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  • Kwita Izina 2026: le RDB annonce la 21ᵉ édition de la cérémonie de nomination des bébés gorilles

    Le district de Musanze se prépare à accueillir, le vendredi 4 septembre 2026, la 21ᵉ édition de Kwita Izina, la célèbre cérémonie de nomination des bébés gorilles, qui se tiendra à Kinigi, au pied du Parc national des Volcans.

    Selon l’Office Rwandais de Développement Board (RDB), organisateur de l’événement, cette nouvelle édition réunira comme chaque année des milliers de participants, parmi lesquels des habitants, des autorités, des partenaires internationaux et des acteurs de la conservation.

    Organisée chaque année au mois de septembre, la cérémonie Kwita Izina célèbre la naissance des bébés gorilles de montagne et met en avant les efforts du Rwanda en matière de protection de la biodiversité.

    Inspirée d’une tradition rwandaise ancestrale consistant à donner un nom aux nouveau-nés, Kwita Izina a été institutionnalisée en 2005 pour renforcer la conservation, mobiliser les communautés locales et sensibiliser la communauté internationale.

    Depuis sa création, plus de 400 bébés gorilles ont été nommés, illustrant les progrès réalisés dans la protection de cette espèce emblématique.

    Pour cette 21ᵉ édition, le RDB met en avant “la responsabilité collective de protéger les gorilles de montagne et leur habitat”, tout en soulignant le rôle central des communautés vivant autour du parc.

    L’événement, devenu l’un des plus importants rendez-vous de conservation en Afrique, attire chaque année des invités de marque, des chercheurs, des touristes et des défenseurs de l’environnement venus du monde entier.

    Les détails concernant le nombre de bébés gorilles qui seront nommés ainsi que la liste des personnalités chargées de leur attribuer des noms n’ont pas encore été rendus publics.

    Un moteur du tourisme rwandais

    Kwita Izina s’inscrit dans une dynamique plus large de développement du tourisme au Rwanda, notamment autour de la visite des gorilles, l’une des principales attractions du pays.

    En 2025, les recettes touristiques ont atteint 685 millions de dollars, contre 647 millions en 2024, soit une hausse de 6 %. Le nombre de visiteurs a également progressé de 9 %, atteignant 1,49 million de touristes.

    Le Parc national des Volcans reste l’un des sites les plus visités, notamment pour l’observation des gorilles de montagne, une activité strictement encadrée avec des permis dont les tarifs varient selon le profil des visiteurs.

    Au fil des années, Kwita Izina est devenu bien plus qu’une simple cérémonie: il incarne l’engagement du Rwanda en faveur d’une conservation durable, inclusive et tournée vers les communautés.

    En réunissant tradition culturelle et protection de la nature, cet événement contribue à positionner le pays comme une référence mondiale en matière de tourisme responsable et de préservation de la faune.

    La 21ᵉ édition de Kwita Izina, prévue en septembre 2026, s’annonce comme un nouveau temps fort pour le Rwanda, à la croisée de la culture, de l’environnement et du développement économique.

  • Derby des Mille Collines: un nul (1-1) entre Rayon et APR sur fond de contestations arbitrales

    Résultat final

    Rayon Sports 1–1 APR FC
    Buts : Ndikumana 32’ / Ouattara 39’ sur pénanty

    Le derby rwandais tant attendu entre Rayon Sports et APR FC s’est soldé par un match nul (1-1), samedi 2 mai 2026, au stade Amahoro de Remera, à l’occasion de la 29e journée de la BK Pro League. Une rencontre disputée en soirée, sous les projecteurs, dans une ambiance électrique malgré une fine pluie.

    Avant le coup d’envoi, les joueurs, officiels et supporters ont observé une minute de silence en mémoire des victimes du génocide contre les Tutsi de 1994.

    Sous une pluie légère à Kigali, les deux équipes ont fait leur entrée sur une pelouse du stade Amahoro bien remplie, avec une forte affluence estimée à près de 80% de la capacité.

    Compositions et choix tactiques

    Les deux entraîneurs ont ajusté leurs équipes pour ce choc.

