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  • CHAN 2025: le Maroc remporte son troisième titre face au Madagascar

    L’equipe du Maroc Les Lions de l’Atlas ont une nouvelle fois remporté la finale du CHAN 2025 face à Madagascar (3-2) au Moi International Sports Centre de Nairobi, décrochant sa troisième couronne dans l’histoire de la compétition, un record continental à la finale joueée le samedi 30 août 2025.

    Pour cette finale, Madagascar, qui disputait pour la seconde fois ce tournoi et n’avait jamais dépassé les demi-finales, avait créé la surprise en éliminant le Kenya, pays hôte et l’un des favoris. Le Maroc, lui, comptait déjà deux titres (2018 et 2020) et restait l’équipe la plus titrée du CHAN. « Madagascar est une équipe solide. Si elle est en finale, c’est qu’elle le mérite amplement », avait souligné Tarik Sektioui, sélectionneur du Maroc.

    Dès l’ouverture du match, les Lions de l’Atlas ont montré leur puissance offensive. Oussama Lamlioui, héros marocain du quart de finale contre la Tanzanie, a failli marquer dès la première minute, mais sa frappe n’a pas trouvé le cadre. Sur la première offensive malgache, Felicité Manohantsoa a surpris le gardien marocain d’une superbe demi-volée (9’), donnant l’avantage aux Barea.

    Le Maroc a progressivement repris le contrôle du jeu. A la 27ᵉ minute, Youssef Mehri, meilleur passeur du tournoi, a égalisé de la tête sur un centre de Khalid Baba. Avant la mi-temps, Lamlioui a inscrit son cinquième but du tournoi pour donner l’avantage au Maroc (44’).

    En seconde période, Madagascar a tenté de recoller au score, et Toky Rakotondraibe a profité d’une déviation pour égaliser (68’). Mais le Maroc, galvanisé, a retrouvé son énergie offensive. Lamlioui a signé un but sublime à la 81ᵉ minute, lobant le gardien malgache depuis l’extérieur de la surface, et scellant la victoire pour les Lions de l’Atlas.

    Avec ce succès, le Maroc prive Madagascar d’un premier titre et confirme son statut de géant du football africain, devenant la première nation à remporter le CHAN à trois reprises. Oussama Lamlioui termine meilleur buteur de la compétition, tandis que le football malgache sort grandi de ce tournoi historique, malgré la défaite.

  • Richard Mugisha nommé Secrétaire Général intérimaire de la FERWAFA

    Dans l’après-midi de samedi le  30 août 2025, la Fédération Rwandaise de Football Association (FERWAFA) a officiellement nommé Richard Mugisha Secrétaire Général par intérim, quelques heures seulement après l’élection de Shema Ngoga Fabrice à la présidence. M. Mugisha, qui occupe également le poste de 2ᵉ vice-président Technique au sein de l’équipe dirigeante nouvellement élue, succède à Adolphe Kalisa, qui tenait cette fonction durant le mandat de l’équipe sortante. La nomination a été annoncée lors de la cérémonie de remise et reprise au siège de la fédération, marquant le passage de relais entre le président sortant, Alphonse Munyantwari, et le nouveau président élu.

    Premières décisions du nouveau comité exécutif
    Lors de sa première réunion, le comité exécutif de la FERWAFA, dirigé par Shema Ngoga Fabrice, a pris deux décisions majeures: La nomination de M. Richard Mugisha comme Secrétaire Général intérimaire, avec effet immédiat et la confirmation de M. Louis Hakizimana à la tête de la Commission des arbitres jusqu’à la prochaine Assemblée générale prévue en décembre 2025.

    Le comité a félicité les responsables nouvellement confirmés et les a encouragés à œuvrer activement pour le développement du football rwandais.

    Un mandat placé sous le signe du renouveau
    Dans son allocution, le nouveau président a insisté sur la continuité des efforts mais aussi sur un renouveau ambitieux. « Nous allons poursuivre un travail efficace et une bonne collaboration. Nous continuerons à développer le football en misant sur les jeunes et en renforçant les capacités des clubs. Je vous demande de préserver et de raviver l’amour que nous portons à l’équipe nationale, les Amavubi, car c’est de là que viendront nos résultats » , a-t-il déclaré.

