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  • Maxime Mwiseneza nommé Directeur général de WASAC Utility Ltd

    Le Conseil des ministres, réuni ce mercredi 17 décembre sous la présidence du Président Paul Kagame, a nommé Maxime Marius Mwiseneza au poste de Directeur général de WASAC Utility Ltd, la société chargée de la fourniture des services d’eau potable et d’assainissement au Rwanda.

    Âgé de 42 ans, Maxime Mwiseneza succède à Jean Berchmans Bahige, qui assurait la direction de l’entreprise à titre intérimaire.

    Ingénieur civil de formation et titulaire d’un master en gestion des projets de construction obtenu à l’Université Heriot-Watt, Mwiseneza dispose d’une solide expérience dans la gestion des infrastructures publiques. Avant sa nomination, il occupait le poste de Directeur général adjoint au sein de la Agence rwandaise de développement des transports (RTDA), où il a exercé plusieurs responsabilités dans le développement des infrastructures de transport.

    Mise en place du Conseil d’administration de WASAC Group Ltd

    Parallèlement à cette nomination, le Conseil des ministres a également approuvé la composition du Conseil d’administration de WASAC Group Ltd, le premier depuis 2023, année au cours de laquelle l’ancienne WASAC a été restructurée et appelée WASAC Group, avec un mandat élargi.

    Le Conseil d’administration est présidé par Chew Men Leong, assisté de Dederi Wimana en qualité de vice-président. Les autres membres sont Jean-Pierre Nshimyimana, Albert Munyabugingo, Juliette Kavaruganda, Gemma Maniraruta et Juliet Gakwerere.

    WASAC Group Ltd est l’entité publique chargée de la planification, du développement et de la gestion des services d’eau potable et d’assainissement au Rwanda. Il groupe notamment WASAC Utility Ltd, responsable de la fourniture des services d’eau et d’assainissement aux usagers et WASAC Development Ltd, en charge de la mise en œuvre des projets et infrastructures du secteur.

  • Rwanda DHS 2025: recul du retard de croissance des enfants, mais alerte sur les grossesses précoces

    L’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), en collaboration avec ses partenaires nationaux et internationaux, a publié ce mercredi 17 décembre 2025 les résultats de la 7ᵉ Enquête démographique et de santé du Rwanda (Rwanda DHS 7).

    Les données révèlent des avancées significatives en matière de santé maternelle et infantile, tout en mettant en lumière des défis persistants, notamment la hausse des grossesses chez les adolescentes et la lenteur de la baisse du retard de croissance.

    Une amélioration de la nutrition infantile

    L’un des résultats majeurs de cette enquête concerne la réduction du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans, passé de 33 % en 2020 à 27 % en 2025, soit une baisse de 6 points de pourcentage en cinq ans.

    En 2020, 20 districts enregistraient un taux de retard de croissance supérieur à 30 %. En 2025, ce nombre est ramené à 11 districts, traduisant une amélioration globale de la situation nutritionnelle. Toutefois, certains districts demeurent particulièrement touchés, notamment Gicumbi (38,8 %), Burera (37,6 %) et Ngororero (35,5 %), malgré les progrès observés dans ce dernier district, où le taux dépassait 50 % en 2020.

    Des progrès, mais un rythme jugé insuffisant

    Le ministre de la Santé, Dr Sabin Nsanzimana, a salué les résultats globaux de l’enquête, soulignant qu’environ 90 % des indicateurs affichent des tendances positives. Il a toutefois mis en garde contre trois domaines nécessitant une attention urgente, notamment la hausse des grossesses chez les adolescents, la baisse encore lente de la mortalité néonatale et la persistance du retard de croissance chez les enfants.

    Selon le ministre, le recul du retard de croissance s’opère à un rythme moyen d’environ 1 % par an, un niveau inférieur à l’objectif national fixé à 3 % par an. Il a appelé les institutions publiques et les partenaires à considérer les résultats de la DHS comme un appel à l’action, afin d’accélérer les interventions là où les écarts persistent.

