plus pragmatique, offre davantage d’espoir. Elle peut apporter des résultats là où les approches plus idéologiques ont souvent échoué, en laissant les Africains confrontés aux mêmes crises, voire à des situations aggravées.

    Kagame se garde toutefois de rejeter totalement les modèles précédents. Il souligne que la responsabilité principale du succès ou de l’échec demeure entre les mains des pays africains eux-mêmes. Aucun médiateur extérieur, ni l’Amérique, ni un autre acteur, ne peut garantir la paix si les protagonistes n’en expriment pas sincèrement la volonté.

    Qatar: un acteur clé au cœur du processus

    L’entretien met aussi en lumière un rôle moins visible: celui du Qatar. Selon Kagame, deux processus parallèles et complémentaires ont été mis en place:

    • À Washington, des discussions pilotées par les États-Unis, portant sur les relations bilatérales entre Kigali et Kinshasa.
    • À Doha, des pourparlers internes concernant la situation sécuritaire en RDC, notamment autour du mouvement AFC/M23.

    Fait notable: contrairement à ce que pensent certains dirigeants africains, explique Kagame, ce n’est pas le Rwanda qui s’est éloigné du cadre continental, mais Félix Tshisekedi lui-même qui a demandé que les discussions soient déplacées vers Doha et Washington. Une dynamique initiée, dit-il, par la conviction du président congolais que la RDC, en tant que grand pays, capable de mieux maîtriser et manipuler le processus dans ces cadres internationaux.

    Kagame insiste sur le sérieux et la constance du Qatar, pays habitué à faciliter des dialogues délicats à travers le monde et qui a mobilisé moyens et volonté pour faire avancer ce dossier.

    Un accord signé à Washington: espoir et prudence

    À la question de savoir s’il a confiance en Félix Tshisekedi pour mettre en œuvre ce qui a été signé, Kagame adopte un ton à la fois optimiste et réaliste. La signature à Washington est une étape importante et même essentielle. Les accords obtenus à Doha l’étaient tout autant. Désormais, dit-il, s’ouvre une phase nouvelle, la plus délicate: celle de la mise en application.

    Il se dit prêt à avancer, tout en sachant que la RDC a déjà, par le passé, rompu plusieurs engagements juste après les avoir pris. Pour cette raison, il compte sur l’accompagnement continu des États-Unis et du Qatar, qui devront rappeler à l’ordre celui qui manquera à ses obligations, que ce soit le Rwanda ou la RDC.

    Minerais, accusations et réalités géologiques

    Abordant les accusations récurrentes selon lesquelles le Rwanda exploiterait illicitement les richesses minières de la RDC, Kagame répond fermement.

    Il rappelle que le Rwanda dispose bel et bien de ressources propres: tungstène, étain, tantale, lithium, beryllium et même or. Des ressources confirmées par des investissements étrangers, dont une compagnie américaine, Trinity Metals, présente de longue date dans le pays.

    Pour lui, attribuer systématiquement au Rwanda des minerais qui transitent pourtant par d’autres pays de la région relève d’un narratif politique qui alimente injustement les tensions. Il évoque aussi le poids d’une histoire douloureuse, marquée par des groupes armés comme les FDLR, et par des rapports parfois biaisés où les responsabilités sont souvent renvoyées au Rwanda, occultant d’autres acteurs régionaux ou internationaux impliqués.

    La recherche du prix Nobel?

    À la question provocatrice sur une éventuelle nomination au prix Nobel de la paix aux côtés de Trump et Tshisekedi, Kagame rit: “Non, d’autres peuvent y penser, mais pas moi.”

    Il estime que l’essentiel n’est pas la reconnaissance internationale mais la responsabilité des acteurs africains: si le processus échoue, dit-il, ce ne sera pas la faute de Trump ou de quiconque tente de faciliter.

    Convergences avec Trump

    Kagame explique enfin qu’il existe une forme de convergence entre lui et Donald Trump: la volonté de privilégier les résultats concrets plutôt que les discours.

    Dans le passé, dit-il, trop de temps a été perdu en paroles creuses et en accusations mutuelles. Cette fois, il perçoit une réelle opportunité d’avancer. Trump aurait donné une impulsion nouvelle, un cadre précis, et une dynamique permettant enfin de progresser.

    Pour Kagame, cette démarche mérite d’être soutenue, car le succès dépendra de l’engagement réel des parties africaines, non de la seule médiation américaine.

