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  • Le centre de santé de Bweyeye désormais médicalisé, annonce le Dr Sabin Nsanzimana

    Le centre de santé de Bweyeye, situé dans le district de Rusizi, vient de franchir une étape majeure dans l’amélioration de l’offre de soins de santé.

    Désormais entièrement médicalisé, l’établissement dispose d’un médecin à plein temps ainsi que d’un véhicule destiné à soutenir ses activités quotidiennes et à améliorer la qualité des services offerts à la population.

    Cette avancée a été annoncée lors des travaux communautaires “Umuganda” de fin du mois de février, auquel a pris part le ministre de la Santé, Sabin Nsanzimana, aux côtés des autorités locales et des habitants du secteur de Bweyeye.

    S’adressant aux résidents, le ministre a souligné que la présence permanente d’un médecin répondait à une demande de longue date de la communauté, qui n’aura désormais plus à parcourir de longues distances jusqu’à Gihundwe, dans la ville de Kamembe, pour accéder à certains services médicaux spécialisés.

    Le centre de santé de Bweyeye accueille actuellement entre 2 000 et 3 000 patients. Sa médicalisation constitue donc un soulagement significatif pour les habitants du secteur, en renforçant l’accès aux soins de proximité et en réduisant les contraintes liées aux déplacements.

    Au cours de cette même activité, le ministre de la Santé a également lancé la distribution de téléphones intelligents dotés de l’intelligence artificielle aux agents de santé communautaires. Au total, 92 agents de santé de Bweyeye ont reçu des téléphones, promis par le Président Paul Kagame.

    Ces téléphones sont équipés de systèmes de dossiers médicaux électroniques, facilitant le dépistage des maladies, le suivi des patients et la conservation sécurisée des données de santé, en ligne avec l’ambition du Rwanda de bâtir un système de santé sans papier.

    En marge des activités sanitaires, le ministre de la Santé, les autorités du district de Rusizi et les habitants de Bweyeye ont participé aux travaux communautaires visant l’entretien des infrastructures locales. Ces travaux ont notamment porté sur l’aménagement des routes et le curage des caniveaux.

    Les participants ont salué l’impact positif de la route asphaltée reliant Pindura à Bweyeye, qui a contribué à désenclaver le secteur et à améliorer la mobilité des habitants.

  • L’égalité a un parfum singulier: une responsabilité panafricaine

    Par Liliane Iradukunda

    Le Mois des Noirs ne saurait être réduit à une commémoration symbolique ni à une dénonciation sélective tournée uniquement vers l’extérieur. Pour nous, Africains conscients de notre histoire et responsables de notre avenir, il doit être un temps de lucidité, de cohérence et d’exigence morale.

    Car l’égalité a un parfum singulier: elle ne se décrète pas, elle se manifeste dans la gouvernance, la justice et la protection effective des peuples.

    Le panafricanisme ne peut être un refuge émotionnel ni un discours de circonstance. Il est une conviction, un engagement à refuser toute hiérarchisation des vies africaines, qu’elle soit imposée de l’extérieur ou entretenue de l’intérieur. Revendiquer la dignité noire dans le monde tout en tolérant l’injustice, l’impunité et la violence politique sur le continent affaiblit notre parole et trahit notre combat.

    Dans la région des Grands Lacs comme dans d’autres espaces africains, les crises prolongées ne sont pas seulement le fruit d’ingérences étrangères ; elles prospèrent aussi sur la défaillance de la responsabilité politique, l’instrumentalisation identitaire et l’abandon des citoyens.

    Là où l’État échoue à protéger, l’égalité disparaît. Et là où l’égalité disparaît, la souveraineté devient un mot vide. L’égalité a un parfum singulier lorsqu’elle se traduit par des institutions qui servent le peuple et non des intérêts particuliers.

    Lorsqu’aucun enfant africain n’est condamné à l’exil, à la peur ou à la mort à cause de calculs politiques.

    Lorsqu’on comprend enfin que la stabilité, la sécurité et le développement ne sont pas des privilèges, mais des droits.

    Être panafricain, c’est donc assumer une double exigence: refuser toute exploitation du continent par des puissances extérieures et refuser tout autant que des dirigeants africains gouvernent sans responsabilité, sans vision et sans respect de la vie humaine.

