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  • Budget 2025/2026: le Rwanda ajuste ses finances et met l’accent sur les grands projets d’infrastructure

    Le gouvernement rwandais a revu à la baisse son budget de l’exercice 2025/2026, désormais fixé à 6 952,1 milliards de francs rwandais, contre 7 032,5 milliards initialement approuvés, soit une diminution de 80,4 milliards de francs.

    Cette révision a été présentée le 12 février 2026 par le ministre des Finances et de la Planification économique, Murangwa Yusuf, devant les députés.

    Selon les explications du ministre, cette baisse s’explique principalement par des ajustements liés au financement de grands projets structurants, notamment la construction de la nouvelle phase de l’aéroport international de Kigali à Bugesera, ainsi que le report de certains paiements liés à la compagnie RwandAir.

    Des réallocations stratégiques

    Malgré la baisse globale, le budget connaît des réajustements internes importants :

    • Les dépenses courantes sont revues à la baisse
    • Les investissements dans les projets de développement augmentent de plus de 250 milliards de francs
    • Les financements extérieurs progressent grâce à des prêts concessionnels et des dons

    Ces ajustements traduisent, selon le gouvernement, une volonté de privilégier les investissements productifs et les infrastructures clés.

    Le projet du nouvel aéroport international de Kigali reste l’un des principaux moteurs de ces changements budgétaires.

    Les autorités ont indiqué avoir sécurisé des conditions de financement plus avantageuses, réduisant ainsi les besoins d’emprunts pour cette infrastructure stratégique.

    Lors des débats parlementaires, certains députés ont exprimé des inquiétudes concernant l’augmentation des emprunts internes, estimant que cela pourrait exercer une pression sur les banques locales et limiter leur capacité à financer le secteur privé.

    Le gouvernement se veut rassurant

    En réponse, le ministre Murangwa a assuré que les banques rwandaises disposent de suffisamment de liquidités pour soutenir à la fois les investissements publics et les besoins du secteur privé.

    Il a également expliqué que les emprunts internes permettent de limiter les coûts liés aux devises étrangères et de renforcer le système financier national.

    Le gouvernement souligne que ces ajustements s’inscrivent dans une stratégie globale visant à :

    • accélérer les infrastructures majeures
    • renforcer la croissance économique
    • soutenir les secteurs productifs
    • maintenir la stabilité macroéconomique

    Le budget 2025/2026 reste fortement orienté vers les projets de développement, notamment les infrastructures, l’énergie, les transports et les services sociaux, dans le cadre de la stratégie nationale de transformation.

  • Est de la RDC: quand la communauté internationale protège le déni, pas les victimes

    Par Danny Kirenga

    La crise dans l’Est de la République démocratique du Congo dure depuis plus de trente ans. Trente années de massacres, de déplacements massifs, de violences sexuelles systématiques et de discours de haine banalisés.

    Pourtant, la communauté internationale continue de parler d’un “conflit complexe”, comme si la complexité pouvait servir d’excuse morale à l’inaction. Ce n’est ni un manque d’informations ni une incapacité à agir. C’est un choix politique assumé.

    Les causes profondes de cette crise sont connues, documentées et répétées depuis trois décennies. Ce qui manque n’est pas le diagnostic, mais le courage de nommer les responsabilités et d’en tirer les conséquences.

    Parmi les réalités les plus systématiquement minimisées figure la violence ciblée contre les Tutsi congolais et les Banyamulenge. Discours publics de déshumanisation, accusations de non-appartenance nationale, appels à l’exclusion, attaques contre des villages entiers et déplacements forcés: ces faits sont récurrents, visibles et largement documentés. Dans n’importe quel autre contexte, ces actes seraient qualifiés sans ambiguïté de crimes motivés par la haine ethnique. En RDC, ils sont dilués dans une rhétorique floue sur de prétendues “tensions communautaires”.

    Cette minimisation n’est pas neutre. Elle alimente l’impunité et normalise l’inacceptable.

