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  • Le verdict est tombé: Le match Bugesera FC vs Rayon Sports sera rejoué à huis clos

    Le lundi 19 mai 2025, la commission de compétition de la FERWAFA s’est réunie pour statuer sur l’affaire Bugesera FC – Rayon Sports. Il a été décidé que le match serait rejoué le mercredi 21 mai 2025 à 16 heures , au même stade de Bugesera, à partir de la 57e minute, moment de l’interruption initiale. Le match se déroulera à huis clos, sans la présence de supporters, et la feuille de match initiale restera inchangée.
    En outre, Rayon Sports est sanctionné de jouer ses deux prochains matchs du championnat à huis clos. Les supporters reconnus coupables d’implication dans les désordres seront passibles de sanctions conformément au règlement disciplinaire de la FERWAFA.

    Retour au récit de l’affaire

    Le samedi 17 mai 2025, le stade de Bugesera a accueilli un match de football très attendu entre Bugesera FC et Rayon Sports, comptant pour la 28e journée du championnat du Rwanda (Rwanda Premier League). A trois journées de la fin du championnat, cette rencontre revêtait une importance capitale. Rayon Sports entrait sur le terrain en tête du classement, avec seulement un point d’avance sur son rival APR FC, qui jouait simultanément contre Gorilla FC. De son côté, Bugesera FC se trouvait en position délicate, risquant de basculer dans la zone de relégation en cas de défaite.

    Un déplacement massif des supporters

    En provenance de Kigali, les supporters de Rayon Sports ont effectué un déplacement d’environ une heure jusqu’à Nyamata, pour assister au match dans le stade de Bugesera, doté de 3 000 places assises couvertes et de 7 000 places debout. Malgré leur infériorité numérique, les supporters locaux de Bugesera FC n’ont pas fait tête basse.

    Les supporters dans la partie debout, stade de Bugesera – Photo @IGIHE

    Une interruption inattendue du match

    Le match a été suspendu à la 57e minute, suite à des affrontements entre supporters dans la zone debout du stade. Des jets de pierres et d’autres objets ont été signalés, les supporters exprimant leur mécontentement face aux décisions de l’arbitre central, Patrick Ngaboyisonga. Ce dernier avait refusé un but de Rayon Sports, inscrit par leur attaquant Abedy Biramahire, et avait également décliné une demande de penalty après une faute présumée sur le même joueur dans la surface de réparation.

    Au moment de l’interruption, Bugesera FC menait 2-0, grace à un premier but de Faruk Ruhinda et à un penalty controversé transformé par Umar Abba. Face aux protestations des joueurs de Rayon Sports et aux troubles dans le stade, le commissaire du match, Hudu Munyemana, a décidé de faire rentrer les joueurs aux vestiaires.

    La réaction du ministère des Sports

    Quelques heures après la suspension du match, la ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a réagi sur son compte X (anciennement Twitter) : “Bonsoir, nous avons pris connaissance des informations concernant le match entre Rayon Sports et Bugesera FC, notamment les incidents qui s’y sont produits. Nous rappelons à tous les amateurs de football et à l’ensemble des Rwandais que les comportements violents ou perturbateurs lors des événements sportifs sont interdits et punis par la loi.”

    Des réactions partagées

    Les réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias ont été diverses. Certains ont pointé du doigt l’arbitrage, rappelant que Rayon Sports avait exprimé des réserves avant le match dans une lettre adressée à la FERWAFA, qui avait promis de prendre en compte leurs doléances. Pour d’autres, la responsabilité incombe aux supporters de Rayon Sports, accusés d’avoir semé le désordre, malgré les appels au calme du président du club, Tadée Twagirayezu. D’autres encore ont critiqué l’organisation de l’équipe hôte, estimant qu’elle n’avait pas prévu les mesures logistiques et sécuritaires adéquates, surtout en connaissant la popularité de Rayon Sports.

  • “La paix et la sécurité de l’Afrique ne peuvent venir de l’extérieur” Paul Kagame

    Le Président du Rwanda Paul Kagame appelle à une participation active et crédible de l’Afrique dans les débats mondiaux sur la sécurité, en tant que partenaire capable et légitime. Il insiste sur le fait que ces responsabilités doivent être assumées par les Africains eux-mêmes, avec une implication directe et une compréhension approfondie du contexte du continent. 

