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  • Alerte Pollution: La moto, principal pollueur de l’air au Rwanda

    L’Agence rwandaise de gestion de l’environnement (REMA) a officiellement lancé, le mercredi 23 juillet 2025, une campagne ayant pour thème « Air pur: Vies saines ».

    Les premiers messages publiés sur ses plateformes numériques est un rappel fort sur les dangers invisibles que représente la pollution de l’air, notamment celle causée par les automobiles:

    “Saviez-vous que les émissions des véhicules augmentent les risques d’asthme, de maladies cardiaques et de cancer du poumon?” (…) “Faits de santé concernant les particules fines (PM2,5) issues des véhicules: Ces minuscules particules sont invisibles, mais leur impact est grave : elles provoquent des problèmes respiratoires, des maladies cardiaques et même des décès prématurés.”

    Des études ont révélé des résultats alarmants

    Selon une étude menée par la REMA, les véhicules à essence et à diesel sont les principaux responsables de la pollution de l’air au Rwanda, les motos à elles seules représentant 40 % des émissions. Viennent ensuite la production d’énergie à base de bois ou de charbon aisni que les rejets industriels.

    Le ministère de la Santé alerte également: l’air pollué est devenu un problème majeur de santé publique, à l’origine de nombreuses maladies respiratoires telles que l’asthme, les cardiopathies et les cancers pulmonaires.

    Parmi les solutions proposées: favoriser l’usage de véhicules électriques ou hybrides, encourager la cuisson au gaz et intensifier la reforestation. Une innovation locale a aussi retenu l’attention: parmi d’autres initiatives, un dispositif installé sur les véhicules permettra de surveiller les émissions en temps réel.

    Alors que la population urbaine rwandaise continue de croître, le défi de la qualité de l’air devient plus pressant que jamais. La REMA appelle à une mobilisation collective pour faire de l’air pur une priorité nationale.

    Qu’en est-il sur le continent africain?

    Sur le continent, plusieurs pays africains, y compris le Rwanda, s’activent contre ce fléau. Le Maroc, le Ghana et le Nigéria imposent des contrôles techniques avec vérification des émissions, alignés sur les normes européennes EURO. La CEDEAO a, de son côté, interdit l’importation de véhicules ne respectant pas la norme EURO 4 depuis 2021.

    D’autres pays, comme la Tunisie et la Tanzanie, ont mis en place des réglementations similaires, bien que leur application reste inégale.

    En Afrique de l’Est, les efforts se poursuivent. Le Kenya a banni l’importation de voitures d’occasion de plus de huit ans, et l’Ouganda travaille à harmoniser ses normes avec le reste de la région, après avoir constaté un âge moyen élevé de son parc automobile: 16,5 ans pour les véhicules diesel.

  • Dr Justin Nsengiyumva nommé Premier Ministre: un économiste chevronné pour coordonner l’action gouvernementale

    Le Président Paul Kagame a nommé, le 23 juillet 2025, le Dr Justin Nsengiyumva au poste de Premier ministre. Il succède au Dr Edouard Ngirente, qui aura dirigé le gouvernement pendant huit années marquées par la stabilité et de profondes réformes. Cette transition à la tête de l’exécutif reflète une volonté de continuité dans la vision du pays, tout en y injectant une nouvelle énergie technocratique.

    Le nouveau Premier ministre a exprimé sa reconnaissance envers le chef de l’État :

    « Merci, Excellence Paul Kagame, pour votre confiance renouvelée. Je suis profondément honoré, touché et reconnaissant. Je m’engage à vous servir, vous et le Rwanda, avec humilité et dévouement, sous votre leadership et vos orientations. J’accepte pleinement la responsabilité qui m’est confiée et je reste déterminé à faire avancer nos priorités nationales avec intégrité et détermination. Je donnerai tout ce que j’ai en moi pour vous aider à réaliser votre grande vision pour ce pays. Merci infiniment. »

    Qui est le nouveau Premier Ministre ?

    Dr Nsengiyumva n’est pas un inconnu des sphères administratives et économiques du Rwanda. Il était jusque-là Vice-Gouverneur de la BNR depuis sa nomination en février 2025. Il était depuis avril 2016 conseiller économique principal au Office of Rail and Road (Autorité de régulation des chemins de fer et des routes) du gouvernement britannique. Auparavant, il a travaillé comme économiste au ministère britannique du Travail et des Retraites d’avril 2015 à mars 2016.