    Au cœur de cette crise persiste une anomalie majeure que la communauté internationale refuse d’affronter: la présence continue des génocidaires des FDLR, responsables ou héritiers directs du génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda. Trente ans après, ces génocidaires n’ont jamais été éradiqués. Ils ont été tolérés, recyclés et instrumentalisés dans l’Est de la RDC, malgré les multiples alertes et rapports internationaux.

    Cette réalité est connue. Elle a été documentée par les Nations unies. Elle a été confirmée par des experts indépendants. Pourtant, rien de structurel n’a été fait pour y mettre fin. Aujourd’hui, sous le régime de Félix Tshisekedi, cette tolérance s’est transformée en complaisance politique, voire en soutien indirect, au nom d’un nationalisme de façade et d’une stratégie régionale dangereuse.

    Les génocidaires des FDLR ne sont plus traités comme un problème central, mais comme un élément secondaire du conflit, parfois même relativisé dans le discours officiel. Or, tant que ces génocidaires existent, armés, actifs et protégés par l’ambiguïté politique de Kinshasa, aucune paix durable n’est possible dans l’Est de la RDC.

    Face à cette situation, la communauté internationale adopte une posture profondément hypocrite. Elle appelle à la désescalade tout en refusant de nommer les causes. Elle finance des missions de maintien de la paix tout en évitant les sujets qui dérangent. Elle parle de coexistence sans jamais s’attaquer aux idéologies de haine qui nourrissent la violence.

    Pourquoi ce silence persistant ? Parce que dénoncer clairement les génocidaires des FDLR impliquerait de remettre en cause des alliances régionales. Parce que condamner les discours anti-Tutsi obligerait à reconnaître l’existence de violences ethniques que l’on préfère nier. Parce que pointer la responsabilité du régime congolais fragiliserait un partenaire diplomatique jugé “indispensable”.

    La paix est ainsi sacrifiée sur l’autel de la stabilité diplomatique.

    Ce double standard a un coût moral immense. Il abandonne les victimes. Il encourage les bourreaux. Il transforme la communauté internationale en simple gestionnaire de crise, incapable ou non désireuse de garantir le droit et la justice. Pire encore, il banalise l’idée que certaines vies africaines, certaines communautés, peuvent être exposées à la violence sans provoquer de réaction sérieuse.

    Il n’y aura pas de solution dans l’Est de la RDC tant que les causes profondes seront maquillées. Il n’y aura pas de paix tant que les génocidaires des FDLR bénéficieront d’une protection tacite. Il n’y aura pas de justice tant que les crimes et les discours de haine visant les Tutsi congolais et les Banyamulenge seront traités comme un sujet secondaire.

    La communauté internationale est aujourd’hui face à un choix simple: nommer les responsabilités ou continuer à trahir les victimes par son silence. L’histoire, elle, ne retiendra pas les communiqués, mais les renoncements.

  • Santé: le Rwanda réalise sa première chirurgie de l’épilepsie au CHUK

    Le Rwanda franchit une étape majeure dans le domaine médical. Le Centre hospitalier universitaire de Kigali (CHUK) a lancé, pour la première fois dans le pays, une campagne de chirurgie de l’épilepsie, marquant un tournant dans la prise en charge de cette maladie.

    Cette initiative, débutée le lundi 9 février 2026, s’étend sur une semaine et vise à traiter des patients qui, jusque-là, devaient être envoyés à l’étranger, notamment en Inde, pour bénéficier de cette intervention.

    Le premier patient opéré est une femme de 39 ans, qui vivait avec l’épilepsie depuis 15 ans, malgré un traitement médicamenteux sans succès.

    Une avancée médicale historique

    L’intervention a été réalisée par une équipe de médecins rwandais du CHUK, en collaboration avec des spécialistes étrangers venus appuyer et partager leur expertise.

    Jusqu’à présent, au Rwanda, l’épilepsie était principalement traitée par des médicaments. Cependant, certains patients ne répondent pas aux traitements, rendant la chirurgie nécessaire.

    Cette première opération s’inscrit dans un programme plus large visant à développer les capacités locales en neurochirurgie et à réduire la dépendance aux soins à l’étranger.

