Procès de génocide perpétré contre les Tutsi: Sosthène Munyemana rejugé en appel à Paris

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Le procès en appel de Sosthène Munyemana, un ancien médecin rwandais condamné en 2023 à 24 ans de réclusion criminelle pour son implication dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, s’est ouvert le mardi 16 septembre à Paris. L’audience, qui doit durer jusqu’au 24 octobre, se tient devant la Cour d’assises d’appel.

Un médecin devenu accusé de génocide

En 1994, Sosthène Munyemana était gynécologue à Butare (actuel district de Huye, dans la province du Sud au Rwanda). La justice française l’a reconnu coupable d’avoir pris une part active au génocide, estimant qu’il avait «trahi son serment» de médecin. Il lui est reproché d’avoir fait partie d’un groupe qui aurait «préparé, organisé et piloté au quotidien le génocide», notamment à Tumba, un quartier de Butare.

L’accusation lui impute également la signature d’une motion de soutien au gouvernement intérimaire rwandais, dit Abatabazi, qui a mené la politique génocidaire à partir d’avril 1994. Munyemana était par ailleurs proche de Jean Kambanda, Premier ministre de ce gouvernement, condamné à perpétuité en 2000 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Des faits déjà jugés en première instance

Lors de son premier procès, en 2023, Munyemana avait été reconnu coupable de « génocide, crimes contre l’humanité, participation à une entente en vue de la préparation de ces crimes, ainsi que de complicité de crimes contre l’humanité ». Agé aujourd’hui de 69 ans, il avait été condamné à 24 ans d’emprisonnement, avec une période de sûreté de huit ans.

Durant sa défense en première instance, il avait nié les faits, se présentant comme un Hutu modéré ayant tenté de sauver des Tutsi, une version que le jury n’avait pas retenue.

Un procès historique 

Pour les avocats des parties civiles, ce nouveau procès a une portée symbolique. «C’est un procès, par définition, historique, puisque ce sont des faits historiques qui sont jugés aujourd’hui à Paris. Ils sont liés à un génocide qui a eu lieu il y a plus de 30 ans», a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Me Gabriel Sebbah, représentant la Fédération internationale des droits humains et la Ligue des droits de l’Homme.

Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), a de son côté déploré une épreuve liée à la répétition des procès. «Toutes les personnes condamnées ont fait appel. Pour nous, c’est véritablement une épreuve de devoir recommencer, d’entendre les mêmes témoins, d’entendre les mêmes mensonges venant de la Défense», a-t-il confié au micro de l’AFP.

Une longue procédure judiciaire en France

Sosthène Munyemana avait quitté le Rwanda en 1994 pour rejoindre la France, où vivait déjà son épouse. Père de trois enfants, il s’était installé dans le Sud-Ouest, travaillant d’abord comme médecin urgentiste puis comme gériatre.

Son dossier est l’un des plus anciens instruits en France pour des faits liés au génocide perpétré contre les Tutsi. L’enquête avait débuté dès 1995 après une plainte déposée à Bordeaux, avant d’être transférée à Paris en 2001. L’ordonnance de mise en accusation n’avait été rendue qu’en 2018, ouvrant la voie au procès de 2023 puis à cet appel.

Source: RFI, TV5 Monde, AFP

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