    Au Rwanda, il a occupé des postes dans la fonction publique, notamment secrétaire permanent au ministère de l’Éducation (de mars à novembre 2008) et secrétaire permanent au ministère du Commerce et de l’Industrie (de juin 2005 à mars 2008).

    Dr Nsengiyumva est titulaire d’un doctorat en économie appliquée de l’Université de Leicester, où ses recherches ont porté sur le développement financier, la propriété gouvernementale des banques et les flux de capitaux étrangers. Il détient également un master en politique économique et gestion de l’Université de Nairobi, ainsi qu’une licence en commerce de l’Université catholique d’Afrique de l’Est.

    Ces expériences, tant locales qu’internationales, dans les domaines de l’éducation, du commerce, de la gouvernance communautaire et de la régulation économique, confèrent au nouveau Premier Ministre une perspective à la fois nationale et globale sur les défis du développement durable et de l’inclusion sociale.

    Le parcours remarquable du Dr Edouard Ngirente

    Dr Edouard Ngirente laisse derrière lui un bilan solide après huit années à la primature. Économiste reconnu, il a été nommé Premier ministre en août 2017, après une brillante carrière à la Banque mondiale où il occupait le poste de conseiller principal. Durant les huit ans, le Rwanda a connu une croissance soutenue, une réforme profonde des services publics et une exécution méthodique de la Stratégie Nationale de Transformation (NST1).

    Dr Ngirente Edouard Premier Ministre du Rwanda (2017-2025)

    Le gouvernement a marqué des avancées notables dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’industrialisation légère, de la bonne gouvernance et de la digitalisation. Le Dr Ngirente s’est également distingué par sa gestion rigoureuse de la crise du COVID-19, assurant une réponse cohérente et équilibrée, qui a permis au pays de maintenir la stabilité sociale et économique dans un contexte mondial difficile.

    Son approche a toujours été guidée par les résultats, la responsabilité publique et l’alignement stratégique avec la Vision 2050. Il quitte ses fonctions en laissant un appareil renforcé et une économie résiliente.

    Remerciant le Président Kagame, Dr Ngirente a déclaré :

    “Je vous remercie sincèrement, Excellence Monsieur le Président de la République Paul Kagame pour la confiance que vous m’avez témoignée en me confiant les responsabilités de Premier Ministre ces huit dernières années. Ce fut un parcours riche d’enseignements. Excellence Monsieur le Président de la République, je vous suis reconnaissant pour cette opportunité que vous m’avez offerte de servir notre pays et pour le soutien constant que vous m’avez apporté tout au long de ce parcours. Vous avez été pour moi un modèle. Je serai toujours fier de la confiance que vous m’avez accordée.”

    Qu’attendre du Dr Justin Nsengiyumva ?

    La nomination du Dr Nsengiyumva intervient à un moment où le Rwanda aborde une nouvelle phase de son développement, avec des attentes fortes en matière de performance gouvernementale, d’innovation et de croissance inclusive. Son profil technocratique, allié à une connaissance intime de la gouvernance publique et des dynamiques communautaires, fait de lui un Premier ministre au potentiel stratégique élevé.

    On attend de lui une impulsion nouvelle dans l’exécution de NST2 et dans l’accélération de la Vision 2050, notamment à travers l’amélioration de la qualité des services publics, la promotion de la transformation industrielle, la création d’opportunités pour les jeunes et le renforcement du tissu entrepreneurial. Sa capacité à naviguer entre expertise technique et engagement communautaire pourrait également permettre un rapprochement plus direct entre les politiques nationales et les besoins réels des populations, s’accordant bien avec le slogan « Le citoyen en priorité ».

    Avec cette nomination, le gouvernement rwandais réaffirme son attachement à une gouvernance moderne, professionnelle et orientée vers les résultats. Le Dr Nsengiyumva incarne ainsi la continuité d’une stabilité institutionnelle, tout en annonçant une dynamique renouvelée dans la conduite des affaires publiques.