    Comprendre l’épilepsie

    Selon les spécialistes, l’épilepsie est un trouble neurologique causé par une activité anormale du cerveau, entraînant des crises pouvant se manifester par :

    • des pertes de connaissance
    • des chutes répétées
    • des convulsions
    • des troubles moteurs ou comportementaux

    Dans certains cas, les patients peuvent également perdre le contrôle de leurs fonctions corporelles.

    Une intervention ciblée et prometteuse

    Lors de cette première opération, les chirurgiens ont retiré une petite partie du cerveau identifiée comme étant à l’origine des crises, après des examens approfondis par imagerie médicale.

    La patiente souffrait d’une forme d’épilepsie localisée sur le côté gauche du cerveau. Après des années de traitement inefficace, son état s’était aggravé, avec des crises fréquentes pouvant survenir plusieurs fois par semaine.

    Selon les médecins, ce type d’intervention offre jusqu’à 85 % de chances d’amélioration significative, avec une réduction progressive, voire un arrêt complet des médicaments à long terme.

    Pour de nombreuses familles, cette avancée représente un immense espoir. Jusqu’ici, les coûts élevés des traitements à l’étranger rendaient ces soins inaccessibles pour la majorité des patients.

    Une accompagnatrice d’un patient a témoigné des difficultés rencontrées pendant des années pour trouver un traitement efficace, saluant aujourd’hui cette nouvelle possibilité offerte au Rwanda.

    Un tournant pour le système de santé rwandais

    Les médecins estiment que cette initiative constitue une avancée majeure, tant pour les patients que pour le système de santé national. Elle permettra :

    • d’améliorer l’accès aux soins spécialisés
    • de réduire les coûts liés aux évacuations sanitaires
    • et de renforcer les compétences des médecins locaux
  • Nduhungirehe dénonce le manque de volonté politique de Kinshasa, cause du blocage de la paix en RDC

    Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a affirmé que le principal obstacle à une paix durable dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est le manque de volonté politique du gouvernement congolais pour appliquer les accords signés.

    Ces propos ont été tenus le vendredi 6 février, lors de la deuxième journée du dialogue national Umushyikirano.

    “Quand on lit les journaux, il y a beaucoup de manipulation et de désinformation. Certains déforment volontairement les faits, même certains partenaires étrangers. Pourtant, nous savons exactement comment se posent les problems”, a-t-il déclaré.

    Le ministre a rappelé plusieurs tentatives de paix infructueuses. Le processus de Nairobi, mené par la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), visait à résoudre le conflit entre le gouvernement congolais et des centaines de groupes armés, dont l’AFC/M23.

    “Le processus s’est effondré lorsque le président congolais a interrompu les discussions et expulsé l’AFC/M23 sans consulter l’EAC, qui avait initié le dialogue”, a expliqué Nduhungirehe. Il a souligné que l’EAC avait déployé une force régionale et qu’un cessez-le-feu était respecté.

    “En 2023, les rebelles de l’AFC/M23 s’étaient retirés de 80 % des territoires occupés.” Mais le président Félix Tshisekedi a ensuite expulsé la force régionale et fait appel à la SADC, mettant fin au processus de Nairobi.

    Le processus de Luanda, en décembre 2024, a également échoué après le refus du gouvernement congolais de dialoguer avec les rebelles. “Presque tout avait été convenu, sauf un point. Mais le gouvernement a changé de position et a refusé le dialogue. C’est ainsi que le processus de Luanda a échoué”, a ajouté Nduhungirehe.

    “Le problème majeur n’est pas les accords signés, mais l’absence de volonté politique pour les mettre en œuvre”, a insisté le ministre. Il a rappelé la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 entre les présidents Kagame et Tshisekedi.

    “Peu après, la ville d’Uvira a été capturée, et des accusations ont été portées contre le Rwanda et l’AFC/M23. Pourtant, les attaques de Kinshasa ont continué : frappes aériennes, drones, recours à des mercenaires. Des forces burundaises ont aussi participé aux actions contre les Banyamulenge, imposant des blocus qui empêchaient les civils d’accéder aux marches”, a-t-il expliqué.

    Le Rwanda soutient pleinement tous les accords signés, qui couvrent la sécurité, l’élimination de la milice FDLR soutenue par Kinshasa, la coopération économique et l’intégration régionale.