    Passation de pouvoir entre Shema et Munyantwari
  • Tito Rutaremara accuse la Belgique d’un lourd héritage colonial et de manœuvres diplomatiques hostiles

    Tito Rutaremara dénonce l’héritage destructeur du colonialisme belge, qu’il associe aux divisions ayant conduit au génocide contre les Tutsi, ainsi que les ingérences actuelles de Bruxelles dans la région des Grands Lacs et au Rwanda en particulier.

    Honorable Tito Rutaremara, président du Conseil des Sages du Rwanda, est une voix régulièrement entendue sur X, où il partage ses analyses, conseils et opinions sur des questions politiques, sécuritaires et diplomatiques, tant au niveau national que régional et international.

    Ce samedi, il a publié une tribune virulente dans laquelle il revient sur l’impact destructeur du colonialisme belge au Rwanda, établissant un lien direct entre cette période sombre et le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Selon lui, «le colonialisme belge fut l’un des plus destructeurs et il a conduit au génocide». Rutaremara accuse l’administration coloniale d’avoir détruit le tissu social rwandais, brisé l’unité nationale et encouragé les divisions ethniques, ouvrant ainsi la voie aux idéologies extrémistes qui ont mené à l’extermination des Tutsi.

    La Belgique accusée de soutenir les négationnistes

    Dans sa publication, Rutaremara ne s’est pas limité au passé. Il reproche à la Belgique de soutenir aujourd’hui encore les négationnistes du génocide, mais aussi d’appuyer des groupes hostiles au Rwanda. Selon lui, Bruxelles entretient des relations troubles avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le président de la RDC Félix Tshisekedi.

    Il cite notamment la récente visite du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à Kinshasa. D’après Rutaremara, le chef de l’Etat congolais lui aurait confié la mission de «salir l’image du Rwanda sur la scène internationale» et de plaider pour des sanctions contre Kigali.

    Des tensions persistantes dans la région des Grands Lacs

    Cette sortie intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Rutaremara accuse Maxime Prévot d’instrumentaliser le discours sur les droits humains pour cibler Kigali, tout en fermant les yeux sur les exactions commises par les forces congolaises, les milices Wazalendo et leurs alliés des FDLR.

    «Il se rend alors en RDC, trouve des lieux où les soldats de Tshisekedi, les Wazalendo et les FDLR ont tué des civils, puis rédige un rapport affirmant que ce sont le M23 et le Rwanda qui les ont massacrés», a-t-il dénoncé, accusant la diplomatie belge de partialité et de manipulation.

    Une réflexion sur la dépendance de l’Occident

    Au-delà de la critique de la Belgique, Tito Rutaremara a élargi son propos à une réflexion plus globale. Il a annoncé la publication prochaine d’une analyse sur la dépendance de certains pays européens vis-à-vis des Etats-Unis, allant jusqu’à les qualifier de «serviteurs de Washington». Avec ironie, il a cité la présidence Trump comme exemple révélateur de la faiblesse politique de certaines puissances occidentales.

  • Shema Ngoga Fabrice prend les rênes de la FERWAFA : la “Dream Team” en action

    Shema Ngoga Fabrice, ancien président de l’AS Kigali, a été élu 16ᵉ président de la FERWAFA ce samedi 30 août 2024. A la tête d’une équipe qualifiée de «Dream Team», il ambitionne de transformer le football rwandais en s’appuyant sur huit piliers stratégiques. 

    Shema Ngoga Fabrice, ancien président de l’AS Kigali, a été élu ce samedi 16ᵉ président de la Fédération Rwandaise de Footbal (FERWAFA) pour un mandat de quatre ans, lors de l’Assemblée générale ordinaire tenue à l’hôtel Serena de Kigali.