    Par Fulgence Niyonagize

  • Paradoxe de Kinshasa: la RDC signe des accords qu’elle renie aussitôt

    Par Marie Sédoine Baraka

    Si la RDC signe des engagements qu’elle renie dès que les projecteurs s’éteignent, des questions cruciales se posent: Qui peut savoir ce que veut réellement la RDC? Quels sont les véritables objectifs de la RDC ?

    En diplomatie internationale, la cohérence n’est pas seulement une vertu, elle est une nécessité. Pourtant, la République Démocratique du Congo (RDC) continue de dérouter les observateurs et de saboter les efforts internationaux en signant des accords de paix,  pour ensuite les renier presque aussitôt. Le dernier exemple en date : la Déclaration de principes de Doha, un texte porteur d’espoir pour une désescalade des tensions et un début de dialogue. Mais à peine l’encre était-elle sèche que des figures majeures de Kinshasa, notamment Patrick Muyaya et Shabani Lukoo,  se sont déjà mis à en déformer le contenu et l’esprit.

    Ce comportement est devenu tristement habituel. Alors que des acteurs internationaux et régionaux,  des États-Unis à l’Union africaine, en passant par l’EAC et la SADC, multiplient les initiatives pour trouver une paix durable en RDC, Kinshasa, elle, se replie sur une propagande interne et une stratégie de désignation de boucs émissaires. Le double langage des autorités congolaises, un discours destiné à l’opinion nationale, un autre pour l’audience internationale, soulève une question de fond.

    A Doha, Shabani Lukoo, envoyé du régime, a d’abord présenté la déclaration comme un progrès diplomatique, déclarant que «le Rwanda est l’une des causes profondes de l’insécurité en RDC», et que l’avoir identifié représentait «un pas en avant». Mais quelques heures plus tard, sur TOP Congo, il changeait de ton, minimisant le contenu réel du texte et réaffirmant la ligne dure de Kinshasa, centrée sur l’accusation systématique du Rwanda.

    Ce retournement n’est pas une simple confusion : c’est une stratégie délibérée de sabotage. La Déclaration de Doha reconnaît en effet toutes les parties, y compris l’AFC/M23, comme des acteurs congolais légitimes engagés dans la restauration de la paix et la protection des civils. Une vérité inacceptable pour le régime de Tshisekedi, qui qualifie depuis longtemps ces groupes de «terroristes» ou de marionnettes rwandaises.

    La tactique est claire: l’obsession anti-rwandaise sert de rideau de fumée pour éviter les responsabilités et torpiller tout processus de dialogue. Ce discours est éculé, mais il reste utile, du moins pour l’opinion publique interne. A l’international, cependant, la manœuvre commence à lasser. De plus en plus d’observateurs voient clair dans ce double jeu.

    Et les conséquences sont réelles. Dans les zones contrôlées aujourd’hui par l’AFC/M23, on rapporte un retour relatif à la stabilité: routes rouvertes, tensions ethniques apaisées, administration locale restaurée. Qu’on approuve ou non la méthode, le contraste est frappant avec les zones sous contrôle gouvernemental, souvent marquées par le chaos et la répression.

    Comme l’a écrit l’ancien haut fonctionnaire onusien Nasser Ega Musa : «Les racines de la tragédie congolaise actuelle ne se trouvent pas à l’extérieur du pays, et certainement pas au Rwanda.» Ce constat dérangeant est partagé par des chercheurs et des activistes qui, en février, ont appelé l’ONU à regarder au-delà du Rwanda pour s’attaquer aux véritables causes internes de la crise. Mais les hommes de Tshisekedi ont fait la sourde oreille, préférant s’accrocher à une rhétorique de haine pour masquer leurs échecs.

    La Déclaration de Doha ouvre pourtant une voie: dialogue, autorité partagée, réformes fédérales. Mais le régime semble prêt à étouffer cet espoir sous des mensonges et de la haine. Car si les Congolais venaient à comprendre que leur véritable ennemi n’est peut-être pas Kigali, mais l’incompétence de leurs propres dirigeants, le dernier rempart de Tshisekedi tomberait. Et c’est bien cela que le régime redoute le plus.

    Tant que Kinshasa ne réconciliera pas ses discours publics avec ses engagements diplomatiques, la paix restera un mirage, douloureusement proche, mais toujours hors de portée.

