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  • Kwibuka 32: “Le Rwanda a été libéré par des jeunes qui ont risqué leur vie” – Jeannette Kagame confie à la nouvelle génération la mission de préserver l’unité

    Plus de 2 000 jeunes venus des quatre coins du Rwanda se sont réunis ce samedi à Intare Conference Arena de Rusororo, dans le district de Gasabo, à l’occasion de l’édition annuelle “Igihango cy’Urungano”, placée cette année sous le thème: “Jeunesse, combattons l’idéologie du génocide, renforçons l’unité et la resilience”.

    Organisée dans le cadre des activités Kwibuka 32, cette rencontre nationale rend hommage aux jeunes victimes du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 tout en invitant la nouvelle génération à réfléchir à son rôle dans la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la mémoire historique.

    Ce n’est pas seulement un forum de dialogue, c’est un moment de recueillement

    Prenant la parole devant l’assemblée, la Première Dame, Jeannette Kagame, a souligné que cette rencontre dépasse le simple cadre des échanges.

    “Ce n’est pas un forum où l’on vient seulement discuter. C’est aussi un moment pour honorer la mémoire de ceux que nous avons perdus, renouveler notre engagement et protéger l’unité que nous avons reconstruite”, a-t-elle déclaré.

    Trente-deux ans après l’arrêt du génocide contre les Tutsi, elle a estimé que de tels espaces demeurent indispensables. Selon elle, les idéologies de haine qui ont été inculquées pendant des décennies ne disparaissent pas spontanément; leur déconstruction exige du temps, de l’engagement et un travail constant sur les mentalités.

    La Première Dame est revenue sur les racines historiques des divisions qui ont conduit le pays à la tragédie, rappelant notamment l’héritage de la politique coloniale du “diviser pour mieux régner”. Elle a invité les jeunes à s’interroger sur les causes profondes qui ont conduit le Rwanda jusqu’au génocide, mais aussi sur les moyens de protéger les générations futures contre l’idéologie génocidaire.

    Résister aux discours de haine et aux récits déformés

    Dans son intervention, Jeannette Kagame a également mis en garde contre les discours de négationnisme et les tentatives de manipulation de l’histoire qui circulent aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux.

    Les jeunes venus des quatre coins du Rwanda et des hauts dirigeants se sont rassemblés pour l’édition annuelle du forum de la jeunesse. – Photo © Office of the First Lady, 30 Mai 2026.

    Elle a exhorté les jeunes à faire preuve d’esprit critique face à ceux qui cherchent à déformer la réalité du Rwanda ou à présenter comme mensongers les progrès réalisés par le pays.

    “Vous connaissez le Rwanda d’aujourd’hui, celui que beaucoup de ceux qui ont quitté le pays n’ont jamais connu. Comment pourrait-on vous convaincre que tout ce que vous voyez autour de vous n’est qu’un mensonge?”, a-t-elle interrogé.

    La Première Dame a reconnu que certains jeunes continuent d’être exposés, parfois au sein même de leurs familles, à des discours hérités de l’idéologie du génocide. Toutefois, elle les a appelés à ne jamais laisser l’attachement familial prendre le pas sur l’intérêt supérieur du pays.

    “L’amour de la famille ne doit jamais nous empêcher de choisir ce qui préserve le Rwanda, cette maison commune dans laquelle nous nous reconnaissons tous comme une seule famille”, a-t-elle affirmé.

    Le Rwanda a été libéré par des jeunes qui ont accepté de risquer leur vie

    Le message le plus fort de son allocution a sans doute été celui adressé directement à la jeunesse actuelle.

    Rappelant l’histoire de la libération du pays, Jeannette Kagame a souligné que les hommes et les femmes qui ont permis au Rwanda de retrouver la paix étaient eux-mêmes très jeunes lorsqu’ils ont pris la décision de s’engager.

    “Le Rwanda a été libéré par des jeunes et de très jeunes personnes qui, il y a 32 ans, ont fait des choix extrêmement difficiles, des choix qui pouvaient leur coûter la vie. Beaucoup sont effectivement tombés sur le champ de bataille afin que le Rwanda retrouve la paix”, a-t-elle déclaré.

    Face à cet héritage, elle a estimé que la jeunesse d’aujourd’hui porte à son tour une responsabilité historique.

    “Vous avez une mission importante”, a-t-elle insisté, invitant les jeunes à protéger les acquis du pays, à préserver la sécurité et la stabilité dont bénéficie le Rwanda et à poursuivre les efforts de développement dans tous les secteurs.

    Selon elle, la nouvelle génération possède désormais les moyens de bâtir une histoire encore plus inclusive, où chaque citoyen bénéficie des mêmes opportunités.

    “Ndi Umunyarwanda”  comme boussole pour l’avenir

    La Première Dame a également rappelé que l’initiative “Ndi Umunyarwanda” demeure un fondement essentiel du vivre-ensemble au Rwanda.

    Elle a exhorté les jeunes à mesurer l’impact de leurs choix sur leur propre avenir, mais aussi sur celui de leurs familles et de la nation tout entière.

    Évoquant le passé du continent africain, souvent raconté par des observateurs étrangers selon leurs propres perspectives, elle a encouragé la jeunesse rwandaise à raconter elle-même son histoire et à porter la voix du pays à travers différents domaines, notamment la culture, les arts et le cinéma.

    À cet égard, elle a félicité la réalisatrice du film “Benimana” Clémentine Dusabijambo pour ses récentes distinctions internationales, l’encourageant, ainsi que d’autres jeunes talents, à poursuivre leur travail de valorisation de l’histoire et de l’identité rwandaises.