    Le Mois des Noirs doit nous rappeler une vérité essentielle: la dignité ne se mendie pas, elle se construit. La liberté ne se proclame pas, elle se protège. Et l’égalité, lorsqu’elle est réelle, se reconnaît à son parfum  discret, constant, et impossible à contrefaire.

    L’humanité ne peut survivre sans responsabilité. La démocratie ne peut exister sans égalité vécue. Et l’Afrique ne pourra parler d’une seule voix que lorsqu’aucun Africain ne sera laissé pour compte. L’humanité, c’est la démocratie qui vit par la responsabilité.

    NDLR: Le Mois des Noirs est une période de commémoration et de célébration consacrée à l’histoire, à la culture et aux contributions des personnes noires à travers le monde. En Février: dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et au Canada. En octobre: au Royaume-Uni et en Irlande.

  • L’AFC/M23 confirme la mort de son porte-parole Willy Ngoma dans des frappes de drones des FARDC

    Après plusieurs jours de rumeurs relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a officiellement confirmé la mort de son porte-parole, le colonel Willy Ngoma.

    L’annonce a été faite à travers un communiqué officiel publié le 28 février 2026, signé à Goma par Lawrence Kanyuka, Chef du Département de la Communication de l’AFC.

    Dans ce document, l’AFC/M23 accuse le régime de Kinshasa d’avoir délibérément violé le cessez-le-feu en imposant une guerre totale au mouvement. Selon le communiqué, les forces gouvernementales auraient ciblé, à l’aide de drones, aussi bien les combattants de l’AFC/M23 que des populations civiles, en dehors des lignes de front.

    Ces violations, qualifiées de flagrantes par le mouvement, ont coûté la vie au colonel Willy Ngoma, officier supérieur de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), tombé le 24 février 2026. Le communiqué souligne que ces attaques continuent également d’endeuiller de nombreux civils innocents.

    L’AFC/M23 affirme que ces actes ne passeront ni inaperçus ni impunis et estime que la mémoire des victimes engage une responsabilité collective. Le mouvement insiste sur son devoir de garantir la protection de ses populations ainsi que de ses soldats sur toute l’étendue du territoire qu’il dit contrôler.

    Le communiqué rappelle par ailleurs que, depuis plusieurs semaines, l’AFC/M23 alerte les partenaires engagés dans le processus de paix sur les violations répétées du cessez-le-feu, ainsi que sur des massacres de civils dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu notamment à Kawele, Mweso, Rutigita, Kitazungura, Rugezi, Kitendebwa, Kashihe, Kiduveri, Rubaya, Rumbishi, Walikale, Masisi, Kalehe, Gasovu, Nkokwe, Gatoyi, Minembwe, Gasheke, Murema, Mberwa, Ruki, Mutobo, Nyaruhinga, Mulumemunene, Rutare, Kadasomwa, Nyagisozi, Nyabikeri, Kinyumba, Nyabyondo, Nyabikeri, Miyanja, Kasirosero, Bunyantenge, Misiya, ainsi que dans leurs environs. Ces alertes, selon le mouvement, auraient été ignorées malgré leur gravité.

    Face à ce qu’il qualifie de guerre généralisée imposée par Kinshasa, l’AFC/M23 réaffirme se tenir aux côtés des populations civiles. Le mouvement déclare demeurer engagé dans le processus de paix tout en réitérant sa détermination à défendre et protéger les civils ainsi que leurs biens.

  • Henrique Bravo s’impose à Kigali lors de la 7ᵉ étape du Tour du Rwanda 2026

    Le samedi 28 février 2026, la 7ᵉ étape du Tour du Rwanda, disputée entre Musanze et Kigali sur une distance de 147,2 kilomètres, a offert un final mémorable aux fans de cyclisme présents le long du parcours et dans la capitale rwandaise.

    Sous un départ donné à 11 h, 67 coureurs ont quitté Musanze pour une étape exigeante, comportant plusieurs montées et terrains variés avant l’arrivée finale au Stade Pele de Kigali.

    Après une longue journée de course, c’est le cycliste brésilien Henrique Ribeiro Bravo, de l’équipe Soudal Quick-Step Devo, qui a remporté la victoire d’étape. Dans les derniers kilomètres, il a réussi à s’échapper du peloton pour se présenter seul sur la ligne d’arrivée à Kigali, décrochant ainsi une victoire importante dans cette épreuve internationale.