  • A Kimihurura, la première grande roue de Kigali entre en orbite

    D’ici la fin de 2025, les visiteurs de Kigali pourront admirer la toute première grande roue de 55 m de hauteur: la Kigali Sky Wheel. Ce projet marque un autre ajout dans le développement du secteur touristique et l’offre de divertissement local.

    Selon The New Times, cette roue en cours de construction, estimée à 2,7 millions de dollars, sera érigée à 55 mètres de hauteur, dans le complexe Inzovu Mall, à Kimihurura, juste à côté du Kigali Convention Centre.

    La nouvelle grande roue sera équipée de plusieurs cabines passagers (gondoles) et proposera aux utilisateurs une balade de 15 à 20 minutes au-dessus de la ville, offrant des vues spectaculaires sur les collines verdoyantes et le paysage urbain de Kigali.

    Outre les rotations en journée, la grande roue offrira des spectacles lumineux nocturnes, la vente de merchandising, souvenirs, snacks et boissons, des espaces photo ludiques, et même la possibilité d’organiser des événements privés.

    Au-delà de l’aspect divertissement, ce site offrira également un support publicitaire premium, permettant aux marques et entreprises d’acquérir des droits de partenariat publicitaire.

    Le projet est initié par Kigali Ferris Wheel Limited, société dirigée par Moses Umugisha Gashirabake, qui souligne que les grandes roues sont des attractions emblématiques: elles renforcent le caractère urbain, attirent les touristes et génèrent des opportunités économiques tout en s’intégrant harmonieusement dans le paysage urbain.

    Selon Gashirabake, la Sky Wheel est en phase avec la vision nationale de positionner Kigali comme pôle de tourisme, conférences et événements internationaux.

    Kigali a déjà été classée troisième destination africaine préférée des voyageurs en 2024, selon Travel + Leisure.

    La maquette de cette attraction touristique se révèle

  • Le lancement de la Ligue Rwandaise 2025/26 est prévu au weekend du 19 au 21 septembre 2025

    D’après une source proche de la radio Isango Star, la saison 2025–2026 de la Ligue Rwandaise (Rwanda Premier League), initialement prévue pour débuter le 15 août 2025, a été reportée au weekend du 19 au 21 septembre 2025. Ce retard d’environ un mois est motivé par la concentration d’événements majeurs impliquant les plus grands clubs du pays et la sélection nationale.

    Parmi les rendez-vous clés impactant ce report:

    • 15 août : Rayon Sports affrontera au stade Amahoro Yanga SC (de la Tanzanie) à l’occasion de la journée Rayon
    • 17 août : APR FC se mesurera à Simba SC (de la Tanzanie)
    • 23 août : APR FC jouera contre le Kaizer Chiefs (Afrique du Sud)
    • 25 août : lancement de la préparation des Amavubi en vue des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026
    • 6 septembre : match de qualification Nigeria vs Rwanda à UYO (Journée 7);
    • 9 septembre : Zimbabwe contre Rwanda en match retour (Journée 8, Afrique du Sud)
    • 13 septembre 2025: Super Coupe — APR FC vs Rayon Sports
    • 19–21 septembre 2025: Lancement officiel de la Premier League 2025–2026

    Ce report offre aux clubs et à la fédération le temps nécessaire pour se préparer à un début de championnat plus harmonieux, tout en respectant les engagements internationaux et amicaux lourds de sens pour le football rwandais.

  • Deux candidatures pour la présidence de la FERWAFA: Shema Fabrice vs Walter Hunde

    Deux candidats se sont portés candidats à la présidence de la Fédération Rwandaise de Football (FERWAFA): Fabrice Ngoga Shema, président actuel de l’AS Kigali, et Walter Hunde Rubegesa, ancien dirigeant du club Rugende FC.

    Candidature de Shema Fabrice

    Fabrice Shema a soumis une équipe diversifiée et structurée pour l’accompagner s’il est élu:

    • Richard Mugisha occupera le poste de premier vice‑président,
    • Claudine Gasarabwe sera deuxième vice‑présidente,
    • Thierry Nshuti sera commissaire aux finances,
    • Désiré Niyitanga prendra en charge les compétitions,
    • Nikita Gicanda sera responsable du football féminin,
    • Me Louise Ndengeyingoma s’occupera des affaires juridiques,
    • Lt Col Hubert Mutsinzi dirigera la commission médicale,
    • Louis Hakizimana sera en charge de l’arbitrage.