    Un moment charnière pour la région

    Alors que l’accord vient d’être signé, l’espoir et la prudence se mêlent. Kagame le reconnaît: la route sera longue, et les embûches nombreuses. Mais jamais, dans toute l’histoire récente de ce conflit, une mobilisation internationale n’avait atteint un tel niveau.

    C’est dans cet esprit qu’il conclut, rappelant que la responsabilité ultime appartient aux Africains eux-mêmes. Si la volonté existe, soutenue par un accompagnement cohérent, la paix pourrait enfin devenir une réalité durable.

  • Kayonza: le comité exécutif limogé pour manquements aux responsabilités

    Le maire, John Bosco Nyemazi, ainsi que ses deux adjoints, Hope Munganyinka, Vice-maire en charge du Développement économique, et Jean Damascène Harerimana, Vice-maire en charge des Affaires sociales, ont été démis de leurs fonctions par le Conseil du district lors d’une reunion extraordinaire tenue ce dimanche 7 décembre 2025.

    Selon des informations confirmées par plusieurs sources, cette décision fait suite à l’incapacité des responsables démis à résoudre des problèmes persistants touchant directement la population, notamment dans les secteurs de Ndego et Mwiri, durement frappés par la sécheresse. Malgré la disponibilité des vivres au niveau national, des dysfonctionnements graves dans leur distribution auraient conduit certaines familles à souffrir de la faim, poussant même certains habitants à se déplacer en quête de moyens de survie.

    Outre la mauvaise gestion des crises, des tensions internes au sein de l’exécutif du district auraient également motivé la décision. Les trois responsables auraient connu des désaccords répétés, nuisant à la cohérence et à la qualité du travail quotidien. Ces divergences avaient nécessité plusieurs tentatives de médiation, sans succès durable.

    Les dirigeants démis étaient pourtant bien établis dans leurs fonctions:

    • John Bosco Nyemazi avait été élu maire en décembre 2021;
    • Hope Munganyinka siégeait au comité exécutif depuis 2018 et avait été reconduite pour un second mandat ;
    • Jean Damascène Harerimana avait été élu Vice-maire chargé des Affaires sociales en 2016, puis reconduit en 2021.

    Interrogée par The New Times, Doreen Basiime Kalimba, présidente du Conseil du district de Kayonza, a confirmé les limogeages, soulignant qu’ils s’inscrivent dans une volonté ferme de renforcer la redevabilité et d’améliorer la qualité du service public.
    « Quiconque ne remplit pas convenablement ses responsabilités doit rendre des comptes, surtout lorsqu’il s’agit du bien-être de notre population », a-t-elle insisté.

  • Une célébration grandiose du Jubilé de la Rédemption et des 125 ans de l’Évangile au Rwanda

    Le Stade Amahoro de Kigali a vibré samedi le 6 décembre 2025 au rythme de la foi et de l’allégresse. Des milliers de fidèles catholiques venus de tout le Rwanda, accompagnés de dirigeants politiques et de représentants d’institutions, se sont rassemblés pour la solennité marquant la conclusion du Jubilé de la Rédemption et les 125 ans de l’Évangile au Rwanda.

    L’air était chargé de ferveur, de chants et de prières, tandis que les couleurs vives des vêtements traditionnels et des chasubles liturgiques donnaient au lieu des airs de fête populaire mêlée à la grandeur spirituelle.

    La cérémonie a été rythmée par un temps de prière, de chants et d’écoute de la Parole de Dieu, suivi de la Communion et des discours officiels du jour, donnant à l’événement une dimension à la fois liturgique et civique.

    Parmi les invités d’honneur se trouvait le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva, entouré de ministres, sénateurs et hauts fonctionnaires, qui ont partagé la cérémonie avec les fidèles.

     

    Le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva était l’invité d’honneur © RBA

    Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé que l’Église catholique n’a cessé, depuis plus d’un siècle, de jouer un rôle déterminant dans le développement du Rwanda, notamment dans l’éducation, la santé et la cohésion sociale.

    “Le Président de la République m’a chargé de vous transmettre ses salutations et sa gratitude pour le rôle essentiel que l’Église continue de jouer dans notre pays”, a déclaré Dr Nsengiyumva, sa voix résonnant dans le stade plein à craquer.

