Author: admin

  • Génocide perpéptré contre les Tutsi au Rwanda: la Banque de France visée par une plainte

    Une plainte pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité a été déposée contre la Banque de France, accusée d’avoir validé plusieurs virements qui auraient facilité l’armement des forces génocidaires au Rwanda.

    Selon les informations de TV5 Monde, la plainte a été déposée le 4 décembre au doyen des juges d’instruction du Pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris, révélée par le journal Libération et consultée jeudi par l’AFP.

    Elle vise à établir si la banque centrale française a manqué à ses obligations de contrôle alors que l’ONU avait instauré un embargo sur les ventes d’armes au Rwanda le 17 mai 1994.

    Selon les plaignants, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et ses fondateurs Alain Gauthier et Dafroza Mukarumongi, non seulement la Banque de France n’a pas gelé le compte de la Banque nationale du Rwanda, mais elle a aussi effectué sept transferts en sa faveur, pour un montant total de 3,17 millions de francs, entre mai et août 1994, en plein genocide perpéptré contre les Tutsi.

    Parmi les bénéficiaires figure notamment la société française Alcatel, soupçonnée d’avoir fourni des équipements de communication aux autorités rwandaises.

    Selon des documents rapportés dans la plainte que nos sources ont pu consulter, un versement d’un montant de 435.000 francs a par exemple été effectué au bénéfice d’Alcatel, le 5 mai 1994.

    Plusieurs témoignages attestent que ce paiement était destiné à l’achat de téléphones satellites, considérés comme un équipement important par le gouvernement intérimaire rwandais, afin de maintenir les communications internationales.

    “Le génocide perpéptré contre les Tutsi n’a pas seulement été l’œuvre de ceux qui tuaient à la machette. Il a été rendu possible par une multitude de criminels en col blanc, qui, confortablement assis dans leurs bureaux, ont autorisé des transferts et signé des opérations dans la banalité administrative, loin du sang mais nécessaire à la machine génocidaire”, ont rappelé dans un communiqué Mes Matilda Ferey et Joseph Breham, les avocats du CPCR.

    Contactée, la Banque de France a déclaré n’avoir pu faire que des “recherches sommaires” étant donné le délai “particulièrement court” depuis le dépôt de la plainte.

    “A ce stade, nous n’avons trouvé aucune trace des virements évoqués. Ceci s’explique par le fait qu’au titre des diverses prescriptions réglementaires, toutes les pièces, bordereaux et éléments comptables des comptes bancaires doivent être détruits après un délai de dix ans”, a-t-elle déclaré.

  • Yolande Makolo recadre un diplomate européen après ses propos sur le Rwanda et les accords de Washington

    La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a vivement réagi aux déclarations du chef de la Délégation de l’Union européenne en République démocratique du Congo (RDC), Nicolas Berlanga Martinez, dont la mission de deux ans à Kinshasa arrive à son terme.

    Dans un message incisif, elle a dénoncé les propos du diplomate, les qualifiant de trompeurs et nuisibles. Makolo a d’abord accusé les autorités congolaises de propager des contre-vérités:
    “Non seulement le gouvernement de la RDC propage constamment des mensonges, mais le président exige même que d’autres, comme ce diplomate, mentent pour lui.”

    Elle a ensuite rappelé que les accords de Washington engagent deux signataires, Kigali et Kinshasa, et que chacun doit en respecter les obligations, rejetant toute lecture unilatérale de ces engagements.
    “Les accords de Washington comptent deux signataires: le Rwanda comme la RDC sont tenus de les respecter. Si ce représentant comprend la situation comme ‘les excuses du Rwanda…’, alors il n’a ni amour ni respect pour les Congolais ni pour les Rwandais, et l’Afrique se porte mieux sans lui. Tant mieux qu’il parte.”

    La réaction de Makolo fait suite aux propos tenus par Nicolas Berlanga Martinez lors de son audience d’adieu avec le président congolais Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine. Dans un message diffusé par la Présidence congolaise sur X, le diplomate de nationalité espagnole avait déclaré: “Je pense que la communauté internationale est derrière vous, le Rwanda a de moins en moins d’excuses pour justifier ses actions sur le terrain. Maintenant qu’il y a les accords de Washington, il est important que son garant s’impose pour les faire respecter.”