    Grossesses chez les adolescentes: une tendance préoccupante

    L’enquête met en évidence une augmentation des grossesses chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, dont la proportion est passée de 5 % en 2019-2020 à 8 % en 2025. Cette évolution constitue un enjeu majeur de santé publique, avec des implications directes sur la scolarisation, la santé maternelle et le développement socio-économique.

    Des indicateurs maternels et infantiles en amélioration

    Les résultats montrent également des avancées notables dans la survie maternelle et infantile. Le taux de mortalité maternelle a reculé de 203 à 149 décès pour 100 000 naissances vivantes.
    La mortalité infantile est passée à 27 décès pour 1 000 naissances vivantes, tandis que la mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué à 36 pour 1 000.

    Ces progrès traduisent une amélioration de l’accès aux soins de santé maternels, néonatals et infantiles, même si des efforts supplémentaires restent nécessaires pour atteindre les cibles nationales et internationales.

  • Football: Josh-Duc Nteziryayo signe son premier contrat professionnel au CF Montréal

    Le CF Montréal a annoncé, lundi, avoir accordé un premier contrat professionnel au défenseur de l’Académie Josh-Duc Nteziryayo, officialisant ainsi son intégration à la première équipe du club canadien évoluant en Major League Soccer (MLS).

    Âgé de 17 ans, Nteziryayo devient le 29ᵉ joueur formé au club à accéder au statut professionnel dans l’histoire du Bleu-blanc-noir. Il a signé un contrat le liant au CF Montréal jusqu’à la fin de la saison 2027-2028, assorti d’options pour chacune des trois saisons suivantes.

    La reconnaissance d’un parcours et d’un engagement

    Dans un communiqué publié sur le site officiel du club, Luca Saputo, directeur principal du recrutement et de la méthodologie sportive, a salué cette signature, soulignant le sérieux et la progression du jeune défenseur.

    “Nous sommes très heureux d’officialiser la signature de Josh au sein de la première équipe. Cette étape marque la reconnaissance de son professionnalisme et de son engagement constant. Josh se distingue par un leadership naturel qui incarne les valeurs de notre Académie. Nous avons pleine confiance en son potentiel et en sa capacité à s’imposer au plus haut niveau “, a-t-il déclaré.

    Originaire de Terrebonne, au Québec, Josh-Duc Nteziryayo a rejoint l’organisation du CF Montréal en 2018, après être passé par la pré-académie. Il a progressivement gravi les échelons, de l’Académie jusqu’à l’équipe senior, illustrant la stratégie du club axée sur le développement des talents locaux.

    Sur le plan international, le jeune défenseur a déjà porté les couleurs du Canada à deux reprises. Plus récemment, il a disputé trois matchs avec la sélection canadienne U17 lors de la Coupe du monde U17 de la FIFA, organisée au Qatar en novembre. Le 12 décembre, il a également été convoqué avec l’équipe nationale canadienne U20 en vue de deux matchs amicaux programmés au Costa Rica.

    Une fierté familiale

    La signature de ce premier contrat professionnel constitue une étape majeure pour la famille Nteziryayo. Nés de parents rwandais, Fides Paulin Nteziryayo et Liliane Iradukunda, Josh-Duc incarne un parcours marqué par la discipline, la résilience et la fidélité au club depuis son plus jeune âge.

    Josh-Duc Nteziryayo pose aux côtés de son père et de sa mère le jour de la signature de son premier contrat professionnel

    Contactée par La Une, sa mère, Liliane Iradukunda, a exprimé sa fierté:

    “C’est une immense joie pour toute la famille. De la pré-académie à l’Académie, puis à l’équipe senior, Josh a fait preuve de détermination et de constance. Ce premier contrat est une récompense méritée et le début d’un nouveau chapitre.”

    Elle a également souligné l’importance de l’héritage familial, rappelant que le jeune joueur réalise aussi le rêve de son père, ancien footballeur et figure du club rwandais Rayon Sports.