    Etant le seul candidat en lice, son élection a validé la liste complète des neuf membres de la nouvelle équipe dirigeante, surnommée «Dream Team», qui prendra les rênes du football rwandais pour les quatre prochaines années. La composition de cette équipe est la suivante :

    • Président: Shema Ngoga Fabrice
    • 1ʳᵉ vice-présidente (Administration et Finances): Gasarabwe Claudine
    • 2ᵉ vice-président (Technique): Mugisha Richard
    • Commissaire aux Finances: Nshuti Thierry
    • Commissaire au Football Féminin: Nikita Gicanda Vervelde
    • Commissaire à l’Organisation des Compétitions: Niyitanga Désiré
    • Commissaire à la Technique et au Développement: Kanamugire Fidèle
    • Commissaire aux Statuts et à la Gouvernance: Ndengeyingoma Louise
    • Commissaire Médical: Dr. Gatsinzi Herbert
    • Commissaire aux Arbitrages: Hakizimana Louis

    Une vision ambitieuse en huit piliers

    Lors de son discours inaugural, Shema Ngoga Fabrice a détaillé les priorités de son mandat, structuré autour de huit piliers fondamentaux. Lors de son discours, Shema Ngoga Fabrice a présenté les axes prioritaires de son mandat:

    1. Soutenir et développer durablement le football des jeunes.
    2. Investir dans les infrastructures sportives.
    3. Rehausser le niveau des compétitions nationales.
    4. Promouvoir le football féminin.
    5. Renforcer les compétences et le professionnalisme des acteurs du football.
    6. Assurer une gouvernance efficace et la stabilité financière.
    7. Développer les relations nationales et internationales.
    8. Offrir une meilleure expérience aux supporters.

    Au travail dès le jour même

    Shema Ngoga Fabrice a annoncé qu’une passation de pouvoir avec l’équipe sortante dirigée par Munyantwali Alphonse aurait lieu immédiatement, soulignant sa volonté de commencer à travailler sans délai. Le nouveau président a tenu une réunion stratégique avec la nouvelle équipe de direction afin de prendre les premières décisions importantes.

    Dans son allocution, Shema Fabrice a remercié les membres de la FERWAFA pour la confiance placée en lui et a promis de ne pas les décevoir. Il a également reconnu le travail accompli par la commission sortante, tout en insistant sur l’importance d’une collaboration étroite avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, malgré les tensions médiatiques récentes.

    Pour sa part, Ndayisenga Davis, représentant du Bureau de Développement de la FIFA à Kigali, a félicité la commission sortante et souhaité la bienvenue à la nouvelle équipe, rappelant que de nombreux projets attendent d’être concrétisés sous la direction de Shema Ngoga Fabrice.

  • Dan Ngabonziza élu président de l’Association Rwandaise des Journalistes (ARJ)

    L’Assemblée générale de l’Association des Journalistes du Rwanda (ARJ) a élu le vendredi 29 août 2025 Dan Ngabonziza à la tête de l’organisation pour un mandat de trois ans.

    Ngabonziza a été élu à l’unanimité, les membres de l’ARJ lui ayant accordé tous leurs suffrages, en l’absence d’autre candidat pour ce poste. Il succède à Aldo Havugimana, qui avait démissionné avant la fin de son mandat pour des raisons personnelles.

    Aux côtés du nouveau président, les membres de l’ARJ ont également désigné d’autres responsables de la nouvelle équipe dirigeante:

    • 1ʳᵉ vice-présidente: Brigitte Uwamariya, directrice de la Radio Huguka,
    • 2ᵉ vice-présidente: Edith Nibakwe (Radio TV 10),
    • Secrétaire: Ufitinema Remy Maurice (RBA),
    • Trésorière: Cécile Nyirahavugimana (Radio Umucyo).

    Le comité d’audit de l’association est composé d’Ange Hatangimana Eric (Umuseke), Oswald Mutuyeyeyezu (Radio 10) et Emma Marie Umurerwa (rédactrice en chef du journal Iriba).

    Le comité de resolution des conflits est quant à lui composé de Sabine Kayihura (igihe.com), Didas Niyifasha (Radio Inkoramutima) et de la journaliste Nadine Umuhoza (PAX PRESS).