    Le Président Paul Kagame a déclaré, le lundi 19 mai 2025, que l’avenir de l’Afrique, en particulier en matière de paix et de sécurité, ne peut pas venir des autres, soulignant que ces questions ont trop longtemps été considérées comme un fardeau à gérer par des tiers.

    Il s’exprimait à l’ouverture de la première Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA) à Kigali, qui réunit des délégués de 17 pays, dont les experts en sécurité et en renseignement, les décideurs politiques, les entreprises de sécurité privées et les membres de la société civile.

    Organisée sous le thème “Refaçonner le paysage africain dans un environnement mondial dynamique et complexe”, cette conférence de deux jours offre aux acteurs de la défense, du renseignement et de la sécurité, tant africains qu’internationaux, l’opportunité de s’attaquer aux défis sécuritaires pressants et de façonner un avenir collaboratif.

    Paul Kagame a noté que la paix et la sécurité du continent ont été gérées par des acteurs extérieurs avec une implication minimale des Africains et souvent sans tenir compte du contexte ou du consentement des populations. Il a souligné que ce forum est plus qu’une simple conférence, mais un effort délibéré pour changer à la fois le récit et la substance de la manière dont l’Afrique participe aux événements mondiaux en matière de sécurité.

    Paul Kagame s’adresse aux délégués lors de la conférence ISCA – Photo : Urugwiro

    Nous ne pouvons pas nous plaindre d’ingérences extérieures tout en créant les conditions qui les favorisent. La souveraineté ne consiste pas seulement à défendre des frontières, mais à assumer la responsabilité de notre sécurité, tant en tant qu’État qu’en tant que continent”, a-t-il précisé, avant de noter que négliger ce devoir permet à d’autres d’intervenir, entraînant une perte de crédibilité et de contrôle.

    Il a souligné que les menaces sans frontières, comme les pandémies, le terrorisme et la cybercriminalité, évoluent très rapidement, souvent plus vite que les réponses nationales, mais que la coopération doit aller au-delà du simple partage d’informations ou de l’union passive, et doit être stratégique, intentionnelle et innovante.

    Le Président du Conseil de l’ISCA, l’Ambassadeur Moussa Faki Mahamat, a déclaré que le continent ressent depuis trop longtemps le besoin d’un espace stratégique permanent dédié à des discussions approfondies et à un dialogue continu sur les questions de paix et de sécurité.

    “A une époque où les systèmes de gouvernance vacillent sous le poids de l’instabilité généralisée et de l’incertitude croissante, l’Afrique doit pouvoir compter sur une plateforme ancrée dans ses propres réalités, répondant à ses spécificités et animée par une ambition partagée”, a-t-il ajouté.

    Moussa Faki Mahamat s’adresse à l’audience lors de la conférence ISCA

    Mahamat a déclaré que la sécurité ne peut être discutée sans aborder le développement, car les causes profondes des conflits sur le continent sont souvent structurelles et économiques, telles que la pauvreté persistante, les inégalités flagrantes, la marginalisation des jeunes et les promesses non tenues.

    Cette conférence est une plateforme dédiée au dialogue stratégique et à la coopération en matière de sécurité centrée sur l’Afrique. Elle vise à renforcer la collaboration entre les décideurs politiques, les experts en sécurité, la société civile et les chercheurs pour élaborer des solutions innovantes aux défis sécuritaires du continent.

    Des officiels lors de la conférence ISCA à Kigali

     

  • Messe inaugurale du pontificat du pape Leo XIV, place Saint Pierre

    La messe inaugurale du pontificat du pape Leo XIV a été présidée par le pape dimanche 18 mai 2025, Place Saint-Pierre, ornée pour l’occasion de fleurs et d’un tapis de pelouse verte. Des rites spécifiques marquent la célébration: remise du pallium, de l’anneau, rite de l’obéissance dans la foi. À la fin de la messe, au moment de la prière mariale, selon le Vatican, 200 000 personnes étaient présentes Place Saint-Pierre.