    Mesurant 1,90 m (6’3) pour un poids de 77 kg (170 lbs), le jeune joueur du CF Montréal U18, Josh-Duc Nteziryayo, évolue au poste de défenseur. Il est né le 15 novembre 2008 à Terrebonne, au Québec.

    Fondé à Montréal, le CF Montréal évolue en Major League Soccer, au sein de la Conférence Est, et poursuit sa politique de valorisation des jeunes talents issus de son académie.

  • L’économie rwandaise enregistre une croissance de 11,8 % au troisième trimestre 2025

    Le ministère des Finances et de la Planification économique (MINECOFIN) et l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR) ont présenté, le mardi 16 décembre 2025 à Kigali, les résultats des comptes nationaux du troisième trimestre 2025, mettant en évidence une forte accélération de la croissance économique.

    L’économie du Rwanda a affiché une accélération marquée de son activité entre juillet et septembre 2025. Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), la croissance du Produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 11,8 %, après 7,8 % au deuxième trimestre et 6,5 % au premier trimestre.

    En valeur, le PIB aux prix courants du marché est estimé à 5 525 milliards de francs rwandais, contre 4 659 milliards de francs rwandais à la même période en 2024. Cette progression reflète une dynamique économique généralisée, soutenue par l’ensemble des grands secteurs productifs.

    Le secteur des services demeure le principal pilier de l’économie nationale. Il représente 57 % du PIB et a enregistré une croissance de 10 %, contribuant à 5,5 points de pourcentage à la croissance globale. Cette performance est principalement liée à la forte progression du commerce de gros et de détail (+20 %), des services de transport (+9 %), des technologies de l’information et de la communication (+17 %) et des services financiers (+10 %). En revanche, les hôtels et restaurants ont reculé de 3 %, tandis que les services de santé ont diminué de 16 %.

    L’industrie s’est distinguée comme le secteur le plus dynamique au cours de la période, avec une croissance de 17 %. Elle représente 22 % du PIB et a contribué à 3,7 points de pourcentage à la croissance globale. Cette évolution repose notamment sur la construction, en hausse de 20 %, les activités minières (+14 %) et l’industrie manufacturière (+14 %). La production de ciment et d’autres minéraux non métalliques a progressé de 44 %, devant les produits métalliques (+28 %) et les produits chimiques (+25 %).

    Le secteur agricole, qui pèse 15 % du PIB, a progressé de 10 %, contribuant à 1,5 point de pourcentage à la croissance nationale. Cette évolution est largement tirée par les cultures d’exportation, dont la production a augmenté de 35 %. Les cultures vivrières ont enregistré une hausse plus modérée de 4 %, tandis que l’élevage et la pêche ont progressé respectivement de 6 % et 34 %.

    Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a indiqué que cette croissance de 11,8 % est conforme aux ambitions du NST2, qui vise un rythme annuel d’au moins 9 %.

    Pour sa part, le directeur général du NISR, Ivan Murenzi, souligne le rôle déterminant de l’agriculture d’exportation et de l’industrie dans cette accélération.

  • La partialité américaine en faveur d’une partie risque de compromettre son rôle de médiateur dans le processus de Washington

    Les États-Unis ont investi un capital diplomatique rare, au plus haut niveau présidentiel, dans la région des Grands Lacs. L’engagement direct du président Donald Trump, qui a culminé avec les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, a élevé la diplomatie à un moment où une escalade aurait pu faire basculer la région dans un conflit plus large. Ce leadership mérite d’être reconnu. Les Accords offrent un cadre crédible pour mettre fin aux cycles de violence entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, normaliser les relations et ancrer la paix dans des intérêts économiques partagés. Toutefois, pour qu’une médiation réussisse, la perception compte autant que le texte.

