Le procès en appel de Claude Muhayimana, jugé pour complicité de génocide des Tutsis et de crimes contre l’humanité, approche de son dénouement. Après plusieurs jours d’audiences, le verdict est attendu ce vendredi 27 février 2026 devant la Cour d’assises de Paris.
Âgé de 65 ans, Claude Muhayimana, Franco-Rwandais originaire de Kibuye, avait été condamné en première instance à 14 ans de prison pour avoir, selon l’accusation, transporté des miliciens Interahamwe vers des lieux de massacres visant les Tutsis lors du génocide de 1994. Il fait appel de cette décision.
Durant les audiences, l’accusé a longuement répondu aux questions de la Cour. Il a admis avoir conduit des gendarmes armés mais affirme n’avoir vu aucun meurtre et n’avoir pas pris conscience de la gravité des événements. Il dit avoir simplement obéi à des ordres sans comprendre la portée des crimes commis.
L’interrogatoire, qui a duré plus d’une dizaine d’heures le mardi 24 Février 2026, a parfois montré l’accusé en larmes et hésitant dans ses réponses. Il a notamment expliqué qu’il pensait que des attaques évoquées à la radio ne se déroulaient que dans la capitale, Kigali, et non dans sa région.
Les parties civiles et les avocats ont contesté cette version. Pour eux, il est difficile de croire que M. Muhayimana ignorait ce qui se passait, d’autant plus qu’il vivait à proximité du stade Gatwaro, où des milliers de Tutsis s’étaient réfugiés pour échapper aux massacres. Ils ont également souligné que l’accusé avait entendu des tirs d’armes à feu pendant plusieurs minutes alors qu’il attendait dans sa voiture lors de l’un des transports de gendarmes.
Me Richard Gisagara, avocat d’une partie civile, a estimé que les explications de l’accusé ne convainquent pas: “Quand on lui demande s’il a vu des tirs sur des Tutsis ou ce qui s’est passé exactement après avoir amené ces gendarmes, il dit qu’il est revenu en arrière sans voir… Franchement, personne ne peut le croire.”
Parmi les parties civiles présentes figure Alain Gauthier, fondateur du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui suit le procès depuis le début. Il a affirmé que l’accusé s’enferre dans ses mensonges et que le déroulement des débats montre que rien n’est acquis d’avance.
En première instance, Muhayimana avait été reconnu coupable de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité pour avoir aidé, selon la Cour, au transport de miliciens Interahamwe vers des sites de violence.
Le verdict de ce vendredi 27 février marquera une étape importante dans la longue série de procès liés au génocide des Tutsis, près de 32 ans après ces actes tragiques.