    Nduhungirehe a également insisté sur la médiation en cours à Doha, harmonisée avec les efforts de l’Union africaine, sous la conduite du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’UA, et un panel de six facilitateurs.

    “Ce qui est important en ce début d’année, c’est que ce processus reste dirigé par l’Afrique. Nous souhaitons que cette médiation mette tout en œuvre pour garantir la mise en œuvre des accords de Washington et de Doha”, a conclu le ministre.

  • Clôture du dialogue national 2026: Kagame appelle à transformer les discussions en actions concrètes et à l’autonomie du Rwanda et de l’Afrique

    Le président rwandais Paul Kagame a clôturé, vendredi 6 février 2026 à Kigali, la 20ᵉ édition du dialogue national Umushyikirano, appelant les participants à transformer les débats du dialogue national en actions concrètes, mesurables et visibles pour le développement du pays.

    Au cœur de son discours de clôture, Kagame a insisté sur la nécessité de dépasser les discours traditionnels et les constats sans résultats tangibles. Pour lui, il ne suffit pas de répéter les problèmes et d’identifier des solutions : l’essentiel est d’agir, de traduire les idées en résultats réels ; et lorsque la capacité et les connaissances existent mais que rien ne change, cela signifie qu’il y a un problème de responsabilité ou d’exécution.

    “Ce que nous disons ici doit déboucher sur des actions visibles qui montrent que nous avançons. Nous devons nous tenir mutuellement responsables, poser des questions et apporter des réponses, dans l’objectif de progresser constamment”, a-t-il déclaré, soulignant que la reddition de comptes est au cœur de la transformation nationale.

    Kagame a également élargi son message aux défis africains, invitant Rwandais et Africains à cesser d’accepter la dépendance et d’être influencés par des acteurs externes. Il a comparé cette dynamique à une situation où “on vous relève un peu afin que vous ne mouriez pas, mais sans que vous guérissiez jamais”, illustrant une forme de dépendance qui empêche l’autonomie et le progrès réel.

    Le président a exhorté les citoyens à prendre leur destin en main, à ne pas se contenter de recevoir de l’aide ou de la compassion, mais à bâtir des modes de fonctionnement propres capables de produire des résultats durables. « Quelle est la chose qui nous empêche d’atteindre ce que nous voulons ? » s’est-il interrogé, soulignant que le plus grand obstacle est souvent l’acceptation passive plutôt que une réalité extérieure.

    Le dialogue national Umushyikirano, s’est tenu du 5 au 6 février au Kigali Convention Centre, rassemblant des leaders politiques, des acteurs du secteur privé, des représentants de la société civile, des médias et des citoyens. Cette plateforme se veut un moment de discussion participative où les citoyens peuvent interroger directement leurs dirigeants, faisant de l’événement un bilan public des progrès, défis et priorités nationales.

    Lors des échanges, des participants ont évoqué des préoccupations concrètes, telles que l’accès au financement pour les jeunes entrepreneurs ou la création d’emplois, illustrant comment le dialogue peut s’ancrer dans des réalités quotidiennes plutôt que des abstractions.

    Kagame a rappelé que l’objectif de ces rencontres dépasse le simple débat: il s’agit de favoriser l’exécution, renforcer la responsabilité et produire des résultats mesurables pour améliorer la vie des citoyens rwandais.

  • Dialogue National – Umushyikirano: Kagame réaffirme la souveraineté et l’auto-détermination du Rwanda

    Au Kigali Convention Centre, le président Paul Kagame a présidé la 20ᵉ édition du Dialogue national, communément appelé Umushyikirano, un cadre d’échanges réunissant des Rwandais de tous horizons autour des priorités de développement et de gouvernance du pays.

    Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a rappelé que le Rwanda s’est engagé, dès le début de son processus de reconstruction, à bâtir son développement sur l’auto-suffisance.

    “Nous avons fait le choix de compter sur nous-mêmes, individuellement et collectivement, afin que notre existence ne dépende ni de la chance ni de la bonne volonté d’autrui “, a-t-il déclaré, insistant sur le fait que cette responsabilité incombe à chaque citoyen.