    Cette équipe reflète un effort d’équilibre entre expertise technique, gestion administrative, et promotion du football féminin.

    Candidature de Walter Hunde Rubegesa

    Walter Hunde propose, pour sa part, une ticket axé sur la continuité, avec des personnalités déjà expérimentées dans la précédente mandature:

    • Ancille Munyankaka sera premier vice‑présidente,
    • Vedaste Ngendahayo, deuxieme vice‑président,
    • Chantal Niwemugeni s’occupera des finances,
    • Saidati Mukanoheli sera commissaire au football féminin,
    • Jean D’Amour Nsengimana dirigera les affaires juridiques,
    • Dr Émile Tuyishime prendra en charge les aspects médicaux,
    • Louis Rurangirwa sera chargé de l’arbitrage,
    • Amani Turatsinze dirigera les compétitions,
    • Hamdan Habimana sera commissaire technique et développement.

    Ses collaborateurs sont largement issus de la dernière équipe dirigeante, soulignant un choix de stabilité et d’expérience.

    Au final, deux visions s’affrontent: Shema propose une équipe renouvelée et équilibrée, tandis que Hunde privilégie la continuité et l’expérience.

    • Les candidatures seront officiellement validées le 25 juillet 2025
    • L’élection se tiendra le 30 août 2025.
  • Il est possible de prévenir la violence pour bâtir une paix durable — entretien avec Ngoma King de La Benevolencija

    Par Anastase Rwabuneza

    La Benevolencija, une ONG internationale active dans la région des Grands Lacs, œuvre pour transformer les comportements individuels et collectifs à travers une approche combinant médias, dialogue communautaire et théorie psychologique. Cet engagement permet aux individus et aux communautés de devenir acteurs du changement social.

    Le journaliste de La Une, Anastase Rwabuneza, a rencontré M. Ngoma King, coordinateur des programmes Outreach de La Benevolencija, pour explorer les enjeux de cohabitation pacifique, de lutte contre les discours haineux et d’impact des initiatives soutenues principalement par les Pays‑Bas au Rwanda, au Burundi et en RDC.

    Présentez‑vous aux lecteurs et décris votre rôle à La Benevolencija?

    Je m’appelle Ngoma King. Je suis coordonnateur des programmes Outreach à La Benevolencija. Mon rôle consiste à concevoir et superviser les projets opérationnels destinés à prévenir les violences psychologiques au sein des populations de la région des Grands Lacs.

    Quelle est la mission principale de La Benevolencija, notamment au Rwanda?

    Notre mission est d’outiller les individus et les communautés afin qu’ils puissent prévenir le processus psychologique menant à la violence. Nous partons du postulat que la violence est un continuum psychologique qu’il est possible d’interrompre en influençant ses déclencheurs.

    Quelles sont les actions que vous déployez pour promouvoir la paix entre les communautés?

    Nos interventions s’articulent autour de deux axes. Le premier est le programme médias. Nous réalisons des feuilletons radiophoniques comme Musekeweya au Rwanda, Murikira Ukuri au Burundi et Kumbuka Kesho dans l’est de la RDC. Musekeweya, diffusé depuis 2004, est reconnu comme un pilier de la réconciliation post‑génocide au Rwanda, en aidant les auditeurs à déconstruire les préjugés et à transformer leurs perceptions. Nous produisons également des sketches tels que Kombo Taxi, diffusés dans plusieurs pays pour illustrer les dynamiques transfrontalières. En complément, nous animons des débats radio communautaires et avons lancé un forum en ligne intitulé «Non aux discours de haine».

    Le second axe, appelé Outreach Program, concerne les activités de terrain. Nous organisons des dialogues communautaires, nationaux et transfrontaliers, réunissant des personnes actives dans les échanges frontaliers. Nous réalisons des College Tours dans les universités de la région et mettons en place des initiatives de théâtre participatif et des campagnes culturelles impliquant des acteurs du Rwanda, du Burundi et de la RDC. Nous collaborons aussi avec des journalistes travaillant près des frontières pour documenter les incidents.