    L’émotion était palpable lorsque Dr Nsengiyumva a invité l’Église à poursuivre son engagement en faveur des enfants et de l’éducation, soulignant que “l’enfant qui reçoit une éducation solide contribue à bâtir un Rwanda prospère. L’avenir de notre nation dépend de la formation de chaque jeune.” Il a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à travailler en partenariat avec l’Église dans divers projets de développement et de promotion de valeurs civiques.

    Lire aussi: Le pape Léon XIV souhaite un joyeux jubilé à l’Église catholique du Rwanda pour les 125 ans de l’Évangile

    Antoine Cardinal Kambanda, Archevêque de Kigali, a pris la parole avec une gravité émouvante. Il a dressé le portrait impressionnant de l’Église catholique au Rwanda: 236 paroisses réparties dans neuf diocèses, plus de cinq millions de fidèles, 1 160 prêtres, 3 884 religieuses et 445 religieux, 1 758 écoles primaires, 1 052 secondaires, six universités, 107 centres de santé, dix hôpitaux et 563 structures de développement communautaire.

    Mais il n’a pas manqué de rappeler les épreuves traversées par l’Église, évoquant notamment les blessures encore vives du génocide de 1994, qui ont marqué profondément la communauté chrétienne.

    Dans son homélie, Mgr Vincent Harolimana, Évêque de la Diocèse de Ruhengeri, a invité les fidèles à saisir le sens profond de ce Jubilé: “Le Jubilé est un temps de miséricorde, de réconciliation et de gratitude. Depuis 2025 ans, le Verbe s’est fait chair. Jésus-Christ est venu parmi nous pour nous sauver, et sa venue a marqué un tournant dans l’histoire du monde. Aujourd’hui, nous célébrons cet amour infini que Dieu nous a manifesté.”

    Les fidèles, captivés, écoutaient attentivement, certains les yeux fermés dans la prière, d’autres les mains levées au ciel, chantant et acclamant. Béatrice Uwimana, fidèle de la paroisse de Kabuye, confiait: “Ce Jubilé est un moment pour nous remettre en question et mesurer combien nous avons grandi dans la foi. C’est aussi l’occasion de remercier Dieu pour sa fidélité.”

    Enfin, Mgr Niciteretse Salvator, représentant la Conférence des évêques du Burundi, a loué la foi et la fidélité des catholiques rwandais, les encourageant à continuer de témoigner de l’Évangile dans leur vie quotidienne.

    La journée s’est achevée sur un sentiment de communion profonde et de gratitude, unissant fidèles et dirigeants dans une célébration qui restera gravée dans les mémoires. Ce Jubilé n’était pas seulement un anniversaire, mais un vibrant hommage à l’histoire, à la foi et à l’espérance d’un Rwanda guidé par les valeurs de l’Évangile.

     

  • Le pape Léon XIV souhaite un joyeux jubilé à l’Église catholique du Rwanda pour les 125 ans de l’Évangile

    Le samedi 6 décembre 2025, le Stade Amahoro à Remera a accueilli une célébration exceptionnelle marquant la jubilée des 125 ans de l’arrivée de l’Évangile au Rwanda et le Jubilé de l’année 2025 de Jésus-Christ Sauveur du monde.

    La cérémonie a débuté par une messe solennelle présidée par Son Éminence Antoine Cardinal Kambanda, archevêque de Kigali et président de la Conférence des évêques catholiques du Rwanda.

    La célébration a rassemblé des évêques venus de tout le Rwanda et des pays voisins, ainsi que Mgr Arnaldo Sánchez Catalán, nonce apostolique au Rwanda. Étaient également présents des prêtres des neuf diocèses du pays, des religieux et religieuses, ainsi que de nombreux fidèles venus du Rwanda et de l’étranger.

    Durant la cérémonie, un message du pape Léon XIV a été lu par Mgr Sánchez Catalán. Signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, le message félicitait l’Église rwandaise pour son parcours de foi et sa fidélité à l’Évangile, tout en rendant hommage aux premiers missionnaires et à tous ceux qui, par la foi et la charité, ont contribué à l’enracinement du christianisme au Rwanda.

    Le pape Léon XIV a encouragé les fidèles à renforcer l’unité et la réconciliation à travers la Parole de Dieu. “En cette étape importante, je vous invite à demeurer fermes dans l’Évangile, à œuvrer pour la réconciliation, la paix et le respect mutuel. Nous devons partager avec les autres ce que nous avons reçu afin que tous soient un en Jésus-Christ”, a-t-il déclaré.