  • Le président Kagame promeut deux officiers au grade de général de brigade et élève plus de 20 000 militaires

    Le président Paul Kagame, également Commandant en chef des Forces de défense du Rwanda (RDF), a procédé ce vendredi 12 décembre 2025 à la promotion au sein de l’armée, selon un communiqué officiel du ministère de la Défense. Deux hauts officiers accèdent au grade de général de brigade, tandis que plus de 21 000 militaires voient leurs grades relevés.

    Les nouveaux promus au rang de général de brigade sont Innocent Munyengango, ancien colonel et commandant de la Brigade logistique des RDF, ainsi que François-Régis Gatarayiha, jusque-là colonel et chef du Département du renseignement militaire au siège des RDF.

    D’après le communiqué publié dans la matinée, un total de 21 065 militaires sont concernés par ces promotions, applicables immédiatement.

    Dans les rangs supérieurs, 43 officiers passent de lieutenant-colonel à colonel, tandis que 253 autres sont promus de major à lieutenant-colonel. Par ailleurs, 79 capitaines accèdent au grade de major et 299 lieutenants deviennent capitaines.

    Les changements touchent également les sous-officiers:

    • 11 militaires passent de Staff Sergeant à Sergeant Major
    • 2 296 passent de Sergeant à Staff Sergeant
    • 10 260 sont promus de Caporal à Sergeant
    • 7 822 soldats du rang passent du grade de Private à celui de Caporal.
  • Transparency International Rwanda tire la sonnette d’alarme sur la mauvaise gestion des déchets et l’érosion

    Le jeudi 11 décembre 2025, Transparency International Rwanda (TI-Rwanda), en partenariat avec Norwegian People’s Aid (NPA), a organisé à Kigali un dialogue sur les enjeux environnementaux urgents.

    Placée sous le thème: “S’attaquer aux problèmes de gestion des déchets solides et au drainage des eaux le long des routes aménagées, causes d’érosions dans les communautés voisines”, la rencontre a réuni décideurs publics, experts et représentants de la société civile pour examiner les défis liés à la gestion des déchets et aux infrastructures routières, à l’origine d’érosion dans plusieurs communautés.

    Le Directeur exécutif de TI-Rwanda, Appolinaire Mupiganyi, a rappelé que les données collectées au niveau communautaire révèlent des problèmes environnementaux systémiques. “Le développement rapide du Rwanda doit impérativement s’accompagner de garanties environnementales solides”, a-t-il souligné.

    Il a identifié plusieurs lacunes majeures: la gestion insuffisante des déchets solides, des systèmes de drainage déficients sur certains axes routiers récemment construits et un suivi citoyen limité des projets d’infrastructure.

    Mupiganyi a plaidé pour une action coordonnée entre institutions publiques, administrations locales et société civile, afin de renforcer la protection des populations et d’assurer un développement durable et inclusif.

    Au nom de NPA, Dinah Mutamba, a salué les initiatives visant à amplifier la voix des citoyens sur les enjeux environnementaux, tout en rappelant que les défis demeurent importants.

    Parmi les problèmes fréquemment signalés figurent:

    • la gestion inadéquate des déchets, notamment l’abandon de plastiques et de bouteilles;
    • des systèmes de drainage sous-standard le long de certaines routes;
    • diverses injustices environnementales affectant la santé, la sécurité et les moyens de subsistance des populations.

    Pour NPA, ces constats démontrent l’urgence d’une collaboration institutionnelle renforcée et d’un suivi plus strict des normes environnementales.

    La Directrice générale de l’Eau et de l’Assainissement au ministère des Infrastructures, Gemma Maniraruta, a rappelé que le gouvernement reste déterminé à appliquer des normes strictes de sauvegarde environnementale et sociale dans tous les projets d’infrastructure.

    Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la conformité aux standards existants et d’améliorer les systèmes de drainage pour protéger les communautés riveraines. “La protection des communautés, l’amélioration du drainage et le respect des normes environnementales sont des priorités nationales”, a-t-elle affirmé.

    Des cas concrets d’injustice environnementale

    Le projet Advocacy and Legal Advice Center (ALAC) de TI-Rwanda a présenté 20 cas d’injustice environnementale enregistrés en 2025. Selon Mme Mukarukundo Odette, Conseillère juridique, ces situations concernent:

    • des familles déplacées de zones à haut risque;
    • des habitations endommagées par des eaux provenant des propriétés voisines;
    • des infrastructures publiques traversant des terrains privés sans compensation;
    • des dommages liés à des activités minières;
    • des citoyens non indemnisés malgré les impacts d’installations énergétiques.