    Dans son discours après son élection, Dan Ngabonziza a exprimé sa gratitude envers les membres de l’ARJ pour la confiance accordée, tout en affirmant sa volonté de travailler au développement du secteur médiatique au Rwanda.

    «Je m’engage à promouvoir le bien-être des journalistes, à renforcer leurs capacités professionnelles et à œuvrer sans relâche pour faire progresser notre association», a-t-il déclaré.

    De son côté, Umutesi Scovia, présidente du Rwanda Media Commission (RMC), a salué la collaboration entre AJR et RMC, le travail accompli par l’équipe sortante et encouragé la nouvelle direction à travailler avec rigueur et dévouement.

  • Le Président Kagame reçoit le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés

    Le Président Paul Kagame, a reçu ce jeudi au Village Urugwiro le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Filippo Grandi, en visite officielle au Rwanda. Les échanges ont porté sur le renforcement du partenariat entre le Rwanda et le HCR, notamment dans la protection, l’intégration et la recherche de solutions durables en faveur des réfugiés.

    Selon la Présidence, le Rwanda a réaffirmé sa volonté de demeurer un acteur clé dans la défense des droits des réfugiés et dans la mise en œuvre d’initiatives favorisant leur résilience et leur réinsertion sociale et économique. La rencontre a aussi permis de mettre en avant le rôle du pays comme partenaire fiable dans une réponse inclusive et durable aux défis liés aux réfugiés.

    La veille, le 27 août, Filippo Grandi avait également rencontré le ministre chargé de la Gestion des urgences, Gen. Maj. Albert Murasira, et la directrice générale de la Direction générale de l’immigration et de l’émigration (DGIE), ACP Lynder Nkuranga. Ces discussions avaient déjà mis en lumière la solidité de la coopération entre le Rwanda et le HCR, en insistant sur la protection, l’intégration et la sauvegarde des droits des réfugiés.

    Dans un message publié le 25 août sur le réseau X, Filippo Grandi avait annoncé son déplacement en République Démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda pour des consultations avec les dirigeants des deux pays autour de la situation des réfugiés et des déplacés. Il avait exprimé l’espoir que les dynamiques politiques en cours contribuent à mettre fin aux violences contre les civils et aux déplacements forcés.

    Cette visite s’inscrit dans le prolongement de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 entre Kigali et Kinshasa, sous la facilitation des Etats-Unis. L’un des engagements majeurs de cet accord concerne l’organisation du rapatriement volontaire des réfugiés rwandais et congolais. Le 24 juillet, à Addis-Abeba, les délégations des deux pays et le HCR avaient arrêté plusieurs mesures, dont l’appui au retour volontaire, la réintégration dans la vie normale et l’accompagnement à la reconstruction.

    Dans ce cadre, le 25 août, le HCR a rapatrié 532 réfugiés rwandais qui étaient jusque-là retenus par le groupe armé FDLR, et les a remis officiellement aux autorités rwandaises. Plus de 100 autres attendent encore leur retour.

    Lire aussi: Vers une nouvelle ère d’intégration des réfugiés entre le Rwanda et le HCR

  • Le président mozambicain Daniel Chapo conclut sa première visite officielle au Rwanda

    Le président du Mozambique, Daniel Francisco Chapo, a achevé ce jeudi 28 août sa visite de travail de deux jours au Rwanda, marquée par le renforcement de la coopération bilatérale et la signature de nouveaux accords stratégiques entre les deux pays.

    A l’aéroport international de Kigali, le président Paul Kagame a salué son homologue mozambicain, lui adressant ses vœux de succès dans sa mission à la tête du Mozambique. Cette visite, la première de Daniel Chapo au Rwanda depuis son élection en octobre 2024, illustre la volonté partagée des deux pays de consolider une collaboration déjà jugée fructueuse.

    Au cours de ce séjour, Kigali et Maputo ont signé deux accords importants: un accord encadrant la présence militaire rwandaise au Mozambique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la province de Cabo Delgado, ainsi qu’un Mémorandum d’entente entre RDB et l’Agence mozambicaine de promotion de l’investissement et des exportations, destiné à stimuler les échanges et opportunités d’affaires entre les deux nations.