    Il a souligné que les nations qui ont réussi leur transformation ne sont pas différentes du Rwanda par nature. “Les êtres humains sont fondamentalement les mêmes partout. Ce qui change, c’est l’état d’esprit”, a-t-il affirmé, mettant en garde contre toute mentalité d’infériorité ou de dépendance.

    Le président Kagame a fermement rejeté l’idée selon laquelle le Rwanda devrait accepter de vivre sous la dépendance d’autres pays. “Personne ne nous a créés, personne ne nous possède”, a-t-il martelé, estimant qu’aucune puissance, aussi influente soit-elle, ne devrait dicter au Rwanda une conduite contraire à ses intérêts fondamentaux.

    Abordant la situation sécuritaire, le chef de l’État a dénoncé les accusations selon lesquelles le Rwanda interviendrait en République démocratique du Congo pour des motifs liés aux ressources minières ou à une prétendue expansion territoriale.

    Il a soutenu que le véritable enjeu demeure la présence en territoire congolais des éléments des FDLR, issus des responsables du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Selon lui, ces groupes, installés et armés en RDC, continuent de représenter une menace directe pour la sécurité du Rwanda, certains ayant été intégrés aux forces congolaises tandis que d’autres opèrent à leurs côtés.

    Sur le plan économique, le président Kagame a réfuté l’idée selon laquelle le Rwanda serait dépourvu de ressources naturelles, affirmant qu’environ 80 % des districts du pays disposent de gisements miniers exploités ou exploitables.

    Le président a également évoqué les tensions avec certains pays voisins, notamment le Burundi au sud et la RDC à l’ouest, les accusant d’entretenir des positions hostiles à l’égard du Rwanda.

    Sur le plan interne, Paul Kagame a pointé des dysfonctionnements persistants dans la gouvernance, dénonçant des conflits entre responsables publics qui nuisent à l’intérêt général.

    Il a critiqué les dirigeants qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment des citoyens, évoquant notamment la problématique de la malnutrition chronique (retard de croissance) observée dans certaines régions pourtant dotées de ressources alimentaires suffisantes.

    Le chef de l’État a rappelé que de tels manquements constituent une entrave aux efforts de transformation nationale engagés depuis plus de trois décennies.

    La précédente édition du Dialogue national, tenue en 2024, avait abouti à plusieurs résolutions portant notamment sur l’augmentation de la productivité agricole, la construction de marchés modernes et la facilitation de la participation de la diaspora au développement national.

    Cette 20ᵉ édition a rassemblé des participants venus de toutes les provinces, tandis que d’autres citoyens ont pris part aux échanges depuis des sites décentralisés, notamment à Nyabihu, Ngoma, Gisagara et Gakenke.

  • Dialogue national – Umushyikirano: Plus de 80 % des résolutions de 2024 mises en œuvre

    La mise en œuvre des 13 résolutions adoptées lors du 19ᵉ dialogue national en janvier 2024 a dépassé 80 %, a annoncé Godfrey Kabera, Ministre d’État chargé du Trésor national au sein du Ministère des Finances et de la Planification économique (MINECOFIN).

    Cette annonce intervient à quelques jours de la 20ᵉ édition du Dialogue national, prévu les 5 et 6 février 2026, marquant le retour de ce forum nationa.

    Progrès sectoriels

    Godfrey Kabera a annoncé à l’Agence Rwandaise de l’Audiovisuel (RBA) et à la Radio TV 10 des progrès significatifs dans plusieurs secteurs clés:

    • Agriculture : L’extension des terres cultivées progresse conformément aux plans nationaux, avec des projets d’irrigation près de la rivière Akanyaru et dans les districts de Kirehe et Kayonza. La capacité de stockage post-récolte a également été améliorée.
    • Gestion des ateliers locaux (udukiriro) : Des systèmes de gestion renforcés ont été déployés à l’échelle nationale, permettant à plus de 370 000 personnes de générer des revenus stables et de développer leurs compétences.
    • Infrastructure rurale : Plus de 4 200 km de routes secondaires ont été construits ou réhabilités. La maintenance a amélioré les conditions de circulation, avec désormais plus de 58 % de routes praticables.
    • Investissement de la diaspora : Les Rwandais vivant à l’étranger ont été mobilisés pour investir dans différents secteurs, générant plus de 35 millions de dollars.
    • Accès à l’eau potable : 80 % de la population a désormais accès à l’eau potable grâce à diverses initiatives.
    • Réformes financières : Le Fonds de développement des entreprises (BDF) a été fusionné avec la Banque Rwandaise de Développement (BRD) pour améliorer les services et proposer de nouveaux produits financiers, notamment pour les jeunes et les femmes.

