Le Rwanda a récemment rompu ses relations diplomatiques avec son ancien colonisateur, la Belgique, l’accusant de le miner constamment, bien avant et pendant le conflit en cours en RDC, et de prendre parti dans un conflit régional, continuant à se mobiliser systématiquement contre le Rwanda dans différents forums, utilisant mensonges et manipulations pour créer une opinion hostile injustifiée à l’égard du Rwanda, dans le but de déstabiliser le pays et la région.
Pendant que la Belgique se comporte en néocolonisateur, à tel point que de nombreux pays occidentaux continuent de la consulter sur des questions concernant la région des Grands Lacs d’Afrique, qui comprend surtout la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi.
Il est donc temps de porter à la connaissance de tous ces mauvaises intentions de vouloir maintenir son influence dans la région et de dénoncer ses manœuvres nuisibles.
Un passé colonial amer
La Belgique a été la puissance coloniale de ces pays entre 1885 et 1962. Son histoire dans la région est marquée par l’exploitation, la manipulation politique et la division. En raison de ce passé et de son ingérence continue, la Belgique ne devrait en aucun cas être considérée comme une voix légitime dans les affaires de la région des Grands Lacs.
L’implication de la Belgique dans la région a commencé lorsque le roi Léopold II a pris personnellement le contrôle du Congo en 1885, après la Conférence de Berlin, où les puissances européennes se sont partagé l’Afrique. Dans un premier temps, le Congo n’était pas une colonie belge officielle, mais il était administré comme la propriété privée de Léopold sous le nom d’État indépendant du Congo (1885-1908). Pendant cette période, le Congo a été exploité pour le caoutchouc, l’ivoire et les minerais.
Des millions de Congolais ont été forcés de travailler dans des conditions brutales, et ceux qui résistaient étaient farouchement mutilés ou tués. Face à la pression internationale dénonçant ces abus, le gouvernement belge a été contraint de prendre le contrôle du territoire en 1908, rebaptisant le pays “Congo belge”. Ainsi, la Belgique a alors continué à priver les Congolais des droits fondamentaux, y compris l’accès à l’éducation, aux postes de direction et aux droits égaux, assurant ainsi sa domination totale sur l’économie et la gouvernance du pays.
Le Rwanda n’a pas été épargné. De la même manière, la Belgique a colonisé le Rwanda et le Burundi après la Première Guerre mondiale, en reprenant ces territoires à l’Allemagne, qui venait de subir une défaite à la 1ʳᵉ Guerre mondiale.
Sous la domination belge, les divisions ethniques ont été accentuées. Cette stratégie de “diviser pour mieux régner” a renforcé les tensions ethniques et la violence, menant à des conflits et des massacres qui s’en sont suivis. La colonisation belge a laissé des séquelles profondes, et ses politiques ont directement contribué à l’instabilité et aux souffrances dans la région.
La Belgique a officiellement accordé l’indépendance à la RDC en 1960 et au Rwanda et au Burundi en 1962. Cependant, son départ ne s’est pas fait pacifiquement. En RDC, la Belgique a joué un rôle majeur dans l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, le premier Premier ministre du Congo, parce qu’il voulait une indépendance totale vis-à-vis de l’Occident.
Au Rwanda, la manipulation belge des tensions ethniques a conduit au génocide contre les Tutsi en 1994, qui a coûté la vie à plus de 1 000 000 de personnes. Au Burundi, les politiques belges ont entraîné des violences ethniques récurrentes entre Hutus et Tutsis, incluant des massacres de masse et des coups d’État militaires.
Plutôt que d’aider ces pays à se reconstruire, la Belgique a continué à s’ingérer dans leurs politiques internes, favorisant une gouvernance faible qui servait ses propres intérêts économiques.
Exploitation des ressources naturelles de la région
Malgré les indépendances, la Belgique n’a pas voulu quitter la région des Grands Lacs, car, depuis lors, elle continue de profiter de ses ressources naturelles, en particulier en RDC. Aujourd’hui, les entreprises belges contrôlent d’importantes exploitations minières en RDC, extrayant du cobalt, du cuivre et du coltan, essentiels pour les technologies modernes comme les véhicules électriques et les smartphones.
En maintenant la RDC dans une situation politique faible et instable, la Belgique assure la domination économique continue de l’Occident sur les immenses ressources du Congo. Si la Belgique se retirait complètement, elle perdrait l’accès à ces ressources précieuses, ce qui explique pourquoi elle reste activement impliquée dans la politique de la région.
Le Rwanda pris pour bouc émissaire
L’une des principales stratégies de la Belgique a été de blâmer le Rwanda pour l’instabilité en RDC tout en ignorant les problèmes internes congolais. Cette approche sert les intérêts belges de plusieurs manières :
- La Belgique initie et soutient les récits des médias occidentaux qui présentent le Rwanda comme un agresseur tout en occultant les échecs du gouvernement congolais.
- La Belgique fait pression pour l’imposition de sanctions contre le Rwanda, utilisant son influence au sein de l’Union européenne et des Nations Unies.
- La Belgique protège des politiciens congolais comme le président Félix Tshisekedi, qui utilise le Rwanda comme bouc émissaire au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes de gouvernance.
En rejetant la faute sur le Rwanda, la Belgique cache ainsi son exploitation continue de la région.
Un acteur illégitime dans la politique de la région
La Belgique reste un acteur clé dans l’orientation des politiques occidentales envers la région des Grands Lacs, veillant à ce que les pays africains restent dépendants des institutions occidentales, y compris l’Union européenne. Elle utilise cette influence pour empêcher ces pays d’être indépendants économiquement.
Elle maintient la RDC dans une instabilité politique empêchant l’émergence d’un leadership fort. Elle s’assure qu’une élite pro-occidentale reste au pouvoir, garantissant ainsi un accès continu aux ressources de l’Afrique. La Belgique joue un rôle en coulisses dans les grandes décisions internationales sur la région, alors qu’elle n’a aucune légitimité morale pour le faire.
Plutôt que de consulter la Belgique, les nations africaines et la communauté internationale devraient privilégier des solutions menées par l’Afrique, axées sur la stabilité régionale, l’indépendance économique et la bonne gouvernance.
Il est temps que la Belgique soit tenue responsable de ses crimes passés et cesse de s’immiscer dans les affaires africaines.