    Rayon Sports: Olivier Kwizera, Diagne Youssou (C), Obed Uwumukiza, Richard Ndayishimiye, Abedi Bigirimana, Faustin Likau Kitoko, Elie Ishimwe Ganijuru,  Asman Ndikumana, Aziz Bassane, Ramazani Tshimanga, Gloire Tambwe Ngongo.

    Le coach Francis Haringingo, a procédé à deux ajustements, notamment avec le retour d’Emmanuel Nshimiyimana “Kabange” et la titularisation d’Aziz Bassane après sa suspension.

    APR FC: Adolphe Hakizimana, Claude Niyomugabo (C), Yunusu Nshimiyimana, Hakim Kiwanuka, Abdoul Ishimwe, Ruboneka Bosco, Dauda Yussif, Gilbert Mugisha, Djibril Ouattara, Jean Gilbert Byiringiro, William Togui Mel.

    l’entraîneur Taleb Abderrahim a effectué un seul changement par rapport à l’équipe victorieuse contre Mukura (3-0), avec le retour d’Alexis Nduwayo en défense.

    Une première période animée

    Le match a rapidement pris de l’intensité. À la 32e minute, Rayon Sports ouvre le score grâce à Asman Ndikumana, bien servi après une action collective, qui trompe le gardien Adolphe Hakizimana (1-0).

    APR FC réagit quelques minutes plus tard. Suite à une faute sifflée dans la surface, Djibril Ouattara transforme un penalty à la 39e minute et remet les deux équipes à égalité (1-1).

    La décision arbitrale accordant ce penalty a suscité des contestations, certains estimant que la faute avait été commise en dehors de la surface.

    Une seconde période plus fermée

    Au retour des vestiaires, les deux équipes tentent de faire la différence, multipliant les changements et les offensives, sans parvenir à inscrire un second but. Le match devient plus physique, avec plusieurs cartons jaunes distribués de part et d’autre.

    Malgré quelques occasions, notamment bien stoppées par les gardiens, le score reste inchangé jusqu’au coup de sifflet final.

    Un nul aux conséquences symboliques

    Ce résultat confirme la domination récente d’APR FC dans ce derby. Rayon Sports enchaîne ainsi plusieurs matchs sans victoire face à son rival et reste également en difficulté à domicile contre les militaires.

    Au classement, APR FC conserve la deuxième place avec une avance confortable, tandis que Rayon Sports reste quatrième avec 48 points, à huit longueurs de son adversaire.

    • Rayon Sports: 4e avec 48 points
    • APR FC: 2e avec environ 56 points

    Un match marqué par la controverse

    Désigné homme du match, Djibril Ouattara a été décisif avec son but sur penalty. Toutefois, certains observateurs estiment que le gardien Adolphe Hakizimana aurait mérité cette distinction pour ses arrêts déterminants.

    Le penalty accordé à APR FC reste également au cœur des débats, alimentant les discussions autour de l’arbitrage.

  • Le bâtiment de RDB situé à Gishushu temporairement fermé pour rénovation

    L’Office Rwandais de Dévelopment (RDB) a annoncé la fermeture temporaire de son bâtiment principal à Kigali à partir du 5 mai 2026, dans le cadre de travaux de rénovation et de modernisation.

    Dans un avis public, l’institution chargée de promouvoir le développement économique et les investissements au Rwanda précise que cette mesure vise à permettre des travaux planifiés de rénovation et de mise à niveau du bâtiment situé à Gishushu.

    Durant cette période, le RDB, ses filiales ainsi que les institutions hébergées seront transférés vers de nouveaux locaux, dont les adresses seront communiquées ultérieurement.

    En attendant, certains services essentiels restent accessibles. Le guichet unique (One Stop Centre), notamment, est temporairement opérationnel au rez-de-chaussée du ministère des Infrastructures, dans le quartier de Kimihurura à Kigali.

    Par ailleurs, les autres services continueront d’être fournis via les plateformes numériques existantes de l’institution, afin de garantir la continuité des prestations aux usagers.