    “Vous êtes les gardiens du Rwanda d’aujourd’hui et les bâtisseurs du Rwanda de demain”, leur a-t-elle lancé, avant de rappeler qu’”il n’existe pas de meilleur endroit que son propre pays”.

    Une journée marquée également par l’inauguration du nouveau centre historique de Ntarama

    La Première Dame, Jeannette Kagame, et le ministre Jean-Damascène Bizimana lors de l’inauguration de la Ntarama Genocide Memorial Gallery. Photo © Office of the First Lady, 30 mai 2026.

    Avant de rejoindre les jeunes réunis à Rusororo, la Première Dame s’était rendue à au site Mémorial du Génocide de Ntarama, dans le district de Bugesera.

    Elle y a officiellement inauguré le “Ntarama Genocide Memorial Gallery”, un nouvel espace consacré à la transmission de l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi.

  • Et le vainqueur de la finale UEFA Ligue des Champions c’est… le Rwanda

    Par Martin Semukanya

    Avant même le coup d’envoi de la finale UEFA Ligue des Champions qui se joue au Puskás Aréna de Budapest, la capitale hongroise, à 16h00 TU, entre le Paris Saint-Germain (PSG) et Arsenal, la plupart d’une audience estimée entre 450 et 500 millions de téléspectateurs savaient –  ou auront déjà découvert – un vainqueur qui n’est pourtant pas protagoniste sur le terrain.

    Il s’agit du Rwanda, petit pays ambitieux d’Afrique de l’Est qui, coïncidence savamment exploitée ou chef-d’œuvre stratégique, est partenaire des deux équipes finalistes à travers sa célèbre campagne touristique “Visit Rwanda”.

    Pendant que les analystes débattent des schémas tactiques, des blessures de dernière minute et de la bataille psychologique entre entraîneurs, Kigali, elle, peut tranquillement savourer une victoire déjà acquise: celle de la visibilité mondiale.

    Car quoi qu’il arrive ce soir du 30 Mai 2026, à Budapest, le Rwanda soulèvé symboliquement le trophée du marketing sportif international.

    Depuis plusieurs années, le slogan Visit Rwanda  apparaît discrètement – ou plutôt très visiblement- sur les manches d’Arsenal et dans l’univers commercial du PSG. Au départ, beaucoup avaient ri. Certains avaient même posé cette question avec un sourire sarcastique: “Pourquoi un pays africain investirait-il des millions dans des clubs européens alors qu’il y a tant de problèmes locaux?”

    Aujourd’hui, la question semble avoir changé.

    “Comment le Rwanda a-t-il compris avant tant d’autres que le football européen était devenu l’une des plateformes publicitaires les plus puissantes au monde?”

    Parce qu’au fond, ce partenariat ne concerne pas seulement le football. Il s’agit de diplomatie moderne, de soft power, d’influence psychologique et de repositionnement d’image à l’échelle mondiale.

    Autrefois, les nations se faisaient connaître par les guerres, les conquêtes ou les grandes puissances industrielles. Aujourd’hui, certaines choisissent les réseaux sociaux, les festivals culturels… et les soirées de Ligue des Champions.

    Le Rwanda a, pour commencer, choisi le football.

    Et pas n’importe lequel: le football européen, ce gigantesque empire émotionnel capable d’arrêter des villes entières de Lagos à Nairobi, de Kigali à Accra.

    Car oui, il faut le dire franchement: peu de régions au monde vivent le football européen avec autant d’intensité que l’Afrique subsaharienne. Ici, Arsenal, Bayern de Munich, Atletico ou le PSG ne sont pas seulement des clubs. Ce sont presque des appartenances familiales, politiques et parfois spirituelles.

    Dans certains quartiers africains, perdre une finale européenne peut ruiner un week-end entier, casser des amitiés ou provoquer des débats plus animés qu’une élection présidentielle. Les Européens eux-mêmes regardent parfois cette passion africaine avec étonnement.

    Mais Kigali, au lieu de critiquer ce phénomène, a décidé de le transformer en opportunité nationale.

    Le génie du Rwanda a été de comprendre une chose simple: si des centaines de millions d’Africains regardent religieusement le football européen chaque semaine, alors pourquoi ne pas utiliser cette passion comme vitrine touristique mondiale?

    Résultat: au soir du Samedi 30 Mai, que les caméras filment Ødegaard levant le trophée pour Arsenal ou Marquinhos célébrant pour le PSG, “Visit Rwanda” aura gagné dans tous les cas.

    C’est presque cruel dans sa simplicité.

    Pendant que les supporters souffrent émotionnellement pendant 90 minutes, les experts en communication à Kigali comptent probablement déjà les impressions médiatiques, les tendances sur les réseaux sociaux et la visibilité mondiale générée de manière importante.

    Et le plus fascinant, c’est que cette visibilité dépasse largement le football.

    Grâce à ces partenariats, le Rwanda s’est progressivement imposé dans l’imaginaire mondial comme:

    • une destination touristique premium,
    • un pays stable et moderne,
    • un hub de conférences internationales,
    • et une nation africaine ambitieuse qui veut jouer dans la cour des grands.

    Bien sûr, les critiques existent. Elles existent même fortement.

    Des ONG, des responsables politiques étrangers et certains groupes de supporters ont régulièrement remis en question ces partenariats, notamment dans le contexte des tensions régionales dans l’est de la République démocratique du Congo. D’autres estiment qu’un pays africain devrait prioritairement investir cet argent dans des besoins internes.