    Les rites, les gestes liturgiques explicatifs qui scandent la célébration signifient que l’entrée dans le pontificat qui a commencé le 8 mai, dès l’élection du cardinal Robert Francis Prevost comme Successeur de Pierre, est un processus qui se déploie progressivement, notamment par cette messe d’inauguration du pontificat, mais ensuite aussi par la « prise de possession » de sa chaire de Saint-Jean-du-Latran, cathédrale du pape, lieu de sépulture de Leo XIII, et des trois autres basiliques papales de Rome.

    Le pape a choisi de faire précéder la célébration d’un contact direct avec la foule présente en faisant le tour de la place en «papamobile», dans les allées de la place Saint-Pierre et jusqu’au bout de la rue de la Conciliation en direction du Tibre: première expérience d’un bain de foule du pontificat, sous les ovations et la liesse générale.

    Premier bain de foule du nouveau pape

    Le pallium et lanneau

    Revenu dans la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV est d’abord descendu, sous l’autel «de la confession» auprès de la tombe de saint Pierre, où se trouve le coffre des palliums. Le pallium du pontificat y était disposé sur un plateau ainsi que «l’anneau du pêcheur» – sur lequel est représenté l’apôtre Pierre tenant dans sa main droite les «clefs» que le Christ lui a remises -, et dans sa main gauche le filet du pêcheur, gravé symboliquement aussi sur le pourtour de l’anneau – et l’évangéliaire.

    Le pape était accompagné des patriarches des Églises orientales catholiques qui, cette semaine, ont fêté leur Jubilé. L’anneau du pape Léon porte aussi à l’intérieur son nom en latin « Leo XIV » et deux éléments de son blason: le lys et le cœur augustinien.

    Le pallium de laine d’agneau blanche aux deux pans aux extrémités noires – le petit sabot des agneaux -, portant quatre croix noires brodées, et décoré de trois fibules – signes des trois clous de la Croix du Christ -, représente la brebis sur les épaules du bon pasteur. Il représente aussi le « joug » du Christ et sa loi d’amour, car l’évêque de Rome doit « présider à la charité ». Il exprime enfin la communion dans l’Église: il est en effet remis par les papes aux archevêques métropolitains.

    Le pape a choisi comme bâton pastoral pour cette messe inaugurale celui rendu célèbre par saint Jean-Paul II dont c’est l’anniversaire le 18 mai. Il s’agit de la férule de saint Paul VI réalisée en 1965 par l’orfèvre Lello Scorzelli. Elle a pour particularité de représenter Jésus crucifié, et non une simple croix, comme les autres férules papales. Elle a été portée par Jean-Paul Ier, Jean-Paul II, Benoît XVI et par le pape François: elle est donc aussi un signe de la continuité des pontificats.

    Source: Vatican News

  • Le pape Leo XIV appelle à une presse libre et responsable face aux défis de l’intelligence artificielle

    Au cours de sa première audience publique, le pape Leo XIV s’est adressé ce lundi à plusieurs milliers de journalistes internationaux, au Vatican. Il a prôné un message de paix et de vérité.

    Lors d’une audience accordée aux journalistes au Vatican le 12 mai 2025 dans la salle Paul VI au Vatican, le pape Leo XIV a lancé un message en faveur de la liberté de la presse et d’une utilisation éthique de l’intelligence artificielle.

    Dans un discours concis en italien, le pape a exprimé la solidarité de l’Église avec les journalistes emprisonnés pour avoir cherché et transmis la vérité. Il a appelé à leur libération et souligné que leur souffrance devait éveiller la conscience des nations. Il a insisté sur l’importance de protéger la liberté d’expression et de la presse, qu’il a qualifiée de “bien précieux”.

    Le pape Leo XIV s'adresse aux journalistes dans la salle Paul-VI au Vatican, le 12 mai 2025 (Photo: Alberto PIZZOLI / AFP)
    Le pape Leo XIV s’adresse aux journalistes dans la salle Paul-VI au Vatican, le 12 mai 2025 (Photo: Alberto PIZZOLI / AFP)

    Le pape Leo XIV a ensuite abordé l’un des grands défis de notre époque: l’intelligence artificielle. Il a reconnu son immense potentiel, tout en appelant à faire preuve de discernement pour en faire un outil au service du bien commun. “Nous vivons des temps difficiles”, a-t-il averti, appelant chacun à ne pas céder à la médiocrité.