    Le RDB assure que ses équipes en charge de la relation client resteront pleinement mobilisées pour accompagner le public, les partenaires et les investisseurs tout au long de cette transition.

    Situé sur l’avenue KG 1, le bâtiment de RDB est un immeuble de douze étages, positionné à proximité du Parlement du Rwanda. Il abrite plusieurs institutions clés, notamment le guichet unique des investissements (One Stop Center), une agence de la BK, Rwanda Housing Authority (RHA), Rwanda Convention Bureau (RCB) and Rwanda Environment Management Authority (REMA).

    Les autres institutions qui occupaient ce bâtiment, en dehors du RDB, n’ont pas encore annoncé les lieux où elles seront temporairement relocalisées.

  • Paul Kagame en Tanzanie: Kigali et Dar es Salaam réaffirment un partenariat fraternel et stratégique

    Le président rwandais, Paul Kagame, est arrivé dimanche 3 mai 2026 à Dar es Salaam, en Tanzanie, pour une visite de travail d’une journée, consacrée au renforcement des relations bilatérales entre les deux pays.

    Accueilli par son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, le chef de l’État rwandais a eu un entretien en tête-à-tête avec son hôte, suivi d’échanges élargis entre les délégations, avant une conférence de presse conjointe.

    À l’issue de la visite, Paul Kagame a exprimé sa gratitude dans un message publié sur son compte X: “Merci à ma sœur, la présidente Samia Suluhu, pour l’accueil chaleureux en Tanzanie et pour les discussions fructueuses. Le Rwanda et la Tanzanie ne sont pas seulement des voisins, mais des pays frères liés par l’histoire et un objectif commun de prospérité pour nos peuples.”

    Il a réaffirmé l’engagement de Kigali à renforcer cette coopération: “Le Rwanda reste déterminé à consolider cette base solide en approfondissant notre coopération bilatérale dans le commerce, l’investissement, les infrastructures, la logistique, l’énergie et l’intégration régionale. Je me réjouis de poursuivre notre collaboration afin d’obtenir des résultats concrets pour nos citoyens et faire progresser la Communauté d’Afrique de l’Est.”

    Dans une communication officielle, le Village Urugwiro a souligné l’importance stratégique de la Tanzanie: “La Tanzanie est en effet un partenaire clé pour le Rwanda. Au fil des années, nous avons renforcé notre partenariat dans de nombreux secteurs, notamment le commerce et la logistique, facilitant l’accès du Rwanda aux marchés mondiaux.”

    Le communiqué met également en avant les discussions entre les deux dirigeants :

    “Le Président et moi avons discuté de la manière de consolider davantage cette base, en veillant à ce que nos systèmes soient bien équipés pour gérer le volume croissant des échanges entre nos deux pays. Nous sommes encouragés par les progrès déjà réalisés et attendons avec intérêt la mise en œuvre complète de nos projets conjoints. Notre collaboration au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est et de l’Union africaine ancre ce travail dans un cadre plus large d’intégration régionale.”

    Dans ce contexte international incertain, Paul Kagame a lancé un appel à l’unité régionale: “En cette période d’incertitude géopolitique, notre région doit rester concentrée et unie autour d’une vision commune de prospérité et de coopération.”

    De son côté, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a confirmé, sur son compte X, l’importance croissante de cette relation bilatérale:“La Tanzanie et le Rwanda ne sont pas seulement des frères et des voisins, mais aussi des partenaires stratégiques dont la relation continue de croître rapidement.”

    La dirigeante tanzanienne a mis en avant le rôle central de son pays dans les échanges commerciaux rwandais :

    “Environ 70 % des marchandises du Rwanda transitent par les ports de la Tanzanie. Le commerce entre nos deux pays a atteint 644 milliards de shillings en 2025, et les investissements de part et d’autre continuent de stimuler l’emploi et la croissance économique.”

    Les deux chefs d’État ont convenu d’intensifier leur coopération dans plusieurs domaines clés: “Nous avons convenu d’accélérer la coopération en éliminant les barrières non tarifaires, en renforçant le commerce et l’investissement, et en investissant davantage dans les infrastructures de transport, de communication ainsi que dans l’énergie fiable”, a indiqué Samia Suluhu Hassan.