    Santé et éducation

    Le secteur de la santé a connu des améliorations notables : l’extension des hôpitaux de Kirehe et Roi Faisal Hospital, le renforcement des centres de santé, l’installation de scanners dans huit hôpitaux, la mise en place d’ambulances et la formation continue de spécialistes. Le régime de la Mutuelle de Santé a également été élargi.

    Dans l’éducation technique et professionnelle (TVET), 24 écoles ont été construites depuis la dernière édition de l’Umushyikirano, tandis que 135 établissements offrent désormais une formation professionnelle, garantissant au moins une école par secteur.

    Développement des compétences et du sport

    Le soutien aux jeunes rwandais ayant étudié à l’étranger se poursuit, avec le retour de 150 professionnels pour combler les lacunes en compétences. Plus de 5 000 jeunes ont été formés dans différents sports, et le pays a accueilli des compétitions internationales pour renforcer le professionnalisme et la visibilité.

    Gouvernance et citoyenneté

    Des progrès ont été réalisés dans la promotion de l’unité, de la résilience et de la bonne gouvernance, notamment auprès des jeunes. Plus d’un million de jeunes ont participé à des programmes d’unité et de réconciliation, plus de deux millions de citoyens ont pris part aux dialogues civiques “Ndi Umunyarwanda”, et 4 000 jeunes ont suivi des programmes sur les valeurs nationales, le leadership et la responsabilité citoyenne.

    Transformation numérique et autonomisation des jeunes

    La digitalisation des services publics a été renforcée, avec 258 services désormais disponibles via Irembo. Les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat et à l’emploi des jeunes, telles que Youth Connekt, ont permis de créer des opportunités économiques et de réduire le chômage.

    Lire aussi: Dialogue national – Umushyikirano: la 20e édition prévue les 5 et 6 février 2026

  • L’AFC/M23 revendique la destruction du centre de drones de Kisangani et et menace toute nouvelle frappe aérienne

    L’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a annoncé avoir détruit, entre le 31 janvier et le 1er février 2026, le centre de commandement des drones militaires installé à l’aéroport de Kisangani.

    Selon le communiqué officiel signé par Lawrence Kanyuka, Chef de Département de la Communication de l’AFC/M23, ce centre constituait le principal dispositif de planification et de coordination d’attaques meurtrières visant les populations civiles et les positions de l’AFC/M23 dans les zones libérées, notamment Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Kalehe, Mwenga et Minembwe.

    Cette opération intervient après de multiples alertes documentées sur les massacres de civils, restées sans effet, et marque une rupture majeure dans le rapport de force sur le terrain.

     “Le déferlement de violence orchestré depuis le 22 janvier contre les populations de Minembwe et des Hauts-Plateaux marque la faillite morale et stratégique du régime de Kinshasa, a dénoncé Corneille Nangaa, coordinateur de l’AFC, sur son compte X.

    Selon Nangaa, l’usage combiné de Sukhoi-23, de drones de combat et de forces coalisées, FARDC, FDLR, Wazalendo, FDN-Burundi et mercenaires, sous couvert de coupures d’internet, “ne restera pas sans réponse.

    L’avertissement adressé à l’aéroport de Kisangani a tracé une ligne rouge: la supériorité aérienne sur laquelle reposait la stratégie de Tshisekedi est désormais caduque. Tout vecteur aérien déployé contre les populations des zones libérées sera neutralisé à sa source. La doctrine de défense préemptive est activée: chaque menace sera frappée à son point dorigine, précise-t-il.