    Remerciant les journalistes pour leur traitement respectueux de l’Église depuis son élection, il a encouragé une communication ouverte et constructive, loin des stéréotypes, des idéologies et des discours fermés. Il a également mis en garde les responsables religieux contre toute récupération politique de la foi.

    En conclusion, le pape a appelé les journalistes à “désarmer la communication” de toute haine, fanatisme ou préjugé, en choisissant la voie de la paix et en donnant une voix aux plus faibles.

     

  • Nous sommes tous à l’œuvre de Dieu

    Evêque, Pasteur, Prêtre, Diacre, … telles sont certaines appellations pour désigner les femmes et les hommes remplissant des fonctions dans l’Église, la maison de Dieu. Il est vrai qu’au milieu de son peuple, Dieu a choisi ceux qui sont chargés de vaquer à son œuvre. Des douze tribus d’Israël, Dieu en a choisi LÉVI et sa descendance.
    ˝Car c’est lui que l’Éternel a choisi entre toutes les tribus, pour qu’il fasse le service au nom de l’Éternel, lui et ses fils, à toujours˝, Deutéronome 18:5.

    La tribu de LEVI n’a pas reçu de territoire en héritage. La noble tâche lui confiée fut celle de servir l’Eternel en qualité de sacrificateur. Voilà aussi que Jésus-Christ, venu pour sauver le monde, a valorisé cette fonction en appelant douze apôtres : ˝Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher…˝, Marc 3:14-15.
    Jésus a vécu avec eux. Après les avoir initiés, il les envoie en mission ˝…comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie…˝, Jean 20:21.
    Le moment venu, Jésus a choisi encore d’autres, parce que l’œuvre de Dieu devait se répandre partout dans le monde.
    ˝Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller˝, Luc 10:1.

    QUID DES NON-SACRIFICATEURS ?
    Il est mieux que personne ne se trompe de vocation. Oui, Dieu a confié à LEVI le service à l’autel et Jésus a choisi les douze, puis les soixante-dix. Aux tribus restantes, une mission précise a été aussi confiée. C’est pourquoi elles ont eu comme héritage la terre à cultiver. Dans tout, la vocation de chacun est l’accomplissement de l’ŒUVRE DE DIEU. Il convient donc que chacun remplisse convenablement sa mission. Tous les domaines ont leur valeur et se complètent mutuellement.

    PRIONS
    Demandons à Dieu de nous révéler notre propre vocation. Qu’il nous garde de nous en tromper. Ainsi, dans tout ce que nous faisons, nous rendrons honneur à son saint nom. AMEN !

  • Le Rwanda et la RDC signent une déclaration de principes pour la paix à Washington

    Le Rwanda et la République Démocratique du Congo ont signé, ce 25 avril 2025, une déclaration de principes en faveur de la paix. La cérémonie s’est tenue au Département d’État américain à Washington, sous l’égide du Secrétaire d’État Marco Rubio. Les signataires étaient le Ministre Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda et la Ministre Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC.

    Selon Marco Rubio, cette déclaration jette les bases d’un engagement commun en matière de gouvernance, de sécurité régionale et de coopération économique. Elle aborde également la situation des millions de personnes déplacées, avec pour objectif leur retour dans leurs foyers.

    À l’issue de la signature, le Ministre Nduhungirehe a souligné: “Nous traitons les vrais enjeux, les causes profondes qu’il faut impérativement résoudre pour instaurer une paix durable dans notre région. Cela passe avant tout par la sécurité et le retour des réfugiés.”

    Il a ajouté : “ Par ailleurs, et c’est un aspect essentiel, nous explorons les moyens de créer de nouvelles chaînes de valeur économiques régionales reliant nos pays, notamment grâce à l’investissement du secteur privé américain. Notre objectif est d’instaurer une région sécurisée, à l’abri de l’extrémisme ethnique violent, et bien gouvernée.”

    Pour le ministre rwandais, cette déclaration ouvre la voie à un accord de paix définitif. Elle donne un nouvel élan aux initiatives africaines en cours, menées  par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), ainsi qu’au processus de Doha, facilité par le Qatar, qui a récemment enregistré des avancées significatives.

    Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais

    Sur son compte X, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a salué une étape décisive : “La signature aujourd’hui de la Déclaration de principes pour la paix, par les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC, représente un tournant majeur dans les efforts visant à trouver une solution durable à la crise dans l’est de la RDC. Il n’y a pas de raccourcis possibles : chaque partie devra s’engager pleinement pour faire avancer ce processus. Le Rwanda attend avec intérêt un accord de paix global, qui prendra en compte toutes les questions clés, y compris la sécurité, la gouvernance et l’intégration économique régionale.”

    Le Qatar a également salué cette avancée. Dans un communiqué publié par son ministère des Affaires étrangères, Doha a souligné que cet accord repose sur le respect mutuel de la souveraineté des deux pays et sur un engagement ferme à résoudre les différends par des moyens pacifiques et négociés. Le Qatar y voit un pas important et encourageant vers la paix et la stabilité dans la région.

    Pour rappel, le gouvernement congolais et le mouvement AFC/M23 avaient publié le 23 avril dernier une déclaration conjointe dans laquelle ils exprimaient leur volonté de parvenir à une trêve. C’est la première fois que les deux parties communiquent officiellement sur les négociations en cours à Doha. Les deux parties se sont engagées à instaurer un cessez-le-feu effectif, condition essentielle à l’ouverture d’un dialogue constructif pour un retour durable à la paix en RDC et dans la région.

  • Génocide perpétré contre les Tutsis: l’Afrique a fait sourde-oreille – Tito Rutaremara

    Trente et un ans après le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda, une question dérange encore les mémoires: comment les pays africains ont-ils réagi durant ces 100 jours d’horreur où plus d’un million de personnes furent massacrées ? Le constat est sans appel. La majorité des États africains ont gardé le silence, alors même que la tragédie se déroulait sous leurs yeux.

    A l’exception de quelques rares voix courageuses, comme celle de l’ancien président tanzanien Julius Nyerere – pourtant déjà retraité – qui a osé dénoncer la barbarie, la quasi-totalité du continent est restée muette. Ni l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ni ses institutions n’ont utilisé le mot “genocide”. Pire, certains gouvernements soutenaient même le régime génocidaire.

    Quelques exceptions émergent de cette honte. Le Nigeria, en collaboration avec la République tchèque et la Nouvelle-Zélande, se sont opposé activement au Conseil de sécurité de l’ONU aux tentatives d’ignorer la situation au Rwanda. Le Ghana, de son côté, a refusé de retirer ses troupes de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), contrairement à d’autres pays africains.

    Pourtant, l’Afrique avait montré des signes de solidarité avant le déclenchement du génocide. Le Zaire (actuelle RDC) avait joué un rôle de médiateur dans les accords de paix d’Arusha, tandis que la Tanzanie agissait comme facilitateur. L’OUA y était également impliquée. Mais dès que les massacres ont commencé, la solidarité s’est éclipsé.

    Pourquoi un tel silence?

    Selon certains analystes, l’Afrique restait prisonnière d’un néocolonialisme politique, économique et idéologique. Beaucoup de gouvernements hésitaient à reconnaître l’existence d’un génocide sans l’aval de puissances occidentales comme la France, les États-Unis ou le Royaume-Uni. D’autres, mus par la peur de représailles diplomatiques ou par une adhésion idéologique à l’ancien régime rwandais, ont choisi de se taire.

    Certains dirigeants africains partageaient même la lecture raciste et simpliste de la situation promue par des figures occidentales telles que François Mitterrand de France, la réduisant à un simple conflit tribal. D’autres, encore, avaient eux-mêmes des tendances génocidaires ou soutenaient la propagande du régime Habyarimana.

    Aujourd’hui, alors que le monde commémore pour la 31e fois les victimes du génocide, cette page sombre de l’histoire africaine rappelle l’urgence de construire une solidarité continentale réelle, basée sur les valeurs humaines fondamentales et non sur la peur ou la dépendance.