    Elle a également évoqué un élargissement de la collaboration: “Nous renforcerons aussi la coopération dans les domaines de la défense, de la sécurité ainsi que dans les agendas régionaux et internationaux.”

  • Rwanda, 3 mai 2026: célébrer la liberté de la presse, façonner un avenir de paix

    En ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, notre rédaction adresse ses vœux les plus chaleureux à toute la fraternité médiatique rwandaise. Bonne fête aux journalistes, mais aussi aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Sans eux, les médias n’auraient ni raison d’être, ni mission à accomplir.

    Nous célébrons cette journée dans un contexte profondément transformé par le numérique. Internet a ouvert la voie au journalisme citoyen, tandis que les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans la circulation de l’information. À cela s’ajoute l’émergence de l’intelligence artificielle, qui redéfinit les pratiques journalistiques, entre opportunités inédites et nouveaux défis en matière de vérification et d’éthique.

    Mais cette célébration intervient aussi dans un climat régional marqué par le retour préoccupant du discours de haine et de la désinformation. Ces dérives rappellent douloureusement les années 1991–1994 au Rwanda, lorsque certains médias, sous couvert de pluralisme, sont devenus des instruments de haine. Ils ont contribué à préparer et à faciliter le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. Cette page sombre de notre histoire reste un rappel constant: l’information peut construire, mais elle peut aussi détruire.

    Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel que les journalistes prennent pleinement conscience de leur responsabilité. Informer ne consiste pas seulement à relayer des faits, mais à le faire avec rigueur, discernement et sens de l’intérêt général. Le journalisme doit rester un pilier de la paix, un rempart contre la manipulation et les divisions.

    Le thème retenu cette année par l’UNESCO, “Façonner un avenir de paix”, met en lumière le rôle crucial des médias libres et indépendants dans la consolidation de la démocratie, des droits humains et du développement. Promouvoir la liberté de la presse, c’est aussi garantir un espace d’expression responsable, au service du vivre-ensemble.

    Comme le souligne Albert Baudouin Twizeyimana, coordinateur de PAX PRESS, une organisation rwandaise engagée pour un journalisme de paix: “La liberté de la presse est une expression pacifique et pacifiante. Exprimer ses opinions sans nuire à autrui est un droit fondamental.” Cette vision rappelle que la liberté ne peut être dissociée de la responsabilité.

    Instituée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations unies, à la suite d’une recommandation de l’UNESCO inspirée par la Déclaration de Windhoek de 1991, la Journée mondiale de la liberté de la presse trouve ses racines dans un appel africain en faveur d’une presse indépendante et pluraliste. Plus de trois décennies plus tard, cet idéal reste d’actualité.

    Selon les données de Reporters sans frontières publiées le 30 avril 2026, le Rwanda se classe à la 139e place sur 180 pays en matière de liberté de la presse, soit une progression de sept places par rapport à l’année précédente. Une avancée encourageante, même si des efforts restent nécessaires pour améliorer davantage l’environnement médiatique.

    Pour l’heure, le Rwanda dispose d’outils importants, comme la loi sur l’accès à l’information, la loi régissant les médias, ainsi qu’un code d’éthique encadré par Rwanda Media Commission (RMC). Des organisations professionnelles, telles que l’Association des journalistes du Rwanda (ARJ), poursuivent également leurs efforts pour renforcer les capacités des journalistes et améliorer la qualité de l’information.

    Cette journée est également célébrée dans l’attente d’une nouvelle politique des médias, actuellement en discussion. Celle en vigueur, adoptée en 2011, apparaît aujourd’hui dépassée face aux réalités d’un paysage médiatique en pleine mutation.

    Au Rwanda, plusieurs associations de médias marquent cette journée par des échanges et des débats, notamment à travers des émissions spéciales à la radio et à la télévision. Autant d’initiatives qui témoignent d’une volonté collective de faire progresser le secteur.