    Il a également rappelé le rôle central des familles chrétiennes dans la transmission de l’espérance, en particulier pour les jeunes et tous ceux qui souhaitent renouveler l’unité.

    Pour conclure, le pape a bénit tous les fidèles, invoquant la Vierge Marie et les saints patrons pour les protéger et renforcer leur mission évangélique. “De tout cœur, je vous donne ma bénédiction apostolique, signe de force et de joie en Notre Seigneur”, a-t-il conclu.

    Source: Kinyamateka

  • États-Unis – Rwanda: un accord sanitaire de 228 millions de dollars pour renforcer le système de santé rwandais

    Les États-Unis et le Rwanda ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération sanitaire, vendredi 5 décembre 2025, avec la signature d’un Mémorandum d’entente bilatéral d’une valeur de 228 millions de dollars, destiné à consolider durablement le système de santé rwandais et à renforcer la sécurité sanitaire globale.

    La cérémonie s’est tenue à Washington, en présence de Jeremy Lewin, haut responsable du Département d’État américain, et Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

    Un partenariat renforcé pour un système de santé plus autonome

    Selon le communiqué du Département d’État, cet accord de cinq ans s’inscrit dans la continuité de la stratégie américaine “America First Global Health Strategy”, qui vise à moderniser l’assistance internationale tout en garantissant des bénéfices mutuels.

    Il prévoit jusqu’à 158 millions de dollars de financement américain pour soutenir la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses, tout en améliorant la surveillance épidémiologique et la réponse aux épidémies.

    En contrepartie, le gouvernement rwandais s’engage à augmenter sa contribution budgétaire de 70 millions de dollars, afin de renforcer la prise en charge nationale et de réduire progressivement la dépendance à l’aide extérieure.

    Le Rwanda est salué pour ses avancées significatives: il fait partie du petit groupe de pays ayant atteint les objectifs mondiaux 95-95-95 de contrôle de l’épidémie de VIH/Sida. L’accord vise ainsi à transférer, d’ici quatre ans, l’entière responsabilité de la riposte VIH au système de santé rwandais.

    Technologies de pointe et partenariat économique américain

    Au-delà du volet sanitaire, l’accord consolide également l’intérêt commercial des États-Unis en Afrique.
    Il s’appuie notamment sur l’attribution récente d’un contrat à Zipline International Inc., entreprise américaine spécialisée dans la robotique avancée et la livraison de produits médicaux par drones.

    Le Rwanda, pionnier de cette technologie sur le continent, sera chargé d’exploiter et d’entretenir cette infrastructure financée par l’assistance américaine.

    Par ailleurs, 10 millions de dollars sont destinés à Ginkgo Bioworks pour étendre ses capacités de surveillance des épidémies au Rwanda, mettant en place un système régional de détection précoce des menaces biologiques.

    Le cadre signé offre aussi des opportunités pour de futurs investissements américains, notamment dans les traitements de nouvelle génération contre le VIH et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services de santé.

    Sur la plateforme X, le ministre rwandais de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, a salué un accord qui “renforce la surveillance des maladies, stimule l’innovation et consolide la sécurité sanitaire mondiale, tout en générant des bénéfices économiques partagés”.

    De son côté, Jeremy Lewin a qualifié cet accord de nouvelle avancée majeure dans la transformation de l’architecture de l’assistance étrangère américaine et dans la mise en œuvre de la stratégie sanitaire globale des États-Unis.

  • La Police du Rwanda annonce une baisse de 15,7 % des crimes en 2025

    L’année 2025 se termine sur un bilan sécuritaire positif, marqué par une baisse notable de la criminalité et des accidents. Mais la Police et le RIB insistent: la période festive exige la prudence de tous, citoyens, leaders, conducteurs et medias, pour que les réjouissances ne virent pas au drame.

    La Police nationale du Rwanda (RNP) et l’Office rwandais d’investigation (RIB) ont rencontré, vendredi 5 décembre 2025, les professionnels des médias au siège général de la Police à Kacyiru. Une session annuelle consacrée à l’état de la sécurité nationale, aux défis persistants et au rôle central de l’information dans la prévention du crime.