    Comment renforcez‑vous la résilience des populations face à la désinformation et aux discours haineux?

    A travers nos programmes radio nous diffusons des messages accessibles à toutes les couches sociales, via des formats vulgarisés tels que des feuilletons et des sketches. Ces formats encouragent un engagement émotionnel et cognitif. Par ailleurs, nos espaces de dialogue communautaire impliquent toutes les composantes sociales afin de déconstruire collectivement la désinformation. Nous organisons régulièrement des séances de restitution avec les autorités nationales et locales dans les trois pays de la région des Grands Lacs pour présenter les processus participatifs menés avec les communautés et les recommandations émises par les agents de changement.

    La région des Grands Lacs connaît des défis sécuritaires majeurs. Comment La Benevolencija adapte‑t-elle ses actions à ces contextes sensibles?

    Nous concevons nos programmes pour qu’ils s’ajustent précisément à la réalité régionale. Les dynamiques sécuritaires et les tensions constituent des facteurs clés du processus psychologique menant à la violence. Nous maintenons une posture neutre et apolitique, ce qui permet à toutes les communautés de la région de s’identifier facilement à notre approche. Lorsque les frontières sont fermées et empêchent les rencontres physiques, nous activons notre stratégie dite «sensible aux conflits», organisant des sessions parallèles dans chaque pays, reliées par visioconférence. Cette méthode garantit la continuité du dialogue tout en préservant la sécurité des participants.

    Quel rôle jouent les médias, notamment la radio, dans votre stratégie?

    Les médias sont essentiels pour deux raisons. Premièrement, ils permettent d’atteindre un public large, souvent plus réceptif aux messages diffusés sur les médias classiques et sociaux. Deuxièmement, ils constituent un outil efficace de plaidoyer. Les médias permettent d’alerter les autorités sans nécessiter de rencontres physiques.

    Comment impliquez‑vous les communautés locales dans vos projets?

    Nous veillons à ce que toutes les couches sociales soient représentées équitablement. Nos feuilletons radiophoniques mettent en scène des personnages diversifiés. Nos dialogues de terrain incluent toutes les catégories de la population dans des discussions nationales et transfrontalières.

    Comment favorisez‑vous le dialogue citoyen au-delà des frontières?

    Dans nos feuilletons, les personnages incarnent différentes nationalités et attitudes, suscitant l’identification et le débat. Dans nos activités de terrain, des dialogues concrets réunissent les communautés concernées par des enjeux à traiter au niveau national ou transfrontalier. Cette approche traduit la fiction en réalité participative.

    Avez‑vous observé des effets tangibles grâce aux interventions de La Benevolencija?

    Au niveau national, le feuilleton Musekeweya a largement contribué à la réconciliation au Rwanda. Murikira Ukuri et Kumbuka Kesho ont eu un impact comparable au Burundi et en RDC. Grâce au programme de terrain, nous avons formé des «agents de changement» qui diffusent localement les messages de paix de manière durable. A l’échelle régionale, le sketch Kombo Taxi favorise l’identification mutuelle entre Burundais, Rwandais, Congolais et Ougandais. Des comités transfrontaliers continuent de fonctionner malgré les tensions, maintenant le lien entre populations frontalières.

    Quel message souhaitez‑vous transmettre au public concernant l’importance de la paix et de la cohésion dans la région des Grands Lacs?

    La violence naît d’un processus psychologique alimenté par des facteurs du quotidien. Il est possible non seulement d’y résister, mais aussi de l’interrompre. Engageons‑nous chacun à mettre fin à ce processus et à affronter pacifiquement les conséquences des violences passées.

  • Mémoire du génocide contre les Tutsi: le ministre Bizimana répond aux négationnistes

    Une vive controverse agite actuellement le réseau social X, opposant le Dr Jean Damascène Bizimana, ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, à Ally Youssuf Mugenzi, ancien journaliste de la BBC Kinyarwanda. Au cœur de cet échange tendu : la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, que certains exilés rwandais, dont Jean Luc Habyarimana, fils de l’ancien président, s’efforcent encore de réviser ou de nier.

    Dans une série de publications argumentées, le ministre Bizimana a fermement dénoncé ces discours négationnistes. Il s’est appuyé sur des faits historiques documentés pour rappeler le rôle central de l’Akazu, un cercle restreint de proches du président Juvénal Habyarimana, dominé par sa famille, notamment son épouse Agathe Kanziga.