    L’AFC/M23 insiste sur la fin de l’impunité: “Lutilisation de Kisangani comme plateforme de projection de la terreur contre nos territoires est désormais proscrite. Pour le régime de Kinshasa, le temps de larrogance technologique est révolu. La récréation est finie”. Nangaa avertit également : Si Tshisekedi veut le dialogue, nous sommes preneurs, mais sil veut la guerre, quil accepte dassumer toutes les consequences.

    Dans son communiqué, l’AFC/M23 rappelle que l’opération de Kisangani a été menée exclusivement par ses forces et que le régime de Kinshasa est pleinement conscient du matériel militaire abandonné dans les aéroports de Goma et de Kavumu. “Le recours aux drones et aux mercenaires nest ni exclusif ni réservé à Kinshasa, précise Lawrence Kanyuka.

  • Décès de Valens Rwamukwaya: hommage à une figure emblématique de l’audiovisuel rwandais

    Le monde des médias rwandais est en deuil. Valens Rwamukwaya, cameraman vétéran dont l’objectif a capturé près de quatre décennies de l’histoire moderne du Rwanda, est décédé le lundi 2 février 2026 à l’âge de 69 ans, à l’hôpital Roi Faisal de Kigali, des suites d’une longue maladie.

    Ancien employé de l’Agence Rwandais de l’audiovisuelle (RBA), où il a travaillé pendant 26 ans avant sa retraite en 2020, Rwamukwaya totalisait 38 années de carrière dans l’audiovisuel. Sa disparition a suscité une vive émotion, avec de nombreux messages de condoléances de collègues, d’amis et de citoyens, saluant un homme humble, professionnel et profondément engagé dans son métier.

    Les cameramen de la Télévision rwandaise forment une haie d’honneur lors du départ à la retraite de leur collègue Rwamukwaya en 2020

    Né en 1956 dans le district de Nyaruguru, au sud du Rwanda, Valens Rwamukwaya a quitté le pays avec sa famille à l’âge de trois ans et a grandi au Burundi, où il a vécu comme réfugié. C’est là qu’il découvre sa vocation pour le journalisme.

    En 1982, il abandonne ses études à l’Université du Burundi pour effectuer un stage à Radio Burundi. Deux ans plus tard, il intègre l’équipe fondatrice de la télévision nationale burundaise, devenant l’un de ses premiers cameramen.

    Il fait ainsi partie des rares professionnels à avoir contribué à la création des télévisions nationales du Burundi et du Rwanda. Après le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, il rentre au Rwanda en juillet de la même année et rejoint l’Office rwandais d’information (ORINFOR), devenu plus tard RBA.

    Un mentor respecté et un artisan de l’image

    Chez RBA, Valens Rwamukwaya a brièvement travaillé dans les programmes sportifs avant de se consacrer pleinement à la prise de vues. Il a joué un rôle essentiel dans la couverture des grands événements nationaux, de la vie politique et sociale, ainsi que dans la formation de nombreux journalistes et opérateurs de caméra devenus aujourd’hui des figures du paysage médiatique rwandais.

    Reconnu pour sa stature imposante et sa force physique, il plaisantait souvent sur le fait que cela l’aidait à manier les lourds équipements des débuts de la télévision. Parmi ses outils préférés figurait la Betacam, une caméra grand format qu’il évoquait avec affection. En 1992, il a également bénéficié d’une formation de trois mois en Allemagne, qui a renforcé ses compétences techniques et sa rigueur professionnelle.

    À l’occasion de sa retraite en 2020, il confiait que son retour au Rwanda et son engagement au service de son pays constituaient l’un des moments les plus fiers de sa vie.

    Au-delà de son œuvre professionnelle, ses collègues et amis se souviendront d’un homme calme, dévoué, respectueux des valeurs humaines et profondément attaché à la vérité de l’image. Son héritage demeure dans les archives qu’il a contribué à bâtir et dans les générations de professionnels qu’il a inspirées.

  • Julien Paluku: Ruse politique et loyauté calculée

    Le 27 janvier 2026, sous les hauts plafonds de l’Académie des Beaux-Arts, l’air semblait chargé d’une solennité presque mystique. Pour Julien Paluku Kahongya, cette “Journée de mémoire” n’était pas qu’une simple commémoration de la chute de Bunagana; c’était un anniversaire personnel, celui des 19 ans de son élection à la tête du Nord-Kivu en 2007.