    Le président Chapo a également rendu hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, lors d’une visite au Mémorial de Gisozi, à Kigali. Il a salué la résilience et la capacité de reconstruction du peuple rwandais, qualifiant l’histoire du Rwanda de « témoignage de courage et de détermination face à l’adversité ».

    Rencontre économique avec les entrepreneurs rwandais

    En marge de sa visite, le président mozambicain a participé jeudi matin à une Table ronde économique réunissant des hommes et femmes d’affaires rwandais et mozambicains. Il a invité les entrepreneurs rwandais à investir dans son pays, en mettant en avant des secteurs porteurs tels que l’agriculture et l’agro-transformation, l’énergie et les ressources naturelles, la logistique et la connectivité, l’industrie locale, le tourisme et les services.

    La visite de Daniel Francisco Chapo s’inscrit dans la continuité du partenariat solide qui lie Kigali et Maputo, notamment en matière de sécurité régionale et de développement économique. Depuis 2021, le Rwanda soutient militairement le Mozambique dans la lutte contre les groupes terroristes actifs au nord du pays, une collaboration saluée des deux côtés comme un modèle de solidarité africaine.

    En clôturant sa visite, le président Chapo a réaffirmé la volonté de son pays de bâtir, avec le Rwanda, une coopération mutuellement bénéfique au service des peuples.

  • Orléans refuse l’inhumation de Protais Zigiranyirazo, dit “Monsieur Z”

    La justice administrative d’Orléans en France a confirmé, jeudi 28 août, l’interdiction d’inhumer dans la ville Protais Zigiranyirazo, surnommé « Monsieur Z », figure controversée du génocide des Tutsi au Rwanda. Cette décision intervient dans un climat de vives tensions avec les associations de mémoire comme Ibuka, inquiètes que sa tombe ne devienne un lieu de pèlerinage. Selon Le Monde avec AFP, le tribunal a estimé que l’inhumation présentait «un risque grave de troubles à l’ordre public», rejoignant ainsi les arguments de la municipalité d’Orléans.

    Une décision exceptionnelle du tribunal administratif

    Mardi 26 août, la mairie d’Orléans avait pris un arrêté interdisant l’inhumation, prévue pour le 28 août, invoquant un «risque sérieux de troubles». Le maire Serge Grouard avait souligné le caractère exceptionnel de la situation, rappelant qu’aucun document officiel ne permettait de retracer l’arrivée du corps en France. La municipalité considérait par ailleurs que la présence de plusieurs centaines de personnes aux obsèques, dans un contexte de tension avec les associations de rescapés et de mémoire, risquait de provoquer des débordements.

    Saisie en urgence par la famille du défunt, la justice administrative a confirmé cette position. Dans son ordonnance, le tribunal a relevé qu’il existait «un contexte de tensions exacerbées avec les associations de mémoire des victimes du génocide» et que le risque que la tombe se transforme en un lieu de rassemblement ne pouvait être écarté.

    La colère de la famille

    L’avocat de la famille, Me Philippe Meilhac, a dénoncé une «atteinte extrêmement grave» aux droits fondamentaux liés à la sépulture. «Mes clients sont absolument catastrophés», a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), rappelant que le respect des rites funéraires fait partie intégrante des libertés fondamentales. L’avocat a annoncé son intention de déposer un pourvoi devant le Conseil d’Etat et d’envisager de nouvelles démarches juridiques pour obtenir l’autorisation d’inhumer le défunt ailleurs.

    «Il y a aujourd’hui un corps dans une entreprise de pompes funèbres de la région d’Orléans. On ne peut pas le conserver indéfiniment de la sorte. Il faudra bien, à un moment donné, procéder à son inhumation», a insisté Me Meilhac.