    Ces cas illustrent les obstacles persistants rencontrés par les citoyens dans la défense de leurs droits environnementaux.

    Le dialogue a comporté des présentations techniques sur le drainage routier, la gestion des déchets plastiques et le rôle des parties prenantes dans la surveillance des normes environnementales et sociales.

    Parmi les principales recommandations :

    • sensibiliser aux impacts socio-économiques des défaillances environnementales;
    • formuler des engagements concrets pour combler les lacunes dans la gestion des déchets et la construction routière;
    • renforcer la coordination entre institutions publiques, société civile et partenaires de développement.

  • Kagame dénonce les pressions sur le Rwanda malgré les Accords de Washington

    Le Président Paul Kagame a présidé, jeudi 11 décembre 2025, au Parlement à Kimihurura, la cérémonie de prestation de serment de nouveaux responsables politiques. Ont prêté serment deux nouveaux Ministres d’État , un sénateur nouvellement nommé, ainsi que des juges récemment nommés à la Cour d’appel.

    Lire aussi: Cinq responsables politiques prêtent serment: Kagame exige un leadership exemplaire et déterminé

    Dans son allocution, le Chef de l’État est longuement revenu sur la récente signature des Accords de Washington conclus entre le Rwanda et la République démocratique du Congo sous la médiation du Président des États-Unis. Il a dénoncé les contradictions et les pressions exercées sur le Rwanda depuis cet accord, alors même que Kigali affirme œuvrer pour une paix durable dans la région.

    “Lors de nos discussions à Washington, plusieurs interlocuteurs reconnaissaient très bien la réalité de la situation. Mais, une fois la réunion terminée, certains reviennent nous dire : ‘Le Rwanda est fort’,  sous-entendu: parce que vous êtes forts, vous devez rester passifs face à ceux qui vous attaquent”, a expliqué le Président Kagame.

    “Dans toute l’histoire ou la politique que je connais, je n’ai jamais entendu un tel raisonnement. Notre force est modeste: elle se limite à nous défendre. Dire qu’être fort signifie ne pas se défendre n’a aucun sens.”

    Le Président Kagame a rappelé que la crise actuelle ne trouve pas son origine au Rwanda, mais chez ses voisins. “Ce problème vient de nos voisins, avec une histoire complexe, des enjeux politiques et beaucoup d’ambiguïtés. Pour que la paix que nous souhaitons tous devienne possible, il faut d’abord clarifier les choses. Je ne sais pas s’il existe un pays qui a besoin de paix plus que le Rwanda. Nous savons ce que signifie l’absence de paix ; nous en avons payé le prix.”

    Il a dénoncé les discours qui, malgré la signature des Accords de Washington, persistent à faire porter au Rwanda la responsabilité de l’ensemble des tensions régionales. “Deux pays ont signé l’accord, mais le poids des responsabilités semble reposer sur un seul. Même si l’un accuse l’autre à tort, on ne peut pas lui faire porter tous les fardeaux”, a-t-il insisté.

    Le Chef de l’État a également dénoncé les menaces continues proférées contre le Rwanda. “Les intimidations sont quotidiennes : certains annoncent qu’ils vont effacer le Rwanda. Je reçois des appels à toute heure, mais je ne m’en inquiète pas.

    Il a rappelé que l’existence du Rwanda ne dépend d’aucune puissance extérieure. “Le Rwanda n’a pas été créé par des hommes. Celui qui a créé l’univers est le même qui nous a créés. Personne ne peut se proclamer architecte de notre nation.”

    Enfin, il a réaffirmé l’engagement du Rwanda en faveur de la paix, tout en soulignant la nécessité de rester vigilant. “Nous voulons la paix et nous nous battrons pour l’obtenir. Mais celui qui veut la paix se prépare aussi à ce qui ne l’est pas. Lorsque le danger survient, il faut être prêt à y faire face, jusqu’à ce que la paix soit restaurée.

    La cérémonie s’est déroulée dans la salle des plénières de la Chambre des députés. © RBA
  • Cinq responsables politiques prêtent serment: Kagame exige un leadership exemplaire et déterminé

    Cinq hauts responsables nouvellement nommés ont prêté serment devant le president Paul Kagame, jeudi le 11 décembre 2025, lors d’une cérémonie solennelle organisée dans la salle plénière de la Chambre des députés à Kimihurura.