    NDLR: Cet article est inspiré du contenu de Tito Rutaremara sur X (@titorutaremara4)

  • World Vision rend hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi

    Jeudi le 24 avril 2025 a été consacré à la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi, un moment solennel au cours duquel le personnel de World Vision Rwanda et de Vision Fund Rwanda s’est réuni pour honorer la mémoire des victimes. Cet événement a été marqué par des prières, des moments de réflexion, la visite du Mémorial du génocide de Kigali à Gisozi, un témoignage d’un rescapé, des chants de mémoire ainsi que des discours inspirants.

    Le personnel a déposé des gerbes de fleurs sur les tombes au Mémorial de Gisozi

    La journée a débuté par la visite du musée du Mémorial de Gisozi, suivie d’une cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs en hommage aux victimes du génocide. Ce geste symbolique vise à rappeler l’importance du devoir de mémoire et à honorer les plus d’un million de vies perdues en 1994.

    A cette occasion, Alphonse Munyentwali, Directeur National de l’organisation Aegis Trust, s’est adressé aux participants. Il a salué l’engagement de World Vision Rwanda dans la préservation de la mémoire, déclarant que cette initiative renforce la résilience collective et permet de mieux comprendre l’histoire du pays.

    “L’empathie est une responsabilité partagée, ce qui blesse l’un peut blesser tous les autres”, a-t-il affirmé, avant de remercier le Gouvernement du Rwanda pour un progress remarquable réalisés depuis la fin du génocide, soulignant le chemin parcouru vers la reconstruction et l’unité nationale.

    Dans l’après-midi, les membres du personnel se sont retrouvés au bureau de World Vision Rwanda pour continuer la commémoration. La session a été marquée un témoignage d’un rescapé du génocide, des prières, des chants de souvenir et des messages d’espoir, de résilience et de solidarité.

    Dans son discours d’ouverture, Pauline, Directrice Nationale de World Vision Rwanda, a rappelé : “En nous souvenant, réfléchissons aussi à notre devoir partagé. Soyons les gardiens de nos frères et sœurs. Soyons compatissants, défendons la vérité et œuvrons chaque jour à préserver la paix dont nous jouissons aujourd’hui.”

    Cette journée de mémoire a réaffirmé l’engagement de World Vision à bâtir une société fondée sur la paix et la dignité humaine, tout en honorant les victimes du genocide perpétré contre les Tutsi.

  • Décès du pape François : l’Eglise catholique du Rwanda décrète une période de deuil

    Une onde de choc a traversé le monde catholique suite à l’annonce du décès du pape François. La triste nouvelle a été confirmée par Radio Maria Rwanda et Pacis TV, suscitant une vive émotion au sein de la communauté chrétienne rwandaise.

    Dans toutes les paroisses du pays, une sirène a retenti pour annoncer officiellement la disparition du souverain pontife. En réaction, le cardinal Antoine Kambanda a appelé les fidèles à observer une période de deuil solennelle, en hommage à celui qui fut le chef spirituel de l’Église universelle.

    Antoine Cardinal Kambanda

    La communauté catholique du Rwanda se joint ainsi à l’Église universelle dans le deuil, la prière et l’espérance. Le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali, a publié un communiqué officiel invitant les fidèles à se recueillir dans toutes les églises du pays. Il a également demandé l’organisation de messes spéciales à la mémoire du Saint-Père, en signe de gratitude pour sa vie et son ministère au service de Dieu et de l’humanité.

    Dans son message de condoléances, le président de la République, Son Excellence Paul Kagame, a déclaré: “Nous sommes attristés par le décès de Sa Sainteté le pape François, une voix morale empreinte de compassion, d’humilité et de solidarité à l’échelle mondiale. Son leadership a été marqué par une reconnaissance sincère de l’histoire de l’Eglise au Rwanda, ouvrant la voie à une nouvelle ère de relations fructueuses entre l’Eglise catholique et notre nation — une ère fondée sur la vérité, la réconciliation et un engagement commun pour le bien-être du peuple rwandais. Au nom du peuple rwandais et en mon nom personnel, j’adresse mes sincères condoléances à l’Église catholique et à tous les catholiques du monde entier.”