    En ce 3 mai, l’enjeu dépasse la simple célébration. Il s’agit d’un moment de réflexion et d’engagement. Car une presse libre, responsable et professionnelle demeure l’un des fondements essentiels d’une société apaisée.

    Aux journalistes de continuer à informer avec vérité. Et au public de rester vigilant, critique et engagé.

    Bonne Journée mondiale de la liberté de la presse à toutes et à tous.

  • Si vous hésitez à publier une information non confirmée, dites-vous que vous sauvez peut-être une dignité — Peacemaker Mbungiramihigo

    La formation de cinq jours destinée aux journalistes francophones du Rwanda sur la lutte contre le discours de haine et la désinformation s’est clôturée le vendredi 1er mai 2026, sur une note à la fois solennelle et engagée.

    Organisée autour du thème “Discours de la haine et rôle stratégique des medias”, cette session intensive a réuni des professionnels des médias appelés à renforcer leur responsabilité dans un environnement informationnel de plus en plus complexe.

    Avant la remise des certificats, les participants ont pris part à un échange avec deux figures reconnues du paysage médiatique rwandais, Cleophas Barore et Peacemaker Mbungiramihigo. La discussion a permis de revenir sur les défis contemporains du journalisme et sur le rôle crucial des médias dans la préservation d’une information fiable et responsable.

    De l’encre au sang: la vérité comme dernier rempart contre la haine

    Prenant la parole, Peacemaker Mbungiramihigo a livré un témoignage poignant, dépassant le cadre académique pour interpeller directement la conscience professionnelle de ses confrères. “Je ne vous parle pas comme un formateur, mais comme un témoin”, a-t-il déclaré, évoquant avec gravité les conséquences tragiques de la désinformation dans l’histoire du Rwanda.

    Il a rappelé que, bien avant l’ère des réseaux sociaux, la haine s’était propagée à travers les médias traditionnels, notamment les ondes de la RTLM et de Radio Rwanda, ainsi que les colonnes de certains journaux. “La haine n’est pas tombée du ciel; elle a été éditée, imprimée et diffuse”, a-t-il insisté, soulignant que la désinformation avait constitué une arme redoutable dans la déshumanisation et la violence de masse.

    Face à l’évolution des technologies, il a mis en garde contre de nouvelles formes de manipulation, plus insidieuses: “Aujourd’hui, la haine se cache derrière des algorithmes, des deepfakes et des réseaux sociaux anonymes. Mais le mécanisme reste le même: déshumaniser l’autre par le mensonge. Pour lui, le journaliste ne peut se contenter d’être un simple relais d’information: “Vous êtes des filtres, des gardiens. La rigueur n’est pas un luxe, c’est une dette envers notre peuple.”

    Dans un appel, il a exhorté ses confrères à devenir des “artisans de paix” à travers leur plume et leurs choix éditoriaux:

    “Si vous hésitez à publier une information non confirmée, dites-vous que vous sauvez peut-être une dignité, une famille, ou la paix d’une communauté.”

    Être journaliste, c’est refuser de devenir le vecteur d’une idéologie haineuse

    De son côté, Cleophas Barore a élargi la réflexion en soulignant que le discours de haine demeure un phénomène global, transcendant les frontières et les niveaux d’éducation. “À une époque où l’humanité se veut civilisée, le discours de haine persiste, y compris dans les grandes puissances”, a-t-il observé.

    Il a dénoncé la banalisation de propos stigmatisants, souvent dirigés contre des étrangers, des minorités ou des groupes religieux, alimentant la peur de l’autre et la division.

    Évoquant des exemples historiques marquants, notamment certains discours extrémistes ayant circulé avant le génocide, il a posé une question essentielle sur la responsabilité éditoriale: “Le journaliste devait-il relayer ces propos ?”

    Pour lui, la réponse est claire: le professionnel des médias doit savoir prendre de la distance, même dans des contextes difficiles.

    “Être journaliste, c’est aussi refuser de devenir le vecteur d’une idéologie haineuse. Nous devons être des artisans de la paix”, a-t-il martelé.