    Un bilan sécuritaire jugé positif mais appel à la vigilance

    L’Inspecteur Général de la Police Nationale, CG Felix Namuhoranye, a d’emblée dressé un bilan globalement positif: la criminalité a reculé de 15,7 % en 2025, selon les données officielles.

    Les accidents ont aussi diminué de 2,4 % en 2025, mais les piétons, cyclistes et motocyclistes restent les plus vulnérables.

    Malgré cette tendance encourageante, il a rappelé que certaines infractions, notamment les violences, les vols et les délits liés aux excès festifs, augmentent traditionnellement en fin d’année.

    “Le pays reste sûr, mais nous devons rester vigilants. Les fêtes attirent des comportements à risque: ivresse au volant, vols, troubles nocturnes. Il faut renforcer la prevention”, a-t-il insisté.

    Interaction entre les médias, la Police et le RIB – 5 déc. 2025 © RNP

    Il a appelé les journalistes à intensifier leurs messages de sensibilisation, notamment sur la sécurité routière et les comportements responsables durant les fêtes de Noël et du Nouvel An.

    La période qui précède Noël et le Nouvel An entraîne une forte mobilité: plus de 240 000 élèves regagnent leurs familles en seulement quelques jours, a signalé CP George Rumanzi, Commissaire chargé des Opérations. Les forces de l’ordre annoncent donc un déploiement renforcé dans les gares routières, marchés, lieux de divertissement et axes très fréquentés.

    Namuhoranye a également mis en garde contre l’exposition des mineurs à l’alcool et d’autres comportements dangereux: “Les mineurs en vacances doivent être protégés. Aux parents et aux leaders communautaires de montrer l’exemple.”

    Le Secrétaire général de la RIB, Col (Rtd) Pacifique Kayigamba Kabanda, a souligné l’importance d’un échange fluide d’informations entre médias et services de sécurité afin de mieux protéger les citoyens.

    Il a appelé les journalistes à continuer de publier des informations vérifiées et utiles au public: “La sécurité du citoyen est notre responsabilité partagée. Vous avez un rôle essentiel dans la diffusion rapide et exacte des faits.”

    Interrogé sur les comportements agressifs de certains étrangers vivant au Rwanda, Namuhoranye a rappelé que tout étranger impliqué dans des actes de violence ou d’autres délits graves fait l’objet d’une expulsion immédiate ou de poursuites judiciaires, une mesure déjà appliquée à plusieurs reprises ces derniers mois.

  • À Washington, le Rwanda scelle deux accords économiques majeurs avec les États-Unis et la RDC

    En marge des Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité, signés ce jeudi 4 décembre, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a paraphé deux accords bilatéraux clés: l’un avec son homologue de la RDC, l’autre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

    Le premier accord, signé entre le Rwanda et la RDC, est le Cadre d’Intégration Économique Régionale (CIER). Intégré au dispositif global des Accords de Washington, il crée de nouvelles opportunités économiques pour les deux pays.

    Le CIER permettra des investissements conjoints dans cinq secteurs prioritaires:

    • l’énergie,
    • les infrastructures,
    • les chaînes d’approvisionnement en minerais,
    • la gestion des parcs nationaux et le tourisme,
    • la santé publique.

    Selon une déclaration officielle, cet accord démontre les bénéfices concrets que peut apporter la paix, en ouvrant des perspectives d’investissements qui profiteront directement aux populations des deux pays.

    Un communiqué antérieur précisait que le Rwanda et la RDC entendent, à travers ce cadre, bâtir des partenariats mutuellement bénéfiques et renforcer leur connexion aux opportunités d’investissement internationales.

    Le second accord, intitulé Cadre entre les États-Unis et le Rwanda pour une Prospérité Économique Partagée a également été signé à Washington. Il offre une plateforme de coopération bilatérale entre les États-Unis et le Rwanda dans plusieurs domaines stratégiques, notamment:

    • l’exploitation et la transformation des minerais,
    • l’énergie,
    • la promotion du commerce et des investissements.

    Ce cadre fonctionne en dehors du CIER, élargissant ainsi le champ de coopération économique entre Kigali et Washington.

    Le Minsitre Nduhungirehe a souligné que cette journée marquante n’aurait pas été possible sans l’implication personnelle et pragmatique du président Donald Trump. Son rôle, ainsi que celui du secrétaire d’État Marco Rubio et du conseiller spécial américain pour les affaires arabes et africaines, Assad Bulos, a été déterminant dans la conclusion de ces accords.