    Bravo, âgé de 19 ans, a devancé ses concurrents avec une avance confortable de 9 secondes sur Lucas Van Gils, deuxième, et le coureur Henok Mulubrhan, troisième.

    Avec environ 100 km parcourus, plusieurs cyclistes menaient encore la course avec une avance de plus de deux minutes sur le peloton principal, ce qui a animé la stratégie de l’étape.

    À une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, les attaques se sont intensifiées, mais c’est finalement Henrique Bravo qui a réussi à se détacher pour conserver l’avance jusqu’à la ligne.

    Derrière le vainqueur, plusieurs coureurs ont réalisé de belles performances: Lucas Van Gils (Lotto – Groupe Wanty) termine deuxième à 9 secondes et Henok Mulubrhan arrive troisième, complétant le podium de l’étape.

    Le leader du classement général, Moritz Kretschy, de l’équipe NSN Development, conserve quant à lui le maillot jaune à l’issue de cette 7ᵉ étape, malgré une arrivée un peu plus en retrait par rapport au vainqueur.

    La montée finale vers le Mur de Kigali, une ascension connue pour sa difficulté, a été un moment clé de l’étape, offrant une dernière occasion aux coureurs d’attaquer avant la ligne d’arrivée.

    L’arrivée au Stade Pele de Kigali a été accueillie par une foule enthousiaste, saluant la performance du jeune Brésilien et applaudissant les efforts des coureurs après une étape exigeante.

    La huitième et dernière étape de la compétition se déroulera le dimanche 1er mars 2026. Les coureurs s’élanceront depuis le KCC pour un parcours qui les mènera à travers les quartiers emblématiques de la ville.

    Ils passeront par Gishushu, MTN Nyarutarama, Mukabuga de Nyarutarama, Golf, SOS, MINAGIRI, KABC, SOPETARAD, avant d’atteindre le Rond-Point du Centre-Ville. Le trajet se poursuivra ensuite par Muhima, Nyabugogo, Kimisagara, Tapis Rouge, Biryogo, Gitega, puis de nouveau le Rond-Point du Centre-Ville. Les participants traverseront une fois encore SOPETARAD, Mediheal, la route pierreuse et les feux du bureau de l’Ombudsman, avant de franchir la ligne d’arrivée au KCC.

  • L’Université m’a trahie: un livre d’Assumpta Numukobwa sur le génocide des Tutsi à l’Université nationale du Rwanda

    Le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean Damascène Bizimana, a pris part à la présentation officielle de l’ouvrage L’Université m’a trahie, écrit par Assumpta Numukobwa. La cérémonie s’est tenue au site memorial de Kigali situé à Gisozi, en présence des membres de la famille de l’auteure et d’autres invités.

    Un devoir de mémoire sur les massacres à l’Université

    Panel : L’auteure a livré un témoignage poignant devant un public invité

    Dans son livre, Assumpta Numukobwa livre un témoignage bouleversant sur les massacres perpétrés contre des étudiants, enseignants et membres du personnel de l’ancienne Université nationale du Rwanda, aujourd’hui intégrée à l’Université du Rwanda, durant le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Selon l’auteure, plus de 200 étudiants y ont été assassinés. L’ouvrage se veut une voix pour les victimes et un instrument de transmission de la mémoire aux générations futures.

    Le récit retrace l’itinéraire d’une jeune fille arrivée à l’université avec l’ambition d’apprendre, de s’épanouir et d’élargir ses horizons intellectuels et sociaux. Mais ce lieu, symbole de savoir et d’avenir, s’est transformé en espace de terreur, de cruauté et de trahison. “Les mains de nos collègues nous ont ôté les corps, les esprits, les consciences”, écrit-elle.

    À travers ce témoignage, Assumpta rappelle que l’histoire des victimes de l’université ne doit jamais sombrer dans l’oubli, mais continuer à enseigner le rejet du mal. Citant un proverbe rwandais: “Kugera kure si uko ugira imbaraga, ahubwo ni uko utakubiswe umutima » (Souffrir n’est pas mourir), elle souligne la résilience qui lui a permis de rester debout malgré l’humiliation, l’injustice et les blessures profondes.