    Avec la chute récente d’Uvira, au Sud-Kivu, aux mains du mouvement AFC/M23, la diplomatie américaine a choisi de pointer du doigt une seule partie , le Rwanda, tout en minimisant les responsabilités de la RDC, de sa coalition de groupes armés et de son allié militaire, le Burundi. Le Burundi a agi en perturbateur, créant les conditions ayant conduit à la prise d’Uvira, non pas comme un événement isolé sur le champ de bataille, mais comme l’aboutissement de mois de provocations et de blocus.

    Sur le plan régional, Uvira se situe au point de jonction entre la RDC et le Burundi, à proximité des approches sud-ouest du Rwanda. L’instabilité y déborde rapidement au-delà des frontières par des flux de réfugiés, la mobilité des groupes armés et des tirs transfrontaliers. Pour le Rwanda en particulier, les développements autour d’Uvira ont un impact direct sur la sécurité frontalière et les pressions humanitaires: les escalades le long de l’axe d’Uvira ont à plusieurs reprises poussé des civils à chercher refuge au Rwanda.

    Tout au long de l’année 2025, la Force de défense nationale du Burundi (FDNB), avec plus de 20 000 soldats déployés au Sud-Kivu, a contribué directement à l’effondrement de la situation sécuritaire autour d’Uvira et à sa capture par l’AFC/M23. D’importantes offensives conjointes FDNB–FARDC semblent avoir été planifiées pour coïncider avec des moments de percées diplomatiques, y compris le jour même de la signature des Accords de Washington. Ces attaques ont déclenché des contre-offensives prévisibles de l’AFC/M23 le long de la route menant à Uvira.

    Les forces burundaises ont été “invitees” par le gouvernement de la RDC et intégrées aux opérations de l’armée congolaise. Mais au lieu d’agir comme un partenaire stabilisateur, la FDNB a imposé un blocus humanitaire sur des zones banyamulenge telles que Minembwe et mené des bombardements transfrontaliers ainsi que des opérations appuyées par des moyens aériens visant des zones civiles et des camps de déplacés, y compris depuis le territoire burundais lui-même. Ces actions, reconnues ouvertement par des porte-parole militaires burundais comme des restrictions délibérées de movement, ont non seulement causé des pertes civiles, la destruction de villages et des déplacements massifs, mais ont aussi davantage radicalisé les dynamiques ethniques locales.

    La dernière chose dont les populations de la région des Grands Lacs ont besoin est une nouvelle escalade de la violence dans l’est de la RDC. Or, les réactions de responsables américains risquent d’affaiblir l’influence de Washington précisément au moment où l’équilibre et la confiance sont indispensables.

    Les médiateurs sont efficaces lorsqu’ils sont perçus comme impartiaux, et jusqu’ici, c’est une caractérisation récurrente de la médiation américaine. Dans les Grands Lacs, les perceptions sont fragiles parce que les griefs sont profonds et le coût humain très élevé et toujours en cours. Des déclarations publiques qui semblent attribuer les responsabilités de manière asymétrique peuvent involontairement durcir les positions. Les parties qui se sentent injustement ciblées ont tendance à se retirer du compromis, tandis que celles épargnées par l’examen se sentent encouragées et retardent la mise en œuvre des accords.

    C’est pourquoi les Accords de Washington eux-mêmes comptent comme point d’ancrage. La Déclaration conjointe, parrainée par le président Trump au début du mois de décembre, a réaffirmé les engagements mutuels du Rwanda et de la RDC en faveur de relations pacifiques, de la coordination sécuritaire et de l’intégration économique régionale, reconnaissant explicitement les Accords comme fondement de la stabilité et de la prospérité. La force de ce cadre réside dans la réciprocité: les préoccupations sécuritaires de chaque partie sont reconnues et les obligations de chacune sont claires. La diplomatie américaine est à son meilleur lorsqu’elle insiste, publiquement et en privé, sur cette réciprocité.