    Signés le même jour par les ministres des Affaires étrangères des trois pays concernés, ces instruments économiques viennent compléter les efforts de paix et de prospérité initiés à Washington.

    L’ensemble vise à consolider l’intégration régionale, attirer des investissements structurants et ouvrir une nouvelle ère de coopération axée sur le développement partagé.

  • Éditorial – Rwanda–RDC: Paix sur le papier, attentes immenses sur le terrain

    Le Rwanda et la République démocratique du Congo ont signé, le 4 décembre 2025 à Washington, un accord de paix et de prospérité présenté comme une avancée historique. Sous le regard de Donald Trump, médiateur qualifié d’impartial par le président Paul Kagame, cet acte solennel a suscité un immense espoir: celui de mettre fin à plus de trente années de tensions, de méfiances, de violences récurrentes et d’occasions manquées.

    Mais au-delà de l’image relayée au monde entier, une question essentielle demeure : cet accord sera-t-il réellement appliqué?

    Dans l’opinion publique, les attentes sont clairement identifiées: démantèlement des FDLR, retrait des mesures sécuritaires défensives du Rwanda, et stabilisation durable de la zone frontalière. Ce sont là les deux principales priorités auxquelles les populations mesureront la crédibilité de l’accord.

    Pour Donald Trump, toutefois, le cœur du dossier s’est davantage situé sur les opportunités économiques. Il a insisté sur la création de richesses, la formalisation des chaînes d’approvisionnement en minerais, et le développement des infrastructures et de l’énergie. Une vision présentée comme gagnante non seulement pour le Rwanda et la RDC, mais aussi pour d’autres acteurs engagés dans l’exploitation des ressources naturelles congolaises.

    Lors de la cérémonie, les présidents Kagame et Tshisekedi ont affiché une volonté commune d’avancer. Kagame a salué le rôle de tous ceux qui ont contribué à ce processus, rappelant que de nombreux médiateurs avaient tenté, sans succès, de rapprocher les deux pays. Trump, selon lui, a introduit une dynamique nouvelle et pragmatique. Tshisekedi, de son côté, a affirmé qu’il appliquera cet accord avec sérieux et sincérité et espère que le Rwanda honorera ses engagements.

    Pourtant, plusieurs signaux ont semé le doute et ils étaient visibles dès la salle de signature. L’atmosphère y était étonnamment froide, presque figée. Les deux chefs d’État, assis à quelques centimètres l’un de l’autre, ont évité les regards directs. Aucune expression de détente. Lorsque les stylos ont été posés sur la table, aucune poignée de main n’a suivi. Ce geste symbolique, attendu dans toute signature de paix, ne s’est pas produit.

    Cette absence, plus expressive que n’importe quel discours, a été perçue par les analystes comme un signe de méfiance. Tshisekedi, resté réservé, n’a pas présenté publiquement le document signé, contrairement à Kagame et Trump. Même l’humour du président américain: “Voyez combien ces deux leaders s’aiment… “, n’a fait qu’accentuer un malaise palpable.

    Les accords préliminaires signés le 27 juin 2025 par les ministres des Affaires étrangères avancent d’ailleurs à pas lents. Certains documents n’ont jamais été présentés au Parlement congolais, alimentant l’impression d’une volonté politique fluctuante. Le Rwanda, lui, a respecté ses procédures institutionnelles. Tout cela renforce une leçon simple: “signer est facile, appliquer est difficile.”

    La mise en œuvre se jouera sur le terrain, particulièrement dans l’Est de la RDC, au cœur des mécanismes régionaux et dans la coopération quotidienne entre deux pays dont la confiance reste fragile. Pourtant, les questions fondamentales persistent:

    • Donald Trump supervisera-t-il personnellement les prochaines étapes?
    • La RDC mobilisera-t-elle réellement les leviers institutionnels nécessaires?
    • Tshisekedi cessera-t-il d’accuser publiquement le Rwanda dans les forums internationaux?
    • Le cadre régional d’intégration économique survivra-t-il aux tensions politiques?

    Le monde entier observe, mais surtout attend. Cet accord est une opportunité rare: les conditions diplomatiques, politiques et économiques n’ont jamais été aussi alignées. Mais sa réussite dépendra de la cohérence des actes, de la constance politique et du courage de dépasser les postures habituelles.