    Un personnage controversé

    Mort le 3 août à l’âge de 87 ans, Protais Zigiranyirazo était le frère aîné d’Agathe Kanziga, veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana. Ancien haut responsable de l’Etat rwandais, il avait été condamné en 2008 à vingt ans de prison pour génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Mais un an plus tard, la chambre d’appel l’avait acquitté.

    Cet acquittement n’a jamais dissipé les soupçons qui entourent son rôle présumé au sein du cercle présidentiel, soupçonné d’avoir planifié le génocide. Pour de nombreux rescapés et associations de mémoire, « Monsieur Z » reste une figure symbolique d’un système politique accusé d’avoir préparé l’extermination des Tutsi.

    Une affaire qui divise

    L’interdiction de son inhumation à Orléans souligne combien la mémoire du génocide reste vive, trente et un ans après les faits. Entre les exigences de dignité funéraire de la famille et la volonté des autorités de prévenir tout trouble à l’ordre public, la justice a tranché en faveur de la sécurité et du respect de la mémoire collective.

    Reste désormais à savoir où pourra être inhumé le corps de Protais Zigiranyirazo. Pour l’heure, son cercueil demeure dans une chambre funéraire, en attendant une solution définitive.

  • RDC: Jusqu’où ira le cycle des violences contre les Banyamulenge?

    L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a dénoncé, le mercredi 27 août 2025, une nouvelle violation du cessez-le-feu par le régime de Kinshasa, qu’elle accuse de vouloir faire échouer le processus de paix de Doha.

    Selon un communiqué signé par son porte-parole Lawrence Kanyuka, les Forces armées congolaises (FARDC), appuyées par les FDLR, les milices Wazalendo, des mercenaires ainsi que l’armée burundaise, auraient attaqué, entre le 26 et le 27 août, les zones densément peuplées de Kadasomwa et ses environs.

    L’AFC affirme qu’une offensive généralisée a ensuite été lancée le 27 août contre les villages banyamulenge de Rugezi à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux de Fizi. Ces attaques auraient provoqué d’importantes pertes humaines, un déplacement massif des populations et une crise humanitaire jugée «inqualifiable», ce qui forcerait le mouvement rebelle à intervenir «pour protéger les civils sans défense».

    Accusations de nettoyage ethnique

    Le mouvement rebelle soutient que ces agressions s’inscrivent dans un «vaste plan de nettoyage ethnique» visant les Banyamulenge, mené en complicité avec l’armée burundaise. Il accuse également les institutions nationales et internationales de fermer les yeux sur ces violations, dénonçant une «complicité tacite» qui, selon lui, confère une totale impunité aux auteurs de ces crimes.

    Bombardements en cours

    Dans sa mise à jour du jeudi 28 août 2025, l’Alliance Fleuve Congo alerte encore sur «l’épuration ethnique en cours» visant les Banyamulenge. Depuis la nuit du mercredi 27 août, les forces coalisées du régime de Kinshasa (FARDC, FDLR, Mai-Mai Wazalendo, mercenaires, Imbonerakure et la Force de défense nationale du Burundi) bombarderaient sans relâche les zones densément peuplées de Minembwe (Mikenke) et Kalehe (Katana, Kavumu, Kadasomwa, Nyabibwe), en utilisant des drones CH-4, des drones kamikazes et de l’artillerie lourde. Ces attaques se poursuivraient à l’heure actuelle.

    Quelles perspectives pour le processus de Doha?

    Ces nouvelles violences soulèvent des interrogations sur l’avenir du processus de Doha, censé ramener la paix entre Kinshasa et le M23 et stabiliser l’est de la RDC, où les massacres visent particulièrement les rwandophones, et cette fois-ci les Banyamulenge en première ligne.

    Des questions demeurent: peut-on encore espérer que les négociations aboutissent malgré la multiplication des offensives militaires? La communauté internationale saura-t-elle exercer une pression suffisante pour contraindre les parties à respecter leurs engagements? L’application effective d’un accord est-elle envisageable dans un climat marqué par la méfiance, les accusations de nettoyage ethnique et la poursuite des bombardements?

    L’AFC, tout en condamnant le «silence complice» de la communauté nationale et internationale, réaffirme sa détermination à «défendre et protéger les populations civiles contre cette menace existentielle, quelle qu’en soit la source».