    Il s’agit de Dr Usta Kayitesi, nommée Secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale; Dr Solange Uwituze, devenue Secrétaire d’État au ministère de l’Agriculture et des Ressources animales ; Dr Charles Muligande, nommé sénateur ; ainsi que Dr Didace Nshimiyimana et Dr Jules Marius Ntete, tous deux nommés juges à la Cour d’appel.

    Présidant la cérémonie, le Président Paul Kagame a adressé un message ferme aux nouveaux responsables, les appelant à servir le pays avec énergie, discipline et engagement absolu. Selon lui, les défis auxquels fait face le Rwanda, qu’ils soient internes ou liés à l’environnement régional, ne laissent aucune place au manque de rigueur.

    “Les responsabilités que nous portons nécessitent des efforts considérables. Ceux qui ne s’y engagent pas ont sans doute leurs raisons, mais pour notre pays, compte tenu de notre histoire et de notre avenir, nous devons travailler de manière exceptionnelle et mobiliser toutes nos capacités”, a affirmé le chef de l’État.

    Il a ensuite rappelé que les défis évoluent de manière constante, surgissant, se transformant et disparaissant, ce qui exige des dirigeants une vigilance permanente, un discernement élevé et une constance à toute épreuve.

    Des profils expérimentés confiés de hautes fonctions

    Dr Solange Uwituze, nouvelle Secrétaire d’État à l’Agriculture, assurait auparavant la fonction de Directrice générale ad interim du développement des ressources animales au à l’office Rwandais de l’Agriculture (RAB).

    De son côté, Dr Usta Kayitesi, désormais Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, était sénatrice et présidait la Commission politique et gouvernance. Elle a également dirigé l’Office Rwandais de Gouvernance Board (RGB) de 2019 à 2024.

    Le nouveau sénateur, Dr Charles Muligande, succède à Dr Kayitesi. Ancien ministre des Affaires étrangères puis de l’Éducation, il a représenté le Rwanda dans différents pays, notamment au Japon et en Australie. Sa carrière s’est achevée comme Vice-Recteur chargé du développement à l’Université du Rwanda, avant sa retraite en 2020.

    Les juges Didace Nshimiyimana et Jules Marius Ntete, nommés lors du Conseil des ministres du 28 novembre 2025, rejoignent la Cour d’appel.

    Dans son disccours, le Président Kagame a insisté sur la nécessité d’un leadership exigeant, axé sur les résultats et profondément ancré dans les réalités du pays. Il a encouragé les nouveaux responsables à servir avec intégrité et détermination, afin de répondre aux attentes des citoyens et de soutenir l’ambition nationale de développement.

    Le Président Kagame et d’autres hauts responsables de l’État posent pour une photo avec les nouveaux responsables ayant prêté serment © IGIHE
  • L’AFC/M23 annonce la prise de la ville d’Uvira

    L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) affirme avoir pris le contrôle de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, après plusieurs jours d’avancées militaires successives. L’information a été rendue publique ce mercredi le 10 décembre 2025 en début d’après-midi par Laurence Kanyuka, Chef du Département Communication et porte-parole de l’AFC/M23, via son compte X.

    Dans son communiqué, M. Kanyuka rappelle que “depuis plus de trois mois, l’AFC/M23 dénonce la propagation de discours de haine, les attaques ciblant nos compatriotes en raison de leur apparence, ainsi que les massacres commis dans les zones libérées par les forces coalisées du régime de Kinshasa et leur allié, le Burundi”.

    Il affirme que la menace a été écartée et que la ville d’Uvira est désormais libérée. Le mouvement appelle les habitants à reprendre leurs activités en toute sérénité et invite les personnes qui avaient fui à revenir dans leurs foyers, désormais libérés de toute tracasserie et de toute violence.

    La version de l’AFC/M23 est corroborée par Radio Okapi, qui rapporte qu’ à 11h30 ce mercredi, Uvira est passée sous occupation du M23/AFC sans combats. Selon la radio onusienne, plusieurs témoins ont observé des groupes du M23 circulant sur les principales artères de la ville, tandis que d’autres unités se dirigeaient vers Kavinvira, à la frontière burundaise.

