Seuls 44 % des enfants de moins de 2 ans au Rwanda reçoivent une alimentation respectant la diversité alimentaire minimale recommandée

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Le retard de croissance recule mais 11 districts restent en alerte

Lors de la 5ᵉ Conférence nationale sur le développement de la petite enfance (ECD), organisée par l’Agence nationale de développement de l’enfant (NCDA), Dr Aline Uwimana, Chef de Division en santé maternelle, infantile et communautaire au Centre Biomédical du Rwanda (RBC), a présenté une analyse approfondie de la situation du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans, à partir des résultats de l’Enquête démographique et de santé 2025 (DHS-7).

Les données révèlent une baisse notable du retard de croissance au niveau national, passant de 33 % en 2020 à 27 % en 2025. Toutefois, plusieurs districts continuent d’enregistrer des taux préoccupants, appelant à des réponses ciblées et coordonnées.

De fortes disparités entre les districts

Selon la DHS-7, 11 districts affichent encore des taux de retard de croissance supérieurs à 30 %, dont plus de la moitié se situent dans la Province de l’Ouest. Bien que plusieurs districts de cette province aient enregistré une baisse significative, ces niveaux restent élevés selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Par ailleurs, quatre districts — Kicukiro, Gatsibo, Gisagara et Karongi — ont connu une augmentation du retard de croissance entre 2020 et 2025. Cette évolution est particulièrement préoccupante, d’autant plus que Kicukiro et Gatsibo figurent parmi les zones les moins touchées par l’insécurité alimentaire et la pauvreté, ce qui souligne la complexité des facteurs en jeu.

Deux autres districts, Kirehe et Rusizi, n’ont enregistré aucun changement durant la même période, soulevant des questions sur l’efficacité et la portée des interventions nutritionnelles mises en œuvre.

Alimentation infantile: des pratiques encore insuffisantes

La situation alimentaire des jeunes enfants demeure un défi majeur. D’après la DHS-7 :

  • 25,5 % des enfants âgés de 6 à 23 mois consomment des aliments malsains ;
  • 34 % boivent des boissons sucrées, ce qui accroît les risques de malnutrition ;
  • Seuls 44 % reçoivent une alimentation respectant la diversité alimentaire minimale recommandée ;
  • En revanche, 82 % des nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement, un indicateur encourageant pour la santé infantile.

 Ces résultats montrent que, malgré certains progrès, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour promouvoir des pratiques alimentaires saines et adaptées dès le plus jeune âge.

Pauvreté, éducation et santé: des facteurs étroitement liés

Le retard de croissance est fortement associé au niveau d’instruction de la mère: les enfants de femmes sans éducation formelle sont beaucoup plus exposés que ceux dont les mères ont fréquenté l’école.

De même, la pauvreté demeure un facteur déterminant: 40 % des enfants issus des ménages les plus pauvres sont touchés, contre seulement 9 % dans les ménages les plus riches.

Le phénomène augmente généralement avec l’âge durant les premiers mois de vie et atteint son pic entre 20 et 22 mois, notamment après la période de sevrage.

À cela s’ajoutent des facteurs structurels tels que l’insécurité alimentaire, qui touche 21 % des ménages, la mauvaise nutrition maternelle pendant la grossesse, ainsi que les infections répétées liées à des pratiques inadéquates d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

Cependant, les analyses montrent que la relation entre pauvreté, insécurité alimentaire et retard de croissance n’est pas automatique. Certaines zones à faible pauvreté affichent malgré tout des taux élevés, ce qui indique que l’amélioration du niveau de vie, bien que nécessaire, n’est pas suffisante sans des interventions nutritionnelles ciblées et durables.

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