    Elle affirme que le Rwanda d’aujourd’hui a non seulement sauvé la vie des Tutsi, mais également protégé leur dignité et leur bien-être.

    Le génocide, une idéologie préparée et diffusée

    Dans son allocution, le Dr Bizimana a rappelé que le génocide perpétré contre les Tutsi n’était pas un événement spontané, mais le résultat d’une planification politique et idéologique, notamment à travers le système éducatif.

    Le ministre du MINUBUMWE, Jean Damascène Bizimana, a pris part à la présentation officielle de l’ouvrage

    Il a évoqué la création des « Comités de Salut » sous le régime de Grégoire Kayibanda, qui avaient contribué à l’exclusion des Tutsi des écoles secondaires et de l’université dès 1972. Il a également cité le discours du 1er août 1973 de Juvénal Habyarimana, instaurant des critères ethniques et régionaux dans l’accès à l’enseignement.

    Selon lui, certains intellectuels ont pris part au génocide, démontrant que le savoir académique sans valeurs morales peut conduire à la destruction.

    Le ministre a lancé un message aux parents, les exhortant à transmettre à leurs enfants des valeurs fondées sur la culture rwandaise et à leur donner l’exemple. À la jeunesse, il a conseillé d’écrire, à l’image d’Assumpta et d’autres auteurs, afin de préserver une mémoire fondée sur des témoignages et des preuves tangibles.

    Il a salué les enfants issus de familles impliquées dans le génocide qui ont choisi de rompre avec l’héritage de haine et d’embrasser les valeurs de vérité et de réconciliation.

    Face aux tentatives de négation et de falsification de l’histoire, Dr Bizimana a averti: “Ceux qui déforment l’histoire, la minimisent ou cherchent à la nier sont actifs. Ils propagent des mensonges pour étouffer la vérité. Nous ne devons pas le permettre.”

    À propos de l’auteure

    Assumpta Numukobwa est une écrivaine rwandaise née dans l’ancienne préfecture de Kigali, commune Nyarugenge, secteur Rugenge, cellule Kabasengerezi. Mariée et mère de trois enfants, elle est titulaire d’un master en administration des affaires (MBA) et professionnelle du secteur bancaire. Parallèlement à sa carrière, elle s’est engagée dans l’écriture pour contribuer au travail de mémoire et à la transmission de l’histoire.

    Moment d’interaction entre les lecteurs et l’auteure

     

    À Gisozi, un public attentif et concentré a suivi avec attention le témoignage d’Assumpta
  • Suspensions de vols chez RwandAir et Qatar Airways suite à la situation sécuritaire au Moyen-Orient

    Face à la situation évolutive dans la région du Moyen-Orient, des compagnies aériennes ont annoncé, le samedi 28 février 2026, la suspension temporaire de certains vols internationaux, notamment ceux à destination ou en provenance de Doha et Dubaï.

    La compagnie RwandAir a publié un avis important informant que ses vols WB300/WB303 et WB304/WB305, qui desservent les liaisons vers et depuis Doha et Dubaï, ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre.

    Dans son communiqué, la compagnie a précisé que cette décision était motivée par l’évolution de la situation dans la région et qu’elle priorisait avant tout la sécurité de ses passagers et de son personnel.

    Les voyageurs concernés peuvent reprogrammer leurs billets pour une date ultérieure. RwandAir a également assuré surveiller la situation de près et promettre des mises à jour dès que possible. Les passagers sont invités à contacter l’équipe des réservations pour toute assistance.

    De son côté, Qatar Airways Group a confirmé la suspension temporaire de tous ses vols à destination et en provenance de Doha, suite à la fermeture de l’espace aérien qatarien, mesure prise par les autorités compétentes.

    La compagnie, qui opère à partir de l’un des plus importants hubs internationaux au départ de l’Aéroport International Hamad, a indiqué qu’elle travaille en coordination avec les autorités gouvernementales pour soutenir les passagers impactés et que les opérations reprendront dès que l’espace aérien sera rouvert.

    Des membres du personnel au sol ont été mobilisés à Hamad International Airport et dans d’autres aéroports clés afin d’assister les voyageurs dont les trajets ont été perturbés.