    Les participants ont pris des engagements

    Au terme de la formation, les participants ont exprimé leur reconnaissance envers les organisateurs, saluant la qualité du programme et les conditions mises à leur disposition. Alphonse Safari Byuma, l’un des lauréats, a particulièrement remercié l’OPFR pour son engagement à renforcer le professionnalisme des journalistes rwandais.

    Au-delà des mots, les participants se sont engagés à traduire ces enseignements en actions concrètes. Parmi les résolutions prises figurent l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour le fact-checking, afin de vérifier rapidement l’exactitude des informations, ainsi que le rejet ferme de tout contenu incitant à la haine, à la discrimination ou à la division.

    Ils ont également promis de promouvoir activement la paix à travers leurs productions médiatiques, en dénonçant les récits manipulés et en sensibilisant leurs audiences aux dangers de la désinformation.

    Enfin, un autre engagement a été pris pour partager les acquis de cette formation avec leurs collègues, dans le but d’élever collectivement les standards du journalisme contre les discours de la haine.

    Cette formation s’achève ainsi sur une conviction partagée: dans un monde où l’information circule à une vitesse inédite, la responsabilité des journalistes n’a jamais été aussi déterminante.

  • À Nyanza, l’Église catholique honore la mémoire de ses prêtres victimes du génocide des Tutsi

    L’Église catholique au Rwanda a procédé, le samedi 2 mai 2026, à la 32ᵉ commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, en rendant un hommage particulier à ses prêtres et religieux qui en ont été victimes.

    Cette cérémonie s’inscrit dans la décision de la Conférence des évêques catholiques du Rwanda d’instituer, chaque premier samedi du mois de mai, une journée dédiée à la mémoire des prêtres et personnes consacrées tués durant le génocide.

    Ce samedi, les activités commémoratives se sont déroulées à la paroisse Christ-Roi de Nyanza, située dans le diocèse catholique de Butare, dans la province du Sud.

    À l’occasion de cette commémoration, le diocèse catholique de Butare, en collaboration avec les familles des victimes, a rendu hommage à 14 prêtres identifiés, ainsi qu’à plusieurs autres religieux et religieuses tués en 1994.

    Les activités ont débuté par une messe solennelle célébrée à la paroisse Christ-Roi, présidée par Mgr Jean Bosco Ntagungira, évêque du diocèse de Butare, assisté de Mgr Philippe Rukamba, évêque émérite du même diocèse.

    À l’issue de la célébration eucharistique, les participants ont pris part à une cérémonie de dépôt de gerbes et de recueillement sur les tombes des 14 prêtres inhumés au mémorial des religieux victimes du génocide, situé à Nyanza.

    La cérémonie a également rassemblé de nombreux élèves et enseignants issus des établissements scolaires, notamment le Collège Christ-Roi de Nyanza, l’École des Sciences Saint Louis de Montfort, l’École secondaire Saint Peter de Nyanza et le Groupe scolaire Saint-Esprit de Nyanza, venus s’associer à cet acte de mémoire.

    La commémoration a également été marquée par la participation du Comité Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Rwanda, conduit par son secrétaire général, l’abbé Valens Niragire.

    Des représentants des autorités administratives du district de Nyanza, dont le secrétaire exécutif du district, ont également pris part à la cérémonie. Ils se sont joints aux responsables ecclésiastiques pour honorer la mémoire des victimes, en observant une minute de silence et en déposant des gerbes de fleurs sur les sépultures.

  • L’Église catholique du Rwanda lance une plateforme de jeunes influenceurs pour promouvoir la foi à l’ère du numérique

    L’Église catholique au Rwanda a lancé, vendredi le 1er mai 2026, une nouvelle plateforme dédiée à la jeunesse engagée dans la création et la communication numérique.

    Cette initiative regroupe notamment des artistes, journalistes, créateurs de contenus, acteurs de cinéma et influenceurs suivis par un large public sur les réseaux sociaux.

    Organisée à l’hôtel Sainte Famille, dans la ville de Kigali, cette rencontre visait à renforcer les capacités de ces jeunes afin qu’ils utilisent les outils numériques de manière responsable et au service de la foi chrétienne.