    Mais justement, c’est là toute la complexité du marketing international moderne: dans un monde saturé d’informations, la visibilité devient une forme de puissance.

    Et sur ce terrain-là, le Rwanda joue désormais en Ligue des Champions.

    Il faut également reconnaître que le choix des clubs n’a rien d’un hasard.

    Arsenal offre au Rwanda l’accès à l’immense machine médiatique de la Premier League, probablement le championnat le plus suivi en Afrique. Le club londonien possède une base de supporters gigantesque sur le continent, particulièrement en Afrique de l’Est.

    Le PSG, lui, apporte autre chose: le glamour parisien, l’univers du luxe, la culture pop, les célébrités et une portée mondiale qui dépasse largement le sport.

    Autrement dit: Arsenal connecte le Rwanda au cœur émotionnel des supporters africains.
    Le PSG connecte le Rwanda au prestige international et à la modernité globale.

    Associer les deux relève presque d’un cours magistral de marketing géopolitique.

    Et voilà que les deux clubs se retrouvent en finale de la plus prestigieuse compétition de clubs au monde.

    Même Hollywood aurait hésité à écrire un scénario aussi parfait.

    Et comme si cette démonstration de puissance marketing ne suffisait pas, un détail presque irréel mérite d’être rappelé: les deux autres demi-finalistes éliminés étaient eux aussi liés à la campagne “Visit Rwanda”.

    L’Atlético de Madrid, partenaire du Rwanda depuis 2024, et le Bayern Munich, autre géant européen associé à la marque touristique rwandaise, complètent un tableau qui ferait sourire n’importe quel stratège du marketing sportif. Autrement dit, les quatre derniers clubs encore debout dans la compétition entretenaient tous, à différents niveaux, une relation commerciale avec Kigali.

    Rarement un pays africain – et même un pays tout court – aura occupé une place aussi omniprésente dans le carré final du football européen sans toucher le moindre ballon sur la pelouse.

    Imaginez un instant: pendant plusieurs heures, des centaines de millions de téléspectateurs voyant:

    • les logos,
    • les panneaux publicitaires,
    • les interviews,
    • les réseaux sociaux,
    • les analyses,
    • les contenus dérivés…

    …avec, en arrière-plan constant, cette petite phrase devenue mondialement reconnaissable: “Visit Rwanda”.

    Un pays de 14 millions d’habitants, enclavé au cœur de l’Afrique, réussit ainsi à s’inviter dans le plus grand spectacle sportif annuel du football européen.

    • Sans posséder de club.
    • Sans organiser la finale.
    • Sans jouer le match.
    • Simplement grâce à une stratégie.

    Et c’est peut-être cela la vraie révolution du XXIe siècle: les nations ne cherchent plus seulement à être puissantes militairement ou économiquement. Elles veulent être visibles, désirables, mémorables.

    Dans ce domaine, le Rwanda vient peut-être de donner une leçon à bien plus grands que lui.

    Alors le soir du Samedi, quand l’arbitre siffle la fin du match au Puskás Aréna de Budapest et que l’Europe célébre son nouveau champion, Kigali pourra discrètement sourire.

    Parce qu’au-delà des buts, des trophées et des médailles, une autre victoire se sera jouée sous les yeux du monde entier.

    Et celle-là, sauf catastrophe diplomatique de dernière minute, le Rwanda l’aura déjà remportée préstigisieusement.

  • Kwibuka 32: Le Premier ministre Justin Nsengiyumva appelle à la responsabilité et à la vigilance face à l’idéologie génocidaire

    Dans le cadre des commémorations de la 100e journée de la 32e commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, le Premier ministre, S.E. Dr Justin Nsengiyumva, a présidé ce vendredi 29 mai 2026une cérémonie solennelle de recueillement au Mémorial du génocide de Ntarama dans le district de Bugesera.

    Cet événement a réuni les cadres et agents de la Primature, du ministère de la Justice (MINIJUST), du ministère des Infrastructures (MININFRA) et de la Commission rwandaise de réforme des lois, venus honorer la mémoire des anciens employés des ministères de l’époque (MINITRANSCO, MINITRAPE et MINIJUST) assassinés en 1994.

    Dans son allocution, le Chef du gouvernement a exprimé sa profonde solidarité et ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à l’ensemble des rescapés, avant de saluer la force du témoignage poignant livré par Mme Liliane Murangwayire sur son parcours de survie et de reconstruction.

    Une responsabilité historique pour les institutions publiques

    Le Premier ministre a rappelé avec gravité que le génocide perpétré contre les Tutsi n’était pas le fruit du hasard ou d’un accident de l’histoire, mais une tragédie planifiée par les plus hautes autorités de l’époque à travers les institutions mêmes que les fonctionnaires actuels occupent aujourd’hui.

    “La manière dont nous accomplissons notre travail et les valeurs qui nous guident déterminent la perception qu’ont les Rwandais de la valeur que leur accorde l’État”, a souligné le Dr Nsengiyumva.

    Il a exhorté les agents du secteur public et privé à œuvrer quotidiennement avec intégrité, unité et conscience professionnelle afin de rendre l’engagement du “Plus Jamais plus” concret et palpable, barrant ainsi la route à toute forme de divisionnisme.

    Bien que 32 ans se soient écoulés depuis la fin du génocide, le Premier ministre a vigoureusement mis en garde contre le relâchement et la complaisance face aux tentatives persistantes de falsification de l’histoire et de propagation de la haine.