    Le Vatican a annoncé que les funérailles du pape François auront lieu le samedi 26 avril 2025 à 10 heures, premier jour de la neuvaine. La messe des funérailles sera célébrée sur le parvis de la basilique Saint-Pierre.

    A l’issue de la cérémonie, le cercueil du pontife sera transporté dans la basilique Saint-Pierre, puis conduit à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour l’inhumation, conformément aux rites traditionnels du Saint-Siège.

  • Le génocide à Munyaga : Tuer les Tutsi, voler et manger leurs vaches

    Le 7 avril 1994, le génocide perpétré contre les Tutsi avait déjà commencé dans les secteurs entourant celui de Kaduha, sur les collines de Munyaga. Ces secteurs comprenaient Nkungu et Rweru, qui faisaient partie de la commune Rutonde, ainsi que Gasetsa, de la commune Kigarama, au-delà des plantations de riz.

    Alors que le secteur de Kaduha restait encore calme, sans que les tueries n’y aient débuté, des maisons brûlaient déjà dans les environs, des cris de détresse et des pleurs retentissaient sur les collines, des Tutsi étaient tués, tandis que d’autres fuyaient vers des secteurs encore épargnés par les violences.

    L’une des cellules du secteur Kaduha, nommée Kabare, a été sensibilisée tôt en raison de sa proximité avec Nkungu et Rweru. Cette cellule comptait certains membres des milicies Interahamwe ayant reçu une formation pour tuer les Tutsi. Ces miliciens se sont rendus à Nkungu pour emprunter des morceaux de viande, promettant de les rembourser le jour où commenceraient les tueries chez eux, à Kaduha.

    C’est notamment ce genre d’idées qui ont poussé la cellule Kabare à prendre les devants, facilitant l’organisation d’un plan commun avec les secteurs de Nkungu et de Gasetsa pour lancer l’offensive sur Kaduha dans la matinée du mardi 12 avril 1994.

    Les Tutsi ont commencé à être tués ce jour-là. Leurs vaches ont été pillées et sauvagement abattues. A Kabare, les vaches pillées ont été rassemblées en un même lieu, et l’un des miliciens de la cellule Kababero, nommé Rukeratabaro, a crié fort en exigeant que la majorité des vaches soient attribuées à sa cellule, affirmant que c’est de là que venait le plus grand nombre. Sur le champ, un policier dirigeant les massacres dans la région de Munyaga, nommé Mugwaneza, lui a tiré dessus, le tuant parmi les vaches.

    Les massacres des Tutsi ont alors continué avec plus d’ampleur. Les Tutsi ont été tués et jetés dans des latrines, d’autres, leurs corps traînaient dans les rues. Le jour le plus meurtrier a eu lieu le dimanche 17 avril 1994, après que des attaques ont été lancées pour poursuivre les Tutsi réfugiés dans le secteur de Rutonde. C’est à cet endroit que se trouve aujourd’hui le site mémorial de Kaduha que les Tutsi ont été massacrés dans un fossé situé devant les bureaux de ce qui était alors le secteur, aujourd’hui bureau de la cellule Kaduha.

    Hon. Kanziza Epiphanie était l’invité d’honneur à Munyaga

    Le 17 avril 2025, lors de la 31e commémoration du génocide contre les Tutsi dans le secteur de Munyaga, la population a été appelée à continuer de préserver l’unité nationale. Les jeunes, quant à eux, ont été exhortés à valoriser les opportunités offertes par le pays, à participer à sa reconstruction et à éviter fermement l’idéologie génocidaire.

    Les sites mémoriaux disséminés à travers le pays témoignent de la cruauté avec laquelle le génocide a été perpétré. Dans le seul district de Rwamagana, on compte onze sites mémoriaux où reposent les corps des Tutsi victimes du génocide : Mwulire, Rwamagana-ville, Sovu, Rutonde, Gishari, Kaduha, Nkungu, Kabare, Muyumbu, Musha et Ruhunda.

    Le secteur de Munyaga compte deux mémoriaux, celui de Gishari également deux, tandis que le secteur de Kigabiro en abrite trois. Dans ce district de Rwamagana, on commémore aussi les Tutsi qui ont été tués et jetés dans les eaux des lacs Muhazi et Mugesera.

    Le site mémorial de Munyaga à Kaduha