La Banque Nationale du Rwanda (BNR) a annoncé, jeudi 19 février, une hausse de son taux de politique monétaire de 50 points de base, le portant de 6,75 % à 7,25 %, dans le but de juguler les pressions inflationnistes persistantes.
Cette décision, prise à l’issue des délibérations du Comité de Politique Monétaire (MPC) de la BNR, a été rendue publique par la gouverneure de la Banque, Soraya Hakuziyaremye, lors d’un point de presse au siège de l’institution à Kigali.
L’inflation globale a continué sa progression: elle s’est établie à 7,4 % au quatrième trimestre 2025, en hausse par rapport à la même période de l’année précédente, et a encore accéléré pour atteindre 8,9 % en janvier 2026, dépassant ainsi la borne supérieure de la fourchette cible de la BNR fixée entre 2 % et 8 %.
Cette dynamique reflète des pressions sur les prix tant au niveau des biens de base que des services, avec notamment des hausses significatives des coûts énergétiques et des prix des denrées alimentaires, liés à des contraintes d’approvisionnement et à des facteurs climatiques.
Selon la gouverneure Hakuziyaremye, l’ajustement du taux directeur constitue une mesure ciblée de resserrement monétaire visant à contenir l’inflation et à ancrer les anticipations des agents économiques. Cette stratégie s’inscrit dans l’objectif de ramener progressivement la croissance des prix à l’intérieur de la fourchette cible, tout en préservant les conditions de croissance économique.
“Cette décision est un pas mesuré que nous prenons pour ramener l’inflation à l’intérieur de la fourchette cible, afin de protéger la stabilité des prix, condition nécessaire au maintien d’une croissance économique soutenue et à la préservation du pouvoir d’achat des ménages rwandais sur le moyen terme”, a-t-elle déclaré.
La BNR anticipe que l’inflation restera au-dessus de la limite supérieure (8 %) pendant la première moitié de 2026, avant de commencer à se normaliser en direction de l’objectif fixé d’ici la fin de l’année, à condition que certaines pressions externes s’atténuent.
Parmi les risques identifiés, la Banque cite notamment une baisse potentielle de la production agricole, des coûts énergétiques toujours élevés, et les tensions géopolitiques internationales et régionales susceptibles de perturber les chaînes d’approvisionnement et de maintenir des prix d’importation élevés.
Malgré ces défis, l’économie rwandaise continue d’afficher un rythme de croissance robuste, soutenu par une forte demande intérieure et des performances soutenues du secteur des services et de l’industrie. Selon les données communiquées par la BNR, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a été significative au cours des trois premiers trimestres de 2025.