    Il a insisté sur le devoir des générations actuelles, jeunes et moins âgées, de protéger la vérité historique. À cet effet, il a exprimé la reconnaissance du gouvernement envers le ministère de la Justice et les institutions partenaires pour leurs efforts soutenus dans la traque et la comparution devant la justice des génocidaires encore en cavale à travers le monde, les encourageant à poursuivre cette mission avec détermination.

    Un message de réconfort et d’espoir pour l’avenir

    Rendant un hommage vibrant aux forces de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) du Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi), sous le leadership du Président Paul Kagame, pour leur courage exceptionnel ayant mis fin au génocide, le Premier ministre a réaffirmé que cette libération demeure la source d’espoir que l’unité peut triompher de la haine.

    S’adressant directement aux rescapés et aux familles des victimes, il a assuré que l’État et ses dirigeants resteront toujours à leurs côtés. Il a notamment mis en avant la prise en charge continue, par le gouvernement, des personnes âgées devenues veuves ou sans famille à la suite du génocide, en particulier au sein des structures dédiées construites à Nyamata, dans le district de Bugesera.

    Le Premier ministre a enfin rappelé que le meilleur moyen d’honorer la mémoire des collègues disparus reste l’excellence professionnelle et la préservation des acquis nationaux pour bâtir le Rwanda uni, pacifique et prospère auquel ils aspiraient.

  • Centrafrique: des Casques bleus rwandais offrent des soins médicaux gratuits aux détenus de Bria

    Des Casques bleus rwandais déployés en République centrafricaine dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) ont organisé, ce 28 mai 2026, une campagne médicale gratuite au profit des détenus de la prison de Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto.

    L’initiative a été menée par l’Hôpital rwandais de niveau 2+ et le contingent RWABG VIII. Au total, 68 détenus ont bénéficié de consultations et de soins médicaux gratuits, dans le cadre des activités communautaires organisées par les soldats rwandais à l’approche de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies, célébrée le 29 mai.

    Les soins prodigués couvraient plusieurs spécialités, notamment la médecine interne, les soins dentaires, l’ophtalmologie ainsi que la dermatologie. Des médicaments ont également été distribués gratuitement aux prisonniers.

    Le lieutenant-colonel Dr Isaiah Nzayisenga, commandant adjoint de l’Hôpital rwandais de niveau 2+, a indiqué que cette action humanitaire visait à soutenir les détenus confrontés à un accès limité aux services de santé.

    “La santé est essentielle à la vie humaine, en particulier pour les personnes vivant dans des conditions difficiles”, a-t-il souligné, rappelant l’engagement des Casques bleus rwandais à contribuer au bien-être des populations locales au-delà de leur mission sécuritaire.

    Le directeur de la prison de Bria, Mahamai Adoum Salle, a salué le soutien continu apporté par le contingent rwandais aux détenus de l’établissement pénitentiaire.

    “Ce n’est pas la première fois que les Casques bleus rwandais viennent offrir des soins et des médicaments aux prisonniers ici à Bria. Habituellement, lorsque les détenus sont envoyés dans des centres de santé externes, les médicaments doivent être achetés. Mais lors des campagnes organisées par le contingent rwandais, les détenus reçoivent gratuitement les traitements et les medicaments”, a-t-il déclaré.

    Il a également exprimé sa reconnaissance envers la MINUSCA et les militaires rwandais pour cette assistance qu’il qualifie de précieuse, souhaitant la poursuite de cette coopération.

    Le chef de la section de supervision et de qualité des soins au Bureau sanitaire du district de la Haute-Kotto, Ponombo Felix, a lui aussi salué cette initiative humanitaire, mettant en avant les difficultés auxquelles les détenus font face pour accéder à des soins adaptés.

    Selon lui, la prison de Bria souffre notamment de l’absence d’une clinique interne et d’une capacité médicale limitée. Il a estimé que la mise à disposition de médicaments et de médecins spécialistes par le contingent rwandais constitue une aide hautement appréciable.

  • Des députés rwandais en mission de terrain pour évaluer les efforts d’accroissement de la productivité agricole

    La Chambre des députés du Rwanda a annoncé l’organisation de descentes de terrain à travers tout le pays, dans le but d’évaluer les initiatives mises en œuvre pour accroître la productivité agricole, aussi bien pour les cultures vivrières que pour les cultures de rente, notamment le café et le thé.

    Ces missions parlementaires se dérouleront du 28 mai au 4 juin 2026 dans tous les districts du pays. Elles s’étendront ensuite aux secteurs de la Ville de Kigali du 6 au 7 juin 2026.

    Selon la Chambre des députés, ces visites visent à renforcer le suivi des politiques publiques dans le secteur agricole, considéré comme un pilier essentiel de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire.

    Renforcer le contrôle parlementaire de proximité

    La Présidente de la Chambre des députés, Gertrude Kazarwa, a souligné l’importance de la mission de contrôle exercée par les parlementaires et la nécessité de rester proches des citoyens.

    Elle a indiqué que ces descentes permettront aux députés de “recueillir des informations de première main auprès des communautés locales et des parties prenantes, afin de s’assurer que les programmes visant à améliorer la productivité agricole produisent les résultats attendus et contribuent au bien-être des Rwandais”.

    Durant ces visites, les députés rencontreront les autorités locales, les coopératives agricoles, les partenaires de développement ainsi que les habitants. Ils visiteront également différentes activités agricoles sur le terrain.