    Présidant la rencontre, Antoine cardinal Kambanda, archevêque de Kigali et président de la Conférence épiscopale du Rwanda, a salué une initiative  historique , soulignant qu’il s’agit d’une première du genre dans l’histoire de l’Église catholique au Rwanda.

    “C’est la première fois que nous nous réunissons ainsi en tant qu’Église au Rwanda”, a-t-il déclaré, rappelant que depuis le Concile Vatican II, l’Église universelle accorde une importance croissante à la communication, célébrée chaque année à travers la Journée mondiale des communications sociales.

    Le cardinal a également relayé le message du Pape Léon XIV, appelant les professionnels des médias et de la communication à promouvoir la dignité humaine, en donnant une place réelle aux voix et aux visages des personnes.

    Un appel à une communication au service de la vérité

    Profitant de la célébration de la fête de Saint Joseph, modèle de travailleur et de responsabilité, le cardinal Kambanda a exhorté les jeunes à s’inspirer de cet exemple de discrétion et d’efficacité.

    “Saint Joseph parlait par ses actes. Ses œuvres témoignaient pour lui, et continuent encore aujourd’hui de porter du fruit”, a-t-il souligné.

    Dans un contexte mondial marqué par la rapidité des évolutions technologiques et la multiplication des contenus numériques, le prélat a mis en garde contre les dérives liées à la désinformation et à la manipulation de l’opinion.

    Il a notamment évoqué la difficulté croissante à distinguer le vrai du faux sur les réseaux sociaux, regrettant que certaines fausses informations soient massivement relayées et finissent par être perçues comme des vérités.

    “Aujourd’hui, une fausse information peut être largement diffusée et acceptée sans vérification. La vérité risque alors de devenir ce que la majorité décide de croire”, a-t-il alerté.

    Mettre la technologie au service de l’Évangile

    Face à ces défis, le cardinal a encouragé les jeunes influenceurs catholiques à faire un usage responsable des technologies modernes, en les mettant au service de l’Évangile.

    “Vous êtes appelés à utiliser vos talents, vos outils numériques et votre créativité pour préparer un espace où la Bonne Nouvelle peut s’exprimer librement sur les réseaux sociaux”, a-t-il déclaré.

    Il a également salué l’engagement croissant des jeunes catholiques dans le domaine numérique, y voyant une inspiration de l’Esprit Saint.

    Le cardinal Kambanda a invité les inluenceurs à renforcer leur collaboration et à privilégier une communication authentique, adaptée aux réalités du monde numérique.

    Il a insisté sur le fait que les nouvelles générations sont moins sensibles aux longs discours, mais davantage à des témoignages concrets et crédibles.

  • 1er mai: le Parti Socialiste Rwandais appelle à renforcer les droits des travailleurs et la justice sociale

    À l’occasion de la Journée internationale du travail célébrée chaque année le 1er mai à travers le monde, le Parti Socialiste Rwandais – Rwandese Socialist Labour Party (PSR) a publié un communiqué adressé aux employeurs, aux travailleurs, aux partenaires et à l’ensemble des Rwandais.

    Dans communiqué signé par son président, Me Olivier Ngoga Mukama, le PSR adresse d’abord ses vœux de bonne fête du travail et rappelle que cette journée constitue un cadre d’échange entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs. Elle permet d’évaluer les progrès réalisés dans la promotion du travail et des droits des travailleurs, d’analyser les défis rencontrés et de rechercher des solutions appropriées afin de garantir un travail plus efficace et un développement durable et inclusif.

    Un contexte mondial marqué par la hausse des prix

    Le parti souligne que cette célébration intervient dans un contexte économique difficile, marqué par une forte hausse des prix sur les marchés. Cette situation est attribuée notamment à l’augmentation des prix des produits pétroliers, aux tensions internationales et notamment au conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran ainsi qu’à d’autres conséquences des conflits mondiaux en cours.

    Le PSR exprime sa reconnaissance au gouvernement du Rwanda et à ses partenaires pour les mesures prises afin de soutenir l’économie et améliorer les conditions de vie des citoyens.