    Se référant à l’ouvrage de François Misser Vers un Nouveau Rwanda (Éd. Luc Pire/Karthala, 1995, p. 82–84), Bizimana a rappelé que:

    « Le terme Akazu désigne le groupe extrêmement proche de la famille du président Habyarimana, particulièrement son épouse Agathe Kanziga, qui exerçait une influence considérable sur la vie politique et économique du pays. »

    Parmi les figures clés de ce réseau, le ministre cite Séraphin Rwabukumba, beau-frère de Mme Habyarimana, et Ildephonse Gashumba, son neveu, tous deux nommés à la Banque nationale du Rwanda. Rwabukumba dirigeait également La Centrale, une société en charge du commerce extérieur, bénéficiant d’un accès direct aux devises de la banque centrale.

    L’Akazu contrôlait également les filières stratégiques d’exportation: Enoch Ruhigira supervisait le commerce du café à la Présidence, tandis que Michel Bagaragaza gérait celui du thé. Ces revenus, selon Bizimana, auraient largement contribué au financement du génocide contre les Tutsi. Bagaragaza a d’ailleurs plaidé coupable devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

    L’influence du clan s’étendait aussi au secteur privé, notamment dans des sociétés comme KIPHARMA, AGROTEC, NAHV, ETIRU, ainsi que dans des établissements de luxe comme l’hôtel-restaurant Rebero L’Horizon ou le Kigali Night Club.

    Le ministre a également cité le témoignage de Jean-Jacques Vandenberghe, ingénieur belge ayant travaillé à la SOMIRWA (Société des Mines du Rwanda), qui attribue la chute de l’industrie minière à la mauvaise gestion de l’Akazu. Il met en cause Protais Zigiranyirazo, frère de Kanziga, accusé d’avoir orchestré un vaste trafic de tungstène à Bugarama avec la complicité du ministère des Finances.

    Plus troublant encore, le journaliste d’investigation Nicky Gordon affirme que la primatologue américaine Diane Fossey aurait été assassinée pour avoir refusé de participer aux trafics d’animaux sauvages, notamment de gorilles, dirigés par le même réseau. Fossey aurait également menacé de révéler des trafics d’or menés par Zigiranyirazo, figure centrale du redouté Réseau Zéro, connu pour ses méthodes brutales et son impunité.

    Après trois décennies d’influence néfaste, l’Akazu est aujourd’hui reconnu comme l’un des moteurs principaux du génocide de 1994, le dernier du 20ᵉ siècle. Le Dr Bizimana a condamné avec force les tentatives actuelles de réhabilitation de figures telles que Habyarimana, Kanziga et Zigiranyirazo, qualifiant ces efforts de « dérive extrêmement dangereuse ».

    « Ils sont d’ores et déjà vaincus », a-t-il conclu.

  • Déclaration de Doha: vers un cessez‑le‑feu historique entre Kinshasa et le M23

    Par Anastase Rwabuneza

    Dans une avancée diplomatique majeure, le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 ont signé samedi 19 juillet 2025 à Doha une Déclaration de Principes, fruit de trois mois de négociations directes facilitées par le Qatar et de cinq rondes de dialogue inédites depuis la résurgence de la rébellion en 2021.

    Le document, signé au nom de la RDC par Sumbu Sita Mambu, émissaire du Président Félix Tshisekedi, et au nom de l’AFC/M23 par son Secrétaire général, Benjamin Mbonimpa, en présence du ministre d’État qatari chargé des Affaires étrangères, consacre l’engagement des deux parties à rechercher une solution pacifique au conflit par la voie diplomatique et la négociation, dans le respect des principes de la Constitution congolaise, de la Charte de l’Union africaine, de la Charte des Nations unies et du droit international.

    Cette déclaration engage l’adoption exclusive de voies pacifiques pour résoudre la crise , la mise en œuvre immédiate d’un cessez‑le‑feu bilatéral, accompagné de mécanismes pratiques, la libération immédiate des prisonniers, la facilitation du retour volontaire, en toute sécurité, des déplacés internes et réfugiés dans leurs zones d’origine ainsi que le traitement des causes profondes du conflit lors d’une seconde phase de dialogue.