    Les discussions porteront sur les principaux défis du secteur, notamment la faible utilisation des intrants agricoles, les effets du changement climatique, les insuffisances des infrastructures agricoles et les difficultés d’accès aux marchés pour les producteurs.

    Les parlementaires participeront également aux travaux communautaires d’Umuganda prévus à la fin du mois de mai 2026.

    Suivi des recommandations et écoute des citoyens

    Ces missions permettront également aux députés de recueillir les préoccupations des citoyens et d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de précédentes visites.

    À travers cette initiative, la Chambre des députés entend renforcer son rôle de contrôle et contribuer à l’amélioration durable de la productivité agricole et des conditions de vie des populations rurales.

  • À Rome, la famille Rugamba présentée comme un modèle contemporain de sainteté familiale

    Une rencontre spirituelle en mémoire des Serviteurs de Dieu

    Dans le cadre majestueux de la Trinité-des-Monts, au cœur de Rome, une rencontre spirituelle et mémorielle consacrée à Cyprien et Daphrose Rugamba ainsi qu’à leurs enfants, reconnus comme “Serviteurs de Dieu”, s’est tenue mercredi le 27 mai 2026.

    Organisé par la Trinité-des-Monts en collaboration avec la Communauté de l’Emmanuel, l’événement a rassemblé des fidèles, religieux et participants venus réfléchir à l’héritage spirituel laissé par cette famille rwandaise assassinée au début du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

    Placée sous le thème “La sainteté familiale à l’école de Cyprien et Daphrose Rugamba et leurs enfants”, la conférence a été animée par François-Xavier Ngarambe, Vice-Postulateur de la cause de béatification. Pendant près de deux heures, il a retracé avec émotion le parcours de ce couple devenu, pour de nombreux chrétiens, un témoignage vivant de foi, de pardon et de réconciliation.

    Un parcours marqué par la conversion, la prière et le service des pauvres

    Cyprien Rugamba, intellectuel reconnu, poète, compositeur et chorégraphe rwandais, et son épouse Daphrose Mukansanga ont marqué l’histoire du Rwanda bien au-delà de leurs œuvres artistiques et de leur engagement ecclésial. Leur itinéraire spirituel demeure aujourd’hui au cœur du processus de béatification ouvert par l’Église catholique depuis septembre 2015.

    Le conférencier est revenu sur les débuts difficiles de leur mariage. Durant dix-sept années de vie conjugale éprouvante, Daphrose pria inlassablement pour la conversion de son mari. En 1982, à la suite d’une maladie mystérieuse, Cyprien connaît une profonde conversion spirituelle qui transforme radicalement sa vie personnelle et familiale. Dès lors, le couple devient un symbole de fidélité, de tendresse et d’engagement chrétien au service des familles et des plus pauvres.

    Fondateurs de la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda en 1990, Cyprien et Daphrose s’illustrent également par leur refus des divisions ethniques dans un contexte politique de plus en plus tendu. Leur maison de Kigali devient un lieu d’accueil, de prière et de solidarité, notamment envers les enfants des rues et les personnes vulnérables.

    “La sainteté n’est pas un chemin solitaire, mais une œuvre d’art qui se tisse ensemble, jour après jour, au sein du foyer”, a déclaré François-Xavier Ngarambe devant une assemblée attentive, soulignant que l’exemple des Rugamba demeure d’une grande actualité face aux crises contemporaines que traversent les familles.

    Conférence, chants et prière pour la béatification

    La rencontre a alterné moments de conférence, échanges avec les participants, chants composés par Cyprien Rugamba et temps de prière pour l’avancement de leur cause de béatification. Les œuvres musicales de Cyprien, mêlant richesse culturelle rwandaise et spiritualité chrétienne, ont particulièrement marqué les participants par leur profondeur artistique et leur portée spirituelle.

    Le Vice-Postulateur a également évoqué la mémoire des enfants morts avec leurs parents: Emerita, Serge, Cyrdy, Dacy, Cyrdina, Ginny et Gabriella. En 2018, l’Église catholique a intégré les enfants assassinés avec eux dans la même cause de martyre, reconnaissant l’unité spirituelle et familiale de leur témoignage.

    Le 7 avril 1994, au premier jour du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, Cyprien et Daphrose Rugamba furent tués avec six de leurs dix enfants dans leur maison de Kigali après une nuit d’adoration eucharistique. Leur engagement pour la paix, leur rejet des idéologies ethniques et leur foi chrétienne assumée avaient fait d’eux des cibles dans un climat de haine grandissante.

    Un héritage spirituel appelé à rayonner davantage

    Au terme de la rencontre, une prière solennelle a été élevée pour demander leur béatification, tandis que les organisateurs ont insisté sur la portée universelle de leur témoignage: celui d’une famille africaine ayant incarné l’amour fidèle, le pardon et la paix jusqu’au sacrifice ultime.

    François-Xavier Ngarambe a par ailleurs rappelé la publication récente de son ouvrage intitulé “IJURU NK’INTEGO: Sipiriyani Rugamba na Daforoza Mukansanga n’abana bapfanye” (LE CIEL COMME OBJECTIF: Cyprien Rugamba et Daphrose Mukansanga, ainsi que leurs enfants qui ont péri avec eux), paru à Kigali en février 2025. Il a également annoncé son projet de traduire cet ouvrage dans d’autres langues afin de faire rayonner davantage, à travers le monde, la vie et l’héritage spirituel de la famille Rugamba.