    Les préoccupations sécuritaires du Rwanda méritent une clarté particulière. Depuis plus de trois décennies, des groupes armés liés aux auteurs du génocide de 1994 contre les Tutsi opèrent librement dans l’est de la RDC. La neutralisation des FDLR, soutenues par l’État congolais, comme stipulé dans l’Accord de paix, n’est pas une clause abstraite: c’est un obstacle majeur à la paix, central pour la sécurité nationale du Rwanda et explicitement inscrit dans l’architecture de paix. Toute médiation qui semble ignorer cette réalité risque de demander à une partie d’accepter une vulnérabilité permanente. Une approche équilibrée reconnaît qu’une paix durable exige des actions vérifiables contre tous les groupes armés non étatiques.

    Dans le même temps, l’équilibre exige aussi une urgence accrue en matière de protection des civils, en particulier là où existent des preuves crédibles de violences ciblées à caractère ethnique. Dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, les communautés banyamulenge, catégorisées comme tutsi, ont subi des attaques répétées, des déplacements et une rhétorique qui les déshumanise en les qualifiant “d’étrangers”. Ce schema, documenté par des acteurs humanitaires et des leaders communautaires, présente toutes les caractéristiques d’un nettoyage ethnique. Le silence ou l’ambiguïté face à de tels abus ne relèvent pas de la neutralité; ils constituent une abdication. Pour que le processus de Washington soit moralement crédible, la protection des civils doit être érigée en priorité non négociable et des mesures immédiates doivent être exigées pour mettre fin aux atrocités.

    Les Accords offrent déjà les outils nécessaires. Ils prévoient une coordination sécuritaire conjointe, la protection des civils, l’accès humanitaire et le règlement des différends par des mécanismes convenus plutôt que par la force. Ils lient également la paix à la prospérité à travers le Cadre d’intégration économique régionale, qui vise à formaliser les échanges, réduire les financements illicites et générer une croissance partagée, une structure d’incitations qui ne peut fonctionner que si la violence contre les civils est résolument combattue.

    Pour Washington, les implications politiques sont claires. Premièrement, maintenir une posture publique disciplinée mettant l’accent sur une responsabilité égale. Lorsque des violations surviennent, les nommer, quel que soit l’acteur, et canaliser les conséquences à travers les mécanismes de supervision des Accords. Deuxièmement, associer la pression à des voies de sortie: offrir un appui technique pour la vérification, les patrouilles conjointes et des projets économiques créant des bénéfices tangibles pour les communautés frontalières. Troisièmement, placer la protection des civils, en particulier des groupes à risque comme les Banyamulenge, au cœur de chaque engagement diplomatique, avec des repères clairs et des calendriers précis.

    L’engagement de haut niveau du gouvernement américain a créé une ouverture rare. Préserver cette crédibilité exige désormais une cohérence avec l’esprit des Accords. Si Washington peut se réajuster vers une médiation visiblement impartiale, il pourra contribuer à traduire la promesse des Accords de Washington en une paix durable pour la région des Grands Lacs.

    Par Albert Rudatsimburwa – Publié en anglais par KT Press

  • Uvira: entre retrait annoncé de l’AFC/M23 et inquiétudes croissantes de la population civile

    Une semaine après la prise de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, par l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), la situation demeure tendue et incertaine. Mercredi 10 décembre 2025, ce mouvement politico-militaire avait annoncé avoir pris le contrôle de cette cité stratégique, frontalière du Burundi via le poste de Kavinvira, après avoir délogé une coalition composée des Forces armées de la RDC (FARDC), de l’armée burundaise, des milices Wazalendo, Maï-Maï et des rebelles FDLR.

    Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, un nouveau tournant est intervenu. Sur son compte X, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a annoncé un retrait partiel des troupes du mouvement de la ville d’Uvira. Cette décision, formalisée dans un communiqué signé par lui-même, fait suite à une requête de la médiation américaine, dans le cadre du processus de paix en cours à Doha.