    Dans un communiqué officiel, Qatar Airways a également souligné que la sécurité des passagers et des employés reste sa priorité absolue et a présenté ses excuses pour les désagréments causés. La compagnie conseille aux passagers de consulter régulièrement son site web, son application mobile ou ses canaux officiels sur les réseaux sociaux pour obtenir les dernières informations sur la situation et les vols concernés.

    Les compagnies recommandent donc à leurs clients de rester attentifs aux messages et notifications qui leur sont adressés, et de se rapprocher des services d’assistance et de réservation pour toute aide nécessaire.

  • Umuganda à Kicukiro: le Premier ministre mobilise la communauté pour l’environnement et la santé

    Le samedi 28 février 2026, dans le district de Kicukiro au sein du secteur de Gatenga, des centaines d’habitants ont participé à l’Umuganda mensuel, cette journée traditionnelle de travaux communautaires au Rwanda.

    À cette occasion, le Premier ministre Justin Nsengiyumva s’est joint à la population pour travailler côte à côte et renforcer la protection de l’environnement.

    Les participants ont concentré leurs efforts sur la restauration de tranchées anti-érosion et la construction de canaux de drainage dans la forêt de Karambi, une vaste zone d’environ neuf hectares.

    Ces travaux visent à lutter contre la dégradation du sol, à prévenir les risques d’érosion et à mieux gérer les eaux de pluie qui peuvent endommager les habitations environnantes. Pendant l’activité, un canal d’évacuation d’un kilomètre a été creusé.

    Dans son discours, le Premier ministre Nsengiyumva a insisté sur le fait que la propreté commence chez soi. Il a souligné que si Kigali est souvent saluée pour sa propreté, cette qualité doit aussi se retrouver dans les maisons et les quartiers de tous les citoyens, pas seulement dans les lieux publics. Il a encouragé les habitants à entretenir régulièrement les systèmes de drainage autour de leurs maisons pour éviter leur obstruction, réduire les risques d’inondations et de sols instables.

    Au cours de cette journée, le Premier ministre a aussi abordé un autre sujet préoccupant: la consommation d’alcool artisanal, un problème qui affecte la santé de nombreuses familles. Il a expliqué que certaines de ces boissons ne sont pas produites dans des conditions sûres et peuvent contenir des substances dangereuses, notamment un produit appelé méthanol, qui est hautement toxique pour l’organisme.

    Le Premier ministre a indiqué que les conséquences de la consommation de ces alcools artisanaux ont été graves, avec des personnes hospitalisées et d’autres décédées après en avoir bu. Il a souligné que même une très petite quantité de méthanol peut être mortelle, rappelant que ces boissons faites dans des conditions douteuses représentent un grand danger pour la vie des habitants.

    “Même trois millilitres de méthanol peuvent suffire à tuer une personne”, a-t-il averti, appelant les citoyens à éviter complètement ces boissons et à signaler les lieux où elles sont produites ou vendues. Il a expliqué que ces produits sont parfois mélangés à des ingrédients non contrôlés et vendus à bas prix, ce qui les rend très populaires mais aussi extrêmement dangereux.

    Le Premier ministre a ajouté que le développement du Rwanda, visible dans de nombreux domaines, ne doit pas être accompagné de comportements qui mettent en danger la santé des citoyens. Il a encouragé chacun à se protéger, à protéger sa famille et à contribuer à la construction d’une société en bonne santé.

  • Paris confirme: Claude Muhayimana condamné à 14 ans pour complicité de génocide

    La justice française a rendu, le vendredi 27 février 2026, un verdict dans une affaire liée au génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994. La Cour d’assises d’appel de Paris a confirmé la peine de 14 ans de prison contre Claude Muhayimana (65 ans), pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.

    Cette décision signifie que la cour a retenu les mêmes conclusions que celles de la première instance rendue en décembre 2021, lorsque Muhayimana avait déjà été condamné pour son rôle dans le génocide.

    Claude Muhayimana, qui avait travaillé comme chauffeur au Rwanda à l’époque du génocide, avait été accusé d’avoir transporté des miliciens interahamwe, la milice armée impliquée dans les massacres, vers plusieurs sites de tuerie contre les Tutsi dans l’Ouest du pays, notamment à Kibuye et Bisesero.

    Cette accusation repose sur des témoignages qui ont raconté comment des miliciens ont été conduits sur des lieux où des centaines de personnes ont été tuées.