    Appel à la communauté internationale

    Face à l’escalade des violences, un appel pressant est lancé à la communauté internationale pour qu’elle fasse de la sauvegarde des vies humaines une priorité absolue. Les populations civiles, en particulier les Banyamulenge, continuent de payer le prix le plus lourd de ce conflit. «Les vies humaines comptent» : l’urgence d’actions concrètes s’impose pour protéger les innocents, prévenir un génocide annoncé et garantir le respect du droit humanitaire.

  • Kagame accueille le président mozambicain Chapo pour une visite axée sur la coopération sécuritaire et économique

    Le Président Paul Kagame a accueilli mercredi après-midi, au Village Urugwiro, son homologue mozambicain, Daniel Francisco Chapo, au début d’une visite de travail de deux jours au Rwanda. Les deux chefs d’Etat ont aussitôt entamé un entretien en tête-à-tête, centré sur les principaux axes de coopération bilatérale entre Kigali et Maputo, notamment dans les domaines politique, sécuritaire et économique.

    Signature de deux accords majeurs

    La rencontre a été marquée par la signature de deux accords importants, illustrant la volonté commune de renforcer la coopération entre les deux pays. Le premier, conclu entre l’Agence Rwandaise de Développement (RDB) et l’Agence de promotion des investissements et des exportations du Mozambique, vise à stimuler les échanges économiques et commerciaux. Le second, d’ordre sécuritaire, signé par les ministres de la Défense des deux nations, encadre la lutte contre le terrorisme au Mozambique, notamment dans la province de Cabo Delgado.

    Le président Kagame a également réaffirmé la solidité des liens bilatéraux:

    «Le Rwanda et le Mozambique partagent des liens bilatéraux solides et, par-dessus tout, nous sommes de bons amis, frères et sœurs. Nous sommes heureux que vous visitiez certaines de nos principales industries et rencontriez des membres de notre secteur privé. C’est une excellente occasion de renforcer nos réseaux d’affaires, au bénéfice de nos deux nations. Je suis convaincu que nous sommes sur la bonne voie pour développer un partenariat déjà excellent, et j’ai hâte de continuer à travailler avec vous.»

    Paul Kagame a rappelé que la menace terroriste en Afrique exige une réponse africaine collective et solidaire :

    «Les actes terroristes sur notre continent continuent de menacer nos populations et de freiner notre développement. En tant qu’Africains, nous devons nous approprier ce problème et l’affronter ensemble comme un seul continent. Déléguer cette responsabilité à des acteurs externes ne peut pas garantir une paix durable ni un développement véritable.»

    De son côté, le président Chapo a exprimé sa profonde gratitude envers le Rwanda pour le soutien militaire apporté dans la province de Cabo Delgado:

    «Grâce à cette coopération, nous voyons la paix revenir dans la province de Cabo Delgado. Nous saisissons cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude aux hommes et aux femmes du Rwanda qui, aux côtés des Forces armées du Mozambique, luttent contre les terroristes, ennemis de la paix, du développement et du bien-être du peuple mozambicain.»

    Un partenariat en pleine expansion

    Au-delà de la coopération sécuritaire, les deux présidents ont insisté sur la nécessité de dynamiser les échanges économiques et commerciaux. Le président Kagame a souligné que les relations entre Kigali et Maputo se trouvent déjà sur une bonne voie et qu’il s’agit désormais de les mettre en œuvre de manière efficace, confirmant l’engagement des deux pays à renforcer leur partenariat stratégique.

    Le président mozambicain avait été accueilli plus tôt à l’Aéroport international de Kigali par le ministre d’Etat aux Affaires étrangères et à la Coopération régionale, le général James Kabarebe, accompagné d’autres hauts responsables rwandais.

    Son arrivée et l’accueil chaleureux qui lui ont été réservés illustrent la solidité des liens d’amitié et de coopération entre le Rwanda et le Mozambique, tout en posant les bases d’une collaboration renforcée pour les années à venir.