    Un retrait présenté comme un geste de bonne foi

    Dans son communiqué, l’AFC/M23 affirme inscrire cette décision dans la dynamique du processus de paix de Doha, qui a récemment enregistré des avancées notables, notamment avec la signature de l’Accord-cadre de Doha le 15 novembre 2025. Le mouvement indique vouloir poser une mesure unilatérale de renforcement de la confiance afin de donner toutes ses chances à une solution durable au conflit, malgré ce qu’il qualifie de provocations et d’abus persistants de la part des FARDC et de leurs alliés.

    Toutefois, l’AFC/M23 se dit préoccupée par les précédents, rappelant que des retraits similaires avaient, par le passé, été suivis de représailles contre des civils accusés de sympathie envers le mouvement. À ce titre, l’Alliance appelle les garants du processus de paix à mettre en place des mécanismes clairs pour la gestion de la ville, incluant sa démilitarisation, la protection des populations et des infrastructures, ainsi que le contrôle effectif du cessez-le-feu par le déploiement d’une force neutre.

    Le mouvement précise par ailleurs qu’un éventuel retrait d’Uvira ne saurait signifier un retour des forces congolaises, burundaises ou des groupes armés alliés dans la ville.

    Mobilisation populaire et crainte d’un vide sécuritaire

    Au lendemain de cette annonce, la réaction de la population ne s’est pas fait attendre. Dans la matinée du mardi 16 décembre 2025, des manifestations spontanées ont été observées dans plusieurs quartiers de la ville. Des habitants sont descendus dans les rues pour exprimer leur solidarité avec l’AFC/M23 et demander à ses forces de ne pas quitter Uvira.

    Selon des témoins, les manifestants, hommes, femmes et jeunes confondus, scandaient des chants favorables à l’AFC/M23 et à son chef militaire, le général-major Sultani Makenga. Des pancartes portaient des messages de remerciement, saluant ce qu’ils qualifient de “liberation” de la ville et exprimant leur crainte d’un retour des violences en cas de retrait.

    Ces manifestations traduisent une inquiétude largement partagée au sein de la population, qui redoute un vide sécuritaire et d’éventuelles représailles si la ville venait à repasser sous le contrôle des forces précédemment chassées.

  • Rayon Sports: Lomami Marcel dirige ses premières séances d’entraînement comme entraîneur adjoint

    Rayon Sports a officialisé, le lundi 15 décembre 2025, la nomination de Lomami Marcel au poste d’entraîneur adjoint. À la suite de cette annonce, le technicien a immédiatement pris ses fonctions en dirigeant les premières séances d’entraînement de l’équipe première.

    Cette prise de fonction marque le début effectif de sa mission au sein du club, dans une période de transition en attendant l’arrivée du nouvel entraîneur principal. Lomami Marcel a intégré le staff technique et s’est engagé dans le travail quotidien avec les joueurs afin d’assurer la continuité de la préparation sportive.

    De retour pour la troisième fois au sein du club de Nyanza, l’entraîneur adjoint a tenu à clarifier les raisons de ses précédents départs et à réaffirmer son attachement à Rayon Sports. «”Je ne quitte jamais le club à cause d’un conflit ou d’un limogeage. En général, je pars lorsque de nouveaux entraîneurs arrivent avec leurs propres adjoints”, a-t-il expliqué.

    Sur le plan technique, Lomami Marcel a indiqué travailler en étroite collaboration avec la direction afin d’évaluer l’effectif actuel et d’identifier les secteurs nécessitant des ajustements. Il a confirmé que le club envisage de recruter de nouveaux joueurs lors du mercato afin de renforcer l’équipe pour la phase retour du championnat.

    « Nous analysons les forces et les faiblesses de l’équipe. L’objectif est de corriger les insuffisances et d’améliorer les performances collectives. Le marché des transferts nous offre l’opportunité de renforcer certains postes clés », a-t-il précisé.