  • Le président Kagame appelle la Police rwandaise à miser sur les technologies face à une criminalité sans frontières

    À l’École de formation de la police de Gishari (PTS), dans le district de Rwamagana, le Rwanda a célébré mercredi l’entrée officielle de 436 nouveaux officiers au sein de la Police nationale rwandaise (RNP), dans une cérémonie solennelle marquée par un message fort du président Paul Kagame sur l’avenir du maintien de l’ordre à l’ère des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.

    L’événement, organisé à Gishari, coïncidait avec les célébrations du 25e anniversaire de la Police nationale du Rwanda, placées sous le thème: “Un partenariat au service de la sécurité”.

    Devant un parterre composé de familles des lauréats, de responsables sécuritaires, de diplomates et de délégations étrangères partenaires de la RNP, le chef de l’État a officiellement élevé les diplômés au grade d’Assistant Inspector of Police (AIP).

    “Moi, Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, conformément à la Constitution et aux lois de la République du Rwanda, je vous confère le grade d’Assistant Inspector of Police au sein de la Police nationale du Rwanda”, a déclaré le président d’une voix solennelle, avant que les nouveaux officiers ne prêtent serment devant l’assistance.

    Une police appelée à entrer pleinement dans l’ère technologique

    Dans son discours, le président Kagame a insisté sur la mutation rapide des formes de criminalité, de plus en plus transfrontalières et appuyées sur les technologies numériques.

    “Les crimes évoluent et dépassent désormais les frontières. Le travail de la police doit donc évoluer avec son époque”, a-t-il affirmé, soulignant que la prévention reste la meilleure manière d’anticiper les menaces.

    Photo – © RBA, Gishari PTS, 27 Mai 2026.

    Le chef de l’État a particulièrement insisté sur la nécessité pour les forces de sécurité de s’appuyer sur des outils modernes, des formations spécialisées et les technologies émergentes, y compris l’intelligence artificielle.

    Le message fait écho aux propos du chef de la Police nationale, Felix Namuhoranye, qui a reconnu que la criminalité technologique impose désormais une nouvelle approche du maintien de l’ordre.

    “Il n’est plus nécessaire pour un criminel d’être physiquement présent sur le lieu où l’infraction est commise”, a-t-il expliqué, évoquant l’usage croissant de la technologie et de l’IA par la Police rwandaise pour lutter contre la cybercriminalité et les infractions numériques.

    L’Inspecteur général a également annoncé qu’après l’ouvrage consacré au modèle rwandais de “community policing”, un nouveau livre devrait prochainement être publié sous le titre “Police and Technology in Rwanda”.

    436 nouveaux officiers commissionnés AIP

    Les officiers commissionnés ont suivi leur formation depuis le 15 juillet 2025 au sein de PTS Gishari. La promotion compte 436 diplômés, dont 109 femmes et 327 hommes, parmi lesquels neuf ressortissants des Seychelles.

    Photo – © igihe, Gishari PTS, 27 Mai 2026.

    Selon le commandant de l’école, Rafiki Mujiji, les recrues ont bénéficié d’une formation axée à la fois sur les compétences opérationnelles, l’éthique professionnelle et l’adaptation aux nouveaux défis sécuritaires.

    Parmi les diplômés figurent également des titulaires de diplômes universitaires issus de l’École de Police de Musanze, ainsi que des futurs agents destinés au National Intelligence and Security Service (NISS) et au Rwanda Investigation Bureau (RIB).

    Les nouveaux officiers seront affectés dans plusieurs unités spécialisées: sécurité routière, technologies de l’information, médecine policière, sécurité lacustre, lutte contre les incendies, cynotechnie, contrôle technique des véhicules, gestion des ressources humaines, administration financière ou encore infrastructures.

    Parade militaire, démonstration motocycliste et hommage aux 25 ans de la RNP

    La cérémonie a également été marquée par une parade militaire de dix compagnies, dont une unité entièrement féminine, exécutée sous la direction du CSP Jean Pierre Kanobayire et du SP Jean Bosco Rurangwa.

    Photo – © igihe, Gishari PTS, 27 Mai 2026.

    Les officiers nouvellement promus ont défilé au rythme de la fanfare de la Police nationale, avant une démonstration spectaculaire des motocyclistes de la police routière, dirigée par l’AIP Kyalimpa Peninah.

    Les agents ont simulé des escortes officielles et des manœuvres de circulation en milieu dense, illustrant les techniques utilisées dans la gestion du trafic et la protection des hautes personnalités.

    Le président Kagame a également récompensé les meilleurs éléments de la promotion, saluant leur discipline et leurs performances durant près d’une année de formation intensive.

    “Le professionnalisme et l’humilité doivent rester vos valeurs”

    Revenant sur les 25 années d’existence de la Police nationale du Rwanda, le président Kagame a rendu hommage aux générations de policiers qui ont contribué à la stabilité et à la sécurité du pays.

    “Je remercie tous les policiers, ceux d’aujourd’hui comme ceux du passé, pour leur engagement et leur dévouement qui permettent aux Rwandais de vivre et de travailler dans la sécurité et la dignité”, a-t-il déclaré.

    Le chef de l’État a également exhorté les nouveaux officiers à lutter contre la corruption, à préserver l’éthique professionnelle et à maintenir la confiance bâtie avec la population grâce au modèle rwandais de police de proximité.

    “Le professionnalisme et l’humilité dans le service rendu au pays et aux citoyens demeurent essentiels”, a insisté le président, appelant la grande famille de la RNP à profiter de ce jubilé pour se remettre en question, renforcer ses valeurs et améliorer constamment ses méthodes de travail.