    Le porte‑parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a souligné que cette declaration constitue  « plusieurs engagements clairs en faveur de la paix, de la protection des civils et de la souveraineté nationale », et qu’ils « ouvrent la voie à un accord de paix global d’ici quelques jours visant à mettre fin durablement au conflit dans l’Est de la RDC ».

    Les deux parties réaffirment l’interdiction de toute attaque, qu’elle soit aérienne, terrestre, maritime ou lacustre, ainsi que la lutte contre la propagande haineuse et toute tentative de prise de position par la force. Elles reconnaissent également l’objectif fondamental de rétablissement intégral de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

    Le Rwanda félicite l’accord de principes entre la RDC et le M23

    Le gouvernement rwandais a salué les principes menant à l’accord de paix auxquels sont parvenus les autorités de la République démocratique du Congo et l’alliance AFC/M23. Il a souligné que la publication de ces principes constitue une avancée majeure vers la paix dans l’Est de la RDC, en s’attachant à résoudre les conflits à leur source.

    « La proclamation de ces principes à Doha aujourd’hui représente une avancée significative pour résoudre les conflits dans l’Est de la RDC par la voie pacifique, en s’attaquant aux causes profondes des conflits et en restaurer la paix et la stabilité dans la région », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

    Le gouvernement rwandais a exprimé sa gratitude à l’égard du Qatar et des États-Unis pour leur rôle déterminant dans l’aboutissement de cette étape, saluant l’initiative de l’Union africaine et appelant à la poursuite des discussions de paix.

    “Nous devrions tous soutenir cet élan jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Le Rwanda est prêt à continuer à contribuer à une paix durable et au développement économique dans la région des Grands”

    Les premières tensions émergent dès la signature

    Cet accord de principe, salué comme un premier pas vers la paix, révèle déjà les premières difficultés d’interprétation et d’application. Malgré l’optimisme, les critiques ne se sont pas fait attendre. Patrick Muyaya a insisté sur le ‘‘retrait non négociable de l’AFC/M23 des zones occupées’’, suivi par le rétablissement des institutions étatiques (FARDC, PNC, justice, administration).

    En réaction, Lawrence Kanyuka, porte‑parole du M23, a dénoncé ce qu’il appelle « une campagne de désinformation ». Selon lui, « nulle part il n’a été demandé à l’AFC/M23 de se retirer des zones libérées », rappelant que la clause vise à « restaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire », reconnaissant implicitement l’absence actuelle d’autorité dans certaines zones.

    Bertrand Bisimwa, représentant de l’AFC/M23, a précisé que l’accord vise non au retrait, mais à la mise en place de « mécanismes de capacitation de l’État, pour lui permettre d’assumer pleinement ses prérogatives et obligations ».

    La déclaration prévoit que sa mise en œuvre soit effective immédiatement, ou au plus tard le 29 juillet 2025, en vue de sceller un accord de paix définitif d’ici le 8 août 2025. Ce texte s’inscrit également dans la continuité de l’accord de paix signé entre le Rwanda et la RDC à Washington D.C. le 27 juin dernier.

  • Mukura VS accueille l’attaquant Mutsinzi Patrick en provenance des Emirats arabes unis

    Mukura Victory Sports vient d’annoncer la signature officielle de Mutsinzi Patrick, en provenance du Masfout Club aux Emirats arabes unis.

    Cet attaquant talentueux, reconnu pour son efficacité devant les buts, rejoint le club jaune et noir avec la réputation de meilleur buteur dans son ancien championnat. Son arrivée marque un renfort de poids pour l’effectif de Mukura VS, qui ambitionne de jouer les premiers rôles lors de la prochaine saison de championnat.

    Le club n’a pas caché sa satisfaction: «Bienvenue à notre nouveau goleador, Mutsinzi Patrick!», a écrit Mukura VS sur ses réseaux sociaux.

    Avec son expérience internationale et son sens du but affûté, Mutsinzi Patrick est attendu comme un véritable atout offensif pour le club de Huye et un challenge pour les clubs rivaux.

    Entre-temps, Mukura Victory Sports a déjà entamé les séances d’entraînement, en pleine préparation pour la prochaine saison.