    L’entraîneur adjoint a également lancé un appel aux supporters, les invitant à rester mobilisés derrière l’équipe malgré des résultats jugés irréguliers. Selon lui, le soutien du public est essentiel pour maintenir la confiance et la dynamique au sein du groupe. « Les supporters doivent rester aux côtés de l’équipe, qu’elle gagne ou qu’elle perde. Un club progresse lorsque son public le soutient en permanence », a-t-il souligné.

    Sur le plan sportif, Lomami Marcel se montre optimiste quant à la suite de la saison. Il estime que l’écart de neuf points séparant Rayon Sports du leader Police FC reste rattrapable. « Neuf points représentent trois matchs. Tout reste possible si nous enchaînons de bons résultats », a-t-il assuré.

    L’entraîneur principal de Rayon Sports est attendu ce jeudi 18 décembre 2025 et travaillera aux côtés de Lomami Marcel et Haruna Ferouz. Actuellement cinquième du Rwanda Premier League avec 17 points après 11 journées, Rayon Sports se prépare à affronter Gorilla FC lors de la 12ᵉ journée du championnat national.

  • Le Rwanda commémore la Journée internationale des droits humains 2025 à Kigali

    Kigali a abrité, vendredi 12 décembre 2025, la célébration de la Journée internationale des droits humains au Crown Conference Hall. L’événement a été organisé par le Legal Aid Forum (LAF), en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et l’’Agence Suisse pour le Développement et la Coopération (DDC).

    Placée sous le thème “Les droits humains: nos essentiels du quotidien”, cette commémoration a offert un cadre de réflexion sur l’importance des droits humains dans la vie de tous les jours, tout en mettant en lumière des initiatives concrètes visant à les promouvoir, les protéger et les renforcer au Rwanda.

    Bien que la date officielle de la Journée internationale des droits humains soit le 10 décembre, célébrée cette année dans le district de Rusizi, la rencontre de Kigali a mis l’accent sur l’ancrage durable d’une culture des droits humains à travers l’intégration des recommandations issues des mécanismes internationaux, notamment l’Examen périodique universel (EPU).

    La cérémonie a été ponctuée de chants, de danses, de récitations de poèmes ainsi que de discours prononcés par des représentants des institutions publiques, de la société civile et des Nations unies. Les participants ont souligné l’urgence d’une action collective, présentant les droits humains comme un outil essentiel de prévention, de protection et de transformation des sociétés.

    À l’occasion de cette journée, les organisateurs ont rappelé que les droits humains ne sont pas des privilèges, mais des valeurs fondamentales à protéger au quotidien, car ils façonnent la dignité, la sécurité et l’égalité de chaque individu.

    Une exposition a également permis de valoriser le travail de plusieurs organisations de défense des droits humains, dont PAX PRESS, une organisation rwandaise de journalistes engagée dans la promotion de l’espace civique, de la liberté d’expression et du droit à l’information.

  • En images: Jeannette Kagame partage la fête de fin d’année avec 220 enfants

    Le Village Urugwiro a vibré, samedi 13 décembre 2025, au rythme de la joie et de l’innocence, à l’occasion de la traditionnelle fête de fin d’année dédiée aux enfants, organisée par la Première Dame du Rwanda, Mme Jeannette Kagame.

    Dans un message publié sur son compte X, Mme Jeannette Kagame a salué l’ambiance qui a régné tout au long de la journée, soulignant que la joie était palpable partout, comme en témoignaient les sourires des enfants.

    Les enfants ont été accueillis dans une atmosphère chaleureuse et festive, marquée par des rires, des jeux et des moments de partage, en présence de la ministre du Genre et de la Promotion de la famille, Uwimana Consolée, et de la directrice générale de la NCDA, Assumpta Ingabire.

    Au programme figuraient des animations ludiques, une cérémonie de découpe du gâteau et la remise de cadeaux par la Première Dame. Les enfants ont également présenté leurs talents à travers des prestations artistiques et sportives, notamment la danse, le karaté, la gymnastique et des récitations de poèmes.