    Après sa condamnation en première instance, Muhayimana avait décidé de faire appel du verdict, espérant être acquitté. Mais la cour d’assises d’appel a refusé de le rendre innocent et a maintenu la peine de 14 ans de réclusion criminelle.

    Au cours du procès en appel, le parquet avait demandé à la cour de prononcer une peine plus lourde, jusqu’à 15 ans de prison, au regard de la gravité des faits reprochés.

    Les procureurs ont rappelé que plusieurs témoins avaient décrit la présence de Muhayimana avec des miliciens armés, ce qui, selon eux, établissait sa participation active dans les actes liés au génocide.

    La défense de Claude Muhayimana avait pour sa part contesté les accusations, affirmant que les témoignages étaient incohérents ou insuffisants pour prouver sa participation consciente aux crimes. Les avocats ont évoqué, dans certains cas, des erreurs ou des contradictions dans les récits des témoins.

    Malgré ces arguments, la cour a jugé qu’il y avait suffisamment d’éléments pour confirmer sa culpabilité.

    Né en 1961 dans la région de Gitesi (ancienne préfecture de Kibuye, aujourd’hui district de Karongi), Claude Muhayimana avait émigré en France en 2001, où il avait obtenu la nationalité française et travaillé comme employé municipal à Rouen avant d’être arrêté.

    Il avait été arrêté par la police française en 2014 après une plainte déposée par une organisation de défense des droits humains, puis libéré sous contrôle judiciaire en attendant son procès en appel.

    Le génocide des Tutsi au Rwanda s’est déroulé en 1994, faisant plus d’un million de victimes, principalement tutsies, en l’espace de trois mois (avril-juillet).

  • Einhorn brille à Musanze: récit de la 6ᵉ étape du Tour du Rwanda 2026

    La 6ᵉ étape du Tour du Rwanda 2026 a offert un beau spectacle ce vendredi 27 Février 2026 entre Rubavu et Musanze, sur une distance d’environ 84 kilomètres de routes souvent exigeantes et sous un soleil de milieu d’après-midi.

    Les coureurs ont quitté Rubavu à 13h00 précises pour rejoindre la ville montagneuse de Musanze, en passant par des pentes difficiles et des paysages volcaniques impressionnants.

    Parmi les 72 cyclistes engagés dans cette étape, Itamar Einhorn, sprinteur talentueux de l’équipe NSN Development et originaire d’Israël, s’est de nouveau distingué. Il avait déjà remporté la 1ʳᵉ étape de ce Tour il y a quelques jours de Rukomo à Rwamagana.

    Dès le départ, la course a été rapide et animée, avec plusieurs attaques dans le peloton et des tentatives de fuite. Mais en réalité, c’est dans les derniers kilomètres que tout s’est joué. Alors que les coureurs se rapprochaient de Musanze, le groupe s’est resserré, prêt pour un sprint final très disputé.

    Sur cette ligne d’arrivée tant convoitée, Einhorn a fait parler sa puissance et sa vitesse. Dans un sprint serré mais maîtrisé, il a percé devant tous les autres, franchissant la ligne le premier en 2 heures, 1 minute et 1 seconde.

    Derrière lui, Finlay Tarling, son coéquipier britannique de la même équipe NSN, a terminé en deuxième position, offrant à l’équipe un doublé très apprécié. Le jeune Espagnol Hodei Muñoz, qui court pour l’équipe Soudal Quick-Step Devo, complète le podium en troisième place après un effort impressionnant dans les derniers mètres.

    Cette victoire n’est pas seulement une belle performance personnelle pour Einhorn, mais aussi un signe de la domination de son équipe dans les sprints de ce Tour du Rwanda 2026.

    Pendant ce temps, dans le classement général, l’Allemand Moritz Kretschy, également de l’équipe NSN, conserve le maillot jaune de leader, preuve d’une stratégie collective bien menée par sa formation.

    Pour les cyclistes qui se disputent à la fois les victoires d’étapes et le classement général, chaque kilomètre compte désormais encore plus. Mais aujourd’hui, Itamar Einhorn a marqué les esprits: une fois de plus, il a prouvé qu’il était l’un des sprinteurs les plus en forme de cette édition du Tour du Rwanda.