  • Le Rwanda adopte une nouvelle loi organique qui refond le système électoral

    Le Rwanda s’est doté d’une nouvelle loi organique régissant les élections. Publié au Journal Officiel n°21 Bis du 25 mai 2026, le nouveau texte remplace la loi organique de 2019 et redéfinit plusieurs mécanismes liés aux scrutins présidentiels, législatifs et locaux.

    Adoptée par la Chambre des députés puis par le Sénat, la loi vise à moderniser le système électoral rwandais, renforcer l’efficacité administrative des élections et harmoniser les textes avec la Constitution ainsi qu’avec les objectifs nationaux de gouvernance et de développement.

    Le texte encadre l’ensemble des processus électoraux: inscription sur les listes électorales, campagnes électorales, organisation des bureaux de vote, proclamation des résultats, règlement des litiges et sanctions liées aux infractions électorales.

    Des élections indirectes pour certains conseillers de district

    L’une des principales innovations de la réforme concerne les élections au niveau des districts. Désormais, certains conseillers de district ne seront plus élus directement par la population, mais par un collège électoral composé de représentants issus des structures locales.

    Concrètement, les citoyens continueront d’élire directement les dirigeants des villages, cellules et secteurs. Cependant, ce sont ensuite ces représentants ou leurs délégués qui participeront à l’élection des conseillers de district.

    Cette réforme vise notamment à réduire la fréquence des grands scrutins, limiter les coûts organisationnels et éviter ce que les autorités qualifient de “fatigue électorale” liée aux consultations répétitives.

    Le nouveau système introduit ainsi une chaîne de représentation plus structurée: les citoyens élisent les autorités de proximité, lesquelles participent ensuite à la désignation des dirigeants au niveau supérieur.

    Une nouvelle approche de la gouvernance locale

    La réforme modifie également indirectement le mode de désignation des maires de district. Au Rwanda, les maires ne sont pas élus directement par les citoyens mais par les conseillers de district. Avec la mise en place d’élections indirectes pour ces conseillers, le processus de désignation des autorités locales devient donc entièrement basé sur des mécanismes de représentation successive.

    Cette organisation permettra une meilleure stabilité institutionnelle et une gouvernance locale plus efficace.

    Par ailleurs, la nouvelle loi allonge le délai minimal justifiant l’organisation d’élections partielles locales. Désormais, une élection de remplacement ne sera organisée que s’il reste au moins une année de mandat à accomplir, contre six mois auparavant.

    Un encadrement renforcé de la discipline électorale

    La nouvelle loi organique consacre un chapitre entier aux infractions et sanctions électorales. Plusieurs comportements sont désormais clairement définis et réprimés afin de protéger l’intégrité du scrutin.

    Parmi les actes interdits figurent :

    • la fraude électorale,
    • le vote sans droit;
    • l’altération des résultats;
    • l’utilisation illégale de symboles nationaux ou politiques;
    • l’intimidation des électeurs;
    • les perturbations des opérations de vote;
    • ou encore l’entrée armée dans une salle de vote.

    La loi prévoit également des mesures contre les candidats menant des campagnes contraires aux règles électorales.

    Dans cette logique, la Commission nationale électorale dispose désormais d’un cadre plus détaillé pour superviser le comportement des candidats, des électeurs et des agents électoraux.

    Une meilleure organisation du vote de la diaspora

    Autre évolution importante: le texte renforce l’encadrement juridique des élections organisées pour les Rwandais vivant à l’étranger.

    La loi précise notamment:

    • l’organisation des bureaux de vote dans les ambassades,
    • la transmission des listes électorales définitives ;
    • le nombre de bureaux de vote;
    • ainsi que les modalités de transmission des procès-verbaux et des résultats électoraux.

    Cette clarification vise à améliorer la participation de la diaspora rwandaise tout en garantissant une meilleure coordination entre les missions diplomatiques et la Commission nationale électorale.

    Des mécanismes de règlement des litiges mieux définis

    La réforme accorde également une attention particulière à la gestion des contentieux électoraux. Plusieurs articles détaillent les organes compétents pour traiter les contestations liées aux candidatures, aux résultats ou au déroulement des scrutins.

    Le texte prévoit différents niveaux de recours :

    • des recours gracieux ;
    • des recours hiérarchiques ;
    • ainsi que la possibilité de saisir les juridictions compétentes.

    Cet encadrement vise à renforcer la transparence, réduire les conflits post-électoraux et améliorer la confiance dans les institutions électorales.

  • Fonction publique: le MIFOTRA clarifie les récentes modifications légales après une vague de confusion

    Le ministère rwandais de la Fonction publique et du Travail a publié un communiqué de clarification à la suite des nombreuses réactions et interprétations contradictoires provoquées par la récente publication au Journal officiel de textes modifiant certaines dispositions relatives aux agents de l’État.

    Dans ce communiqué, le ministère précise d’abord que la Loi n°017/2026 du 23 avril 2026, modifiant la loi portant statut général de la fonction publique, n’introduit aucun changement dans le mode de détermination des salaires des fonctionnaires.

    Selon le ministère, les ajustements concernent uniquement l’amélioration et l’harmonisation des procédures permettant aux institutions d’obtenir un statut spécial.

    Le texte précise que, dans le cadre du statut général de la fonction publique, les rémunérations continuent d’être fixées à partir de la structure salariale propre à chaque institution, approuvée par le Conseil des ministres.