    Les informations recueillies sur le terrain indiquent que les forces de l’AFC/M23 avaient multiplié les offensives dans la semaine précédant la chute d’Uvira. Les localités de Kamanyola, Luberizi et Sange sont tombées successivement, ouvrant un couloir stratégique menant à la cité lacustre.

    Les groupes armés combattant aux côtés des Forces armées de la RDC, notamment les milices Wazalendo, des éléments des FDLR, ainsi que des unités burundaises, auraient subi une désorganisation majeure face à l’avancée du mouvement.

    Des sources locales signalent que certains contingents burundais auraient enregistré d’importantes pertes humaines et matérielles.

    Un dernier témoignage relayé dans la presse locale, notamment par Mama Urwagasabo, confirme également l’entrée du M23/AFC dans la ville, selon des journalistes présents sur le terrain.

  • L’Ambassadeur Martin Ngoga appelle la communauté internationale à agir contre la négation du génocide

    Le Représentant permanent du Rwanda auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Martin Ngoga, a souligné que la communauté internationale doit impérativement réagir face aux signes avant-coureurs du génocide et combattre les actes de négation des crimes passés, qui constituent une voie dangereuse vers leur répétition.

    Ses propos ont été tenus le 9 décembre lors de la commémoration du 10e anniversaire de la Journée internationale de commémoration et de dignité des victimes du génocide, consacrée à la mémoire des victimes et à la prévention de futures atrocités.

    “Pour le Rwanda, cette journée revêt un caractère particulier, car cela fait 31 ans que le génocide contre les Tutsi a coûté la vie à plus d’un million de personnes”, a rappelé Amb. Ngoga. “La communauté internationale n’a pas failli par ignorance, mais par inaction.”

    L’ambassadeur a insisté sur le fait que commémorer ne remplace pas la prévention et que la mémoire doit s’accompagner d’un engagement concret contre toute résurgence des discours de haine. Il a rappelé le rôle fondamental de la philosophie nationale rwandaise Ndi Umunyarwanda, fondée sur la vérité, la justice, l’unité et les solutions endogènes, pour reconstruire le pays après le génocide.

    Amb. Ngoga a alerté sur la prolifération de propos discriminatoires et de violences ciblant des communautés entières, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, ces discours sont similaires à ceux qui ont servi à diffuser l’idéologie génocidaire au Rwanda et constituent des signaux d’alarme inquiétants. “La négation du génocide n’est pas une opinion, c’est un acte violent. Elle représente la première étape vers la répétition, renforce les auteurs de ces crimes et traumatise à nouveau les survivants”, a-t-il affirmé.

    Il a également dénoncé le manque de volonté politique dans certains pays pour traduire les suspects du génocide devant la justice. À ce jour, cinq Rwandais sont poursuivis au Royaume-Uni pour crimes liés au génocide, tandis que plus de 1 100 suspects se trouvent dans différents pays avec des mandats d’arrêt en attente, illustrant selon lui l’insuffisance de la coopération internationale.

    Amb. Ngoga a salué le travail du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Mécanisme international appelé à poursuivre ses fonctions, tout en demandant que la justice soit appliquée de manière systématique et non de façon exceptionnelle.

    Il a enfin appelé l’ONU à renforcer ses mécanismes de prévention avec la même rigueur qu’elle applique lors des interventions post-crises, mettant en garde contre la propagation rapide de la haine via les technologies modernes.

    “L’échec à prévenir le génocide est un choix politique, et non une fatalité. La communauté internationale doit adopter le principe du ‘plus jamais ça’ comme norme de gouvernance et d’action collective”, a conclu Amb. Ngoga.

  • RDC–Burundi: Kigali accuse une violation délibérée du cessez-le-feu prévu par les Accords de Washington

    Le ministère rwandais des Affaires étrangères a dénoncé, mercredi matin du 10 décembre 2025 ce qu’il qualifie de “violations répétées et délibérées” du cessez-le-feu prévu par les Accords de Washington, imputant la responsabilité des nouvelles hostilités aux armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et du Burundi (FDNB), ainsi qu’à leurs alliés.

    Selon un communiqué publié par le ministère , les forces congolaises et burundaises, en coalition avec les milices FDLR, les groupes Wazalendo et des mercenaires étrangers, mènent depuis plusieurs jours des bombardements ciblant des villages civils proches de la frontière rwandaise.