    La course continue demain avec la 7ᵉ étape entre Musanze et Kigali (Nyamirambo), qui promet d’être encore plus difficile avec ses pentes plus longues comme à la sortie de la ville de Musanze vers la rivière Mukungwa, Buranga dans le district de Gakenke et Shyorongi avant l’entrée de Kigali.

  • Patrick Muyaya au Canada: Quand le discours diplomatique glisse vers la haine

    Depuis son arrivée au Canada pour une conférence publique sur la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le ministre Patrick Muyaya, porte‑parole du gouvernement congolais, a fait plus que défendre une ligne politique: il a exposé un narratif dangereux, riche en imprécisions et susceptible d’alimenter la stigmatisation communautaire dans une région déjà marquée par des tensions ethniques et politiques.

    Invité par l’Université Saint‑Paul d’Ottawa à s’exprimer sur “Trente ans de conflit dans l’Est de la RDC”, Muyaya a dénoncé ce qu’il a qualifié de “mensonges” du Rwanda et proposé sa lecture du contexte régional.

    S’il est légitime qu’un responsable politique présente son analyse, certains éléments de ce discours méritent d’être critiqués pour ce qu’ils révèlent de plus profond : un glissement vers une rhétorique qui, au lieu de favoriser la compréhension, risque d’attiser les haines.

    L’un des passages les plus problématiques tient à l’évocation explicite de concepts qui n’existent pas dans la réalité sociolinguistique régionale. En tentant d’illustrer la diversité linguistique autour de la RDC, Muyaya a fait référence à une langue prétendument appelée “KIHUTU”, présentée comme parlée en République démocratique du Congo.

    Or, cette entité linguistique n’existe ni comme langue, ni comme dialecte reconnu par les linguistes ou les communautés locales. Inventer une langue au sein d’un discours public n’est pas une erreur anodine : cela contribue à créer de toutes pièces un “Autre” fictif, susceptible d’être instrumentalisé politiquement, tout comme les récits ethniques utilisés historiquement pour diviser plutôt que rassembler.

    Ce genre de manipulation conceptuelle n’est pas sans rappeler des rhétoriques dangereuses du passé, où la fabrication d’identités soi‑disant “autres” a servi à justifier exclusion et violence.

    Ce flottement linguistique dans un débat politique renforce un climat de méfiance entre communautés, en particulier quand on sait que la région abrite des populations tutsies, hutus et d’autres groupes ayant une histoire partagée mais aussi douloureuse, notamment à cause du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.

    Utiliser des termes qui n’ont aucune base sociolinguistique authentique donne l’impression de vouloir légitimer, sur la scène internationale, des divisions artificielles et dangereuses.

    La réception de ce type de propos par la communauté internationale n’est pas qu’un détail diplomatique: elle est un marqueur de respectabilité. Lors du Conseil des droits de l’homme à Genève, le Rwanda, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a accusé Kinshasa d’institutionnaliser des discours de haine, en citant notamment des propos récemment tenus à la télévision nationale par le général Sylvain Ekenge, qui avait tenu des propos discriminatoires envers les femmes tutsies congolaises sans être poursuivi devant la justice.

    Une telle impunité et la multiplication de messages ambigus, voire agressifs, au niveau des institutions étatiques préoccupent profondément. Dans les zones déjà fragiles de l’Est de la RDC, ces discours ne restent pas abstraits : ils peuvent influencer l’attitude des populations locales, des milices armées et des acteurs politiques qui tirent parti de clivages ethniques pour justifier leurs actions.

    Il est essentiel de rappeler que les Accords de paix signés entre le Rwanda et la RDC à Washington le 4 décembre dernier obligent les parties non seulement à éviter tout langage haineux, mais à travailler à la réconciliation et à la pacification. Ignorer ces engagements dans des allocutions publiques, et, pire, créer des catégories fictives pour stigmatiser, est non seulement contraire à l’esprit de ces accords, mais met en danger des vies.

    À une époque où le monde prétend avoir tiré les leçons des génocides du 20ᵉ siècle, il est impératif que la communauté internationale ne reste pas silencieuse face à des discours qui rappellent, par leur structure et leur intention, des rhétoriques déjà expérimentées dans des tragédies passées.

    Il est important de soutenir des approches fondées sur le dialogue et la médiation pour favoriser une communication apaisée et réduire les risques que des prises de parole publiques contribuent à aggraver des tensions ou des divisions entre communautés.