    Parmi ces mesures, le parti cite notamment la réduction de certaines taxes sur les produits pétroliers afin de limiter la hausse du coût des transports, la suppression de la taxe sur les bénéfices appliquée aux produits alimentaires de base tels que les pommes de terre, le riz et les produits issus du maïs ainsi que divers programmes d’appui à la population.

    Le PSR estime que ces initiatives méritent d’être saluées.

    Appel à la revalorisation des travailleurs de la santé

    Tout en reconnaissant les efforts en cours, le PSR appelle à une révision des salaires des professionnels de santé, qu’il considère comme des travailleurs très engagés mais insuffisamment rémunérés.

    Le parti estime que ces employés devraient bénéficier d’un statut particulier en lien avec la nature exigeante de leur travail.

    Le PSR insiste également sur l’importance de renforcer les centres de formation technique et professionnelle (TVET) à travers tout le pays.

    Le parti recommande la généralisation de ces centres sur l’ensemble du territoire, l’amélioration de la qualité des formations offertes et et l’attraction d’un plus grand nombre de jeunes vers ces filières.

    Il appelle à promouvoir un travail fondé sur les compétences et les savoir-faire techniques.

  • Kwibuka 32: Nyagatare prévoit une stèle en mémoire des anciens employés de la commune Muvumba victimes du génocide contre les Tutsi

    Le district de Nyagatare a annonce la mise en place prochaine d’un symbole commémoratif dédié aux anciens employés de la commune Muvumba, de l’ancienne préfecture de Byumba, tués lors du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Cette stèle, qui sera installée au siège du district, portera les noms des victimes déjà identifiées.

    L’annonce a été faite ce 30 avril 2026, à l’occasion de la 32ᵉ commémoration (Kwibuka 32) de ces anciens employés. La cérémonie a débuté par un dépôt de gerbes de fleurs et un moment de recueillement au mémorial du génocide de Nyagatare, en hommage aux victimes.

    La commémoration a été marquée aussi par des témoignages retraçant l’histoire de la discrimination et de l’injustice ayant conduit au genocide contre les Tutsi.

    Dans son témoignage, Gatete Sylvère Gatera, ancien employé, a expliqué que dès l’école primaire, les Rwandais recevaient un enseignement marqué par la division et la haine envers les Tutsi.

    Gatete Sylvère Gatera a livré un témoignage sur les pratiques de discrimination exercées parmi les employés

    Cette discrimination s’est poursuivie dans le monde du travail, où les Tutsi étaient marginalisés, harcelés et parfois licenciés en raison de leur origine.

    Il a lui-même indiqué avoir été renvoyé de son emploi en 1990 à cause de son appartenance ethnique, ajoutant que plusieurs de ses collègues ont été tués dès le début du génocide.

    Une stèle pour préserver la mémoire

    Le représentant de l’organisation de rescapés Ibuka dans le district, Jean de Dieu Bimenyimana, a précisé qu’au moins huit anciens employés de la commune Muvumba ont déjà été identifiés comme victimes du génocide.

    Il a plaidé pour l’installation d’une stèle commémorative au siège du district, portant leurs noms, tout en appelant à poursuivre les recherches afin d’identifier d’autres victimes encore inconnues.

    “Il est important de mettre en place un symbole au siège du district pour honorer ces employés et continuer à rechercher les noms de ceux qui n’ont pas encore été identifies”, a-t-il déclaré.

    Henry Kakooza, maire du district de Nyagatare

    Le maire du district de Nyagatare, Henry Kakooza, a confirmé que cette initiative a été approuvée et qu’elle sera mise en œuvre prochainement.

    Selon lui, la stèle devrait être installée avant la 33ᵉ commémoration du génocide contre les Tutsi.

    Les personnes commémorées sont les anciens employés de la commune Muvumba, notamment issus des zones de Ngarama et de Kiyombe.

    Ce projet vise à préserver la mémoire des victimes, reconnaître leur dignité et leur contribution, sensibiliser les générations futures et lutter contre l’idéologie du genocide.

    Récit: Mariette Uwamaliya