    Ces attaques auraient été menées “à l’aide d’avions de chasse et de drones armés”, indique le communiqué, poussant l’AFC/M23 à répliquer militairement.

    Les autorités rwandaises affirment qu’à la suite des frappes en provenance du Burundi contre la zone de Kamanyola, plus de 1 000 civils congolais ont fui vers le Rwanda. Ils sont actuellement pris en charge au camp de transit de Nyarushishi, dans le district de Rusizi.

    Le Rwanda dénonce également le déploiement de près de 20 000 soldats burundais dans le Sud-Kivu, qu’il estime être engagés “au service du Gouvernement de la RDC”. Ce contingent a participé au siège des villages banyamulenge de Minembwe, dans ce que le communiqué décrit comme “une tentative délibérée d’affamer la population”.

    Le gouvernement rwandais rappelle que Kinshasa a déclaré ne plus observer le cessez-le-feu, assumant une stratégie militaire pour reprendre les zones désormais sous contrôle de l’AFC/M23. Le Rwanda assure que les préparatifs de ces offensives étaient connus de la communauté internationale, qui n’a pas exigé leur arrêt.

    Le ministère pointe également l’absence de progrès dans la neutralisation des FDLR, pourtant inscrite dans l’Accord de Paix de juin 2025, un manquement qui retarde la résolution du conflit dans l’Est de la RDCet compromet l’esprit des Accords de Washington.

    Le Rwanda estime que l’attitude de la RDC démontre que Kinshasa n’a jamais été prête à s’engager réellement pour la paix, malgré la participation du président Félix Tshisekedi à la cérémonie de signature du 4 décembre.

    Pour le Rwanda, la priorité demeure le retour à une mise en œuvre intégrale et sincère des Accords de Washington, ainsi que la finalisation des annexes de l’Accord de Doha entre la RDC et l’AFC/M23. Le Rwanda considère enfin ces engagements comme la seule voie durable vers la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.

  • Kigali: Le maire Dusengiyumva appelle les responsables locaux à lutter contre les constructions irrégulières

    Le maire de la Ville de Kigali, Samuel Dusengiyumva, a exhorté les responsables locaux, depuis le niveau du village jusqu’au district, à s’attaquer de toute urgence à l’urbanisation anarchique, au manque d’hygiène et au non-paiement des taxes locales. Il intervenait le mardi 9 décembre 2025 lors de la réunion consultative du District de Kicukiro, réunissant divers responsables administratifs.

    Dès l’ouverture, le maire a rappelé que leur mission première est d’expliquer aux citoyens les programmes du gouvernement afin de garantir leur bonne mise en œuvre. Il a souligné plusieurs défis persistants, dont la propreté du corps, des foyers, des quartiers, des lieux publics et des écoles, qui doit devenir une priorité.

    Urbanisation anarchique: une responsabilité partagée

    Le maire a pointé du doigt la construction illégale, souvent facilitée, selon lui, par certains responsables de base. Il a annoncé que la Ville utilise désormais des drones pour contrôler les constructions: une phase pilote a déjà permis d’identifier 4 800 maisons construites en violation du plan d’urbanisme.

    Il a également dénoncé des situations où des propriétaires ayant reçu une autorisation de bâtir ne respectent pas les normes, tandis que d’autres bâtissent sans aucune autorisation.

    Dusengiyumva a réaffirmé que la technologie aidera à réduire la corruption dans le secteur de la construction: “L’habitant n’a plus à payer de pot-de-vin. La technologie ne mange pas de corruption et ne favorise personne.

    Selon un rapport de 2025, la corruption liée à la délivrance des autorisation de bâtir a chuté à 22,9 %, contre 36,6 % en 2024, un progrès attribué à ces outils technologiques.

    Le maire a rappelé que plusieurs sites résidentiels aménagés restent inutilisés, ce qui nuit à l’ordre urbain et à la propreté du district. Il a en outre demandé aux responsables locaux de renforcer la collecte des taxes, notamment la taxe foncière et celle sur les loyers, souvent mal acquittées.

    Enfin, les responsables ont été appelés à maîtriser et à transmettre aux citoyens la vision de la ville en matière d’habitat, de transport public et de gestion urbaine. Ils doivent également communiquer rapidement les informations provenant de leurs zones, afin d’aider les services compétents à prévenir la criminalité.