    Les montants dépendent notamment de la valeur indiciaire de l’institution, du niveau du poste occupé et des responsabilités qui y sont attachées.

    Pour les organes spécialisés disposant d’un régime particulier de rémunération, les salaires restent approuvés par leurs conseils d’administration respectifs.

    Le ministère est également revenu sur l’Ordonnance du Premier ministre n°016/03 du 22 mai 2026 modifiant l’ordonnance relative aux indemnités des agents publics.

    Selon les explications fournies, cette modification vise uniquement à harmoniser les dispositions avec la réforme des pensions tout en maintenant inchangé le salaire net perçu par les fonctionnaires. Le ministère affirme ainsi qu’aucune augmentation ni diminution des revenus nets n’est prévue. Ces mesures sont appliquées rétroactivement à partir du 1er janvier 2025, date d’entrée en vigueur de la réforme des pensions.

    Le communiqué insiste également sur le fait que ces dispositions concernent l’ensemble des agents publics et non uniquement les hauts responsables.

    Concernant l’indemnité de responsabilité, le ministère précise qu’elle n’est pas accordée sur la seule base d’une fonction dirigeante, mais à tout agent public chargé, dans l’organigramme institutionnel, de superviser d’autres agents occupant le même niveau hiérarchique.

    À titre d’exemple, un directeur des finances supervisant des spécialistes en gestion financière peut bénéficier de cette indemnité.

    Enfin, le ministère souligne que les indemnités nettes de logement, de transport et de responsabilité n’ont subi aucun changement. Seuls les montants bruts ont été ajustés afin de prendre en compte les effets de la réforme des pensions, sans impact sur les montants effectivement perçus par les agents publics.

    Lire aussi: Le Rwanda augmente les indemnités des agents de l’État avec effet rétroactif au 1er janvier 2025

  • “Kubamba Umwanzi”: le récit inédit du Général Fred Ibingira sur le commandement de Kagame au front

    Le Général à la retraite Fred Ibingira, figure de la lutte de libération du Rwanda et de la guerre ayant conduit à l’arrêt du génocide perpétré contre les Tutsi, a livré un témoignage saisissant sur l’un des épisodes décisifs de l’offensive menée par le Front patriotique rwandais (FPR) en 1994.

    S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’organisation Unity Club Intwararumuri consacrée à l’histoire du génocide contre les Tutsi, l’ancien officier est revenu sur plusieurs moments clés de la guerre, notamment les combats menés de l’Est vers le Sud du pays.

    Le Général Ibingira a rappelé que la guerre de libération avait débuté le 1er octobre 1990 sous le commandement du Général-Major Fred Gisa Rwigema, avant que celui-ci ne soit tué dès le lendemain. Sa disparition avait profondément démoralisé les combattants de l’APR, qui avaient alors subi plusieurs revers successifs.

    Selon lui, la situation change radicalement lorsque Paul Kagame, alors aux États-Unis, décide de rejoindre le front et de prendre la tête des opérations militaires.

    “L’une des premières décisions d’Afande Kagame a été de changer totalement la stratégie militaire”, a expliqué le Général Ibingira.

    Il a décrit une méthode de combat que Kagame appelait «kubamba umwanzi», consistant à étirer les lignes ennemies afin d’affaiblir progressivement les Forces armées rwandaises (FAR) sur plusieurs fronts simultanément.

    “Le régime génocidaire a été immobilisé et dispersé du Nord jusqu’à l’Ouest puis vers le Sud. Pour arrêter le génocide, il fallait couper les capacités de l’ennemi partout où il se trouvait ou d’où il pouvait recevoir du soutien”, a-t-il raconté.

    Dans cette stratégie, plusieurs unités de l’APR avaient été déployées depuis l’Est du pays afin de couper les principales voies d’approvisionnement encore contrôlées par les FAR.

    À cette période, a expliqué Ibingira, le gouvernement intérimaire ne disposait plus que d’un seul axe stratégique pour l’acheminement du ravitaillement: la route Rusumo–Kayonza–Kigali. Les autres corridors, notamment Gatuna, Kagitumba et Cyanika, étaient déjà sous contrôle de l’APR.

    La mission de couper cette dernière voie d’accès fut confiée aux troupes commandées par Fred Ibingira.

    L’ancien officier a expliqué que ses hommes interceptaient régulièrement les communications radio des FAR. Ils auraient ainsi entendu le chef d’état-major des FAR de l’époque, le Général Bizimungu, ordonner au Colonel Nkundiye, qui commandait les forces dans l’Est, de défendre cette route coûte que coûte.

    Selon Ibingira, Bizimungu aurait déclaré que cet axe représentait “la dernière route de survie” du régime.

    C’est à ce moment, raconte-t-il, que Paul Kagame l’aurait convoqué avec feu le commandant Bagire pour leur adresser un message resté gravé dans sa mémoire.

    “Afande nous a dit : “Si Nkundiye vous résiste sur cette route, alors rejoignez les FAR.”

    Le Général Ibingira a expliqué que les combats sur l’axe Kayonza–Rusumo ont duré quatre jours particulièrement intenses, avant que les troupes du RPA ne parviennent finalement à repousser les forces commandées par le Colonel Nkundiye et à prendre le contrôle définitif de cette route stratégique.

    La conquête de cet axe a constitué une étape majeure dans l’effondrement militaire des FAR et dans l’avancée finale de l’APR vers la fin du génocide contre les Tutsi, officiellement stoppé en juillet 1994 après la prise de contrôle de l’ensemble du territoire national.