    Debout devant l’élite kinoise, l’actuel ministre du Commerce extérieur a lâché une phrase qui a fait l’effet d’un couperet: cette rébellion à l’Est sera “la dernière”. Pour cet orfèvre de la survie, ce n’est pas une prédiction, c’est un testament politique.

    Mais derrière l’assurance de l’homme d’État, se dessine le portrait d’un personnage complexe, que les analystes politique qualifient volontiers de “caméléon” ou de champion du “vagabondage politique”. Dans les salons de Kinshasa, personne n’a oublié que Julien Paluku est un survivant de l’ère Kabila, un homme qui a su traverser les tempêtes en changeant de totem avec une agilité déconcertante.

    Le fantôme d’Etienne Tshisekedi

    Pour comprendre le zèle actuel de Paluku envers le Président Félix Tshisekedi, il faut plonger dans les archives douloureuses de l’année 2017. À l’époque, alors que le corps de l’opposant historique Etienne Tshisekedi restait bloqué dans un funérarium bruxellois, Julien Paluku s’était laissé aller à une rhétorique d’une rare violence. En langue swahili, il raillait cette dépouille “gardée au frigo”, utilisant la détresse de la famille Tshisekedi pour cimenter sa loyauté envers le régime de Joseph Kabila.

    Aujourd’hui, ce péché originel pèse lourd. Ses sorties médiatiques incessantes, où il se pose en bouclier du “Fatshisme” et en pourfendeur acharné du Rwanda, apparaissent comme une longue litanie de rachat . En déclarant que “la neutralité n’existe pas” dans la crise actuelle, Paluku tente de s’imposer comme le plus fidèle des fidèles, espérant que le vacarme de son patriotisme actuel couvrira les échos de ses moqueries d’autrefois.

    Les liaisons dangereuses

    Le portrait de Julien Paluku ne serait pas complet sans ses zones d’ombre militaires. S’il se présente aujourd’hui en garant de l’unité nationale, les rapports des Nations unies et les archives sécuritaires dessinent une trajectoire plus ambiguë. On lui prête des liens historiques avec le PARECO (Patriotes Résistants Congolais), cette milice communautaire Nande dont il aurait été l’un des parrains influents pour contrer l’avancée du CNDP de Laurent Nkunda .

    Plus compromettante encore, cette lettre du 19 juin 2012, où le gouverneur Paluku “recommandait” à la MONUSCO de transporter deux cadres des FDLR munis de passeports belges. Bien que Kinshasa ait qualifié ces accusations de “diversion”, le document reste un témoignage troublant de la porosité entre le pouvoir provincial et les groupes armés étrangers qu’il est aujourd’hui chargé de dénoncer .

    L’angle mort de la “Dernière Rébellion”

    L’assurance de Paluku affirmant que l’AFC/M23 est l’ultime insurrection du pays se heurte frontalement à la géographie du sang. Alors que ses yeux sont rivés vers l’Est, un nouveau foyer s’est embrasé à l’Ouest, aux portes mêmes de Kinshasa. La milice “Mobondo”, née d’un conflit foncier en 2022, s’est muée en une rébellion sanglante qui défie l’autorité de l’État dans le Maï-Ndombe et jusqu’aux faubourgs de Maluku.

    Avec un bilan dépassant les 5 000 morts et 300 000 déplacés en trois ans, le phénomène Mobondo est l’angle mort du discours de Paluku. Les accusations portées par certains officiers de l’armée sur des complicités au sein même de l’entourage présidentiel jettent un voile de suspicion sur la sincérité de la classe politique .

    En fin de compte, Julien Paluku reste ce funambule qui marche sur un fil tendu entre deux époques. Sa promesse d’une paix définitive est peut-être son chef-d’œuvre de ruse politique: une caresse rhétorique destinée à un Président en quête de victoires, tout en sachant que les racines de l’instabilité, qu’elles soient au Kivu ou au Maï-Ndombe, se nourrissent souvent des silences et des arrangements du passé.