    Photos: Bureau de la Première Dame

     

  • À l’ONU, le Rwanda dénonce le silence international face aux violences contre les Banyamulenge et à la menace des FDLR

    Lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations unies tenue le 12 décembre 2025, l’ambassadeur du Rwanda auprès de l’ONU, Martin Ngoga, a vivement critiqué l’inaction de la communauté internationale face aux graves préoccupations sécuritaires liées au groupe armé FDLR et aux violences persistantes visant les Banyamulenge dans la région de Minembwe, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Cette intervention est intervenue alors que les membres du Conseil de sécurité examinaient la recrudescence des affrontements opposant l’AFC/M23 à une coalition des forces armées congolaises, appuyées par l’armée burundaise, des groupes Wazalendo, des milices Mai-Mai, les terroristes des  FDLR ainsi que des mercenaires, dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu.

    Selon l’ambassadeur Ngoga, ces combats résultent de violations répétées du cessez-le-feu par les forces engagées aux côtés de Kinshasa, en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement congolais lors des discussions de paix de Doha, au Qatar. Il a rappelé que, bien avant les affrontements récents, les autorités de la RDC avaient publiquement laissé entendre qu’elles ne respecteraient pas ces engagements.

    Au-delà des combats actuels, le représentant rwandais aux Nations-Unies a attiré l’attention sur une situation humanitaire qu’il a qualifiée de dramatique. Depuis 2017, a-t-il indiqué, les forces armées congolaises et des groupes Mai-Mai mènent des attaques répétées contre les communautés banyamulenge de Minembwe, entraînant la destruction d’environ 85 % de leurs villages. Il a également dénoncé le blocus imposé par l’armée congolaise, les forces burundaises et les milices alliées, empêchant ces populations d’accéder aux marchés et visant, selon lui, à les affamer.

    Martin Ngoga a en outre fait état d’une intensification, en 2025, des bombardements aériens et d’attaques de drones contre des villages banyamulenge et des sites de déplacés, notamment dans la zone de Mikenke. Il a regretté que ces faits, pourtant portés à la connaissance de la communauté internationale, n’aient suscité aucune réaction concrète. Entre février et décembre de cette année, a-t-il précisé, quinze attaques aériennes ont été enregistrées dans la région, sans condamnation ni action de la part des instances internationales.

    S’exprimant sur un ton critique, l’ambassadeur Ngoga s’est interrogé sur la responsabilité du Conseil de sécurité: “Faut-il comprendre que cette situation est inconnue de cette instance ou qu’elle est jugée sans importance?”, a-t-il lancé, appelant à examiner l’état du Sud-Kivu avant la reprise récente des hostilités.

    Tout en réaffirmant l’attachement du Rwanda au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, Martin Ngoga a insisté sur le fait que la présence et le soutien accordé aux FDLR par la RDC constituent une menace directe pour la sécurité du Rwanda. Il a souligné que cette collaboration est documentée par des preuves irréfutables et par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité appelant au démantèlement de ce groupe armé.

    “La persistance des FDLR met en péril la sécurité régionale. Les faits sont établis: depuis près de trente ans, ce groupe bénéficie du soutien de l’État congolais. Il ne menace pas seulement l’intégrité territoriale du Rwanda, mais l’existence même de son people”, a-t-il affirmé.

    L’ambassadeur a enfin mis en garde contre toute tentative de criminaliser les populations banyamulenge ou tutsies congolaises qui, selon lui, ne font que se défendre face à des violences répétées. Il a rappelé qu’un accord de paix et de coopération pour le développement économique avait été signé le 4 décembre 2025 entre le Rwanda et la RDC, réaffirmant le soutien des deux pays aux négociations de paix entre Kinshasa et l’AFC/M23.

    Pour Martin Ngoga, seule une solution politique inclusive et sincère permettra de mettre fin durablement aux conflits dans la région des Grands Lacs. Mais, a-t-il conclu, cette issue dépend avant tout de la volonté réelle des parties concernées à honorer leurs engagements.